Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Souvent décriée ces dernières années, la conférence Pac-12 se renouvelle énormément cette saison dans l’optique d’obtenir de meilleurs résultats. Au total, cinq programmes auront un nouvel head coach tandis que trois quaterbacks stars (Sam Darnold, Josh Rosen et Luke Falk) ont quitté la conférence pour la NFL.

Stanford aborde la saison 2018 avec beaucoup plus de stabilité étant donné que le Cardinal n’a connu que peu de changements durant l’intersaison.

Les plus gros défis ? La défense et le poste de quarterback. Si Stanford réussit à relever ces challenges, l’équipe pourrait très bien avoir ses chances pour remporter le titre de conférence. En revanche, si le programme ne parvient pas à surmonter les différents obstacles qui viendront se dresser sur son chemin, le Cardinal pourra s’en vouloir une nouvelle fois.

Même avec “seulement” cinq défaites au compteur. La barre des 10 succès est l’objectif cette saison.

 


 

Une saison à 9-5 qui nous a laissés sur notre faim

 

Bien que Stanford ait atteint la finale de conférence pour la quatrième fois lors des six dernières saisons, 2017 fut quelque peu décevant.

Certes, le Cardinal a battu trois membres du Top 25, dont deux du Top 10 (Washington et Notre Dame), mais ce dernier a échoué à reproduire des rencontres identiques de manière régulière. Ainsi, les hommes de David Shaw ont eu des difficultés à l’extérieur, notamment face à San Diego State et Washington State où Stanford a encaissé deux défaites qui auraient pu ou du être deux victoires (défaites de trois petits points).

Qui plus est, le Cardinal a enregistré deux revers face aux Trojans de USC. Une première défaite cuisante 42-24 puis une seconde lors de la fameuse finale de conférence dans laquelle Stanford a une nouvelle fois été battu (31-28). Au final, le programme a terminé sur une mauvaise note en s’inclinant durant l’Alamo Bowl contre TCU (37-39).

Stanford n’a peut-être pas répondu aux hautes attentes en 2017 (même si neuf victoires reste un total évidemment élevé), mais cela s’explique notamment par la blessure dont a souffert la star numéro un de l’équipe : Bryce Love. Il a été touché à la cheville durant le mois d’octobre, ce qui l’a empêché d’évoluer à 100% le reste de la saison.

 

La question K.J. Costello au poste de quarterback

 

Le programme est à la recherche d’un quarterback indéboulonnable, qui aiderait grandement Bryce Love dans le backfield, depuis maintenant six ans et le départ d’Andrew Luck.

Celui capable de délivrer son équipe en fin de match, celui capable de lancer régulièrement 200 ou 250 yards par match, bref, celui capable d’être régulier à un poste clé. Et ce fameux joueur pourrait être K.J. Costello. Ce dernier est devenu le véritable titulaire lors de la Week 9, remplaçant un Keller Chryst décevant. Il a su faire ses preuves en offrant de belles promesses au coaching staff dans les victoires face à Washington et Notre Dame.

Cependant, il doit encore améliorer son taux de passes complétées, puisqu’il manque cruellement de précision lors de ses lancers, et il doit surtout retrouver son état de forme rapidement après avoir subi une blessure à la hanche qui l’a écarté du camp d’entrainement printanier.

Derrière lui, le redshirt freshman 5-étoiles Davis Mills sera sans aucun doute prêt à sauter sur l’occasion en cas de contre-performance de K.J. Costello, Keller Chryst laissant son poste de numéro 2 après son départ pour Tennessee.

Pour aider K.J. Costello à progresser sous le plan de jeu du nouveau coordinateur offensif Tavita Pritchard, une très belle escouade de receveurs est de retour sur la campus. C’est simple, les quatre receveurs les plus performants en 2017 seront de nouveau présents sur le terrain cette saison.

Sous les feux des projecteurs en 2017 (781 yards et 9 TDs), J.J. Arcega-Whiteside s’est établi comme l’arme numéro un dans la profondeur. C’est un receveur exceptionnel dans le duel, sûrement l’un des meilleurs lors des si dures situations “50-50” où il attrape bon nombres de ballons sur la tête de son vis-à-vis grâce à un énorme jump. Face à Washington par exemple, il a cumulé 130 yards sur cinq réceptions. Avec lui, vous ne serez jamais en manque de gros gains.

Derrière lui et quelque peu dans son ombre, Trenton Irwin (461 yards) profite du gros travail de son coéquipier pour poser de gros soucis à l’adversaire tandis que Connor Wedington, Donald Stewart et Osiris St. Brown sont tous les trois des menaces capables d’apporter dès à présent à la réception.

Mais ce qui fait surtout la force du Cardinal à la réception, c’est sans aucun son tight end ou devrais-je dire ses tight ends. Ces dernières saisons, Stanford a produit de très bons joueurs à ce poste à l’image de Zach Ertz par exemple. Cela devrait encore continuer dans les années à venir avec Kaden Smith (18 yards de moyenne par réception) et le sophomore 5-étoiles Colby Parkinson qui fut d’ailleurs une véritable machine dans la end-zone (4 de ses 10 réceptions ont été des touchdowns).

A cette position, c’est un problème de riches“. Tavita Pritchard résume plutôt bien la situation.

Si K.J. Costello, ou Davis Mills qui pourrait prendre les rênes de l’attaque, réussit à élever son niveau de jeu, Stanford pourrait devenir redoutable dans le jeu aérien tant les playmakers ne manquent pas à la réception.

 

Aucune inquiétude au sol avec Bryce Love

 

C’est la cas de le dire, le jeu de course du Cardinal se trouve entre d’excellentes mains.

Avec le retour surprise de Bryce Love au sein de l’effectif, lui qu’on croyait déjà parti pour le monde professionnel, Stanford peut compter sur le deuxième au classement du Heisman Trophy gagné par Baker Mayfield. Impressionnant à chaque rencontre, il a cumulé 2118 yards et 19 TDs avec une cheville en vrac durant la moitié de la saison. Imaginez juste une seule seconde un Bryce Love en pleine capacité de ses moyens toute une saison.

Avec 13 courses de plus de 50 yards en 2017, il a tout simplement marché sur ses adversaires. Une fois lancé, il est très difficile de le stopper et est sûrement le meilleur running back du pays de retour cette saison.

De leurs côtés, le junior Cameron Scarlett (91 courses pour 389 yards) et le sophomore Trevor Speights pourraient être appelés à des rôles importants malgré la présence de Bryce Love. Quoi qu’il en soit, le jeu de course sera une clé majeure du succès de Stanford cette saison, bien que le Cardinal perde tout de même son fullback Daniel Marx. Pour remplacer ce travailleur de l’ombre, Reagan Williams et Houston Heimuli se livrent bataille en ce moment même.

Malgré le départ du coordinateur offensif Mike Bloomgren pour Rice, qui possédait une incroyable influence au niveau de la ligne offensive, cette dernière revient encore plus fort et abattra sans aucun doute un boulot inconsidérable pour ouvrir des brèches aux coureurs. On pense notamment au right guard Jesse Burkett et au center Jesse Burkett qui feront preuve d’expérience tandis que le duo de tackles Walker Little et A.T. Hall protégera le quarterback tout autant.

Si la question au poste de quarterback est réglée rapidement, Stanford pourrait bien devenir une des meilleures attaques du pays même si quand on possède Bryce Love, cela est déjà un sacré avantage.

 

De la stabilité à retrouver dans le secondary

 

Très bonne entre 2012 et 2014, la défense de Stanford a connu des mésaventures diverses ces trois dernières saisons, notamment du côté de la défense contre la passe. L’alignement en 3-4 a perdu de sa domination et le secondary a connu des départs importants tel que Solomon Thomas.

Cette saison, le Cardinal peut découvrir de probables futurs talents qui proposent des qualités intéressantes. Concernant les jeux appelés, il devrait avoir moins de blitz réalisés. Le coaching staff souhaite absolument exécuter un pass rush à quatre joueurs seulement.

Et Stanford a la capacité de devenir davantage menaçant avec le duo composé de Dylan Jackson et Jovann Swann. Le premier pourrait être plus difficile à contenir s’il améliore son explosivité tandis que le second est un sophomore au potentiel encore méconnu. Derrière, il y a énormément d’émulation, mais aussi de la jeunesse avec Thomas Schaffer, Andres Fox et Thomas Booker.

Dans le secondary, deux départs de cadres sont à enregistrer avec Justin Reid et Quenton Meeks, ce qui plutôt une mauvaise nouvelle pour un groupe qui se cherche encore. Tous les postes ne sont pas occupés par des titulaires indiscutables, au contraire.

Chez les cornerbacks, le senior aux cinq saisons universitaires Alijah Holder retrouvera un poste de titulaires après deux ans marqués par les blessures. Son pendant à ce poste est encore inconnu même si Alameen Murphy y est attendu. En effet, ce dernier pourrait se décaler sur le poste de safety où les blessures ont fait des dégâts durant l’inter-saison, ce qui laisserait la place au talentueux Paulson Adebo.

Frank Buncom, Brandon Simmons et Ben Edwards ont tous les trois subi des pépins physiques, mais ils devraient revenir peu à peu et se partager les snaps chez les safeties en début de saison avant qu’un des trois se détache réellement comme l’espère le coaching staff.

 

Il faudra stopper les courses adverses

 

Ce n’est pas moi qui le dit, mais le coordinateur défensif Lance Anderson, bel et bien conscient que sa défense a souffert face aux courses adverses en 2017. Il sera difficile de faire pire cette saison bien que Harrisson Phillips a quitté l’université, lui qui était un leader incontestable.

Résultat, l’intérieur de la ligne défensive verra un trio se partager les tâches. Le redshirt freshman Dalyn Wade-Perry possède un potentiel énorme et des mains plus que solides. Il est capable de très vite sauter sur le coureur adverse grâce à une exécution rapide. A ses côtés, Michael Williams et Bo Peek vont le pousser, ce qui sera bénéfique pour tout le monde. Rien de mieux que de la concurrence à l’entraînement pour progresser ensemble.

Du côté du corps de lineabackers, trois des quatre postes semblent déjà réglés, ce qui ne peut qu’apporter de la régularité à cette défense contre la course. Ce deuxième rideau défensif est bien sûr capable d’aller sacker le quarterback adverse, mais c’est sur les plaquages que ce dernier doit progresser.

Bobby Okereke et Sean Barton pourraient être le déclencheur de cette amélioration tant attendue à l’intérieur alors que Joey Alfieri attend toujours de trouver son pendant sur l’extérieur, les juniors Casey Toohill et Curtis Robinson se battant pour l’ultime poste de titulaire.

 

 

Des équipes spéciales de retour au complet et performantes

 

Stanford, qui a connu de nombreux matchs serrés en 2017, peut se rassurer puisque son kicker Jet Toner est de retour. Même si il n’a jamais réussi de coup de pied au-delà des 50 yards, il fait le travail quand on fait appel à lui (21/26). Jake Bailey, le second meilleur punteur de la Pac-12 la saison dernière, jouera également un rôle important tout comme le long snapper Richard McNitzky.

Sur les retours de coup de pied, bien que Bryce Love ait évolué sur ces phases de jeu plus tôt dans sa carrière, ce sont Cameron Scarlett et Trenton Irwin qui se partageront les tâches.

 

Un calendrier très compliqué

 

Sans faire attention au calendrier, Stanford a largement les moyens d’atteindre les 10 succès. Puis, lorsque l’on se penche sur le calendrier, on commence à relativiser étant donné que le Cardinal a un des calendriers les plus durs du pays.

En règle générale, Stanford joue face aux programmes glamours à domicile. Ce ne sera pas le cas cette saison : il faudra en effet se déplacer à Notre Dame, Oregon, UCLA et Washington. De plus, le Cardinal devra accueillir USC en deuxième semaine, juste après le match piège face à San Diego State à domicile également. En revanche, les réceptions de Utah, Washington State et Oregon State devront être bien gérées.

Finalement, le face-à-face contre les Huskies de Washington devrait être une nouvelle fois la clé pour accéder à la finale de conférence comme cela l’a été ces trois dernières années.

 

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Portée par une défense qui devient bien plus agressive grâce à des playmakers qui émergent, l’attaque de Stanford marche sur ces adversaires. Effectivement, Bryce Love est tout simplement innarêtable au top de sa forme et se dirige vers le Heisman Trophy qui lui tend les bras tandis que Davis Mills, qui a remplacé un décevant K.J. Costello dès la Week 3, explose malgré sa jeunesse et quelques maladresses.

Au final, le Cardinal remporte la conférence Pac-12 après une finale de conférence revancharde face à USC et termine dans le Top-10, aux portes de College Football Playoff.