Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La conférence Sun Belt lance les hostilités des présentations de cette année. Mais il faut bien faire attention, cela n’équivaut pas à prendre les équipes qui la composent à la légère. De gros poissons barbotent au sein de la Sun Belt, prêts à surprendre la première proie du Power Five baissant sa garde. Certaines équipes ne sont pas passées loin du drame l’an passé et un scénario tout aussi dramatique (si ce n’est davantage) a de grandes chances de se reproduire en 2017.

Appalachian State, Arkansas State, Troy. Des écoles qui ne vous disent peut-être rien mais difficile de trouver plus coriaces au sein du Group of Five en ce moment.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants de la conférence Sun Belt en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


1. Appalachian State

Pour beaucoup d’entre vous, l’Université d’Appalachian State est à jamais liée à l’upset le plus fou de l’histoire face à Michigan en 2007. Et c’est d’autant plus incroyable que se dire que les Mountaineers ont du attendre jusqu’en 2014 pour accéder à l’élite du football universitaire.

Appalachian State a développé une réputation de powerhouse en FCS. Et en l’espace de quelques semaines, la hype est devenue tout aussi réelle au sein de la Sun Belt.

Les Mountaineers ont réalisé une transition parfaitement réussie et depuis leur accession à l’élite du football universitaire, ils jouent les premiers rôles de la conférence. 11-2 en 2015, 10-3 l’an dernier et en prime, un titre de conférence partagé avec Arkansas State. Ils sont même passés à deux doigts d’entrer dans une dimension supérieure en s’inclinant d’un touchdown (controversé) en overtime face à Tennessee lors de la semaine d’ouverture (13-20).

La vitalité du programme de football n’est plus à confirmer. Et c’est bien pour cela qu’il est littéralement impossible d’écarter Appalachian State de la course au titre en 2017 ; ils s’y trouveront mêler d’une façon ou d’une autre.

De toute manière, le roster des Mountaineers ne connait pas de révolution majeure. Le trio magique en attaque entre le quarterback Taylor Lamb (2281 yards à la passe, 15 TDs, 8 INTs), le running back Jalin Moore (1402 yards au sol, 10 TDs) et le receveur Sheadon Meadors (716 yards à la réception, 2 TDs) revient sur le campus de Boone avec d’autant plus d’expérience et de responsabilités. Il n’y aucune raison qu’Appalachian State ne régresse avec ses stars à leur meilleur niveau. Et même pas besoin de se soucier de la ligne offensive, qui devrait être de nouveau solide. L’animation offensive est attendue au plus haut niveau. La distribution entre la course et la passe devrait se révéler égale tant que l’une ne fasse défaut. Taylor Lamb est un des meilleurs quarterbacks du Group of Five tandis que Jalin Moore a tout pour exploser au grand jour.

Excellente la saison passée, la défense possède tout pour répéter une performance plus ou moins identique. Quelques départs viennent heurter la profondeur et l’expérience des escouades de linebackers et de linebackers, mais rien qui ne devrait causer une réelle perte de performance. La ligne défensive retrouve ses titulaires et notamment le defensive end Antonious Sims (33 plaquages, 7 sacks, 5 TFLs). Devan Stringer et Eric Boggs seront deux playmakers d’envergure au poste de linebackers, au même titre que l’incroyable Clifton Duck (57 plaquages, 5 INTs, 8 passes défendues). Ce dernier a impressionné avec une saison freshman spectaculaire et devrait accumuler les highlights en 2017.

Appalachian State retrouve, en tout et pour tout, 19 titulaires juniors ou seniors entre l’attaque et la défense. Ceci est clairement un synonyme de succès au niveau universitaire, d’autant plus avec des playmakers de talent. Même si les Mountaineers ne sont pas les meilleurs de la conférence Sun Belt cette saison, leur calendrier devraient sans aucun doute leur permettre de jouer le titre.

Arkansas State et Troy, les deux autres protagonistes majeurs, ne sont pas au calendrier cette saison, offrant de facto une chance d’être compétitif. Le plateau des 10 victoires semble définitivement atteignable avec une chance d’entrer dans la course pour la place à un Bowl majeur réservé à la meilleure équipe du Group of Five. Cette qualification dépendra en grande partie des rencontres face à Wake Forest et sur le terrain de Georgia.

Un si ce n’est deux upsets pourraient faire pencher la balance en faveur d’Appalachian State. Et Dieu sait que les Mountaineers se sont construits une réputation de briseurs de rêve.


2. Troy

Tout allait parfaitement bien l’an dernier pour Troy. 8 victoires pour une seule défaite étriquée face au (futur) champion national, Clemson, dont le résultat s’est seulement dénoué dans les ultimes minutes. Mais les Trojans ont baissé leur garde au plus mauvais moment.

Les hommes de Neal Brown s’apprêtaient à recevoir l’équipe d’Arkansas State pour un choc au sommet dans la Sun Belt. Troy arborait par la même occasion le statut de 25ème à l’AP Top-25, une première historique pour une université de la conférence. Mais les Red Wolves ont infligé une lourde claque aux Trojans, qui se sont inclinés deux semaines plus tard en conclusion de saison régulière face à Georgia Southern, abandonnant aussi une part du titre de conférence.

Il n’a pas manqué grand chose pour accoucher de la meilleure saison de l’histoire de l’université. Troy s’en sort tout de même avec une magnifique victoire sur Appalachian State et un record général de 10-3. L’heure de la revanche a sonné.

Et cette revanche a belle gueule. Les Trojans possédaient peut-être la meilleure escouade la conférence l’an passé et ils reviennent quasiment tous avec davantage d’expérience. Les pièces maitresses de l’attaque composent à nouveau une des escouades les plus efficaces de la Sun Belt. Le quarterback Brandon Silvers (3180 yards à la passe, 23 TDs, 12 INTs) entame son année senior et devrait vraisemblablement franchir une nouvelle marche vers le statut de meilleur quarterback de la conférence. Il sera toujours accompagné d’un excellent groupe de receveurs avec Emanuel Thompson (820 yards à la réception, 6 TDs), Deondre Douglas (740 yards à la réception, 6 TDs) ou encore Clark Quisenberry, qui revient de blessure. Cet aspect devrait faire pencher la balance du bon côté puisque l’animation est orientée vers une attaque rapide, dynamique où le jeu de passes est prépondérant.

Les adversaires des Trojans ont de quoi s’inquiéter si le jeu au sol franchit un palier. Celui-ci manquait d’efficacité et de régularité malgré la présence du prometteur running back Jordan Chunn (1288 yards au sol, 16 TDs), et l’explosivité n’était pas non plus un point fort des coureurs. Les remplaçants, et notamment Jamarius Henderson, en transfert depuis Memphis, pourraient apporter cette touche d’explosion. Malheureusement, la reconstruction de la ligne offensive peut mettre à mal cette progression si elle ne s’accorde pas immédiatement.

La défense ne faisait pas défaut non plus à Troy, bien au contraire. Dirigée par une philosophie agressive, elle progresse continuellement et elle a même atteint des sommets l’an dernier grâce à un front seven hyperactif. Il n’y aucune raison que la ligne défensive baisse de régime avec le retour de tous ses playmakers, tels que les tackles Jamal Stadom (36 plaquages, 2 sacks, 7.5 TFLs), Seth Calloway et Baron Poole. Les lignes arrières ne sont pas en manque de réussite et ont joué d’opportunisme à longueur de saison. Les quatre titulaires font toujours partie de la troupe, dirigée par le cornerback Blace Brown ou le safety Kris Weatherspoon (52 plaquages, 1 INT, 8 passes défendues, 7.5 TFLs).

Mais tout n’est pas parfait. Le départ de l’ensemble de l’escadron de linebackers ne devrait aider à la continuité de l’animation défensive. Cinq des sept meilleurs plaqueurs ont plié bagage en plus du précédent leader Rashad Dillard. Il sera difficile de conserver une unité mais la présence d’une telle ligne défensive est un plus indéniable pour les nouveaux titulaires.

Troy est en réelle compétition pour le titre honorifique de meilleure équipe de la Sun Belt. Mais du fait de l’absence de divisions, la meilleure équipe n’est souvent pas la lauréate finale du titre. Appalachian State ne se trouve pas au programme des Trojans cette année, une véritable aubaine, mais il faudra tout de même se déplacer sur le campus d’Arkansas State afin de clore la saison régulière.

Cette confrontation face aux Red Wolves déterminera le destin de Troy. Les déplacements à Boise State et à LSU pourraient également définir une issue finale au Cotton Bowl si (au moins) un upset se produit. Mais les Trojans peuvent légitimement partager, a minima, le titre de conférence.


3. Arkansas State

Une équipe à quatre défaites n’a généralement aucune chance de remporter le titre de conférence, sans que ce soit synonyme de bonne santé pour cette dernière. Et pourtant, Arkansas State a terminé la saison avec un cinquième titre de Sun Belt en l’espace de six ans.

Les Red Wolves réalisent le même coup année après année, une habitude attenant son paroxysme en 2016 : ils ont débuté après 4 revers de rang lors du calendrier hors-conférence avant d’activer le bon interrupteur face aux adversaires de la Sun Belt et de rebondir avec huit succès en neuf matchs. Favori au moment de la rencontre, Troy a subi la foudre d’Arkansas State et lâche le titre de conférence à son adversaire direct.

Depuis 2012, face à des adversaires hors-conférence du calibre d’Oregon, Nebraska, Auburn, Tennessee, Miami (FL), USC ou encore Missouri, les Red Wolves n’ont remporté que 6 matchs. Au même moment, ils n’ont subi que sept défaites au sein de la Sun Belt.

L’équipe de Blake Anderson s’est imposée comme une powerhouse de la conférence au fil du temps, après le passage de head coaches aux noms familiers comme Hugh Freeze, Gus Malzahn et Bryan Harsin, et ne devrait pas perdre de sa valeur en 2017. Arkansas State a trouvé la lumière au poste de quarterback en la personne de Justice Hansen (2719 yards à la passe, 19 TDs, 8 INTs). Le junior, arrivée en provenance d’Oklahoma sur transfert, continuera à progresser et à se classer parmi les meilleurs de la conférence à son poste. Il disposera qui plus est d’une flopée de cibles aériennes plutôt solides dont l’excellent tight end Blake Mack (652 yards à la réception, 3 TDs), bien que deux receveurs majeurs l’an passé ne soient plus sur le campus.

Il faut tout de même faire attention à ne pas se fourvoyer. Le point faible majeur des Red Wolves demeurent l’animation offensive. Celle-ci a largement régressé depuis deux ans et n’est pas certaine de connaitre un inversement. Certes, les deux principaux running backs en Warren Wand (879 yards à la course, 7 TDs) et Johnson White opèrent leur retour, mais ils sortent d’une saison assez décevante malgré une ligne offensive très expérimentée. Aujourd’hui, ils doivent composer avec une ligne en reconstruction totale. Cette évolution rend très difficile l’aperçu d’une embellie au sein d’un secteur qui tire l’attaque vers le bas.

Cependant, afin de compenser les déboires offensifs, Arkansas State peut compter sur une excellente défense. Elle est menée par un front-seven dominant et notamment le superbe defensive end Ja’Von Rolland-Jones (57 plaquages, 13.5 sacks, 7 TFLs), un nom que vous risquez d’entendre à de nombreuses reprises dans le futur. La ligne défensive est prometteuse avec l’ancien defensive tackle d’Alabama, Dee Liner, mais les autres positions ne sont pas en reste non plus. Le linebacker Kyle Wilson et le nickelback Justin Clifton (87 plaquages, 2 INTs, 5 passes défendues, 8 TFLs) seront eux-aussi des pièces maitresse de la défense. Un revers de la médaille existe : même si les strs demeurent avec les Red Wolves, la défense s’amaigrit notablement en terme de profondeur de banc.

Tout porte à croire qu’Arkansas State ressemble sensiblement à l’équipe qu’elle était ces dernières saisons. En tout cas, le déroulement de la saison devrait suivre la route habituelle. Le calendrier hors-conférence est toujours aussi compétitif avec des voyages à Nebraska et SMU, et une réception surprenante de Miami (FL) sur le campus de Jonesboro. Trois défaites en prévision ?

Quoi qu’il en soit, les Red Wolves seront dans la course au titre de conférence Sun Belt. Appalachian State ne se trouve pas sur leur route et ils obtiennent Troy à domicile. Un partage de titre est une véritable possibilité.


Le ventre “dur” de la conférence :

4t. UL-Lafayette

4t. New Mexico State

6t. Idaho

6t. Georgia Southern

Peu d’écart ne sépare réellement ces cinq équipes. Chacune d’entre elles peut espérer se qualifier à un Bowl et il est loin d’être impossible qu’elles causent plusieurs upsets au cours de la saison. Effectivement, contrairement à la réputation de conférence faible, le milieu du peloton de la Sun Belt détient des qualités non-négligeables à revendre.

Georgia Southern possédait le statut de powerhouse de la conférence dès leur montée du niveau FCS en 2013. L’utilisation quasi-parfaite de la triple-option en faisait un adversaire plus que redoutable, mais tout a viré de bord en 2016. Le head coach Tyson Summers ne s’est pas engagé à 100% dans la triple-option et celle-ci est allée droit dans le mur. Résultat : un record général de 5-7. Un nouveau coordinateur offensif adepte de la triple-option et disciple de Paul Johnson à Georgia Tech, Bryan Cook, reprend les rennes avec l’intention de raviver la triple-option que l’on connaissait auparavant. Malheureusement, il devra faire sans les piliers offensifs de ces dernières années : le quarterback Kevin Ellison, le running back Matt Breida et le receveur B.J. Johnson. Le retour du succès n’est pas garanti avec un taux d’expérience général en large retrait.

Cependant, d’autres équipes sont bien plus susceptibles de jouer les trouble-fêtes en 2017. UL-Lafayette se trouve continuellement à la limite d’émerger comme une puissance de la conférence, mais il manque toujours ce petit quelque chose. Le running back star Elijah McGuire s’en est allé, au même titre que le meilleur receveur Al Riles et le quarterback Anthony Jennings (précédemment à LSU). Mais il ne faut pas croire à une régression, les remplaçants deviennent titulaires et amènent avec eux leur lot de promesses. De toute manière, l’attaque n’a jamais décollé l’an passé et les Ragin’ Cajuns devraient toujours être capable de se reposer sur une défense remarquable, qui s’est même révélée intraitable contre la course. Si vous cherchez le véritable underdog de cette saison au sein de la Sun Belt, pensez à UL-Lafayette.

Il ne faudra pas non plus sous-estimer la valeur de New Mexico State et d’Idaho. Les deux programmes, qui connaissent leur ultime saison au sein de la conférence (et même du niveau FBS dans le cas des Vandals), se reposent sur des bases intéressantes. Les Aggies peuvent espérer une année somme toute solide grâce à une attaque qui retrouve ses protagonistes, et notamment le running back Larry Rose. Certes, la défense développait un niveau absolument exécrable mais difficile de ne pas voir d’améliorations en partant de si bas et en tablant sur l’arrivée de sept joueurs issus du JUCO. De son côté, Idaho perd de nombreux playmakers des deux côtés du ballon mais la plupart des pièces maitresses reviennent. Un statu quo est relativement possible mais il devrait se révéler d’autant plus fragile. La bataille pour un ultime Bowl sera féroce, et ce pourrait éventuellement créer des upsets.


Attention, poils à gratter :

8. South Alabama

9. UL-Monroe

10. Georgia State

South Alabama développe la fâcheuse tendance de sortir des upsets monumentaux (demandez à San Diego State et Mississippi State) mais également de complètement s’effondrer face à une adversité bien plus faible. Avec une expérience offensive médiocre et une défense qui devrait connaitre une amélioration, les Jaguars peuvent entrevoir un rôle plus important que du simple briseur de rêves occasionnel et inconstant.

UL-Monroe et Georgia State ont vécu des phases de transition en 2016 et ces dernières semblent toujours être d’actualité en 2017. Toutefois, les Panthers peuvent nourrir de plus grandes attentes avec une expérience globalement satisfaisante, un nouvel head coach en Shawn Elliott (ancien assistant de South Carolina) et un nouveau stade, en lieu et place des Braves d’Atlanta (MLB) au sein d’un Turner Field réaménagé.


Il y a encore du boulot :

11. Coastal Carolina

12. Texas State

Texas State a sombré très profondément dans la hiérarchie de la conférence l’an passé. La sortie de ce trou ne sera pas de tout repos et ne se fera certainement pas cette saison. La situation est quelque peu différente pour Coastal Carolina. Les Chanticleers émergent du niveau FCS et rejoignent officiellement la Sun Belt dès cette année. Une transition n’est jamais facile à vivre, attendre des résultats faramineux d’entrée de jeu reviendrait à se fourvoyer complètement, bien que le programme se trouve en (très) bonne forme. Patience.


Pronostics de performance :

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