Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La conférence ACC a ajouté une quantité incroyable de nouveaux head coaches de (grand) talent lors de la dernière intersaison mais le mouvement qui a attiré la plus grande attention était, sans aucune question, le retour de Mark Richt à Miami (FL). Ancien quarterback des Hurricanes sous le légendaire Howard Schnellenberger au début de “The U” lors des années 1980, il est revenu à son alma mater après un long passage de 15 ans à la tête de Georgia. Beaucoup ne l’ont pas respecté à sa juste valeur, une perception qu’il a remis en place dès sa première saison avec Miami.

Mark Richt a propulsé les Hurricanes vers un bilan final de 9-4 mais surtout un produit sur le terrain des plus convaincants. Miami (FL) ne s’était pas révélé aussi compétitif en huit ans sous Randy Shannon puis Al Golden, que ce soit en attaque ou en défense. Il n’a fallu que quelques semaines au nouveau venu pour remettre la maison en ordre ainsi que ramener le swag et la passion des fans autour du programme de football. Le plus dur reste à venir : s’imposer à nouveau comme une force indéboulonnable de l’Etat de Floride.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Hurricanes de Miami (FL) en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Les Hurricanes en auront sous la pédale (avec un quarterback décent)

Mark Richt a toujours été connu pour ses qualités d’entraineur à vocation offensive. Lors de son temps à Georgia, les Bulldogs n’ont que très rarement déçu en attaque et ils pouvaient toujours compter sur un très bon quarterback, que ce soit Matthew Stafford ou Aaron Murray. Les talents d’exception n’ont jamais manqué non plus sur le campus d’Athens au fil des années ; s’il y a bien un point commun entre son ancien poste et le nouveau du côté de Miami (FL), ce serait la proportion de jeunes joueurs pétris de talent à disposition aux alentours de l’université.

Tout de même, à son arrivée, Mark Richt s’est retrouvé avec une animation offensive relativement apathique, qui a été en partie causée par la régression notable de joueurs transcendants au sein de l’effectif. Cette entreprise prendra quelques années avant de connaitre une évaluation. A l’inverse, la principale réussite de Mark Richt est la progression du jeu au sol. La présence de l’ancien assistant des running backs de Georgia au poste de coordinateur offensif, Thomas Brown, a certainement aidé à relever un des jeux de course les plus mauvais du pays.

Mark Walton, aujourd’hui junior, a émergé comme une réelle arme lors de son année sophomore en dépassant la barre des 1000 yards courus (1117 yards à la course, 14 TDs) grâce à une explosivité certaine une fois le champ libre. Ses anciens remplaçants, Joseph Yearby et Gus Edwards, ont quitté le campus mais les Hurricanes peuvent compter sur le jeune et talentueux running back sophomore Travis Homer afin de prendre la relève. Cette progression devrait se poursuivre, d’autant plus que la ligne offensive est plus ou moins intacte malgré le départ brutal du centre senior Nick Linder en plein mois d’août. En revanche, le réel atout de Miami (FL) en attaque demeure le groupe de receveurs. Les (très) bons Stacy Coley et David Njoku se sont envolés pour la NFL ; ce vide sera facilement comblé par le sophomore Ahmmon Richards (934 yards à la réception, 3 TDs), qui a battu le record de l’université en terme de yards à la réception pour un freshman. Il trouvera autour de lui le tight end senior Christopher Herndon, le slot receiver senior Braxton Berrios, le junior Darrell Langham ainsi que les petits nouveaux très prometteurs que sont Lawrence Cager, DeeJay Dallas et Dionte Mullins afin de construire, potentiellement, le meilleur escadron aérien de la conférence ACC.

(Crédit photo : Jasen Vinlove-USA TODAY Sports)

Mais posséder autant d’armes offensives ne sert à rien si aucun quarterback ne se révèle suffisamment à l’aise pour diriger ses troupes. Titulaire avec succès depuis trois ans, Brad Kaaya (3532 yards à la passe, 27 TDs, 7 INTs) a entamé la route professionnelle en avance et laisse la position de quarterback dans un flou total. La bataille à l’intersaison n’a mis personne en exergue pour le moment. Le junior Malik Rosier apparait comme l’option la plus probable à ce jour, mais il ne faut pas oublier le sophomore Evan Shirrefs et le talentueux true freshman N’Kosi Perry. Le fait que Mark Richt soit le head coach inspire un peu plus de confiance que la normale ; toutefois, les performances en attaque des Hurricanes seront dessinées par un quarterback avec une expérience nulle.

La révélation d’un de ces quarterbacks cités ci-dessus est incroyablement importante pour l’attaque : sans un quarterback avec une présence plus ou moins décente, l’animation offensive de Miami (FL) ne devrait pas décoller. Si l’on regarde du côté positif, il s’agit tout de même du seul maillon faible des Hurricanes et l’heureux élu aura la chance de se reposer sur une excellente escouade de receveurs et de running backs sur la pente ascendante. La pression est forte sans que tout ne soit fichu.


Attention, front-seven dévastateur en approche !

La grande époque de “The U” a été fondée sur une défense littéralement effroyable. Elle terrifiait ses adversaires semaine après semaine, année après année, grâce à une agressivité notable et des talents à toutes les positions. La nouvelle version de Miami (FL) sous Mark Richt semble se rapprocher de cette identité et cela est notamment dû au personnel qu’il a engagé pour diriger cette moitié du terrain : le coordinateur défensif Manny Diaz et l’assistant de ligne défensive Craig Kuligowski.

Les deux entraineurs peuvent aisément être considérés parmi les meilleurs hommes à leur poste des Etats-Unis. Que ce soit à Louisiana Tech ou à Mississippi State, Manny Diaz a construit d’excellentes défenses basées sur une forte agressivité à l’avant et une prévention efficace à l’arrière. Il suffit de combiner ceci avec le meilleur entraineur au niveau de la ligne défensive, le célèbre Craig Kuligowski, pour obtenir une escouade capable de s’installer dans les premiers rangs de la conférence ACC (si ce n’est davantage).

Et pourtant, rien n’était gagné avant le début de la saison dernière. Miami (FL) ne retrouvait que deux titulaires au niveau du front-seven et notamment un groupe de linebackers composé exclusivement de freshmen. Malgré cela, à la surprise générale, les Hurricanes se sont classés parmi les équipes les plus agressives du pays. Le defensive end Joe Jackson a connu une saison de true freshman fantastique (8.5 sacks, 3 TFLs) et revient accompagné des defensive ends upperclassmen Chad Thomas, Trent Harris et Demetrius Jackson (10.5 sacks, 16.5 TFLs en cumulé). A cela faut-il encore prendre en considération les tackles R.J. McIntosh et Kendrick Norton (4.5 sacks, 15 TFLs en cumulé). La ligne défensive des Hurricanes, hier dans l’inconnue, se retrouve aujourd’hui à la lisière d’entrer dans le cercle officieux des lignes défensives élites de cette ligue. Les linebackers n’ont pas déçu non plus, bien au contraire. Shaq Quarterman a réalisé une saison freshman détonnante (84 plaquages, 3.5 sacks, 6.5 TFLs) malgré une expérience inexistante, tandis que Michael Pinckney et Zach McCloud se sont rendus très utiles en complément. Les trois linbackers peuvent franchir un palier supplémentaire désormais et s’ils progressent au même niveau que la ligne défensive, le front-seven de Miami (FL) a de quoi terrifié plus d’un quarterback.

(Crédit photo : Daniel Shirey-Getty Images)

Mais, car il en fallait un, le secondary se retrouve de son côté face à une situation un peu plus instable. Trois titulaires majeurs de la défense ne sont plus disponibles aujourd’hui en la personne du cornerback Corn Elder et des safeties Rayshawn Jenkins et Jamal Carter (4.5 sacks, 5.5 TFLs, 22 passes défendues, 3 INTs en cumulé). Seul le safety Jaquan Johnson demeure sur le campus de Coral Gables et devrait arriver à maintenir un niveau de jeu solide à son poste. Les cornerbacks ne savent pas réellement où se situer, en revanche. Le sophomore Malek Young devrait obtenir un rôle plus important après quelques apparitions l’an dernier et il devrait batailler avec deux additions prometteuses : le transfert d’un First Team All-American en FCS avec The Citadel, Dee Delaney, ainsi que Jhavonte Dean, excellent junior en sortie du JUCO.

On arrive rapidement à manquer d’adjectifs pour caractériser la potentielle domination du front-seven des Hurricanes. Celui-ci possède clairement les capacités pour atteindre le haut du panier à travers l’ensemble du pays. De telles performances devraient vraisemblablement aider des lignes arrières qui traversent un petit turnover. Tout de suite, elles n’apparaissent pas aussi fortes que celles de l’an passé mais qui sait, Manny Diaz n’est plus à une surprise près.


Pronostics de performance

Pour sa première saison de retour à Coral Gables, Mark Richt a engendré un rebond significatif des Hurricanes après une petite décennie de médiocrité. Cette progression est arrivée sans qu’on s’y attende vraiment, du fait de l’inexpérience de cette équipe, en grande partie. Mais aujourd’hui, 15 titulaires sont de retour des deux cotés du terrain et on pourrait espérer que Miami (FL) atteigne le plateau des 10 victoires pour la première fois depuis 2003, dernière année en date de qualification pour l’Orange Bowl à la veille du décès de la Big East. Une éternité.

Le départ de Brad Kaaya et l’inconnue totale au poste de quarterback ne permettent pas d’annoncer avec certitude un tel scénario, bien que le reste de l’attaque est blindée d’options talentueuses et que la défense peut atteindre la crème de la crème en conférence ACC. Résoudre ce casse-tête révélera sans aucun doute la finalité de la saison des Hurricanes, étant l’ultime pièce du puzzle a trouvé une position. Par chance, tous les protagonistes sérieux de la division ACC Coastal doivent également trouver un nouveau quarterback et Miami (FL) détient l’effectif le plus expérimenté, complet et talentueux d’entre tous.

En parlant de ceux-ci, le calendrier penche d’ailleurs assez en faveur de “The U”. En octobre puis novembre, Georgia Tech, Virginia Tech et Notre Dame se déplaceront au Hard Rock Stadium alors que les Hurricanes devront “seulement” se rendre sur les campus de North Carolina et enfin de Pittsburgh pour conclure la saison régulière. En toute honnêteté, Miami (FL) peut se sortir de cette passe sans aucune défaite au compteur, sur le papier, mais ce n’est forcément ce dont on attend le plus de Mark Richt en cette seconde saison à Coral Gables.

Le déplacement à Florida State dès la troisième semaine de compétition pourrait installer une narration spécifique autour des Hurricanes en fonction du résultat. La rivalité historique a délivré de très nombreux moments entrés dans la légende depuis 30 ans ; cependant, les Seminoles ont remporté les sept dernières rencontres et Miami (FL) s’est incliné de justesse l’an passé sur un coup de pied manqué (évidemment, quel autre scénario possible). Une victoire face à l’ennemi sur ses terres de Tallahassee permettrait d’ancrer le retour de “The U” dans l’élite du football universitaire.