Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La victoire est associée à la culture de Ohio State. Dans leur histoire, les Buckeyes ont remporté 8 titres de champions nationaux, 36 titres de conférence Big Ten, et inutile de compter le nombre de saisons à plus de 10 victoires. Depuis 2002 et le BCS Championship Game remporté par Jim Tressel contre Miami (FL), Ohio State est tombé sous la barre des victoires à deux chiffres uniquement à deux reprises. 

En 2004 et en 2011. Cette dernière occurence est particulièrement importante, puisqu’en 2011, Luke Fickell était le head coach en position intérimare à la suite du renvoi de Jim Tressel au printemps, qui avait menti et caché des joueurs non-éligibles pour une histoire de revente illégale de souvenirs. Ohio State se rapproche d’un bis repetita avec Urban Meyer, qui avait justement pris la relève de Jim Tressel et Luke Fickell en 2012. Le head coach actuel des Buckeyes a été placé en congé administratif (à l’heure de l’écriture) après l’éclatement d’un scandale impliquant son ancien entraîneur des receveurs, Zach Smith, qui serait à l’origine de violences conjugales sur son ex-femme.

L’avenir de Urban Meyer à la tête du programme de Ohio State est pour le moment sombre, mais un élément est certain : ces Buckeyes peuvent concourir au titre de meilleure équipe du pays aux côtés d’Alabama, Clemson ou bien Georgia. Une corne d’abondance pour gérer le recrutement a certainement été placé sur le campus de Columbus, ou tout du moins, il est difficile de trouver une autre explication pour le rechargement incessant de l’équipe sans perte de talent et de performance. Un joueur incroyablement talentueux remplace toujours un autre joueur talentueux.

Ce n’est pas une surprise de savoir que Ohio State n’est jamais tombé sous le barre des *11* victoires par saison sous Urban Meyer et joue à chaque année pour une place qualificative en vue du College Football Playoff depuis la création de celui-ci. Rien ne compte plus que les victoires à Columbus et cette pression pourrait bien se retourner contre Urban Meyer, en fin de compte, s’il est forcé à quitter son poste pour des raisons extra-sportives.

Mais que Urban Meyer soit toujours en poste au début de la saison ou non, Ohio State conserve quoi qu’il en soit une des toutes meilleures équipes du pays et peut rivaliser avec n’importe qui, pour un titre de conférence Big Ten ou bien un titre national au College Football Playoff.

 

Deux défaites ont éliminé Ohio State du College Football Playoff

 

Ohio State est un véritable rouleau-compresseur. Que vous le vouliez ou non, les Buckeyes ne vous quasiment aucune chance en défense tandis qu’ils empileront doucement mais surement les points en attaque. En 2017, ils ont marqué moins de 30 points par match à seulement 4 reprises et ont encaissé plus de 21 points à seulement 3 reprises. Deux rencontres possèdent un tel point en commun, et sans surprise, il s’agit des deux seules défaite de la saison : contre #3 Oklahoma (16-31) et à Iowa (24-55).

Baker Mayfield a illuminé la rencontre pour les Sooners et a torché la défense aérienne (avant de planter un drapeau dans le gazon du « Horseshoe »). Plus tard dans la saison, alors que les Buckeyes sortaient d’une victoire au forceps contre #8 Penn State, les hommes de Urban Meyer se sont complètement désagrégés dans l’ambiance électrique du Kinnick Stadium, subissant la loi incongrue des receveurs des Hawkeyes, qui se sont déchainés contre la défense adverse afin de réaliser un des plus beaux upsets de la saison.

 

 

Après cette déconvenue incroyable sur le terrain de Iowa, Ohio State reprend ses esprits et s’assure tout de même un titre de division Big Ten East, en écrasant #15 Michigan State (48-3) et Michigan (31-20), puis un titre de conférence Big Ten, en surpassant une très belle équipe de #7 Wisconsin (27-21). Malheureusement, les deux défaites subies ont été coûteuses au moment de faire les comptes : les Buckeyes échouent en dehors du College Football Playoff malgré un titre de conférence.

Ohio State se venge de cette mésaventure lors du Cotton Bowl, face à #12 USC, où la défense a tout simplement rongé Sam Darnold jusqu’à la moelle avec 8 sacks (24-7) et a donné aux Buckeyes une 12ème victoire de la saison. On ne peut pas qualifier une telle saison de déception, mais les accrocs de la saison régulière montre à quel point les erreurs de parcours sont interdites pour n’importe quelle équipe espérant se qualifier dans le dernier carré.

 

Les running backs J.K. Dobbins et Mike Weber, vrais tracteurs de cette attaque

 

La recette du succès offensif de Ohio State demeure assez simple : tant que le jeu de course est le plus efficace du pays et que le quarterback (dual-threat, de préférence) peut obtenir une nouvelle série sur 3rd down sans commettre d’erreurs, tout ira bien pour les Buckeyes. Et oui, on parle souvent de la conférence SEC comme ayant les meilleurs jeux de course en sa possession, mais la réalité montre que Ohio State reste devant tous ses adversaires.

Les running backs sont extrêmement efficaces, ne reculent quasiment jamais au contact et arrivent à s’extirper pour des jeux explosifs avec une régularité impressionnante. La jeune superstar J.K. Dobbins en est l’exemple parfait. Propulsé sur la scène nationale en tant que true freshman (premier true freshman titularisé en ouverture de saison depuis 2002), il a réalisé une saison presque parfaite et s’est imposé directement comme le leader de l’équipe au sol (194 portées, 1.403 yards, 7 TDs et une moyenne de 7.2 yards par portée). S’il continue de progresser sur cette lancée, il pourrait bien entrer dans la conversation pour le Heisman Trophy dès son année de sophomore.

(Crédit photo : Jamie Sabau-Getty Images)

Et puis Ohio State peut compter sur un second runinng back qui pourrait être titularisé dans n’importe quelle autre équipe du pays en Mike Weber. Le junior a lui-aussi éclaté en tant que freshman mais une blessure avant la saison dernière a ouvert la porte à J.K. Dobbins. Il est revenu à 100% en fin de saison et a montré qu’il pouvait être une compétition sérieuse à son jeune coéquipier (101 portées, 626 yards, 10 TDs). Dans un monde parfait, avec une telle paire de running backs si effrayante, les Buckeyes n’auraient pas besoin de lancer du match pour enchainer les victoires. 

La seule mauvaise nouvelle serait les départs sur la ligne offensive de Billy Price, meilleur centre du pays et lauréat du Rimington Trophy, et de Jamarco Jones, left tackle nommé dans la 1st Team All-Big Ten. Trois titulaires sont de retour, dont le guard junior Michael Jordan, nommé lui-aussi dans la 1st Team All-Big Ten, et les prochaines stars de la ligne sont des underclassmen recrutés avec 4- ou 5-étoiles. Evitez de vous soucier trop longuement de la ligne offensive, on cherche toujours la dernière fois où elle a desservi l’attaque de Ohio State. 

 

Dwayne Haskins obtient désormais les clés du camion

 

L’attaque des Buckeyes s’est révélée tellement efficace depuis plusieurs saisons grâce aux running backs, certes, mais également avec l’aide d’un quarterback qui avait la confiance totale de Urban Meyer : J.T. Barrett. Il n’était peut-être pas le meilleur lanceur de la conférence (ni même de son équipe), mais il apportait une précision chirurgicale dans ses prises de décision avec ses jambes et ne commettait que de très rares turnovers. Et quand tout ne tournait pas rond pour lui, Ohio State perdait ses matchs.

Après quatre saisons en tant que quarterback titulaire, 38 victoires (pour 6 défaites) ainsi que 9.434 yards à la passe et 3.263 yards à la course en carrière, J.T. Barrett laisse sa place à la barre de l’attaque au sophomore Dwayne Haskins. Le jeune quarterback a réussi les tests sporadiques qu’il devait affronter en 2017 et s’est déjà débarrassé de la pression de Joe Burrow (transfert de LSU) et du freshman 5-étoiles Tate Martell lors des entraînements printanniers. Maintenant, son apport sur le terrain. 

(Crédit photo : Jack Westerheide-The Lantern)

Dwayne Haskins possède un bras impressionnant et se révèle meilleur passeur que J.T. Barrett, bien que moins bon coureur. Le coordinateur offensif des Buckeyes, Kevin Wilson, devrait adapter le gameplan offensif avec davantage de passes. Ce serait plutôt une bonne idée, qu’on se le dise, surtout si les running backs peuvent s’échanger les portées et que les H-Backs reviennent en force. La position hybride conserve le senior Parris Campbell (40 réceptions, 584 yards, 3 TDs) et trouve la présence de Demario McCall, sophomore 5-étoiles, qui est souvent comparé à un certain Curtis Samuel.

Davantage de passes indique logiquement qu’il faut une bonne équipe de receveurs ; et bien qu’ils se soient peu mis en avant l’année dernière, les cibles aériennes des Buckeyes sont très bonnes. Les cinq meilleures receveurs sont toujours présents dans l’équipe et il ne faut compter que sur la perte du tight end titulaire, Marcus Baugh (28 réceptions, 304 yards, 5 TDs), qui n’a rien de rédhibitoire. K.J. Hill, Terry McLaurin, Johnnie Dixon, Binjimin Victor et Austin Mack (94 réceptions, 1.550 yards et 23 TDs cumulés) composent la liste des cibles de Dwayne Haskins quand il devra lancer.

Et ce n’est sans compter sur les recrues 4- et 5-étoiles attendant leur tour en troiisème rideau. C’en est presque injuste. 

 

Ce pourrait être l’année de l’explosion de Nick Bosa

 

A l’instar de l’attaque, l’escouade défensive de Ohio State s’est démarquée par son efficacité en toutes circonstances ainsi que par la force d’une ligne défensive motrice pour stopper les jeux de course adverses. Des defensive ends de grand talent se mettent en valeur à chaque saison et 2017 n’a pas contredit cette tradition avec des leaders comme Sam Hubbard et Nick Bosa.

Mieux encore, grâce à une profondeur exceptionnelle, pas moins de 7 linemen différents ont été nommés titulaires. Cette versatilité a permis à la défense de limiter leurs adversaires à 105 yards au sol en moyenne par match (meilleure marque depuis 2010) et de réaliser 45 sacks au cours de la saison (meilleure marque depuis 2000). Cependant, trois defensive ends titulaires quittent le groupe avec Sam Hubbard (42 plaquages, 7 sacks, 6.5 TFLs), Tyquan Lewis (7 sacks, 2.5 TFLs) et Jalyn Holmes. Ce pourrait être une perte importante, mais pour Ohio State, cela ne l’est pas réellement.

(Crédit photo : Jack Westerheide-The Lantern)

L’ancienne recrue 5-étoiles Nick Bosa (8.5 sacks, 7.5 TFLs) possède désormais le champ libre pour réaliser une saison démesurée au niveau de son talent. Il peut également compter sur deux jeunes joueurs très talentueux et prometteurs pour le soutenir de l’autre côté de la ligne, entre le sophomore Chase Young (3.5 sacks, 2.5 TFLs) et le junior Jonathon Cooper. Dre’mont Jones, Davon Hamilton et Jashon Cornell occupent toujours leur poste de defensive tackle et, encore une fois, seront soutenus par de jeunes pousses pleines de talent et de potentiel. 

La situation chez les linebackers est moins heureuse, par contre. Les deux leaders, Jerome Baker (72 plaquages, 3.5 sacks, 4.5 TFLs) et Chris Worley, laissent leur place vacante et le seul titulaire de retour, Tuf Borland, s’est gravement blessé en début d’intersaison. Plusieurs vétérans devraient compléter les trous de manière relativement adéquate, mais le nom à retenir est celui de Baron Browning. Le sophomore et ancienne recrue 5-étoiles, au potentiel énorme, semble être prêt pour réclamer son tour et retourner le terrain de par son talent.

 

La défense aérienne a flanché, et doit remplacer ses leaders

 

Lors des défaites face à Oklahoma et Iowa, les deux faillites défensives pouvaient être imputées aux defensive backs pour n’avoir pu contrer les animations aériennes. On ne peut pas enlever aux defensive backs leur talent (surtout avec les nombreux joueurs sélectionnés très haut aux dernières Draft NFL) et ces faux-pas ne sont arrivés que très rarement, mais de toute l’équipe, la défense aérienne est celle qui a flanché le plus souvent. 

Six des neuf meilleurs defensive backs reviennent sur le campus de Columbus, dont deux titulaires, mais deux départs heurtent vraiment cette escouade, une seule saison après le départ de trois titulaires majeurs. Le shutdown corner Denzel Ward (15 passes défendues, 2 INTs) et l’excellent safety Damon Webb (61 plaquages, 2 TFLs, 5 INTs) doivent être remplacés et il faudra que de jeunes pousses émergent rapidement. Ce ne devrait pas être compliqué, si l’on en croit leur statut de recrues 4- et 5-étoiles. 

(Crédit photo : Jamie Sabau-Getty Images)

Les plus grands soucis ne sont pas aux postes de cornerback avec le retour du junior Damon Arnette (8 passes défendues, 2 INTs) et de la prise de position du talentueux junior Kendall Sheffield. En revanche, malgré le retour du solide junior Jordan Fuller, le second poste de safety est moins bien dessiné. Il faudra faire confiance à des underclassmen sans grande expérience pour couvrir les pertes, mais on parle beaucoup de l’émergence future du prometteur sophomore Isaiah Pryor. 

Si tel est le cas, et que de nouvelles pousses émergent tout de suite, la défense aérienne ne sera pas un énorme problème. Mais dans le cas contraire, les Buckeyes pourraient se retrouver dans l’embarras à quelques reprises.

 

Encore une fois, les équipes spéciales feront des dégâts

 

Urban Meyer met un point d’honneur à posséder la meilleure équipe spéciale de la ligue et il s’en rapproche à chaque année, que ce soit avec ses tireurs de coup de pied ou avec ses joueurs en charge de retourner les coups de pied adverses. Le kicker senior Sean Nueurnberger a réalisé ce que l’on attendait de lui (17/21 FGs) et le punter Drue Chrisman a réalisé une superbe saison freshman avec 41.6 yards par punt en moyenne et 25 punts tapés dans les 20 yards adverses. Les deux sont de retour et joueront les premiers rôles.

Le punt returner K.J. Hill et le kick returner Parris Campbell reviennent aussi pour secouer les adversaires. La défense sur coup de pied laissait à désirer mais si c’est le seul souci des équipes spéciales de Ohio State, l’avenir devrait continuer à être radieux sur cette phase de jeu.

 

Alors, peut-on trouver une défaite dans le calendrier des Buckeyes ?

 

12, 12, 14, 12, 11, 12. Ce sont le nombre de victoires à chaque saison sous Urban Meyer. Autant dire que le head coach des Buckeyes a insufflé une culture de la gagne assez exceptionnelle et deux défaites peuvent déjà s’apparenter à une légère déception sur le campus de Columbus, d’autant plus lorsque l’on prend compte le talent incroyable à toutes les positions de l’équipe. 

Bien que J.T. Barrett ait épuisé son éligibilité universitaire, le poste de quarterback ne se retrouve pas à l’abandon et le sophomore Dwayne Haskins possède toutes les qualités mentales et physiques afin de reprendre la direction de cette attaque. Et surtout, il peut s’appuyer sur un des meilleurs duos de running backs de la ligue et l’escouade de receveurs possède autant de cibles qu’il peut désirer. La défense perd de son côté des playmakers plus importants dans l’équipe et doit faire confiance à des commodités aussi inconnues que talentueuses. 

Si les questions ne viennent pas de la qualité de l’effectif, il faut regarder en direction du calendrier. Et pour trouver les potentielles défaites, il faut se lever de bonne heure.

Certes, Ohio State doit se déplacer sur le campus de TCU dès la troisième semaine de compétition et deux semaines plus tard sur le campus de Penn State. En novembre, il faudra visiter le stade de Michigan State avant de recevoir le rival historique de Michigan pour conclure la saison. Si des défaites doivent se produire, ce serait assurément lors de ces matchs. Et encore, rien n’est moins certain. Les Horned Frogs jouent un cran si ce n’est deux en-dessous des Buckeyes et, aussi bien les Nittany Lions que les Spartans, possèdent bien plus de questions que l’équipe de Urban Meyer. Sans compter sur le syndrome d’infériorité de Jim Harbaugh, qui doit se déplacer au « Horseshoe », qui plus est.

Le chemin pour retrouver la finale de conférence Big Ten pour une seconde saison consécutive n’est pas dénué d’embuches, mais les Buckeyes partent certainement avec une longueur d’avance. Le départ éventuel de Urban Meyer, à cause du scandale soulevé récemment, peut redistribuer les cartes. Mais avec un statu quo, Ohio State demeure le favori pour remporter la division Big Ten East, la conférence Big Ten et empocher une place qualificative pour le College Football Playoff.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Si Urban Meyer reste en place à Ohio State, l’équipe possède un chemin tout tracé pour jouer une place au College Football Playoff pour une cinquième année de suite. Mais si Urban Meyer est forcé à abandonner le poste de ses rêves, le futur des Buckeyes pourraient connaitre de nombreuses surprises.

Le cataclysme que cela pourrait causer sur l’équipe n’est pas encore connue, mais il est certain que l’avantage moral que l’équipe possède serait réduit en poussière. Et de là, tout pourrait partir à vau-l’eau. Pour un record avec moins de 10 victoires en 2018 ? Plus rien ne serait impossible avec une défection d’une telle importance.