Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Tout véritable fan de football universitaire connait Mike Leach et sa personnalité exubérante. Il ne passe jamais inaperçu hors du terrain, pour ses remarques brutes de décoffrage et ses tirades souvent bizarres, mais il se révèle aussi comme un excellent atout en tant que head coach. En plus d’une quinzaine de saison à la charge de Texas Tech et Washington State, il n’a connu des records négatifs à seulement trois reprises. Et chacun d’entre elles se sont produits avec les Cougars.

Ses débuts à Pullman ont été plutôt compliqués. Il devait reconstruire un programme à la dérive après une longue série d’années décevantes. Mike Leach a mis du temps à redresser le navire de Washington State, jusqu’à ce que celui émerge. L’équipe se retrouve aujourd’hui avec deux saisons consécutives à plus de 8 victoires et à chaque fois les Cougars jouaient le titre de division Pac-12 North. La patte de celui qu’on surnomme affectivement “Le Pirate” est ancré, mais est-ce que celle-ci peut durer dans le futur ?

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Cougars de Washington State en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Un quarterback parfait pour une attaque Air Raid, cela aide

La philosophie de Mike Leach n’a pas changé depuis des décennies. Disciple de Hal Mumme à Kentucky lors des années 1990, il a participé à l’explosion nationale et la perfection de la fameuse attaque “Air Raid” lors de son époque à Texas Tech, qui se repose essentiellement sur une animation centrée sur une succession de passes courtes et ultra-dynamiques. L’administration de Washington State savait ce qu’elle faisait en embauchant Mike Leach et viser une approche unique était certainement une partie du plan afin de relancer les Cougars.

Une attaque dirigée par Mike Leach est construite de manière à lancer davantage que n’importe quelle autre attaque du pays, et nombre d’entre elles ont battu des records nationaux au fil des années. Cela pourrait indiquer une quantité monstrueuse d’actions dangereuses avec un tel nombre de passes ; sauf que le système est mise en place de telle sorte que l’efficacité devient le maitre mot, au détriment de l’explosivité le plus souvent.

L’ensemble du succès offensif repose ainsi sur les épaules du quarterback, qui détient très régulièrement les grandes lignes à travers le pays. Le récent succès de Washington State est notamment dû à la présence de Luke Falk à cette position. Il rentre dans son ultime année universitaire avec la pancarte d’un des meilleurs quarterbacks de la ligue (4468 yards à la passe, 38 TDs, 11 INTs) et peut légitimement rentrer dans la course pour le Heisman Trophy. Il ne réalise que peu d’erreurs tout en demeurant précis dans ses passes et en partageant le ballon entre ses receveurs, soit les qualités principales pour diriger une attaque “Air Raid” de la bonne manière. Il ne peut se plaindre de ses armes aériennes, bien au contraire. Le duo phare des Cougars, Gabe Marks (894 yards à la réception, 13 TDs) et River Cracraft, a quitté le campus de Pullman mais les pièces de retour devraient conserver un niveau identique. Robert Lewis et Kyle Sweet continueront à dominer à l’intérieur tandis que Tavares Martin (728 yards à la réception, 7 TDs) occupe désormais la place de leader d’une escouade très importante au succès. Par ailleurs, les sophomores Isaiah Johnson-Mack et Dezmon Patmon pourraient bien se révéler comme des animateurs intéressants sur les extérieurs.

(Crédit photo : James Snook-USA TODAY Sports)

On ne s’en fait pas pour la continuité aux postes de receveur. Même s’ils sont un poil en retrait par rapport à l’an dernier, l’impact de Luke Falk permettra à ces cibles de combler ce petit vide comparatif. Washington State peut également compter sur l’une des meilleures lignes offensives du pays pour briller, avec la présence de plusieurs joueurs dont la carrière se poursuivra au niveau professionnel. Cela bénéficie également aux running backs, plus en verve que jamais sous Mike Leach. La triplette de running backs composée de James Williams, Jamal Morrow et Gerard Wicks a connu une belle réussite au sol tout en étant visé à de maintes reprises dans les airs. Le groupe a provoqué plusieurs nouveaux records à la course et leur retour permet d’envisager de (très) belles choses à nouveau.

L’attaque de Washington State dominait déjà les débats ces dernières années. En 2017, on peut attendre une domination d’autant plus franche avec le retour de son quarterback star pour une nouvelle saison et l’existence d’armes offensives quasiment intactes par rapport à l’an dernier. Les performances devraient encore grimper et de nouveaux records tomberont à coup sur. Les Cougars feront peur lorsqu’ils auront la balle, soyez-en certain.


Et si la ligne défensive devenait une institution ?

A l’invers de l’attaque, Washington State n’a jamais possédé d’excellentes défenses par le passé. Ce n’est tout simplement pas dans l’ADN de l’université. Mais depuis la signature de l’ancien assistant de Missouri en tant que coordinateur défensif, Alex Grinch, les Cougars ont doucement mais surement remonté la pente. Jusqu’à se positionner avec une défense plutôt décente l’an dernier ; ou alors il faudrait dire qu’elle n’est plus responsable à part entière des maux de l’équipe.

Elle se détache tout particulièrement avec une belle ligne défensive. Cette dernière jouait plutôt solidement contre la course et était capable de forcer des jeux négatifs, menant logiquement à plus de troisièmes tentatives. Les lignes arrières étaient de ce fait sollicitées pour créer des changements de possession et les résultats se sont révélés en dents de scie. Le pass-rush faisait sa partie du boulot alors que les defensive backs avaient un tendance à laisser les receveurs prendre le dessus.

Malheureusement, cette dynamique a peu de chance de s’inverser. Dans le rayon des bonnes nouvelles, aucune pièce de la ligne défensive ne quitte la navire. Il semble alors logique que la défense face à la course progresse d’autant plus, notamment du point de vue des jeux arrêtés derrière la ligne de scrimmage. L’arrivée du senior Garrett McBroom en provenance du JUCO peut devenir intéressante à l’intérieur au côté du senior Daniel Ekuale et du defensive end junior Hercules Mata’afa (5 sacks, 8.5 TFLs). Ce dernier pourrait d’ailleurs devenir une pièce maitresse d’un front-seven à la recherche d’un pass-rush efficace. Malgré une agressivité au sol, celui-ci manque de ce petit plus pour créer une différence majeure au niveau de l’ensemble de la défense. Les linebackers seniors Peyton Pelluer, Isaac Dotson et Frankie Lulu (20.5 TFLs en cumulé) apporteront leur pierre à l’édifice mais la véritable différence pourrait se faire avec l’émergence d’un homme tel que le sophomore Nnamdi Oguayo (4 sacks). Quoi qu’il en soit, l’activité et l’agressivité ne manquent pas et il ne faut plus qu’arriver à mettre le quarterback au sol.

(Crédit photo : James Snook-USA TODAY Sports)

Ce n’est pas le secondary qui serait contre un front-seven plus imposant. En effet, il demeure le point faible de l’équipe et continue d’offrir de nouvelles chances à répétition à ses adversaires. Le pass-rush,  la vitesse d’exécution ainsi que la propension de l’attaque à marquer rapidement ne lui faisaient pas de cadeaux, certes, mais Washington State pouvait difficilement se reposer sur les defensive backs. Cette nouvelle saison devrait rester du même acabit. Le junior Darrien Molton et le senior Marcellus Pippins ont amené une présence plus ou moins solide aux posts de cornerbacks, tandis que le sophomore Jalen Thompson était aussi agressif qu’inconstant. Les autres éléments ont quitté l’équipe ou ne possèdent une très faible expérience du terrain. Le retour des titulaires est une bonne chose, mais le manque de profondeur pourrait très vite coûter très cher si les blessures s’enchaînent.

La défense ne dessert plus (vraiment) les ambitions de Washington State, désormais. Une attaque d’une telle efficacité permet aux Cougars de rester compétitif face à n’importe qui ; la défense est pourtant celle qui crée le delta entre une victoire et une défaite, d’autant plus au sein d’une conférence Pac-12 très disputée. La clé est de se dégoter un pass-rush solide qui peut apporter du secours aux lignes arrières assez fragiles.


Pronostics de performance

La décision la plus attendue de l’intersaison sur le campus de Pullman était de savoir si le quarterback Luke Falk préférait rester à Washington State ou voulait démarrer sa carrière professionnelle en avance. Il a choisi la première option et propulse immédiatement les Cougars en tant qu’outsider légitime pour le titre de division et de conférence. On rentre également dans l’équation le fait que 16 titulaires, la vaste majorité étant qui plus est des upperclassmen expérimentés, reviennent des deux côtés du ballon et le plateau des 10 victoires devient atteignable.

La puissance de l’animation offensive est typique d’une équipe dirigée par Mike Leach et pourrait même atteindre des sommets la saison prochaine. Ce n’est pas une réelle surprise de les retrouver à ce niveau. En revanche, les performances défensives joueront le rôle de révélateur : les 9 ou 10 victoires ne pourront être atteintes que si le front-seven conserve son impact face à la course et se dote d’un pass-rush, et si les lignes arrières parviennent à limiter les incursions adverses et/ou donnent quelques opportunités supplémentaires à Luke Falk.

Mais comme chaque équipe de la conférence Pac-12, le calendrier n’ira en aucun cas dans la faveur des Cougars. Le programme débute tout de même avec cinq réceptions consécutives ; USC devrait accoucher d’une défaite certaine mais les oppositions face à Boise State et Oregon State donneront le ton au reste de la saison. Deux défaites seraient un épine dans le pied sérieuse, surtout que les confrontations des mois d’octobre et de novembre se joueront sur la ligne du rasoir à chaque fois, qui plus est à l’extérieur à cinq reprises.

La saison de Washington State s’annonce extrêmement volatile, une habitude pour les équipes de Mike Leach, une nouvelle fois. Une défense irrégulière, une attaque d’une efficacité folle et un calendrier qui rendra son verdict semaine après semaine. Enchainer une troisième saison à plus de 8 victoires reste une possibilité sérieuse et si ce scénario se révèle juste, les Cougars entreront officiellement dans le giron des programmes associés pour l’éternité avec Mike Leach (ce qui est loin d’être une critique).