Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Les nouveaux fans de football universitaire ne peuvent pas se douter que Nebraska est considéré comme un des programmes les plus prestigieux du pays. Personne n’arrivait à la cheville des Cornhuskers lors des années 1990, avec trois titres nationaux en l’espace de quatre ans de 1994 et 1997. A cette époque-ci, le légendaire head coach Tom Osborne n’a jamais perdu plus de trois matchs par saison en près de 25 ans à la direction de Nebraska. Et puis le programme est peu à peu rentré dans le rang.

Bo Pelini est resté à la tête de l’équipe pendant sept saisons, à chaque fois terminées avec un record de 9-4 ou 10-4. Il n’était pas possible de critiquer la constance à haut niveau mais il manquait toujours le franchissement de cette dernière marche pour exister au niveau national, là où repose Nebraska. C’est pour cette raison que les Cornhuskers se sont séparés de leur fantasque entraineur pour le plus austère Mike Riley. Il n’a pas encore fait mieux et on attend toujours les résultats de cette transaction. Quand est-ce que les fans perdront patience ?

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Une attaque décevante doit changer toutes ses pièces

Un bon nombre de supporters de Nebraska doit se réjouir de la fin d’éligibilité de Tommy Armstrong Jr. Le précédent quarterback des Huskers a provoqué la souffrance de plus d’un fan au fil des années à cause de son inconstance prononcée et de ses prises de risque inconsidérées. Mais quoi qu’on dise de lui, il a apporté et maintenu le succès auprès de l’équipe en alternant bourdes et coups de génie. Et aujourd’hui, l’attaque connait une période de transition majeure (qui pourrait se révéler bénéfique).

Le coordinateur Danny Langsdorf, lieutenant de Mike Riley depuis 2005 à Oregon State, compte insuffler l’identité de son head coach au sein d’une nouvelle animation offensive. La (longue) période d’une attaque spread au quarterback dual-threat prend fin, place à un système pro-style correspondant à la philosophie de jeu de Mike Riley. Les nombreux départs et l’apport massif de nouvelles têtes permettent d’aider cette modification offensive ; cependant, faut-il encore que les contributeurs jouent de manière adéquate.

Tommy Armstrong Jr. (2180 yards à la passe, 14 TDs, 8 INTs ; 512 yards à la course, 8 TDs) était surtout connu pour ses qualités de coureur. Mike Riley s’est adapté au jeu de son quarterback, avec des résultats mitigés, que l’on peut en partie mettre sur le coup des blessures. Il obtient aujourd’hui le quarterback qu’il désire. Anciennement à Tulane et arrivé via transfert, Tanner Lee possède les qualités de quarterback lanceur adapté au système pro-style que son head coach recherche. Les résultats avec Tulane ne sont pas fameux, mais il n’avait pas autant de talents autour de lui ; peut-être que le junior est capable de progresser avec un environnement plus favorable. En cas d’échec, Nebraska peut compter sur deux recrues 4-étoiles, le redshirt freshman Patrick O’Brien et le true freshman Tristan Gebbia. Le place de titulaire semble incomber à Tanner Lee à la suite d’une intersaison aboutie et ce dernier pourra compter sur une ligne offensive plutôt expérimentée, que l’on peut considérer comme le maillon fort de l’attaque à l’heure actuelle. Les running backs pourraient également profiter de celle-ci. Terrell Newby (879 yards à la course, 7 TDs) s’en est allé et sera certainement remplacé par le sophomore Tre Bryant et le junior Mikale Wilbon, qui ne détiennent pas une expérience folle.

(Crédit photo : Matt Miller-The World-Herald)

Le quarterback titulaire aura de toute manière besoin d’une ligne offensive solide puisque l’escouade de receveurs se dirige tout droit vers une régression par rapport aux années précédentes. Déjà, l’excellent Jordan Westerkamp (526 yards à la réception, 5 TDs) a quitté les Huskers pour la ligue professionnelle et l’équipe ne peut plus compter sur les armes explosives qu’étaient Brandon Reilly et Alonzo Moore. La paire composée de Stanley Morgan (453 yards à la réception, 2 TDs) et De’Mornay Pierson-El prend aujourd’hui les devants. Les deux compères ont davantage été remarqués pour leur inconstance sur le terrain et dans leur comportement plus qu’autre chose. Le redshirt freshman J.D. Spielman et le true freshman 5-étoiles Tyjon Lindsey proposent énormément de promesses mais ils ne possèdent aucune expérience.

La prochaine attaque alignée par Nebraska est difficile à juger pour le moment. Certes, la nouvelle identité correspond davantage aux attentes de Mike Riley et il s’agit souvent d’une chose bénéfique pour une équipe. Malheureusement, les joueurs qu’il devrait aligner ne sont pas véritablement des commodités connues. Les armes talentueuses reviennent peu à peu mais il faut du temps de jeu avant qu’elles n’explosent. Une année de transition offensive semble surtout se présenter aux Cornhuskers.


Bob Diaco, nouveau coordinateur défensif

Nebraska s’est davantage fait remarquer ces derniers temps grâce à une (très) bonne défense, capable de sauver l’équipe malgré les erreurs de l’autre côté du terrain. Le coordinateur défensif Mark Banker, lui-aussi un assistant de longue date au côté de Mike Riley, en était une des raisons principales. Le head coach des Huskers a tout de même décidé de prendre des risques en se séparant de son coordinateur défensif pour le remplacer avec l’ancien head coach de Connecticut, Bob Diaco.

Bob Diaco s’est révélé à ce poste avec Notre Dame en alignant de superbes défenses saison après saison, et a solidifié cette réputation à la tête des Huskies depuis 2014. Il apparait comme une amélioration significative ; cependant, le risque intervient avec la mise en place d’un alignement en 3-4 plutôt que l’alignement en 4-3 habituel de Nebraska. Un tel changement ne devrait tout de même pas être ressenti négativement du fait des pièces à disposition.

Les juniors Mick Stoltenberg et Peyton Newell ainsi que les jumeaux sophomores Khalil et Carlos Davis offrent une rotation mélangeant présence physique, expérience et qualités de playmaker afin d’ancrer le centre de la ligne défensive. Bien que le meilleur pass-rusher de l’année passée n’est plus présent, en la personne de Ross Dzuris (5.5 sacks, 7.5 TFLs), les côtés du front-seven détiennent des hommes intéressants à commencer par le junior Freedom Akinmoladun (4 sacks). Les linebackers perdent de leur coté deux très bons plaqueurs. Le retour du junior Dedrick Young est le bienvenue pour stabiliser une escouade qui doit se trouver trois nouveaux titulaires. Le senior Marcus Newby et le true freshman 4-étoiles Avery Roberts devraient jouer un rôle conséquent, mais le manque de talents est quelque peu embêtant pour une défense à la recherche d’une nouvelle identité et d’une présence forte au milieu du terrain. Le front-seven devrait conserver un côté hybride sous Bob Diaco et l’agressivité n’est pas une caractéristique fondatrice de ses défenses ; cela peut fonctionner convenablement.

(Crédit photo : Ryan Soderlin-The World-Herald)

Le véritable atout de Nebraska a de bonnes chances de rester le secondary. Ceci dit, les lignes arrières perdent leur meilleur élément avec l’excellent free safety Nathan Gerry (74 plaquages, 6.5 TFLs, 8 passes défendues, 4 INTs). Mais elles peuvent compter sur le retour de sept des huit meilleurs contributeurs de la saison dernière. Le trio de safeties composé du junior Aaron Williams ainsi que des seniors Joshua Kalu et Kieron Williams (10 TFLs, 20 passes défendues, 9 INTs en cumulé) est capable de faire de jolis remous si Bob Diaco décide de les utiliser à travers le terrain. La situation aux postes de cornerback est un peu moins solide. Le senior Chris Jones (10 passes défendues, 3 INTs) et la jeune pépite sophomore Lamar Jackson, à ne pas confondre avec le dernier Heisman Trophy, sont de très bonnes pièces mais il n’existe quasiment aucune profondeur derrière eux.

Bob Diaco devrait sans doute se diriger vers un front-seven plutôt conservateur et solide face à la course et un secondary bien plus agressif et visible sur le terrain. En considérant les pièces disponibles, ce serait une direction très logique et si cela se produit tel quel, Nebraska devrait continuer à posséder un très bonne défense. Ceci dit, on ne sait pas encore si la défense contre la course continuera à performer comme par le passé avec un changement d’alignement.


Pronostics de performance

La patience des supporters de Nebraska a déjà été mis à mal depuis longtemps et les années sous Bo Pelini n’ont pas comblé le manque de succès national des Cornhuskers. Mike Riley débute sa troisième année sur le campus de Lincoln avec une pression forte. Le head coach prend malgré cela le taureau par les cornes en décidant une reconstruction totale de son équipe, que ce soit en attaque et en défense, avec une majorité de joueurs correspondant aux qualités qu’il recherche. Cela passe ou cela casse (et mieux vaut que cela passe, qu’on se le dise).

Avec une année décevante où les attentes ne sont pas concrétisées, Mike Riley ne pourra plus se cacher derrière un statut de constructeur de programme guère plus longtemps et sera assis sur un siège éjectable. En somme, l’attaque n’a pas d’autre choix que de réussir la transition vers un système pro-style et cela passe par le succès du transfert de Tulane au poste de quarterback, Tanner Lee. De plus, une régression défensive notable devra être mise sur le dos du head coach pour son changement inopiné de coordinateur sans qu’il y ait eu de besoin urgent.

Nebraska n’a pas le droit à l’erreur et malheureusement, le calendrier n’est pas coopératif. Un déplacement à Oregon lance la saison dans le vif du sujet et les Huskers piochent Ohio State et Penn State de la division opposée. Ceci est loin d’être optimal, certes, mais il ne faut pas oublier que Wisconsin, Northwestern et Iowa, trois prétendants au titre de division Big Ten West, doivent se rendre au Memorial Stadium de Lincoln. Ces trois réceptions permettent de conserver des chances d’accéder à la finale de conférence.

Pourtant, si l’on fait les comptes, il est peu probable que Nebraska arrive à cet accomplissement. Les Cornhuskers devraient se sortir dans le meilleur des cas avec un record final de 8-4, mais Wisconsin demeure une large marche au-dessus à tous les niveaux. Si l’on regarde à un scénario plus probable, les hommes de Mike Riley devraient terminer la saison avec six ou sept victoires. Une deuxième saison en trois ans avec un total d’à peine six succès mettrait clairement le head coach des Huskers dans la zone rouge.