Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

LSU n’a pas vécu une saison dernière de tout repos, loin de là. Un début d’année des plus chaotiques, entre performances offensives décevantes et deux défaites au cordeau en quatre matchs, aura finalement eu raison du siège de Les Miles. Le head coach historique des Tigers a été remercié au lendemain du revers face à Auburn, laissant la place d’intérim à Ed Orgeron, alors assistant auprès de la ligne défensive. A partir de ce moment-là, LSU a réellement franchi un cap et a trouvé une vitesse de croisière qu’on lui prédisait.

Six victoires en huit matchs ont suivi et notamment une performance impressionnante face à Louisville lors du Citrus Bowl. Les deux revers sont arrivés face à Alabama, dans une rencontre où les deux équipes étaient à égalité (0-0) à l’entame du dernier quart-temps, puis face à Florida, où un manque de réalisme cruel a coûté une victoire certaine. Ed Orgeron a obtenu un avant-goût de son emploi rêvé et a réussi à le conserver au cours de l’intersaison. L’heure est maintenant de prouver que les promesses d’attaque retrouvée hisseront à nouveau les Tigers aux toutes premières places nationales.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Tigers de LSU en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Danny Etling peut-il être l’homme de la situation ?

Il existe un véritable éléphant dans le programme de football de LSU (outre Alabama) et celui-ci se présente sous la forme de l’attaque des Tigers. Cette dernière a malmené le sort de l’équipe depuis bien trop longtemps sous l’égide de Les Miles, surtout avec une telle concentration de talents au mètre carré. Il est fort possible que cela change rapidement avec l’arrivée de Matt Canada au poste de coordinateur offensif. Il s’est révélé au cours des saisons comme un des meilleurs esprits offensifs du pays, surtout lors de son passage l’an dernier sur le campus de Pittsburgh.

LSU a explosé en seconde partie de saison avec un jeu de course aussi bien sauvage, qu’explosif et efficace ; malheureusement, lorsque cet aspect était pris en étaux par d’excellentes défenses, l’animation offensive calait de suite puisque le jeu aérien ne pouvait compenser adéquatement, avec un manque criant de verticalité. Matt Canada apporte une science d’adaptation à l’effectif qu’il possède et Dieu sait que les armes talentueuses sont légion chez les receveurs des Tigers, malgré un jeu aérien en retrait.

Bien que l’animation offensive se soit révélée très unidimensionnelle, LSU a tout de même proposé une meilleure attaque que les trois quarts du pays. Il y a largement pire comme constat. Et pour atteindre l’élite, il ne suffit plus que de trouver un quarterback adéquat. Brandon Harris, initialement titulaire en 2016, a depuis lors opère un transfert et Danny Etling, qui a pris la relève (2123 yards à la passe, 11 TDs, 5 INTs), a été nommé à l’intersaison comme le titulaire des Tigers. S’il ne peut tenir son rang, la recrue 4-étoiles Myles Brennan a de bonnes chances d’être lancé sous le feu des projecteurs. Les performances des quarterbacks seront très importantes pour franchir un nouveau palier offensif, mais Matt Canada n’a pas besoin d’attendre d’eux monts et merveilles avec un monstre au poste de running back. Le junior Derrius Guice (1387 yards à la course, 15 TDs) devrait poursuivre le chantier mené par Leonard Fournette depuis deux ans avec les mêmes qualités dévastatrices, tout en puissance et explosivité. Il a terminé la saison en trombe avec deux performances à plus de 200 yards à la course contre Arkansas et Texas A&M et suppléé du senior Darrell Williams et du junior Nick Brossette, deux compagnons solides, Derrius Guice devrait vraisemblablement mener un des meilleurs jeux au sol du pays s’il ne se blesse pas.

(Credit photo : Kim Clement-USA Today Sports)

Mais il n’y a pas que de bonnes nouvelles au sein de l’attaque des Tigers. Une superbe ligne offensive perd trois titulaires à l’intersaison et notamment l’excellent centre Ethan Pocic. Quatre upperclassmen reviennent tout de même et les anciennes recrues 4-étoiles forment la quasi-majorité de cette escouade. La ligne offensive pourrait être la principale raison d’un ralentissement du jeu de course, bien que rien de tel ne soit acté pour le moment. Cependant, un groupe de receveurs décevant perd aujourd’hui quatre de ses meilleures cibles dont Malachi Dupre (593 yards à la réception, 3 TDs) et Travin Dural. Le senior D.J. Chark (466 yards à la réception, 3 TDs) devrait devenir la cible prioritaire de Danny Etling tandis que les sophomores Derrick Dillon, Drake Davis et Stephen Sullivan tiennent une possibilité de faire valoir leur talent.

La présence de Derrius Guice dans le backfield cristallise l’attention des observateurs et des adversaires. Sans pépins physiques ni une ligne offensive bancale, le running back devrait continuer à rouler sur les défenses adverses et tracter une très bonne attaque. Toutefois, la progression offensive de LSU incombe aux performances des joueurs autour de lui. Danny Etling devra porter les Tigers lorsque la course sera bloquée par les défenses adverses. Il a montré quelques promesses l’an dernier et l’arrivée de Matt Canada peut devenir un boost, mais la constitution actuelle du groupe de receveurs ne semble pas lui laisser énormément d’options et bonjour les dégâts face à Alabama.


N’ayez crainte, Dave Aranda s’occupe de la défense

LSU a réalisé un des meilleurs coups lors de la dernière intersaison avec la signature du formidable Dave Aranda en tant que coordinateur défensif. Il doit être considéré sans discussion comme l’un des hommes les plus brillants de la ligue à son poste et la défense qu’il a dirigé l’année passé s’est hissé parmi l’élite nationale. La transition à un alignement en 3-4 n’a pas empêché l’explosion des Tigers ; il faut dire que la défense retrouvait la grande majorité des très bonnes pièces de la saison précédente et ce à tous les niveaux.

Dave Aranda s’est occupé de rendre cette défense excellente à stopper la course et à contenir les offensives adverses dans les airs. Quelques incartades ont pu être relevées notamment en défense de la passe, qui jouait avec le feu à la recherche d’un jeu important. De nombreux contributeurs majeurs ont quitté le campus en cette nouvelle saison et battent les cartes à nouveau. Mais quoi qu’il en soit, avec Dave Aranda à la direction d’une entreprise de légère reconstruction, difficile de se faire du souci pour les performances futures de LSU.

Le front-seven a beau perdre ses meilleurs éléments, les joueurs restants devraient prendre la relève sans trop de difficultés. Le niveau de performance atteint l’an passé ne sera certainement atteint, toutefois, certaines pièces rentreront tout droit dans la lignée des Tigers et contribueront à haut niveau immédiatement. Les defensive ends Davon Godchaux et Lewis Neal (122 plaquages, 10 sacks, 4 TFLs) ne sont plus disponibles mais le retour du senior Christian LaCouture de blessure est une très bonne nouvelle, au même titre que la montée en puissance de l’ancien recrue 5-étoiles sophomore Rashard Lawrence. De plus, le nose tackle senior Greg Gilmore continuera d’être la pierre angulaire d’une excellente défense au sol alors qu’au même moment, le second rideau est blindé de recrues talentueuses. La situation est relativement identique chez les linebackers. Les pertes de Duke Riley (93 plaquages, 7.5 TFLs, 1 INT) et de Kendall Beckwith (91 plaquages, 5 TFLs, 4 passes défendues) s’avèrent extrêmement importantes, sans qu’elles soient préjudiciables non plus. Le pass-rusher attitré de l’équipe, Arden Key (12 sacks, 2.5 TFLs), devrait maintenir une cohésion en revenant pour une année junior où tous les éléments se trouvent avec lui pour progresser davantage. Le prometteur sophomore Devin White prend également une dimension supplémentaire au centre du terrain. Les deux playmakers principaux seront accompagnés d’un mélange de vétérans, tels que Corey Thompson ou Donnie Alexander, ainsi que de jeunes joueurs pétris de talent, tels que Michael Divinité Jr.K’Lavon Chaisson ou Jacob Phillips.

(Crédit photo : Dan Sanger-Icon Sportswire)

Les lignes avants devraient sans doute proposer un jeu à peu de choses près identique à l’an passé, ce qui ne devrait pas être le cas des lignes arrières. Certes, de très bons éléments reviennent en la personne des cornerbacks juniors Donte Jackson (8 passes défendues) et Kevin Toliver. Le retour des seniors Ed Paris et John Battle aux posts de safety est une solide addition, sans compter sur la foule d’anciennes recrues 4 et 5-étoiles prête à obtenir du temps de jeu sur le terrain en second rideau. Cependant, aucun de ses hommes ne devrait arriver à la hauteur des pertes subies à l’intersaison. Les excellents Jamal Adams (6.5 TFLs, 4 passes défendues, 1 INT) et Tre’Davious White (3.5 TFLs, 14 passes défendues, 2 INTs), en partant pour la NFL, laissent un vide important derrière que les remplaçants auront du mal à combler.

Ceci dit, n’importe quelle équipe du pays aimerait se retrouver avec une telle relève chez les defensive backs. Tous les joueurs sont plus talentueux que les autres et ce n’est pas non plus comme s’il commençait sans aucune expérience. LSU s’est forgé une réputation dans l’élite pour une bonne raison : chaque année, les très bonnes pièces sont toujours remplacées par d’autres très bons éléments et avec Dave Aranda dans les parages, cette saison ne devrait pas déroger à la règle.


Pronostics de performance

L’administration des Tigers n’ont pas l’attention de niaiser très longtemps. En virant son entraineur historique, Les Miles, en plein milieu de saison pour des résultats moyens, l’université a envoyé un message fort à Ed Orgeron. Le nouvel head coach n’a pas le droit à l’erreur et LSU doit retrouver le sommet de la conférence SEC dans l’immédiat. Les moyens et les infrastructures à disposition du programme de football font partie des meilleures du pays et une sixième année consécutive sans aucun titre n’est pas concevable.

Détenir une des toutes meilleures défenses du pays permet de créer un matelas sur lequel les Tigers se sont reposés depuis quelques années pour obtenir des résultats décents pour le standing d’une telle institution. Comme on le répète à chaque nouvelle saison, il serait temps de franchir la vitesse supérieure et l’engagement à plein temps de l’énergétique Ed Orgeron, couplé avec l’arrivée de l’excellent esprit offensif qu’est Matt Canada, montre bien que LSU est décidé à proposer une attaque revisitée et surtout plus productive. Le jeu de course demeure un joyau et ces grandes attentes de progression reposent désormais sur le quarterback Danny Etling.

Aidé par son coordinateur offensif, il devrait certainement avoir les épaules pour mener une animation aérienne, décevante depuis (trop) longtemps, sur la pente ascendante. Cela pourrait logiquement se traduire par une progression au niveau des victoires. Si LSU ne s’incline que sur les terrains d’Alabama et de Florida, le plateau des 10 succès sera tout juste atteint. Uniquement le déplacement sur le campus de Tuscaloosa apparait comme une défaite certaine mais comme le passé nous l’a indiqué, les Tigers ne seront pas défaits si facilement que cela face à leur principal rival de la division SEC West. Une place en finale de conférence voire au College Football Playoff est en jeu.

Cependant, l’équipe d’Ed Orgeron ne peut se reposer sur n’importe quel laurier. La rencontre sur terrain “neutre” à Houston face à BYU en ouverture de saison, les voyages sur les campus de Florida et de Tennessee (si ce n’est à Ole Miss), ainsi que les réceptions d’Auburn et de Texas A&M : toutes ces rencontres peuvent éventuellement accoucher d’une défaite si les éléments ne sont pas en faveur de LSU… ou alors si les déboires offensifs ne sont toujours pas réglés adéquatement. Le corde raide peut lâcher à tout moment avec un record de 7 ou 8 victoires, mais difficile de croire à un tel scénario avec une équipe si prometteuse et dotée d’un coaching staff si talentueux.