Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Finalement, la saison 2016 n’était bien qu’une erreur de parcours. Depuis 2010, Michigan State a terminé six de ses huit saisons à 10 victoires ou plus avec en point d’orgue une demi-finale perdue au College Football Playoff en 2015. Elle se sont toutes finies avec au moins un bilan positif… sauf en 2016. Avec trois petites victoires et neuf défaites, les Spartans ont été la risée de la conférence dans laquelle ils ont remporté un seul petit match, face à Rutgers.

Quand on surfe sur une vague positive depuis le début de la décennie et que l’on réalise une si mauvaise saison, il peut être difficile de se remobiliser rapidement. Pourtant, Michigan State a réussi à faire table rase du passée l’année dernière. Mark Dantonio a su remobiliser ses troupes et repartirent de l’avant avec brio. La jeunesse s’est ainsi illustrée et revient plus forte que jamais cette saison.

Nous sommes aujourd’hui une équipe sûre d’elle et de ses forces,” affirme Mark Dantonio.

La confiance est revenue sur le campus de East Lansing et il y a de quoi. Quasiment toute la production est de retour, que ce soit à la passe (100%), à la course (75%), à la réception (81%), concernant les tackles (86%), les sacks (75%) et les interceptions (100%).

Bref, le groupe ne change pratiquement pas. Et en football universitaire, pouvoir compter sur une telle stabilité est un atout immense, car la plupart des autres programmes voient les joueurs venir et partir au fil des saisons.

 

Michigan State a très bien rebondi 

 

27.8 points encaissés en 2016 ? 20 en 2017.

364.8 yards encaissés en 2016 ? 297.6 yards en 2017.

Ces comparaisons peuvent être un peu réductrices, mais on comprend bien que Michigan State a retrouvé de sa superbe grâce à une défense de fer en 2017.

Outre les défaites face à Notre Dame (38-18) et #13 Ohio State (48-3 !) où les Spartans ont totalement déjoué en passant complètement à côté de leur sujet, les hommes de Mark Dantonio ont dicté leur style de jeu dans la plupart de leurs rencontres. Défensivement, les Spartans imposaient un rythme soutenu grâce à un jeu physique et offensivement, le jeu au sol s’exprimait librement dans un style épuré mais efficace.

 

 

#7 Penn State en a d’ailleurs fait les frais puisque Michigan State a ruiné les chances de titre des Nittany Lions dans une rencontre pénible et fatiguant pour les joueurs. Les Spartans ont montré une belle force de caractère en l’emportant sur un ultime field-goal au buzzer (27-24) qui marqua la première victoire à domicile de MSU sur un membre du Top-10 depuis 2015.

Le succès sur #7 Michigan un peu plus tôt dans la saison avait lancé les Spartans sur une bonne dynamique malgré une défaite cruelle face à Northwestern après trois prolongations (39-31) trois journées plus tard. La victoire sur #18 Washington State lors de l’Holiday Bowl après une partie gérée de main de maître, Michigan State aura finalement réalisé une très belle saison conclue sur un bilan de 10-3.

Les Spartans ont manqué de régularité avec peu d’expérience face à Notre Dame et Ohio State, mais une chose est sûre, cette saison 2017 n’était que le prémisse du retour des Spartans au sommet de la conférence.

 

Le jeu aérien a une carte à jouer 

 

Dans une conférence où les running backs prospèrent, Michigan pourrait devenir une des trois meilleures attaques aériennes de conférence Big Ten avec Brian Lewerke. L’ancien prospect 3-étoiles a émergé en tant que titulaire la saison dernière de la meilleures des façons en devanant le premier quarterback de l’histoire du programme a compilé plus de 2500 yards à la passe et 200 yards à la course en une saison.

Le junior est donc un quarterback très mobile. Derrière son gabarit qui ne paye pas de mine, contrairement en comparaison à bon nombre d’autres quarterbacks ultra-athlétiques, il s’est montré très efficace au sol (559 yards pour 124 portées), lisant très bien les blocs de sa ligne.

Néanmoins, il lui reste beaucoup de progrès à faire à la passe. Il reste encore un lanceur moyen et doit améliorer sa palette de lancers qui est bien trop faible. Ces derniers sont souvent trop téléphonés (7 INTs) et il manque de créativité et de répondant quand il s’agit de faire face à une situation imprévue.

Quoi qu’il en soit, Brian Lewerke pourra compter sur ses cibles fétiches pour ajuster son jeu de passe. Effectivement, les trois leaders à la réception sont de retour après avoir combiné 140 réceptions, 1.767 yards et 15 TDs en 2017.

Le senior Felton Davis III (776 yards et 9 TDs), go-to-guy par excellence, sera la menace numéro une des Spartans. Avec 36 réceptions de plus de 10 yards (4e en Big Ten) et 11 de plus de 20 yards, il excelle dans les jeux explosifs. Toujours régulier avec au moins une réception à chaque rencontre la saison passée, Darrell Stewart apportera du soutien tout comme le jeune et talentueux Cody White qui s’avérait très bon dans la red-zone avec 4 TDs.

De son côté le poste de tight end sera primordial cette saison. L’année dernière, le coaching staff aurait aimé s’appuyer davantage dessus sans y parvenir. Il faut donc s’attendre à bien plus de systèmes avec à la réception le senior Matt Sokol (21 réceptions pour 222 yards). Il possède de bonnes mains, des bons tracés et un jeu de block rassurant. Cependant, les seconds couteaux tels que Matt Dotson devraient pousser derrière pour obtenir du temps de jeu.

Ce jeu aérien possède beaucoup d’atouts mais également de faibles garanties. En effet, Brian Lewerke et ses receveurs se doivent d’être plus constants pour devenir un véritable danger face aux secondaries adverses.

 

L.J. Scott, seul pour porter le jeu de course ? 

Très jeune la saison passée, l’effectif des Spartans retrouve de la profondeur à chaque poste excepté un, celui de running back. Et cela pourrait s’avérer très problématique.

Leader statistiques de Michigan State ces trois dernières années, L.J. Scott est de retour et sera le coureur principal sans surprise. En 2017, il a cumulé 898 yards et 8 touchdowns au sol. Mark Dantonio espère que son protégé sera plus productif cette saison, notamment à la réception. L.J. Scott est effectivement un joueur très polyvalent qui a montré de belles aptitudes sur le domaine aérien au cours de la saison dernière (146 yards, 20 réceptions et 1 TD).

De plus, le senior devrait voir son total de courses par match augmenté. Le coaching staff espère qu’il pourra porter le ballon 20 à 25 fois par match contrairement à ses 16.75 courses en moyenne il y un an. Dans tous les cas, c’est une obligation à ce jour, car la profondeur de banc est très mince derrière lui.

Certes, le quarterback Brian Lewerke pourra également apporter grâce à son jeu de jambes, mais les Spartans souhaitent tout de même le préserver physiquement pour éviter des probables blessures. Qui plus est, les départs de Madre London et Gerald Holmes (162 courses pour 591 yards combinés) laissent un vide immense sur le poste de backup. A part L.J. Scott, aucun autre coureur du roster n’a plus de trois (!) portées en 2017.

Le sophomore Connor Heyward se retrouve ainsi dans l’obligation d’apporter directement à la production offensive. Joueur très versatile puisqu’il a déjà joué en tant que receveur et dans les équipes spéciales, il devra répondre aux attentes rapidement.

De son côté, la ligne offensive retrouve quasiment tous ses éléments principaux et formera une des meilleurs lignes de la conférence. Un bon nombre de joueurs est capable d’évoluer sur plusieurs postes étant donné que Mark Staten, entraineur assistant en charge de la ligne offensive, a l’habitude de faire jouer ses joueurs à différents spots. La seule interrogation réside au poste de centre. Avec le départ de Brian Allen, son frère Matt Allen pourrait prendre le relais même si Tyler Higby ou Jordan Reid pourrait glisser sur le poste également.

 

Un front-seven à l’identité bien marquée

 

Sur les 10 victoires acquises par les Spartans l’année dernière, une bonne partie est due à la défense. Celle-ci a impressionné dans la conférence Big Ten alors qu’elle comptait quasiment que des freshmen ou des sophomores. Avec une saison au haut niveau dans leurs bagages, les joueurs vont encore progresser, ce qui pourrait donner une défense très difficile à franchir, à commencer via le jeu au sol.

En effet, le front-seven risque d’être très performant cette saison avec le retour de la quasi-totalité des titulaires. Sur la ligne défensive, trois joueurs retrouveront leur poste favori dans une défense contre la course qui fut la meilleure de Big Ten et la seconde à l’échelle nationale avec 95.2 yards concédés en moyenne.

Les tackles juniors Raequan Williams et Mike Panasiuk formeront une paire de redoutables linemen sur l’intérieur de la ligne. Ils se connaissent d’ailleurs à merveille puisqu’ils ont enchaîné 16 titularisations consécutives côte-à-côte. Le sophomore Naquan Jones sera quant à lui un second couteau de luxe. Sur l’extérieur de la ligne, le pass-rush a la possibilité de s’améliorer encore davantage s’il devient plus complémentaire.

Kenny Willekes (14.5 TFLs et 7 sacks) revient en tant que grand leader, mais son coéquipier sur le poste de defensive end, Dillon Alexander, se devra de devenir plus agressif pour que le danger vienne de tous les côtés sur la ligne. La profondeur de banc sera également un atout sur le pass rush avec les trois sophomores que sont Jacub Panasiuk, Drew Beesley et Justice Alexander.

Concernant le corps de linebackers, ce dernier sera l’un des tous meilleurs de la conférence derrière Michigan et Wisconsin. Joe Bachie, qui sort d’une saison très intéressante d’un point de vue productivité (100 plaquages), sera l’homme clé du second rideau. Nommé MVP de l’équipe en 2017, il s’impose en tant que véritable leader et positionné en tant que Mike linebacker (au centre), il est le quarterback de cette défense qui doit aider le collectif et ses coéquipiers.

De son côté, le senior Andrew Dowell sera également un homme à suivre avec ses 74 plaquages la saison dernière et ses deux saisons déjà passées en tant que titulaire. Le troisième poste de titulaire devrait quant à lui être la propriété de Tyriq Thompson avec le départ de Chris Frey. Néanmoins, Brandon Randle, excellent pass-rusher avec son passé de defensive end, n’a pas dit son dernier mot et pourrait avec un temps de jeu important.

Le front-seven sera la locomotive de la défense des Spartans. Si elle parvient à limiter les percées adverses au sol comme elle l’a fait l’année dernière, le secondary pourra s’exprimer avec encore plus de facilité. Et cela pourrait faire très mal.

 

Du talent et de la profondeur à tous les niveaux

 

Effectivement, Michigan State pourrait disposer d’un des meilleurs secondary de la conférence Big Ten à l’image du front-seven.

Tout d’abord, les postes de safeties seront le groupe le plus fourni du programme. Pas moins de six joueurs pourraient évoluer sur le terrain pour deux places libres et autant vous dire que la compétition fait rage à l’entraînement derrière les deux titulaires de retour. Khari Willis, deuxième grand leader défensif avec Joe Bachie, sera le vétéran du groupe. Il excelle sur son poste (71 plaquages et 4 sacks) et fera la paire avec David Dowell. Ce dernier sort d’une saison exceptionnelle conclut par 5 interceptions et une nomination dans l’équipe-type de conférence.

Ensuite, le duo de cornerbacks sera quant à lui peut-être le meilleur de la conférence. Il en a en tout cas les moyens. Ultra-dynamiques et agressifs sur chaque snap, Josiah Scott et Justin Layne devraient revenir encore plus fort cette saison. Le premier (30 plaquages, 10 passes défendues et 2 INTs) était l’un des meilleurs freshmen défensifs de la conférence tandis que le second a cumulé 40 tackles, 8 passes défendues et 1 INT.

 

Les équipes spéciales en facteur X majeur

 

On ne le répète jamais assez souvent, compter sur des équipes spéciales de qualité peut vous faire gagner un paquet de rencontres serrées. Cela tombe bien pour les Spartans, car ils retournent chacun de leur titulaire.

Très impressionnant pour ses débuts au niveau universitaire avec un 15/19 sur field goals, Matt Coghlin est de retour en tant que kicker tandis que Jake Hartbarger occupera encore une fois le poste de punter. Il est très efficace avec 42 yards de moyenne sur ses coups de pied. En 2017, il a placé 28 punts dans les les 20 yards adverses. Avec un punter de ce calibre, la défense de Michigan State aura une arme de plus pour limiter les attaques adverses.

Concernant les retours de coups de pied, Connor Heyward (436 yards sur 20 retours) sera en charge des kickoffs et Cody White des punts alors que Darrell Stewart, Andre Welch et Laress Nelson peuvent aussi apporter sur ce secteur.

 

Les Spartans peuvent faire mieux que remporter 10 matchs

 

Le calendrier qui se dresse face aux Spartans est plus ouvert que celui de la saison passée où le programme avait engrangé 10 succès. De quoi donc viser plus haut ?

Concernant le calendrier hors-conférence, ce dernier est plutôt tranquille et devrait se solder par trois succès. Seul Arizona State pourrait créer une surprise devant son public, mais les Sun Devils démarrent une nouvelle ère et seront évidemment moins préparés que les Spartans. Ces derniers ont ainsi l’occasion de démarrer la saison par cinq succès avant le déplacement à Penn State.

Les Nittany Lions auront sans aucun doute à cœur de prendre leur revanche sur la saison passée et ce face-à-face risque d’être explosif. Michigan State est sûrement l’un des programmes les mieux taillés pour s’imposer face à Penn State car les Spartans comptent les bonnes armes pour embêter le système des Nittany Lions.

Dans la deuxième partie de saison, les hommes de Mark Dantonio évitent Wisconsin et accueilleront Michigan et Ohio State concernant les rencontres dans la Big Ten East. Recevoir deux sacrés programmes comme les Wolverines et les Buckeyes peut s’avérer costaud mais dans la division la plus dense du pays, ce type de calendrier n’arrive pas tous les jours.

Il est très dur de se projeter sur ce type de rencontres, mais les Spartans ont les cartes en main pour remporter la division est cette saison malgré une rude concurrence comme chaque saison.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Michigan State a fini 15e la saison dernière à l’AP Top 25. Cette saison, l’équipe retourne presque la totalité de ses éléments et sera ainsi bien plus forte. Avec une telle progression attendue, il est largement possible de retrouver les Spartans dans le Top-10 en décembre.

Le calendrier est ouvert, mais le programme manque sûrement d’une attaque de top niveau pour viser plus haut. Brian Lewerke n’est pas encore un quarterback de classe nationale et L.J. Scott sera seul pour porter le jeu de course.

Les Spartans vont bien sûr passer la barre des 10 succès, mais il leur manquera ce petit truc pour les faire basculer dans une autre sphère. Malheureusement, la division étant la plus dure du pays, il sera difficile pour eux de la remporter et d’ainsi jouer une finale de conférence.