Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

James Franklin savait très bien où il mettait les pieds en arrivant à la charge du programme de football de Penn State. Ce dernier, lourdement touché par des sanctions de la ligue universitaire à la suite du scandale sexuel ayant terni l’ère du légendaire Joe Paterno, a enchainé depuis 2010 les saisons avec une moyenne de 7 victoires. Et puis ces sanctions se sont terminées et les Nittany Lions ont de nouveau pu rugir à pleine puissance en 2016 : 11 victoires, un titre de conférence Big Ten et un Rose Bowl totalement fou conclu par une défaite à la dernière seconde.

Il a fallu trois ans à James Franklin pour remettre Penn State sur pieds, mais que la réalisation fut belle. Les Nittany Lions ont montré que cette équipe avait le calibre de remporter un titre national ; les succès face à Ohio State ainsi que Wisconsin, en finale de conférence, ne font qu’attester cela. Après des années de médiocrité forcée, le College Football Playoff est clairement une attente légitime et réalisable. Voyons si le bonheur peut être de longue durée dans la “Happy Valley”.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Nittany Lions de Penn State en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Saquon Barkley pourra-t-il viser le Heisman Trophy ?

Penn State a accédé au Rose Bowl, après après avoir remporté le titre de conférence Big Ten, grâce à une animation offensive ressuscité. Le premier mois n’a pas été flamboyant, loin de là, avec deux défaites face à Pittsburgh et Michigan. Il fallait s’adapter à des préceptes totalement novateurs amenés par l’ancien head coach de Fordham, Joe Moorhead. Les Nittany Lions n’avaient jamais possédé une attaque up-tempo et spread, et pourtant, la claque servie par les Wolverines ont permis de déclencher les hostilités.

A partir de ce moment-là, Penn State dépendait d’une des meilleures attaques du pays. La transition a continué face à Minnesota et puis les Nittany Lions n’ont jamais marqué moins de 38 points du reste de la saison ; Ohio State est l’exception qui confirme la règle (24) mais la victoire a tout de même été au bout. L’ascension a été météorique et s’est conclue en apothéose face à USC dans un Rose Bowl où les deux attaques se sont rendus coup pour coup pendant 4 heures.

La bonne nouvelle : rien n’indique que cette animation offensive spectaculaire ne baisse de régime en cette nouvelle saison. Spectaculaire, en effet, parce que Penn State n’a cessé de perforer les défenses adverses grâce à une explosion constante de passes en profondeur. Le groupe de joueurs influents dans les airs revient quasiment intact, et notamment la pierre angulaire du système en place, le quarterback Trace McSorley (3614 yards à la passe, 29 TDs, 8 INTs). Le junior débute une seconde année complète à la barre de l’attaque et peut légitimement viser le Heisman Trophy s’il continue sur la même lancée. Il sera qui plus est accompagné d’une escouade de cibles aériennes ahurissante. Certes, Chris Godwin (982 yards à la réception, 11 TDs) a plié bagage mais il existe une véritable légion de remplaçants. Les seniors DaeSean Hamilton et Saeed Blacknall (853 yards à la réception, 4 TDs en cumulé) joueront les maitres d’expérience, le junior DeAndre Thompkins pourra apporter son explosivité et le tight end senior Mike Gesicki (679 yards à la réception, 5 TDs) est possiblement le meilleur joueur du pays à son poste. Il ne faut pas oublier l’émergence de jeunes joueurs et l’on pense notamment aux sophomores Juwan Johnson et Irvin Charles, capables d’exploser à tout moment. Cela ressemble facilement à l’animation aérienne la plus transcendante de la conférence.

(Crédit photo : Gene J. Puskar-AP Photo)

Les Nittany Lions ne possèdent pas un seul joueur pouvant remporter le Heisman Trophy, mais bien deux. Le running back junior Saquon Barkley (1496 yards à la course, 18 TDs ; 402 yards à la réception, 4 TDs) peut également être considéré comme un des meilleurs coureurs du pays et il a réalisé des performances exceptionnelles sans avoir été aidé par sa ligne offensive. Cette dernière a très souvent été putride, bien qu’elle ait souffert d’une foule de blessures ainsi que d’une grande inexpérience. La principale tâche de l’intersaison revient à la progression de la ligne et la continuité de celle-ci laisse envisager de jours meilleurs. Cela pourrait également profiter aux running backs sophomores Miles Sanders et Andre Robinson, suppléants explosifs derrière Saquon Barkley.

Il ne manque plus qu’à Penn State un ligne offensive sortant des abysses nationales pour fonctionner au maximum de ses capacités. Déjà excellente l’an dernier, une progression dans les tranchées serait un cadeau tombé du ciel pour devenir une des meilleurs attaques du pays et pour éventuellement envoyer deux joueurs, Trace McSorley et Saquon Barkley, parmi les finalistes au Heisman Trophy. Les Nittany Lions peuvent rugir d’autant plus forts et cela doit faire peur à nombre d’adversaires.


Il faut trouver des playmakers en défense

Les deux défaites de début d’année pouvaient être mis à la charge d’une attaque en recherche de vitesse, mais la défens n’est pas anodine à ces revers non plus. Les linebackers ont été décimés par les blessures très tôt dans la saison ; une fois de retour en bonne forme, Penn State a engagé une des meilleures défenses de la conférence. Il était très difficile de courir face au front-seven et les passes n’arrivaient pas avec facilité dans les mains des receveurs adverses. Des erreurs avaient tout de même lieu de temps à autre, et celles-ci se faisaient sentir.

La défense devait jouer le rôle de tampon en parallèle d’une attaque dynamique et productive. Ce n’est pas une tâche aisée et encore moins lorsque les blessures s’y mêlent. Les Nittany Lions n’ont pas montré une régularité à tout épreuve, ni un efficacité folle, mais l’intersaison fera du bien pour mieux se positionner en réponse aux actions de l’attaque ainsi que pour panser les plaies de la saison passée. L’expérience de l’effectif grimpe en flèche, sans que tout ne soit parfait non plus.

Les quelques pertes défensives sont très mal placées, en revanche. Penn State ne compte que quatre titulaires en moins mais ceux-ci étaient véritablement les moteurs de la défense tout au long de l’année. Les defensive ends Garrett Sickels et Evan Schwan (12 sacks, 9 TFLs en cumulé) se sont révélés comme les deux meilleurs pass-rushers de l’équipe et laissent un vide non-négligeable, que le sophomore inexpérimenté Shareef Miller et le junior Torrence Brown, excellent contre la course mais sans référence en terme de pass-rush. Le redshirt freshman 5-étoiles Shane Simmons et le sophomore Ryan Bucholz sont talentueux, toutefois, il est difficile de quantifier leur apport immédiat. Ce n’est pas le cas des defensive tackles seniors Parker Cothren et Curtis Cothran, du sophomore Kevin Givens et du redshirt freshman 4-étoiles Ellison Jordan, qui composeront une rotation des plus solides au centre de la ligne, notamment en défense contre la course. Les linebackers, de nouveau en pleine forme physique, pourront s’amuser. Le senior Jason Cabinda et le junior Manny Bowen (149 plaquages, 3 sacks, 9.5 TFLs, 5 passes défendues en cumulé) sont excellents pour attaquer le backfield adverse et ne se priveront pas de recommencer avec une ligne défensive aussi imposante.

(Crédit photo : Matthew O’Haren-USA TODAY Sports)

Avec une telle présence du front-seven, typique d’une défense de Penn State depuis des décennies, les lignes arrières devraient continuer à occuper un rôle solide, si ce n’est meilleur. La perte du safety Malik Golden (75 plaquages,  6 TFLs, 3 passes défendues, 1 INT) ne devrait pas causer de dégâts lorsque l’on considère le retour du senior Marcus Allen (110 plaquages, 6 TFLs). Le senior Troy Apke prend du galon et devrait compenser un minimum le changement de leadership sur la base arrière. Malheureusement, la mauvaise nouvelle arrive au poste de cornerback. Le très bon John Reid (9 passes défendues, 1 INT) a subi une déchirure des ligaments du genou pendant l’intersaison et sera absent pour le reste de la saison. Les seniors Grant Haley et Christian Campbell prennent la relève et sans nouvelle déconvenue, ils devaient produire des performances satisfaisantes.

Les upperclassmen composent en majorité la défense des Nittany Lions en cette nouvelle saison. Ce gain d’expérience est une très bonne nouvelle pour l’efficacité et la constance au fil de la saison, en plus des retours de blessés. Déjà très bonne l’an dernier, il n’existe peu de chances que l’escouade défensive de Penn State régresse ou déçoive, à part si les playmakers partis ne sont pas remplacés adéquatement au niveau du front-seven.


Pronostics de performance

Penn State n’est vraiment pas passé loin d’une qualification pour le College Football Playoff en 2016, et ce n’est pas faute d’avoir remporté le premier titre de conférence des Nittany Lions depuis 2008 (année où ils avaient déjà perdu le Rose Bowl face à USC). Ils se trouvent aujourd’hui en position d’atteindre le dernier carré, surtout qu’ils peuvent être considérés comme l’équipe la plus expérimentée de la Big Ten avec le retour de 15 titulaires des deux côtés du terrain.

Ainsi, ce n’est pas une surprise de retourner les hommes de James Franklin dans la plupart des Top-10 de pré-saison. Penn State a terminé la saison dernière en trombe et la hype aurait pu être d’autant forte s’ils n’étaient pas tombés sur une équipe encore plus en verve de USC à Pasadena en janvier dernier. Pourtant, les Nittany Lions ne pourront pas faire partie des grands favoris pour le titre national en l’état actuel des choses ; c’est-à-dire sans classes de recrutement élites et sans résultats d’envergure de manière régulière.

Quoi qu’il en soit, Penn State aura une excellente équipe et rivalisera avec ses adversaires directs de la division Big Ten East. Le mois d’octobre se révélera crucial pour ceci avec la réception de Michigan et le voyage à Ohio State. Cette série de deux rencontres devrait révéler une grande partie de la hiérarchie au sein de la division et possiblement du qualifié pour la finale de conférence (et a fortiori pour le College Football Playoff). Cependant, les Nittany Lions devront se méfier de l’accueil du rival de l’Etat, Pittsburgh, ainsi que des déplacements périlleux à Iowa, Northwestern et Michigan State.

Penn State peut légitimement viser le plateau des 10 victoires, bien que celui-ci puisse fluctuer. Un voire deux upsets face à Michigan et/ou Ohio State permettrait de viser au-delà ; à l’inverse, quelques mauvaises surprises ne sont pas à mettre de côté au cours de la saison avec des voyages à risque. Les Nittany Lions rugiront une nouvelle fois cette saison grâce à un effectif très solide et expérimenté, au niveau de ce que l’on peut attendre d’une équipe dominante de la conférence, mais jusqu’à quel point ? Là est la question.