Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Tous les jeunes fans de football universitaire établissent un lien entre l’Université de Stanford et le succès sur le gazon. Mais une telle association n’est véridique que depuis quelques années, depuis l’arrivée de Jim Harbaugh à la tête du programme en 2007. Le Cardinal a vécu auparavant une période de disette de plus d’un demi-siècle, puisqu’il fallait remonter jusqu’aux années 20 et 30 afin de trouver la dernière période de gloire de l’équipe grâce au légendaire head coach Pop Warner. Aujourd’hui, David Shaw est en passe de faire mieux que son illustre prédécesseur.

L’actuel head coach a propulsé Stanford vers les sommets nationaux avec une constance irréprochable et une proportion de talents réellement étourdissante, d’autant plus en considérant le niveau académique reconnu à travers la planète entière. En six saisons depuis 2012, David Shaw a remporté deux Rose Bowls, a participé à deux autres Bowls du Nouvel An (ceux-ci perdus) et a terminé à cinq reprises avec davantage de 10 victoires, toujours en étant classé dans le Top-12 national. Les capacités du Cardinal ne sont plus à remettre en cause ; la question est désormais de savoir s’ils peuvent remporter un ou plusieurs titres lors de telle ou telle saison.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football du Cardinal de Stanford en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Ouch, il faut remplacer Christian McCaffrey, maintenant

L’animation offensive des deux dernières saisons tournait essentiellement autour d’un seul nom : Christian McCaffrey. Cela semble toutefois complètement logique compte tenu de son immense talent et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas déçu. Certes, Stanford a connu quelques soucis offensifs l’an passé à cause d’une ligne en transition et d’un Christian McCaffrey en délicatesse avec les blessures. Ce dernier au sein de la ligue professionnelle, il faut désormais modifier certains plans.

David Shaw et son coordinateur offensif Mike Bloomgren demeurent de fervents adeptes d’un jeu de course puissant et prépondérant afin de tracter l’attaque tout entière vers l’avant, s’appuyant de temps en temps de l’animation aérienne pour re-dynamiser le jeu avec des jeux en profondeur. La recette fonctionne très bien et un changement ne semble pas à l’ordre du jour de sitôt. Sous Jim Harbaugh, l’association entre Andrew Luck et Stepfan Taylor a réalisé des merveilles tandis que sous David Shaw, le duo entre Kevin Hogan et Tyler Gaffney a reproduit des performances identiques.

Christian McCaffrey a explosé sur la scène nationale entre deux ères différentes, entre Kevin Hogan et son futur successeur à la tête de l’attaque du Cardinal. Le running back superstar s’en est allé logiquement vers d’autres cieux et laisse une attaque orpheline du (possible) meilleur joueur de l’histoire de l’école. Le running back junior Bryce Love (783 yards à la course, 3 TDs) a obtenu une première expérience du terrain l’année passée avec les blessures de “Wild Caf” et devrait sans doute se rapprocher des statistiques de son illustre ainé. Malheureusement, le second rideau n’apparait pas aussi stable que les saisons précédentes ; le sophomore Cameron Scarlett ou le redshirt freshman Trevor Speights détiennent tout de même une opportunité de briller dès à présent. L’escouade de running backs devrait également évoluer derrière une ligne offensive à dominante junior, sur le point de retrouver son statut de meilleure ligne de la conférence ainsi qu’une des plus efficaces du pays. Les coureurs auront qui plus est des opportunités de capter une quantité élevée de passes en dehors du backfield, une caractéristique particulière de l’attaque de Stanford.

(Crédit photo : AP Photo-Marcio Jose Sanchez)

En revanche, la situation au poste de quarterback n’est pas encore très bien définie. Le senior Ryan Burns a débuté la saison dernière en tant que titulaire avant de connaitre une (forte) baisse de régime et de laisser sa place au junior Keller Chryst en milieu de saison (905 yards à la passe, 10 TDs, 2 INTs). Celui-ci a émergé avec d’excellentes performances lors des ultimes rencontres et devrait conserver sa place sans une intersaison folle des freshmen 5-étoiles K.J. Costello et David Mills. Les options ne manquent pas, en tout cas, bien que la continuité serait une bonne idée. En effet, le junior Trenton Irwin (442 yards à la réception, 1 TD) et le sophomore J.J. Arcega-Whiteside (379 yards à la réception, 5 TDs) ont développé une liaison forte avec Keller Chryst tandis que les tight ends Dalton Schultz et Kaden Smith apporteront une présence solide autour des options explosives.

En évitant les déceptions dans le domaine aérienne pour une seconde saison consécutive, Stanford doit uniquement trouver une réponse à la situation des running backs. La ligne offensive permettra à tous les éléments offensifs de performer à leur meilleur niveau. Bryce Love est-il capable de prendre le relais de Christian McCaffrey ? Si tel est le cas, le Cardinal se trouve en position de retrouver son statut de puissance offensive au niveau national.


Attendez-vous au comeback de la véritable défense du Cardinal

En une décennie, Stanford s’est construit l’identité d’une équipe s’appuyant sur un jeu de course conquérant et par-dessous tout, une défense dominante dans l’ensemble des domaines. Cette domination a légèrement fléchi dans l’histoire récente, notamment à cause d’un renouvellement massif des contributeurs au même moment. Tout ceci semble aujourd’hui derrière le Cardinal, qui devrait revenir titiller les sommets défensifs à l’échelle nationale.

L’effectif de la défense est composé aujourd’hui de juniors et seniors, ceux-ci ayant même engendré un rebond plutôt surprenant dès l’an passé. Chaque position peut se reposer sur d’excellents joueurs potentiellement transcendants en entrant dans les hauteurs de leur courbe de progression universitaire. Le meilleur est encore à venir ; le coordinateur défensif Lance Anderson devrait se faire plaisir avec une telle escouade aussi talentueuse.

Le joueur star de la défense, le defensive tackle hybride Solomon Thomas (62 plaquages, 8 sacks, 7 TFLs), a également plié bagage… mais il est seul à quitter les siens en cette nouvelle année. Bien que ce départ pourrait endommager la ligne défensive, la continuité au sein du reste de l’effectif est une véritable aubaine. L’alliance entre le defensive tackle junior Harrison Phillips (6.5 sacks, 3 TFLs) et le defensive end sophomore Dylan Jackson devrait compenser la perte de Solomon Thomas, mais leur véritable rôle sera d’occuper les adversaires afin de libérer des espaces pour les linebackers, un plan classique pour un alignement en 3-4. Ces derniers ont d’ailleurs l’occasion de renverser n’importe quelle équipe grâce à leur agressivité, d’autant plus que les quatre titulaires reviennent après avoir participé à l’ensemble de la saison ensemble. Les outside linebackers Peter Kalambayi et surtout Joey Altieri (5 sacks, 5.5 TFLs, 2 INTs) peuvent retourner les backfields adverses avec l’aide des très bons inside linebackers que sont Bobby Okereke, Kevin Palma et Sean Barton. La première ligne du front-seven a les moyens de créer un vrai chaos ; en revanche, les remplaçants ne sont pas aussi talentueux et les performances défensives pourraient reculer plus ou moins sérieusement s’ils doivent fouler la pelouse.

(Crédit photo : Jim Shorin-Stanfordphoto.com)

Un front-seven surpuissant peut contribuer à la construction de lignes arrières tout simplement incroyables. Elles se sont révélées à un très bon niveau l’an dernier et les titulaires n’étaient que sophomores ; aujourd’hui juniors, le potentiel est immense. Les cornerbacks juniors Alameen Murphy et Quentin Meeks (13 passes défendues, 2 INTs en cumulé) peuvent franchir un nouveau cap, sans compter sur le retour de blessure du junior Elijah Holder, tous plus prometteurs les uns que les autres. Le strong safety Dallas Lloyd s’en est allé mais la présence du junior Justin Reid (4 TFLs, 7 passes défendues) ne devrait pas causer de régression, surtout avec l’apport d’autres juniors tels que Brandon Simmons ou Ben Edwards. De telles options défensives propulsent le back-eight de Stanford au sommet de la conférence Pac-12.

Comme au bon vieux temps, David Shaw possèdera cette année une défense capable de favoriser la mise en place de la totalité de son système de jeu présenté ci-dessus. Les lignes arrières rivaliseront avec plaisir face aux attaques aériennes adverses de la conférence. Cependant, la tenue du front-seven devrait se révéler d’autant plus cruciale que la Côte Ouest regorge de running backs de talent. Le succès de Stanford passera évidemment par l’étau apposé sur les très bons jeux de course.


Pronostics de performance

Les blessures n’ont pas aidé au sort de Stanford lors de la saison passée. Le Cardinal faisait figure de favori en 2016 mais ces soucis de santé aux mauvaises positions, couplés à un calendrier compliqué, n’ont pas permis à la justification de telles attentes. Ils doivent désormais répondre à certaines questions de plus ou moins haute importance et retrouvent de ce fait un statut d’outsider. Cela n’a jamais fait peur à David Shaw au cours de sa carrière, bien au contraire. L’université de Palo Alto aime surprendre, surtout avec une conférence Pac-12 plus ouverte que jamais.

La proportion de talents augmente année après année grâce à des classes de recrutement où les 3-étoils devient 4-étoiles et les 4-étoiles deviennent 5-étoiles. Les quelques départs sont remplacés par des joueurs encore plus talentueux et prometteurs, ce qui provoquent une hausse des attentes ainsi que des résultats. Une continuité majeure en cette nouvelle saison, mélangée avec une majorité d’upperclassmen sur le terrain, annonce logiquement une progression du bilan final de l’équipe : pour information, Stanford a conclu la saison dernière avec un bilan de 10 victoires pour 4 défaites.

Le début de saison n’est pas des plus accueillants. Le Cardinal doit affronter Rice, rien de fou, mais en déplacement lointain à Sydney, en Australie. S’en suit deux voyages compliqués à digérer à USC puis à San Diego State. Le résultat final de la saison dépendra (évidemment) du reste des rencontres, mais bonne nouvelle, les plus grosses équipes se joueront à la maison. Oregon, Washington et Notre Dame se déplaceront en banlieue de San Francisco et avec trois victoires, Stanford peut facilement viser le plateau des 10 succès ainsi que le titre de division Pac-12 North.

D’autres voyages potentiellement dangereux se tiendront, certes, avec Utah et Washington State. Ce n’est rien d’insurmontable. La situation globale est plutôt positive pour Stanford, que ce soit en terme de calendrier ou de résultats possibles sur le terrain. L’effectif rentre dans un pic de performance dès 2017 avec un statut d’outsider : attention, le reste de la conférence Pac-12 se trouve en grand danger (si l’animation offensive ne déçoit pas) et ce pourrait être encore pire en 2018 lorsque les juniors deviendront seniors.