Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Mike Gundy est le prototype même de l’entraineur fidèle à une université pour la vie. Etudiant et quarterback des Cowboys à la fin des années 1980, il a débuté sa carrière d’entraîneur sur le campus de Stillwater en tant qu’assistant offensif. Une petite incartade plus tard avec Baylor et Maryland, il revient sur ses terres d’adoption en 2001 et est nommé head coach de l’équipe d’Oklahoma State en 2005. 12 saisons se sont écoulées et la passion de Mike Gundy a décuplé.

Lorsque l’on parle d’Oklahoma State, une des premières choses qui nous vient en tête s’avère être Mike Gundy. Sa véritable personnalité émerge petit à petit et notamment son côté fantasque, en atteste l’évolution de sa coupe de cheveux vers un mullet des plus savoureux. Il incarne cette équipe, au même titre que la philosophie offensive de celle-ci. L’attaque des “Pokes” ne peut être isolée de l’identité de l’équipe tant elle est associée à son succès depuis de (très) nombreuses années. Et tous ces éléments seront une nouvelle fois invariable d’Oklahoma State cette année.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Cowboys d’Oklahoma State en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Mason Rudolph et James Washington de retour pour composer une attaque terrifiante

Oklahoma State a démontré au fil des années que son attaque pouvait inscrire plus de 40 points (si ce n’est davantage) face à n’importe qui. Pour remporter la conférence Big 12, il s’agit de l’équation de la réussite : marquer plus de points que son adversaire. Les Cowboys développent une des meilleures animations offensives du pays depuis longtemps et pourtant, ils n’ont pas remporté la conférence depuis 2011. Soit Baylor, soit Oklahoma se trouvaient sur leur chemin. Ce n’est pas force d’avoir essayé.

L’attaque développée par le coordinateur offensif Mike Yurcich s’adapte parfaitement aux joueurs dont elles disposent. La base reste cependant la même : un système Air Raid amélioré avec les multiples influences des athlètes de l’effectif. Si un quarterback remplaçant possède d’excellentes jambes, le coaching staff n’hésitera pas à le faire entrer sur le terrain en fonction du jeu. Si un receveur démontre des qualités de superstar, il n’hésitera pas non plus à focaliser le jeu autour de celui-ci. Le pragmatisme de Mike Gundy et de ses assistants est probablement cette petite touche supplémentaire qui a permis de faire la différence avec les équipes adverses.

Mais à chaque saison, une ou deux défaites desservent toujours le sort d’Oklahoma State. Une erreur de parcours à Baylor, un énième Bedlam Game perdu et une “défaite” face à Central Michigan auront été néfastes aux Cowboys l’an passé. Ils se sont tout de même rattrapés avec un Alamo Bowl remporté ainsi qu’un troisième record de 10-3 en quatre ans. Les “Pokes” sont constamment considérés parmi les favoris/outsiders aux grandes échéances de la saison ; cette dernière sera-t-elle enfin celle où les hommes de Mike Gundy surpassent leurs vieux démons ?

En tout cas, Oklahoma State ne manquera pas d’armes transcendantes en attaque. Cela n’a toutefois pas été une certitude jusqu’au bout puisque les deux superstars offensives, le quarterback Mason Rudolph et le receveur James Washington, ont préféré compléter leur cursus universitaire plutôt que de rejoindre la NFL en avance. Les deux compères continueront de voler les unes de journaux semaine après semaine grâce à une association des plus meurtrières de toute la ligue. Mason Rudolph (4091 yards à la passe, 28 TDs, 4 INTs) utilise un bras surpuissant et une précision surprenante pour compléter un nombre incalculable de balles en profondeur, la plupart en direction de James Washington (1380 yards à la réception, 10 TDs), un des meilleurs receveurs du pays. Ils tenteront de reproduire une saison étincelante avec dans leur viseur, respectivement, le Heisman Trophy et le Biletnikoff Award. Mais il n’y aura pas qu’une seule cible aérienne à surveiller de très près chez les Cowboys. Le slot receiver junior Jalen McCleskey (812 yards à la réception, 7 TDs) et le senior Chris Lacy apporteront de l’assurance et de l’efficacité, tandis que le retour de blessure de Marcell Ateman (766 yards à la réception, 5 TDs en 2015) et l’arrivée du talentueux sophomore Tyron Johnson en transfert de LSU permettront de provoquer davantage de jeux explosifs.

(Crédit photo : David Bitton-Stillwater News Press)

Une telle combinaison de joueurs compose une animation aérienne effrayante à plus d’une occasion. Et grâce à ceci, les running backs peuvent se mettre en avant afin de jouer avec les largesses laissées par les défenses adverses, peureuses des passes en profondeur. Le jeu de course demeure une option efficace et l’est d’autant plus que Justice Hill a connu une sublime saison de freshman (1142 yards à la course, 6 TDs). Comme si Oklahoma State n’avait pas été de cordes à son arc, le running back s’est révélé en deuxième partie de saison et son dynamisme complétait à merveille la force de Chris Carson (559 yards à la course, 9 TDs). Malheureusement, ce dernier est parti au même titre de Rennie Childs et Barry Sanders Jr. De gros soucis pourraient se présenter si Justice Hill doit manquer un ou plusieurs matchs : ses remplaçants ne sont que des freshmen sans aucune expérience.

Il faut se lever de bonne heure pour trouver un attaque plus dangereuse que celle d’Oklahoma State. Il existe tellement d’armes transcendantes que les mettre en danger relève quasiment de l’impossible pour n’importe quelle défense. Les “Pokes” joueront de nouveau les premiers rôles grâce à son dynamisme, son explosivité et sa productivité. Mike Yurcich ne manquera pas de se faire plaisir avant de devoir composer sans cette génération dorée dans un an.


A la défense de supporter les espoirs de victoire

Une équipe ne compte rarement parmi les leaders de la conférence Big 12 grâce à sa défense, mais cette dernière permet de séparer une équipe titrable ou compétitive au niveau national par rapport au reste de la troupe. Oklahoma State l’a appris à ses dépens depuis quelques années. Mike Gundy sait qu’il a besoin d’un groupe défensif un tant soit peu solide afin de pouvoir sécuriser les victoires qu’ils manquent aux Cowboys lorsqu’il est temps de faire le bilan.

Tout ce dont ils ont besoin revient au fait de créer une poignée de stops pour que l’attaque enfile les points nécessaires à la victoire. Une ou deux opportunités supplémentaires suffisent pour engendrer le changement de dynamique à partir duquel Oklahoma State assoit sa domination offensive. Et puis une meilleure défense est une condition non-négligeable afin de battre l’ennemi de toujours, Oklahoma, qui vainc les “Pokes” à l’aide de cette technique.

Pourtant, Oklahoma State est arrivé à se distinguer récemment avec l’agressivité de sa ligne défensive. Les defensive ends titulaires étaient nouveaux l’an dernier et ont réalisé des performances encourageantes par le biais de Cole Walterscheid, Jarrell Owens et Tralund Webber (10.5 sacks, 9.5 TFLs en cumulé). La véritable différence provenait cependant des deux defensive tackles, Vincent Taylor (7 sacks, 6 TFLs) et Motekiai Maile, qui ont permis une très belle défense face aux coureurs adverses. La mauvaise nouvelle est que les deux ancres au milieu de la ligne doivent être remplacés. Il incombe à l’ancienne recrue 4-étoiles aujourd’hui junior, Darrion Daniels, de combler ce vide important avec l’aide du senior DeQuinton Osborne et du junior Enoch Smith, en provenance de Michigan State sur transfert. En fonction du jeu des retours et des départs, il semble fort possible que le pass-rush s’améliore tandis que la défense face à la course régresse quelque peu. Le linebacker senior Chad Whitener (71 plaquages, 1 sack, 6.5 TFLs, 4 passes défendues) devra limiter cette régression au maximum au côté du junior Justin Phillips, qui remplace un contributeur majeur en Devante Averette. Le rebond du front-seven se joue à quitte ou double.

(Crédit photo : Brody Schmidt / AP)

La situation se retrouve à peu près à l’identique au sein du secondary. En revanche, celui-ci n’était pas très bon l’an dernier et risque de sombrer d’autant plus si les nouvelles pièces ne s’incorporent pas correctement d’entrée de jeu. Malgré le départ du meilleur plaqueur de l’équipe Jordan Sterns (101 plaquages, 5.5 TFLs, 5 passes défendues, 3 INTs), les saiettes devraient rester en bonne position avec les retours des seniors Tre Flowers et Ramon Richards (125 plaquages, 3.5 TFLs, 13 TFLs, 3 INTs en cumulé). L’escouade de cornerbacks n’est pas aussi sereine, à l’inverse. Il faut trouver deux nouveaux titulaires à un poste qui a largement fait défaut à Oklahoma State et une des options envisagés est le senior Adrian Baker, qui arrive tout juste de Clemson sur transfert. Un sophomore, que ce soit Madre Harper ou A.J. Green, occupera le second poste. Il faut absolument qu’un de ces trois hommes se révèle à haut niveau tout de suite pour que les Cowboys tiennent une chance en fin de saison.

Les “Pokes” conservent de bons joueurs à leurs positions de force tandis que les faiblesses défensives doivent désormais vivre une période de transition. Ce n’est certainement pas la recette optimale du succès mais si les lignes arrières se révèlent sous un meilleur jour, ce qui est (très) loin d’être assuré, Oklahoma State peut espérer de belles choses de ce côté du terrain.


Pronostics de performance

Il manque réellement une marche à franchir pour Mike Gundy : battre Oklahoma. Les Cowboys ne se sont imposés face à leur rival historique qu’à deux reprises depuis la prise du pouvoir du head coach. La dernière fois que cela s’est produit, en 2014, il s’agissait de la seule saison où Oklahoma State n’avait rien à jouer au niveau national. Est-ce que cette année sera la bonne ? Ou bien est-ce qu’une nouvelle désillusion gâchera les plus beaux espoirs des “Pokes” ?

Une chance subsiste a fortiori grâce à leur attaque aussi surpuissante qu’efficace. Comme souvent, il est fort possible que le Bedlam Game se joue lors d’un shootout et les hommes de Mike Gundy sont peut-être les mieux armés du pays, offensivement parlant. Les défenses feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre et jusqu’à preuve du contraire, les Sooners détiennent l’avantage sur ce terrain de jeu. L’amélioration de celle-ci sera un véritable défi sur le campus de Stillwater qui rendra son verdict le 4 novembre prochain, jour de rivalité.

Cette opposition entre équipes de l’Oklahoma pourrait bien accoucher de l’identité du futur vainqueur de la conférence Big 12, comme souvent lors de la dernière décennie. Mais cette rencontre ne doit surtout cristalliser les regards d’Oklahoma State. Des voyages dangereux ont lieu en septembre et en octobre, sur les campus de Pittsburgh, Texas Tech, Texas et West Virginia, entrecoupés des réceptions de TCU et Baylor.

Aucun moment de répit n’est autorisé si un titre de conférence est en jeu ; quelques stops défensifs pourraient d’ailleurs faire la différence entre une équipe invaincue et une équipe à 3/4 défaits avant la réception d’Oklahoma. Une victoire face à Oklahoma n’est certainement pas hors de portée, et si tel est le cas, attention de ne pas tout perdre la semaine suivante à Iowa State. Une telle défaite aurait le pouvoir de réanimer les terribles cauchemars de la saison 2011.

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