Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Deux équipes trustent les premières places du classement et de la popularité auprès des médias depuis la formation de la conférence Big 12 ; et ce n’est pas difficile de deviner qu’il s’agit d’Oklahoma et Texas. Mais depuis une décennie, une troisième école tente de se faire une place et les résultats se matérialisent au fil que les années avancent. Cette université ? Oklahoma State.

L’arrivée de Mike Gundy sur le campus de Stillwater a propulsé les Cowboys vers les devants de la scène comme il était rarement arrivé depuis la création du programme de football au tout début du siècle dernier. Le head coach a apporté à Oklahoma State seulement son deuxième titre de conférence Big Eight/Big 12 de l’histoire en 2011, au terme d’une année couronnée par la première victoire à un Bowl du Nouvel An et un classement de #3 à l’AP Top 25 final. Brandon Weeden était aux commandes des « Pokes », apportant deux saisons consécutives à 11 puis 12 succès.

Et puis une nouvelle ère a débuté en 2013 avec la prise de position de Mike Yurcich en tant que coordinateur offensif. L’animation offensive a grimpé une échelle supplémentaire en terme d’explosivité et l’apparition du quarterback Mason Rudolph a joué le rôle de détonateur pour lancer les Cowboys sur une nouvelle planète. Depuis 2013, Oklahoma State a terminé 4 saisons sur 5 avec 10 victoires au compteur et chaque année se conclut (malheureusement) avec des regrets. Combien de titres de conférence et de Bowls majeurs ont été perdus en novembre…

Le travail de Mike Gundy est souvent passé sous silence, mais il a construit un des programmes les plus constants et performants de la conférence Big 12, malgré quelques ratés persistants. Avec la perte de ses meilleurs éléments à l’intersaison, à lui de démontrer que les « Pokes » peuvent sérieusement prétendre à un futur glorieux.

 

Oklahoma State ne pouvait terminer 2017 avec un Camping World Bowl

 

Lorsque l’on jette un coup d’oeil aux résultats d’Oklahoma State en 2017, la déception est difficilement perceptible : un record de 10 victoires avec des défaites contre TCU, Oklahoma et Kansas State (tout à fait honorable), un succès au Camping World Bowl face à une équipe classée de Virginia Tech et une moyenne hallucinante de 45 points marqués par match. Mais c’est en regardant le rétroviseur que des regrets peuvent être nourris.

Les Cowboys avaient une chance en or d’obtenir un titre de conférence Big 12, si ce n’est, dans le meilleur des cas, une qualification pour le College Football Playoff. Pourquoi ? Le meilleur quarterback et le meilleur receveur de l’histoire de l’université, Mason Rudolph et James Washington, avait décidé de revenir ensemble pour leur saison de senior. L’opportunité d’accomplir une saison historique est passée et il est fort possible qu’elle ne se présente pas de sitôt. 

 

 

Certes, les « Pokes » ont tous les droits de se satisfaire d’une nouvelle saison à 10 victoires mais cette équipe avait le potentiel de monter beaucoup plus haut. L’animation offensive roulait sur n’importe quel adversaire, ne descendant en-dessous de la barre des 40 points marqués à seulement deux reprises (13 contre Texas et 31 contre TCU) et marquant plus de 50 points lors de 6 rencontres. Mais à l’inverse, les trois défaites de la saison se sont produites au Boone Pickens Stadium de Stillwater et l’upset réalisé par Kansas State peut apparaitre de trop dans la balance, surtout en vue d’un Bowl du Nouvel An.

L’effectif d’une génération a fait ses adieux à la fin du Camping World Bowl. Cela ressemble à du gâchis. Mais si l’on regarde du bon côté des choses et notamment l’attention sérieuse portée sur les Cowboys en 2017, cet effectif a déjà réalisé sa part du travail en inscrivant Oklahoma State dans une position de protagoniste majeur sur la scène nationale. Mike Gundy doit maintenant répéter ces exploits avec une nouvelle génération.

 

Mission impossible : trouver un quarterback pour remplacer Mason Rudolph

 

En trois saisons pleines à Stillwater, Mason Rudolph est devenu le meilleur quarterback de l’histoire de l’université avec 13.618 yards lancés, 109 touchdowns, 30 victoires en carrière et pas moins de 50 records individuels. Chaque quarterback a dépassé son prédécesseur depuis l’arrivée de Mike Gundy. Brandon Weeden (2010-2011) a effacé Zac Robinson (2007-2009) des tablettes avant que Mason Rudolph fasse de même.

Mais ce sera désormais une autre paire de manches pour dépasser ce que Mason Rudolph a réalisé, notamment à la suite d’une saison de senior incroyable avec 4.904 yards et 37 TDs à la passe (records de la fac). Le quarterback quitte Oklahoma State en laissant une marque indélébile et en ayant dompté à merveille le système « Air Raid » des Cowboys. Si les adversaires n’étaient capables de perturber Mason Rudolph dans sa poche, il était assuré de torcher n’importe quelle défense avec une flopée de « RPOs », des actions « option » où le quarterback lit la défense pour choisir entre la passe ou la course avec son running back. Tout le monde ne peut pas dominer un tel système.

(Crédit photo : Rob Ferguson-USA TODAY Sports)

Cinq quarterbacks se battent pour obtenir le poste de titulaire et le succès futur des « Pokes » dépendra assurément sur les performances de l’heureux élu. Le senior Taylor Cornelius entre dans sa cinquième année au sein du système et semble se positionner en tant que favori. Mais il ne faut pas oublier que Oklahoma State a ajouté Dru Brown sur transfert, ancien quarterback à succès de Hawaii (5.273 yards, 37 TDs en deux ans), et que deux quarterbacks 4-étoiles attendent leur tour, le junior John Kolar et surtout le freshman Spencer Sanders. 

Qui plus est, aucun d’entre eux ne pourra se reposer sur une escouade de receveurs aussi performante que celle de l’an passé. Oklahoma State possédait peut-être le meilleur duo de receveurs avec le vainqueur du Biletnikoff Award, James Washington (74 réceptions, 1.549 yards, 13 TDs), ainsi que l’excellent Marcel Ateman (59 réceptions, 1.156 yards, 8 TDs). Les deux joueurs jouent aujourd’hui en NFL et laissent la place à un autre duo composé du senior Jalen McCleskey et du sophomore Dillon Stoner (1.221 yards, 11 TDs cumulés). 

McCleskey et Stoner, toujours à même de produire des actions impressionnantes, ne sont pas aussi bons que leurs prédécesseurs mais ils mènent tout de même un groupe de receveurs très solide, qui ne devrait laisser tomber leur quarterback. L’ancienne recrue 5-étoiles de LSU, Tyron Johnson, possède aujourd’hui la place pour exploser devant le grand public, au même titre que le prometteur sophomore Tylan Wallace. 

 

La lumière viendra (peut-être) de Justice Hill

 

La force du système « Air Raid » d’Oklahoma State est qu’il ne se limite pas uniquement à la passe. La puissance de l’animation aérienne ouvrait naturellement des lignes de course que le running Justice Hill s’empressait de profiter. Aujourd’hui junior, le départ de l’ensemble des leaders aériens lui rendra la tâche difficile pour réitérer une saison sophomore où il a terminé meilleur coureur de la conférence Big 12 (268 portées, 1.467 yards, 15 TDs).

(Crédit photo : Brett Deering-Getty Images)

Justice Hill devrait tout de même demeurer le coussin de sécurité des Cowboys. On lui demandera d’être plus actif avec un quarterback et des receveurs moins performants que leurs prédécesseurs, et l’ensemble de cette situation devrait logiquement mener à une attention plus sérieuse sur ses actions. Passer la barre des 1.500 yards au sol semble impossible, mais par chance, le groupe de running backs est fourni. Le sophomore J.D. King a montré qu’il pouvait tenir le poste de suppléant et le redshirt freshman Chuba Hubbard a réalisé d’excellents entraînements printaniers.

En revanche, la situation de la ligne offensive est plutôt mi-figue mi-raisin. Ses deux meilleurs éléments, le centre Brad Lundblade et le right tackle Zachary Crabtree, ont terminé leur cursus universitaire au même titre que le left tackle Aaron Cochran. Si l’on regarde le bon côté des choses, elle a performé adéquatement la saison passée malgré une montagne de blessures et le guard Larry Williams a obtenu une sixième année d’éligibilité. La ligne offensive ne devrait pas être meilleure mais il ne devrait pas être bien pire, non plus. 

 

Des pièces intéressantes pour une plus grande agression défensive

 

Lors des 9 défaites subies par Oklahoma State en trois saisons, les Cowboys ont encaissé 45, 58, 48, 30 (contre Central Michigan), 35, 38, 44, 62 et 45 points. Si vous ne l’avez pas encore compris, la défense demeure le véritable point faible et tire l’équipe vers l’arrière dans leur quête de College Football Playoff. Mike Gundy n’est pas aveugle et aimerait bien changer cette dynamique.

C’est pourquoi il s’est séparé de son coordinateur défensif, Glenn Spencer, pour le remplacer par Jim Knowles. L’ancien boss de la défense de Duke apporte avec lui une nouvelle philosophie défensive : fini la passivité, place à l’agressivité. Oklahoma State avait opté pour le choix stratégique d’autoriser des gains afin de limiter les actions explosives de l’adversaire. Il est fort probable que ce soit désormais l’inverse. Jim Knowles apporte avec lui une volonté d’agresser l’adversaire pour tuer deux ou trois séries, quitte à encaisser des actions explosives de temps à autre.

(Crédit photo : Rob Ferguson-USA TODAY Sports)

Ce pourrait être une excellente décision avec une attaque si performante que celle des « Pokes », mais faut-il encore avoir les éléments pour mettre ce plan à exécution. Il semblerait que ce soit le cas pour le front-seven. La ligne défensive perd le defensive tackle DeQuinton Osborne (6 sacks, 5.5 TFLs) tout en conservant trois seniors, les defensive tackles Darrion Daniels et Trey Carter (3 sacks, 6.5 TFLs cumulés) ainsi que le defensive end Cole Walterscheid. Associé à cette escouade plus que solide, le defensive end junior Jordan Brailford (5 sacks, 5.5 TFLs) apparait comme un leader en puissance pour mener un pass-rush remodelé et certainement plus productif.

La situation chez les linebackers est à peu près équivalente. Le groupe perd son meilleur joueur en Chad Whitener (76 plaquages, 6.5 TFLs, 2 INTs), un départ qui sera compensé par la nouvelle formation défensive de Jim Knowles qui ne propose que deux linebackers et un poste hybride de nickelback. Et le coordinateur défensif pourra jouer au centre du terrain avec deux bons playmakers en la personne du senior Justin Phillips (64 plaquages, 2.5 sacks, 7 TFLs, 2 INTs) et le junior Calvin Bundage (54 plaquages, 3 sacks, 2.5 TFLs). Un mélange d’expérience et d’agressivité, autant dire que le front-seven possède les moyens de ses ambitions.

 

Les Cowboys tiennent-ils une (très) bonne paire de cornerbacks ?

 

Malheureusement, les lignes arrières seront le juge de paix des performances défensives. Les safeties tenaient la baraque la saison dernière et les deux playmakers les plus agressifs du secondary d’Oklahoma State, Tre Flowers (79 plaquages, 8 passes défendues, 2 INTs) et Ramon Richards (62 plaquages, 5 TFLs, 11 passes défendues, 2 INTs), disparaissent. Sauf qu’ici, les remplaçants ne sont pas aussi expérimentés qu’aux autres positions.

Le senior Kenneth Edison-McGruder, le junior Za’Carrius Green ainsi que les sophomores Thabo Mwaniki et Malcolm Rodriguez se battront pour les trois places vacantes au centre du terrain, nickelback inclus. Même si le front-seven s’avère être plus performant et aide les lignes arrières dans leurs tâches, il est difficile de croire en une progression de la défense aérienne et ce n’est pas réellement une bonne nouvelle dans la conférence Big 12, où les animations offensives ultra-dynamiques dans les airs pullulent dans tous les coins.

(Crédit photo : Pistols Firing Blog)

Un tel turnover chez les safeties renvoie ainsi les responsabilités sur le duo de cornerbacks. Le junior A.J. Green (4.5 TFLs, 5 passes défendues, 4 INTs) et le sophomore Rodarius Williams (10 passes défendues) étaient très jeunes et sans expérience en 2017, ce qui s’est ressenti sur le terrain. Certes, des big plays ont été réalisés mais l’inconstance était marquante, avec de nombreuses actions laissées à leurs adversaires. Avec un meilleur pass-rush, les deux cornerbacks peuvent effacer une partie de leurs erreurs et tenir la maison debout. Mais cela ne tient pas à grand chose.

 

Le punter Zach Sinor devrait sauver la mise de l’attaque

 

Cela fait désormais trois ans que le punter Zach Sinor apporte une aide non-négligeable aux équipes spéciales, alternant entre 38.1 yards de moyenne par punt en 2015, 41.1 yards en 2016 et 37.6 la saison passée. Il entre aujourd’hui dans sa saison de senior et devrait continuer à jouer un rôle majeur dans les résultats d’Oklahoma State. 

Le poste de kicker a trouvé preneur en 2017 avec la prise en charge réussite de Matt Ammendola. Le junior a réussi 23 de ses 29 FGs, tapant jusqu’à 53 yards de distance. S’il évite quelques boulettes de près, les Cowboys n’ont aucune raison de ne pas retrouver une des meilleures équipes spéciales de la conférence Big 12. 

 

Une quatrième saison consécutive à 10 victoires ? Faisable, mais compliqué

 

Oklahoma State vit depuis près d’une décennie sur les réussites de son attaque surpuissante. Les saisons en-deçà des 10 victoires l’ont été lorsque le poste de quarterback connaissait une période de transition, notamment entre Brandon Weeden et Mason Rudolph. Tel sera la situation en 2018 : les « Pokes » doivent se séparer de la meilleure animation offensive de la ligue avec la perte de leur quarterback et du meilleur duo de receveurs du pays. 

A l’heure actuelle, il nous est légitimement permis de douter de la nouvelle attaque proposée par Mike Gundy. Un nouveau quarterback indéfini et sans véritable expérience, de lourdes pertes du côté des cibles aériennes et une position phare qui devient logiquement le centre de l’attention adverse. Mais quoi qu’il en soit, la défense des Cowboys peut être capable de limiter les dégâts avec une nouvelle philosophie portée sur l’agressivité avec l’aide du nouveau coordinateur défensif, Jim Knowles. 

Une quatrième saison à plus de 10 victoires ? Rien n’est moins certain, mais quoi qu’il en soit, il existe un vrai potentiel.

Une première partie de calendrier plutôt clémente devrait permettre à Oklahoma State de démarrer sur les mêmes bases de résultats que précédemment, tout en aidant les nouvelles pièces à s’intégrer dans le système. Il ne faudra pas manquer le coche lors des réceptions de Boise State, Texas Tech et Iowa State (bien qu’il existe largement plus compliqué à naviguer en début de saison) et un record de 6-0 tend les bras aux Cowboys. La confirmation aura lieu, comme souvent, lors ds mois d’octobre et de novembre.

Oklahoma State doit se déplacer sur les campus de Kansas State et de Baylor, où des upsets peuvent émerger si l’équipe rencontre des soucis majeurs. Mais beaucoup plus embêtant encore, il faudra voyager sur le terrain des deux protagonistes majeurs de la conférence, TCU et Oklahoma, ce qui enlève presque automatiquement les « Pokes » de la bataille pour le titre. Et pour ne pas arranger leurs affaires, West Virginia visitera le campus de Stillwater entre les Horned Frogs et les Sooners. Oklahoma State ne manque pas de pain sur sa planche et sans quarterback performant, les hommes de Mike Gundy se rapprocheront davantage des 8 victoires que du plateau des 10 victoires.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

La question brûlante de l’intersaison à Stillwater est de savoir quel quarterback remplacera Mason Rudolph derrière le centre des Cowboys. Mike Gundy devrait certainement faire confiance au senior Taylor Cornelius, mais ne soyez pas surpris de voir le petit Dru Brown prendre possession de l’attaque en cours de saison… pour le plus grand bien des « Pokes ».

L’ancien quarterback de Hawaii nagera comme un poisson dans l’eau au centre des « RPOs » de Mike Gundy, alternant passes en profondeur et big plays avec ses jambes pour se rapprocher des 10 victoires. La dernière marche sera malheureusement trop haute pour jouer les tous premiers rôles, échouant de peu face à TCU et Oklahoma.