Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Les supporters de Nebraska ne pouvaient pas rêver mieux.

Le 2 décembre dernier, lorsque Scott Frost annoncé son retour du côté du campus de Lincoln, toute une base de supporters s’est émerveillée de voir l’enfant du pays revenir au sein du programme. Celui qui porta les Cornhuskers jusqu’au titre national en 1997 en tant que quarterback double-menace d’exception est en effet bel et bien le nouvel head coach de Nebraska.

Reconnu pour ses talents sur le terrain, Scott Frost n’est pas si mauvais que cela sur le bord de la touche non plus. Après avoir appris du côté d’Oregon au côté de Chip Kelly notamment, il a redressé le programme de UCF en deux ans, passant d’un record de 0-12 au fabuleux et inoubliable bilan de 13-0 de la saison dernière. En quelques mois, Scott Frost s’est imposé comme l’un des meilleurs head coaches du Group of Five et a très vite attiré de nombreux programmes du Power Five.

Mais comme une évidence, il se devait de suivre son destin : rejoindre Nebraska. C’est évidemment une toute nouvelle page qui s’ouvre chez les Cornhuskers. Le chemin durera plus d’un an pour se transformer en sérieux candidat au titre dans la Big Ten, mais l’optimisme est à son sommet à Lincoln, comme l’attestent les 85 000 billets vendus en quelques heures… pour le spring game !

 

Une victoire au buzzer… et rien d’autre pour Nebraska

 

Les fans du programme vous l’avoueront, 2017 fut un cauchemar. Jamais depuis 1961 les Cornhuskers avaient gagné si peu de matchs en l’espace d’une année. Quatre petites victoires et puis s’en vont.

Outre les succès face à Arkansas State, Rutgers et Illinois, qui sont des programmes de petit calibre, le succès sur le terrain de Purdue serait l’unique match à retenir. Non pas que Nebraska a réalisé une rencontre de haute voltige, mais les Cornhuskers ont au moins offert une magnifique victoire au buzzer à leurs fans (25-24).

 

 

Autrement, Nebraska n’a pas fait le poids face aux cadors de la conférence, en encaissant notamment quatre blowouts par 21 points d’écart ou plus. Et puis quand les Cornhuskers réussissaient à s’accrocher, c’est le mental qui craquait. La défaite en prolongations face à Northwestern en est l’exemple parfait. Alors que les joueurs avaient le match en main, ils ont réalisé un quatrième quart-temps désastreux pour s’incliner finalement sur le score de 31 à 24.

Bref, 2017 ne servira pas de base à Scott Frost cette année. Les joueurs de retour au sein de l’effectif ont sûrement appris de leurs erreurs, mais le jeune head coach souhaite repartir sur des bases bien plus solides. Et ce dès cette saison.

 

Résoudre la problématique récurrente au poste de quarterback

 

Cela paraît logique, si Nebraska veut retrouver de sa splendeur, il faudra compter sur un quarterback au niveau. Et aujourd’hui, un quarterback de qualité, expérimenté et talentueux n’est qu’une utopie pour mener l’attaque des Cornhuskers. Scott Frost en est conscient : cela va prendre du temps, et certainement une saison entière.

“Peu m’importe si nous jouons bien, si tu n’as pas un quarterback au niveau, c’est dur d’être bon,” avouait le nouvel head coach des Cornhuskers.

En effet, la bataille pour le poste de titulaire met deux très jeunes joueurs en duel depuis que Tanner Lee a décidé de rejoindre la NFL Draft et que son ancien backup, Patrick O’Brien, a souhaité un transfert. Résultat, Nebraska se retrouve avec un true freshman, Adrian Martinez et un redshirt freshman, Tristan Gebbia. Aucun n’ayant lancer une passe au niveau universitaire, il ne faudra pas à s’attendre à une énorme saison de leur part même si ils ont du talent à revendre, notamment Adrian Martinez.

Ce dernier est pressenti pour être titulaire et devenir le premier true freshman de l’histoire du programme à jouer lors d’un match d’ouverture. Effectivement, sa belle performance au spring game (114 yards à la passe, 60 yards à la course et 4 TDs). Evidemment, se baser sur un spring game ne garantit rien, mais Adrian Martinez a montré qu’il peut rester serein dans sa poche et être percutant sur le jeu au sol en tant que quarterback double-menace.

De son côté, Tristan Gebbia semble plus être en accord avec la philosophie de jeu de Nebraska grâce à son bon bras, mais Scott Frost devrait faire confiance au tru freshman pour débuter la saison. Quoi qu’il en soit, il faudra de la patience pour le head coach, lui qui s’appuie sur un système nécessitant à un quarterback dominant comme il l’a prouvé à UCF avec McKenzie Milton.

 

 

Concernant les receveurs, le groupe a la capacité d’être très performant avec les forces en présence. Cependant, leur production dépendra énormément de leur coéquipier au poste de quarterback.

Avec 986 yards à la réception en 2017, record du programme, Stanley Morgan est de retour avec la tunique de star à Lincoln et il devrait possiblement faire partir des meilleurs receveurs du pays. Autour de lui, expérience et possibles révélations. Jaevon McQuitty et Tyjon Lindsey auront un rôle bien plus important cette saison tandis que la profondeur de banc sera au rendez-vous grâce à une bonne classe de recrutements.

Outre Stanley Morgan qui a déjà largement fait ses preuves, J.D. Spielman pourrait devenir une véritable menace pour n’importe quel secondary de la conférence Big Ten. Excellent lors de sa saison freshman avec 830 yards, meilleur total du pays pour un freshman, il sera à suivre de près. On risque très vite d’en reparler au cours de la saison.

Enfin, le tight end Jack Stoll (8 réceptions et 2 TDs en 2017) devrait recevoir davantage de responsabilités quand on sait que Scott Frost apprécie s’appuyer sur un tight end.

 

Un jeu de course qui navigue dans le flou

 

A l’instar du poste de quarterback, Nebraska ne compte toujours pas un running back de premier choix comme l’attestait Ryan Held, le coach des running backs durant un entraînement printanier : “Nous n’avons de titulaire indiscutable là, maintenant“.

Depuis, un coureur semble d’être détacher en la personne de Greg Bell. En transfert de JUCO, il a fait parler de lui lors des entraînements de printemps, attirant la lumière sur lui. Formé du côté de Arizona Western où il a connu deux saisons à plus de 1.000 yards, le meilleur coureur de JUCO la saison passée doit dorénavant faire ses preuves à l’échelon supérieur.

Même s’il semble avoir une petite longueur d’avance, les seniors Mikale Wilbon et Devine Ozigbo (11 titularisations) sont également prêts à sauter sur l’occasion si Scott Frost fait appel à eux et le sophomore Jaylin Bradley pourrait apporter aussi.

La vraie interrogation repose sur la santé de Tre Bryant. Après avoir débuté la saison dernière avec 299 yards en deux matchs, il fut contraint de mettre un terme à sa saison à cause d’une blessure à un genou. Si son état de santé lui permet, il pourrait très vite retrouver son poste de titulaire.

Entre un jeu de passe sans quarterback fiable et un jeu de course qui se cherche encore, le point fort de cette attaque pourrait finalement se trouver du côté de la ligne offensive. Outre le poste de centre laissé vacant avec le départ de Michael Decker, les quatre autres positions seront entre de bonnes mains. Le tandem de guards entre Jerald Foster et Tanner Farmer est fiable tandis que Brenden Jaimes pourrait exploser pour sa saison sophomore en tant que left tackle.

 

Il faut (vraiment) dépasser les 14 sacks de l’an passé

 

Qu’il est loin le temps où Nebraska dominait défensivement durant 10 ans entre 1993 et 2003. Depuis, la défense des Cornhuskers est tombée bien bas, avec la saison 2017 en point d’orgue. C’est simple, elle fut l’une des moins efficaces en FBS avec des joueurs peu concernés et sans réelle motivation. L’arrivée d’un nouveau coordinateur en la personne de Erik Chinander devrait permettre de débuter un nouveau chapitre.

La ligne défensive devrait devenir la force du front-seven. Dans le système 3-4, les trois linemen titulaires la saison passée avec Freedom Akinmoladun, Carlos Davis et Mick Stoltenberg. Cela est une bonne chose, car Erik Chinander va pouvoir travailler avec un groupe qui se connaît et expérimenté. De plus, il y a de la profondeur derrière avec notamment Ben Stille et Damion Daniels.

Avec des pièces clés de retour, Nebraska ne devrait pas être en difficulté pour dépasser les 14 sacks de la saison passée, plus faible total en conférence Big Ten.

Concernant le coprs de linebackers, le coaching staff cherche encore son second rideau de titulaires. Sur l’intérieur, l’indéboulonnable Dedrick Young et ses 31 titularisations en carrière devrait faire la paire avec le transfert Will Honas. En provenance de JUCO, il a fait des étincelles ce printemps et devrait être une belle surprise cette saison.

Sur l’extérieur, il y a également un leader incontestable avec le senior Luke Gifford même s’il a connu une blessure durant l’intersaison. Néanmoins, son partenaire est encore indéterminé. Erik Chinander a une palette d’option sous ses yeux avec des joueurs tels que Tyrin Ferguson ou Alex Davis, mais aucun ne semble s’être encore démarqué réellement.

Porté par une ligne défensive expérimentée et une grande rotation sur le second rideau, ce front seven se doit de progresser après une saison 2017 catastrophique.

 

Et bien, il y a encore du boulot dans le secondary

 

Si le front seven semble sur le bon chemin, le secondary aura fort à faire cette saison. Les six joueurs de retour ayant combiné seulement 3.5 TFLs et 9 passes défendues en 2017, tous les defensive backs devront prendre des responsabilités et élever leur niveau de jeu en conséquence.

Les cornerbacks, avec aucune interception comptabilisée la saison passée, ont une marge de progression énorme. Reste à progresser, ce qui est une autre affaire. De par son statut, Lamar Jackson se doit devenir un leader défensif tandis que Dicaprio Bootle n’apporte aucune garantie. Ainsi, le walk-on Ethan Cox pourrait devenir titulaire après un spring game surprenant.

De son côté, le groupe de safeties pourra compter sur le vétéran Aaron Williams (22 titularisations) et Antonio Reed, sur lequel les attentes sont hautes. En provenance de UCF, Tre Neal pourrait tirer également son épingle du jeu étant donné qu’il a débuté tous les matchs de UCF la saison passée sous les ordres de Scott Frost.

 

De la stabilité chez les équipes spéciales 

 

Une chôse est sûre, Nebraska retrouve deux de ses trois pièces maîtresses. Les deux éléments de retour sont Caleb Lightbourn et JD Spielman. Le premier sera l’un des touts meilleurs punters de la conférence tandis que le second est un coureur très fiable sur les retours de kicks.

Le poste de kicker est quant à lui laissé libre avec le départ de Drew Brown. Mais pas d’inquiétude, la relève est là avec Barret Pickering. Le freshman, 13e meilleur prospect à ce poste en 2018, a fait ses preuves durant l’intersaison même si Cole Frahm n’a pas dit son dernier mot.

 

Les Cornhuskers affronteront 6 des 7 meilleures équipes de la conférence

 

Malheureusement, alors que la maison Nebraska tente de se construire des fondations solides, plusieurs tempêtes pourraient s’abattre sur le programme cette saison à la vue du calendrier.

Après un match plus qu’abordable face à Akron pour débuter la saison, les Cornhuskers feront face à deux matchs pièges pour terminer leur calendrier hors-conférence. Recevoir Colorado n’est pas gagné d’avance tandis que Troy n’est surtout pas à sous-estimer. Sortant d’une saison à 11-2, le programme est un véritable cador parmi le Groupe of Five.

De son côté, le calendrier de conférence Big Ten s’annonce monstrueux. Scott Frost fera ses débuts dans la conférence avec un déplacement à Michigan. Ajoutés à cela des road trips à Wisconsin, Northwestern, Ohio State et Iowa, et une réception périlleuse de Michigan State, Nebraska va devoir faire face à six des sept meilleures équipes de Big Ten en 2017 dont cinq en déplacements !

Des victoires “faciles” sont tout de même visibles, contre Minnesota et Illinois, mais 2018 ne s’annonce pas de tout repos pour les Cornhuskers.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Il faut rester prudent avec Nebraska. Certes, Scott Frost est de retour à Lincoln avec la hype de ses deux saisons à UCF, mais il ne va pas changer le bilan des Cornhuskers en une seule saison. Cette année 2018 sera l’occasion de repartir sur des basses solides, une sorte d’année 0.

L’objectif principal sera de développer Adrian Martinez avec en point de mire la saison 2019. Défensivement, le groupe est dans l’obligation de devenir plus performant s’il ne veut pas subir de nouveau les foudres des attaques de la conférence Big Ten.

Si Nebraska atteint les 5 succès, le contrat sera rempli. Avec six victoires et une participation à un Bowl, Scott Frost pourra s’estimer heureux. Vous l’aurez compris, il ne faut pas s’attendre à voir Nebraska remporter 10 succès en 2018.

Mais cela pourrait cependant être le cas dès 2019 ?