igUne nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Tout droit sortis d’une magnifique demi-finale lors du College Football Playoff qui reste dans toutes les mémoires face à Georgia, les Sooners ne montrent aucun grand signe de faiblesse à un petit mois de la nouvelle saison qui nous attend. Et pourtant, le Heisman Trophy en titre, Baker Mayfield, et quelques uns de ses fidèles soldats, ont fait le grand pas vers la NFL.

Mais voilà, Oklahoma n’est pas un top programme pour rien. Lincoln Riley, qui a pris le flambeau au poste de head coach après le départ surprise de la légende Bob Stoops l’année dernière, est un recruteur hors pair qui participe activement au renouvellement de l’effectif des Sooners. Ainsi, ces deux dernières saisons, de nombreux gros prospects sont arrivés sur le campus. Aujourd’hui, ils sont prêts à prendre leur responsabilité au côté des cadres de retour pour une saison supplémentaire.

L’attaque explosive ne devrait pas perdre de sa superbe malgré le départ de Baker Mayfield tandis que la défense ne peut que s’améliorer après avoir été vivement critiquée, à tort ou à raison (surtout), en 2017.

 

Une saison quasi-parfaite pour Oklahoma à 12-2

 

Une chose est sûre, Lincoln Riley a plutôt bien géré la pression pour un jeune head coach de 34 ans, successeur du plus grand entraîneur de l’histoire du programme. Après avoir appris deux ans avec Bob Stoops en tant que coordinateur offensif, il a su volé de ses propres ailes dès sa première saison à la tête des Sooners. En créant une attaque qui a roulé sur tous ses adversaires grâce à des systèmes toujours plus créatifs, il est devenu un des head coaches les plus estimés du pays en l’espace de quelques mois.

Il faut dire que la saison réalisée par le programme fut de toute beauté même si la fin de saison a laissé place à la déception. Dès le Week 2, les Sooners se sont affirmés comme un des grandes forces en présence en allant s’imposer sur le terrain d’#2 Ohio State (31-16), seulement un an après avoir concédé un revers à domicile face aux Buckeyes.

Même si la saison semblait être lancée de la meilleure des façons, la défense d’Oklahoma n’a offert aucune garantie et a failli coûtait la victoire face à Baylor, avant que les Sooners ne subissent un upset retentissant devant leur public contre Iowa State (38-31). Cette défaite fut un mal pour un bien, car cela a permis au staff et aux joueurs de mettre les choses au clair en interne.

 

 

Par la suite, Oklahoma a marché sur ses adversaires, toujours porté par une attaque incroyable de facilité : 45.1 points par match (3e du pays) et 579.6 yards de moyenne (1ère) dont 361.8 yards à la passe (3e). Même si certains matchs ne se sont pas finis sur un écart important, les Sooners ont dominé les débats, notamment lors de la double confrontation face à TCU, une fois en saison régulière (38-20) et une autre fois en finale de conférence (41-17).

Ces victoires ont rassuré d’un point de vue défensif à l’approche du College Football Playoff, où les Sooners avaient logiquement été sélectionnés, avant de connaître une déroute face à Georgia (48-54). Dans un match ultra offensif, la défense des Sooners fut la première à rendre les armes après avoir tenu sur un fil tout au long de la partie. La saison se termina lors de deux prolongations insoutenables qui virent les Bulldogs s’imposer.

 

Un prodige pour remplacer une légende

 

Toutes les belles histoires ont une fin. L’ancien walk-on devenu Heisman Trophy, Baker Mayfield, a quitté le campus et laisse un grand vide au poste au poste de quarterback. A première vue en tout cas. Car si certains programmes seraient dans l’impasse face à une telle situation, Oklahoma possède des ressources incroyables en Kyler Murray.

Ce dernier est tout simplement considéré comme le meilleur QB high school de l’histoire du Texas. Logiquement sorti du lycée en tant que 5-étoiles, il a rejoint Texas A&M avant de demander son transfert pour Oklahoma. Après une année 2016 en dehors des terrains en raison des règles NCAA, il a appris en tant que backup de Baker Mayfield en 2017 (18/21, 359 yards et 3 TDs pour 0 INT à la passe et 142 yards).

Aussi courtisé par la MLB (Kyler Murray un athlète très polyvalent), il a décidé de rester à Oklahoma une saison de plus malgré avoir été sélection en 9ème position générale de la MLB Draft. En tant que quarterback double-menace, il va apporter d’une manière différente par rapport à Baker Mayfield. Beaucoup plus mobile, il devrait se plaire dans les systèmes de Lincoln Riley, avec lequel il risque de former un sacré duo.

Cependant, comme l’a précisé le head coach, Kyler Murray n’a pas encore été désigné titulaire indiscutable bien qu’il soit le grand favori. Le sophomore Austin Kendall est en effet un joueur talentueux qui aurait davantage le profil de Baker Mayfield en tant que pocket passer.

Quoi qu’il en soit, les cibles seront de grande qualité pour le lanceur titulaire. Marquise Brown (1095 yards) et CeeDee Lamb, qui a battu le record du programme de yards à la réception pour un freshman avec 807 yards, formeront le meilleur duo de receveurs de la conférence. Chacun dans un style différent, ils seront des menaces pour n’importe quel secondary.

Derrière ces deux-là, la profondeur ne manque pas. Mykel Jones et ses 310 yards sont de retour également, Nick Basquine (265 ards et 2 TD en 2016) revient après une saison blanche pour cause de blessure et trois recrues 4-étoiles pourraient aider dans ce secteur.

Finalement, le plus gros challenge du côté du jeu aérien pourrait s’avérer être le remplacement de Dimitri Flowers, le halfback. Très bon bloqueur, il s’est également révélé être un facteur X à la réception. Carson Meier et/ou Jeremiah Hall auront fort à faire pour le faire oublier.

Cela est un peu le même cas de figure concernant le poste de tight end. Mark Andrews étant parti, c’est Grant Calcaterra qui sera titulaire cette saison. Même si la tâche pour remplacer le meilleur tight end du pays en 2017 est dur, le sophomore a déjà fait belle impression la saison passée (162 yards et 3 TD).

Malgré trois grosses pertes notables, Oklahoma devrait rester tout de même l’une des meilleures attaques aériennes du College Football.

 

Un jeu de course de plus en plus développé

 

Avec la probable titularisation du Kyler Murray, le jeu au sol risque d’être l’arme numéro une de l’attaque des Sooners. Il faut dire que les options seront nombreuses. Outre la présence de Murray en tant que quarterback double-menace, ce sont les deux meilleurs running backs du programme qui sont de retour.

Impressionnant en 2017, Rodney Anderson (1161 yards et 18 TD) a la carrure pour devenir l’un des meilleurs coureurs du pays tandis que Trey Sermon est bien loin d’avoir atteint son plein potentiel après une saison true freshman prometteuse (744 yards et 5 TD). Qui plus est, l’expérimenté Marcelias Sutton (130 yards et 2 TD) apportera en tant que troisième larron après la perte de Abdul Adams.

On aurait pu également citer la recrue T.J. Pledger qui débarque à Norman après avoir marché sur ses adversaires en high school, mais on pense que cela est suffisant pour vous dire qu’Oklahoma possédera bel et bien une attaque de feu même si celle-ci aura du mal à rester aussi forte statistiquement parlant.

D’autant plus que la ligne offensive sera toujours aussi dominatrice malgré les pertes de l’All-American Orlando Brown et du centre Erick Wren. Effectivement, pas moins de six joueurs avec de l’expérience en tant que titulaires sont de retour, à commencer par le right tackle Bobby Evans, qui devrait basculer sur le côté gauche, le right guard Dru Samia et le left guard Cody Ford pour ne citer qu’eux.

 

Une progression nécessaire en défense

 

Tout le monde le sait très bien, si Oklahoma avait eu une défense ne serait-ce décente, les Sooners auraient pu soulever le trophée et devenir champions national. C’est simple, Oklahoma était l’une des moins bonnes défenses parmi le Power Five en étant classé 82e en yards concédés par jeu, 68e en points totaux encaissés et 67e en yards. Autant vous dire que Mike Stoops a attiré de nombreuses critiques et de nombreux fans ont souhaité son licenciement (dont moi).

Bonne nouvelle : cette saison, le coordinateur défensif ne pourra pas faire pire. La défense contre la course, qui est la faiblesse du programme depuis son retour en 2012, devrait enfin retrouver des couleurs, sans non plus devenir une forteresse non plus, avec le retour de bons joueurs dans le front-seven malgré des pertes importantes telles que Ogbonnia Okoronkwo (All-American !) et D.J. Ward.

Sur la ligne défensive, Marquise Overton sera toujours la pièce principale dans ce système 3-4. Plutôt solide, il est davantage attendu d’un point de vue leadership. A ses côtés, Amani Bledsoe occupera son poste habituel de defensive end tandis que le troisième poste devrait être la propriété du junior Kenneth Mann à moins que le true freshman, Ronnie Perkins, impressionnant lors du spring practice, ne prenne déjà un rôle de titulaire.

Concernant la profondeur de banc, il n’y a pas de problème d’un point de vue comptable étant donné que les bonnes classes de recrutements réalisées ces derniers temps se sont révélés être bien chargées sur la ligne défensive, mais ces jeunes recrues ont beaucoup à prouver.

Du côté des linebackers, le groupe aura la chance de pouvoir compter sur un paquet de joueurs. Cela devrait s’avérer primordial au cours de la saison pour pouvoir compter sur une belle rotation. Parmi les quatre postes, deux seront occupés par des titulaires expérimentés. Kenneth Murray, qui sort d’une saison freshman costaude, occupera le poste de Mike linebacker tandis que son homologue sur le poste de Will linebacker sera Caleb Kelly. Ce dernier est un joueur très polyvalent et très intelligent.

En remplaçants sur l’intérieur de la ligne, deux-trois joueurs pourraient se révéler être de belles surprises, à commencer par DaShaun White, une des meilleures recrues du pays dans la classe de 2018 à ce poste.

Concernant les deux postes extérieures, rien n’est moins sûre puisque Mike Stoops fait face à différentes options. Mark Jackson et Addison Gumbs semblent avoir une longueur d’avance, mais Ryan Jones, ancien safety de formation, et le freshman Jalen Redmond auront leur mot à dire.

Ce front seven part de loin. Cependant, le plus dur semble passer, place à la progression.

 

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

 

Doit-on se réjouir d’avoir un groupe de cornerbacks talentueux ou s’inquiétait d’avoir perdu ses deux titulaires au poste de safety ? C’est ce que se pose le coaching staff du côté de Norman à propos du secondary.

Parnell Motley et Tre Norwood ont progressé rapidement en 2017 et ne devraient pas s’arrêter là cette saison. Poussés par une forte compétitivité en raison d’une profondeur de banc exceptionnelle avec Tre Brown et Miguel Edwards, ils pourraient former une paire de cornerbacks de feu.

Avec les départs des deux titulaires, les deux postes de safety sont laissés vacants. Jordan Parker, qui s’est gravement blessé dès l’ouverture de la saison dernière, revient à 100% et va abandonner son rôle de cornerback pour batailler sur le spot de strong safety avec Kahlil Haughton. Quant à lui, le poste de free safety sera occupé par Chanse Sylvie.

Encore une fois, à l’image du front seven, le secondary soulève de nombreuses questions, mais ce dernier a tout à fait les armes pour s’imposer comme l’un des meilleurs de la conférence grâce à un groupe composé de joueurs talentueux. D’ailleurs, Brendan “Bookie” Radley-Hiles définit bien ce backfield défensif, lui qui pourrait être la révélation de cette saison à l’échelle nationale. Le true freshman devrait faire effectivement des merveilles au poste de nickel back.

 

Aucun changement dans les équipes spéciales

 

Austin Seibert, qui officie comme kicker et punter depuis son arrivée en 2015 sur le campus, est de retour pour son ultime année d’éligibilité. Avec 76.6% de réussi sur field-goal et 41.8 yards de moyenne sur punt, il est une valeur sûre pour Oklahoma. Ce n’est pas par hasard s’il est considéré comme le troisième meilleur kicker de l’histoire du programme.

Sur les retours de coup pied, les deux titulaires déjà en place en 2017 sont également de retour avec Marcelias Sutton en charge des kickoffs et CeeDee Lamb des punts.

 

Les Sooners n’auront pas une semaine de répit

 

Oklahoma ne va pas avoir le temps de tergiverser. Dès le premier match de la saison, la défense des Sooners va faire face à un gros test face à Florida Atlantic. Si sur le papier les hommes de Lincoln Riley sont bien supérieurs, le fantasque Lane Kiffin et son équipe sont de redoutable adversaires, notamment sur le plan offensif. L’upset est à éviter à tout prix.

La réception une semaine plus tard de UCLA mettra également à contribution la défense tandis que le déplacement à Iowa State pour ouvrir les rencontres de conférence sera l’occasion pour les Sooners de prendre leur revanche sur la saison dernière.

Finalement, le match le plus délicat à gérer sur cette première partie de saison pourrait s’avérer être la réception de l’Army. Les Black Knights ont remporté 18 matchs au cours des deux dernières saisons et leur triple option en attaque est toujours difficile à manier.

Par la suite, le calendrier face aux adversaires de Big 12 est un classique. Le face-à-face sur terrain neutre contre Texas sera une nouvelle fois difficile à aller gagner alors que le déplacement à TCU sera l’occasion pour l’attaque des Sooners de se confronter à une défense redoutable.

Enfin, la réception de Oklahoma State à Norman est une bonne nouvelle concernant le Bedlam Game au contraire du déplacement périlleux à West Virginia face à des Mountaineers qui pourraient être la surprise de la conférence cette saison.

Même si le programme fait face à un renouvellement à des postes clés, nul doute que les Sooners seront les favoris de la Big 12 et pourraient aller titiller le Top-4 pour une seconde accession de suite au College Football Playoff si les étoiles s’alignent.

 

Le “hot take” de la rédaction

 

Comme de puis maintenant trois ans, Oklahoma va remporter un quatrième titre de conférence d’affilée. Les Sooners sont bien trop forts intrinsèquement parlant par rapport à tous leurs adversaires. Néanmoins, les hommes de Lincoln Riley vont devoir se battre encore davantage que l’année dernière et n’auront pas le temps de souffler avec des rencontres serrées quasiment toutes les semaines.

Même si la défense sera plus forte (ou moins mauvaise) que la saison passée, perdre Baker Mayfield va nécessairement peser sur l’attaque des Sooners et dans le vestiaire tant celui-ci était un leader incroyable. De plus, le calendrier comporte bien trop de pièges et Oklahoma risque de connaître plus d’une défaite en saison régulière.

Le programme sera présent pour un Bowl majeur en fin de saison, mais n’accédera pas au College Football Playoff, en revanche.