Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

C’est une nouvelle ère qui se profile du côté d’Oregon. Enfin, pas vraiment. Willie Taggart ayant fait ses bagages pour Florida State, c’est son coordinateur offensif qui prend sa succession dès 2018. En effet, Mario Cristobal a accepté tout naturellement ce poste de head coach, lui qui était très proche de Taggart et de son plan de jeu.

Comme depuis 20 ans, les Ducks n’accueillent donc pas un head coach d’une autre université, mais préfèrent compter sur leurs hommes, sur ceux qui occupaient déjà un poste dans le staff. La continuité est d’or à Eugene.

Pour sa première saison, Mario Cristobal pourra s’appuyer sur un groupe prêts à progresser. Avec l’un des meilleurs coordinateurs défensifs du pays en la personne de Jim Leavitt et l’un des quarterbacks les plus sous-estimés, Justin Herbert, l’ancien coach de la ligne offensive d’Alabama (2013-2016) a les cartes en main pour devenir un sérieux adversaire dans la Pac-12 malgré de gros soucis à régler au plus vite.

 


 

Blessures, pénalités et turnovers

 

S’il fallait résumer la saison 2017 d’Oregon en trois mots, ce seraient ceux-là sans hésitation. Evidemment, avec tant de bâtons dans les roues, les Ducks n’ont pas fait grande impression tout au long de la saison en ne battant aucun membre du Top-25 et en perdant face à Boise State lors du Las Vegas Bowl.

Au final, le programme termina avec un bilan tout juste positif de 7-6, mais un bilan plein d’espoir.

Effectivement, la blessure de Justin Herbert a été fatale à Oregon. Avec lui, les Ducks ont remporté six matchs pour une seule défaite en saison régulière et ont marqué 52 points en moyenne. De plus, l’indiscipline de l’équipe couplé à un manque de concentration récurrent a plombé les ambitions du programme.

C’est sûr qu’il était difficile d’imaginer mieux faire quand on est l’équipe qui commet le plus de pénalités (122) et qui perd le plus de terrain dans ce domaine (88.3 yards par match) et quand on perd 25 ballons en 13 rencontres.

 

Justin Herbert en patron

 

Si le quarterback des Ducks parvient à faire une saison pleine en évitant les blessures, Oregon risque de devenir un cauchemar pour les adversaires. Lors de ces huit matchs disputés en 2017, il a complété 67.5% de ses passes pour 1983 yards (9.6 yards par passe), 15 touchdowns et 5 interceptions. Oregon n’a pas réussi à atteindre les 100 yards à la passe dans quatre des cinq matchs en son absence.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Avec Justin Herbert sur le terrain, Oregon est une véritable machine à avancer par les airs. Il est en effet capable de réaliser de très belles séries consécutives sans effectuer de mauvais lancer.

Si les Ducks veulent espérer aller loin, il faudra impérativement qu’il soit à 100%, car son remplaçant Braxton Burmeister est peu rassurant. Le true freshman 4-étoiles Tyler Shough serait même en train de prendre sa place dans la hiérarchie.

Charles Nelson ayant quitté le campus, Justin Herbert pourra s’appuyer sur un trident très excitant composé de cibles talentueuses avec les juniors Brenden Schooler et Dillon Mitchell et le sophomore Johnny Johnson III. A eux trois, ils ont produit 1090 yards et 8 touchdowns sur 83 réceptions en 2017. Ces chiffres devraient être en forte augmentation cette année.

Qui plus est, le tight end Jacob Breeland (5 TD) sera une cible privilégiée car il s’entend à merveille avec Justin Herbert tandis que Elkanah Dillon (tight end) et Tabari Hines (receveur) apporteront également en tant que transferts.

 

Qui pour remplacer Royce Freeman ?

 

De 2014 à 2017 (5621 yards), Royce Freeman a produit 43% du total de yards à la course d’Oregon. Le second couteau Kani Benoit est également parti. Leurs successeurs ont donc énormément à faire pour les faire oublier même s’ils en ont la capacité.

Le senior Tony Brooks-James (498 yards et 2 TD) sera le leader de cette toute nouvelle escouade de runnning backs aux côtés de jeunes pousses qui n’attendent que de se montrer. Parmi ces derniers, on retrouve le sophomore Darrian Felix et le redshirt freshman CJ Verdell.

Pour aider le jeu de course, Oregon pourra compter sur une ligne offensive expérimentée. Outre le right tackle, tous les postes seront occupés par un joueur de la saison dernière.

 

Un front seven de grande qualité 

 

Le front seven voit ses 7 titulaires de retour dans l’effectif cette saison. De bon augure pour un défense en manque de repères. Sous l’impulsion de l’arrivée de Jim Leavitt, la défense contre la course des Ducks est devenue l’une des meilleures de la conférence et du pays (20e après avoir été 122e en 2016).

Ce bond impressionnant est notamment du à la ligne défensive. Cette dernière a fait un énorme travail dans l’agressivité pour empêcher le jeu de course adversaire de se mettre en place. Jalen Jelks (15 TFL) n’y est pas pour rien même si ses compères sont très impressionnants également, à l’image de Jordon Scott, son tandem.

(Crédit photo : Eric Evans-Oregon Athletics)

Le corps de linebackers compte aussi son leader avec Troy Dye. Avec ses 198 tackles et 26.5 TFL en deux saisons, il abat un boulot monstre dans le front seven. A ses côtés, la profondeur à ce poste fait que énormément de joueurs différents sont impliqués suivant les situations défensives rencontrées. Au total, pas moins de huit autres joueurs seront appelés à évoluer en tant que linebacker.

 

Une nécessaire remise en question dans le secondary

 

Oregon fut l’équipe qui a le plus subi face au jeu aérien dans la conférence. Bien que les quarterbacks rencontrés n’aient complété que 55.1% de leurs passes, le secondary a encaissé un nombre interminables de big play qui furent fatals. Au total, les Ducks ont encaissé 26 passes de 30 yards ou plus (115e dans le pays), soit 10% (!) des passes qui étaient de 30 yards ou plus.

Le coach des safeties justifie ces déboires par un temps adaptation conséquent aux nouveaux schémas défensifs de Jim Leavitt. Selon lui, le secondary sera en progression cette saison.

(Crédit photo : Kyle Sandler-Daily Emerald)

Sur le devant de la scène, le polyvalent safety Ugo Amadi sera le meneur d’hommes d’un groupe dépourvu d’exemple à suivre. Avec ses 18 titularisations en carrière, il sera sans aucun doute d’une grande aide chez les defensive backs dont 6 sur 14 sont true freshman ou sophomore.

A ses côtés, quatre joueurs se battent pour obtenir le poste de safety restant alors que du côté des cornerbacks, la hiérarchie est bien plus nette. Les sophomores Thomas Graham et Deommodore Lenoir évolueront effectivement comme titulaires bien que d’autres joueurs devraient avoir du temps de jeu pour se montrer.

 

Des équipes spéciales bien armées

 

Adam Stack a fait ses preuves en tant que punter la saison passée avec 16 de ses 62 punts ayant fini dans les 20 yards adverses. Il devra cependant assumer son nouveau rôle de titulaire en tant que kicker également avec le départ d’Aidan Schneider. Une pression supplémentaire, mais il semble prêt à y faire face avec brio.

Du côté des retours de coup de pieds, aucun changement à noter. Tony Brooks-James (25.7 yards de moyenne par retour de kick) et Dillon Mitchel (8.1 yards par retour de punt) seront de retour dans un secteur de jeu qu’ils connaissent désormais très bien.

 

Un calendrier qui permet de rêver

 

Avec une équipe attendue à élever son niveau de jeu de manière tranchante en 2018, Oregon peut se permettre voir haut en 2018, voire très haut quand on jette un coup d’œil au calendrier.

Avant le report des Aggies en 2014, Oregon devait normalement affronter Texas A&M cette saison. Au lieu de cet affrontement délicat, les rencontres hors-conférence sont plus qu’à leur portée, car les Ducks devraient écraser leurs trois adversaires sauf cataclysme. Aucun des trois (Bowling Green, Portland State et San José State) n’a dépassé les trois succès en 2017.

Cette faible adversité assure certes trois victoires, mais ne permettra pas à l’équipe de se tester réellement avant deux must win à domicile face à Washington et Stanford qui arrivent très vite. Effectivement, les affrontements face au Cardinal (22/09) aux Huskies (13/10), intercalés entre un déplacement à Cal et une bye week, décideront déjà du sort des Ducks dans la division North.

Autrement, la seconde partie de saison est abordable face à des concurrents de conférence inférieurs (Washington State, Arizona, UCLA, Utah, Arizona State et Oregon State).

 

Le “hot take” de la rédaction

 

Sous l’impulsion d’un Justin Herbert au sommet de sa forme, le jeu aérien des Ducks devient le meilleur de la conférence grâce à des playmakers à la réception. Cependant, le jeu au sol peine à soulager Justin Herbert qui ne peut pas porter l’attaque à lui seul.

Défensivement, le front seven est costaud, mais le secondary retombe dans ses travers après un début de saison rassurant. En effet, les Ducks commencent la saison par trois écrasantes victoires, mais l’écart de niveau avec les adversaires de la Pac-12 leur est fatal. Stanford et Washington ternissent rapidement les espoirs d’Oregon qui, par la suite, termine sa saison en dents de scie.

Au final, alors qu’on pensait Oregon capable d’approcher les 8 ou 9 succès, les Ducks réalisent le même bilan comptable qu’en 2017 après une défaite en bowl. Dans l’ensemble, c’est donc une saison décevante.