Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Jim Harbaugh est un grand head coach, comme l’indique son titre de Coach de l’Année en NFL en 2011. Mais Jim Harbaugh est aussi à la tête d’un programme qui est à la recherche d’un premier titre de champion de conférence depuis 2004. Et étant l’université la plus titrée de l’histoire de la conférence Big Ten (42 fois), Michigan cherche toujours à retrouver le sommet, en vain.

Rich Rodriguez (2008-2010) et Brady Hoke (2011-2014) se sont succédés et n’ont pas fait long feu sur le bord de la touche pour des résultats médiocres. Depuis 2015, Jim Harbaugh a pris la main avec un bilan de 28-11. Grâce à lui, Michigan a enchaîné deux saisons à plus de 10 victoires en 2015 et 2016, ce que le programme n’avait plus réalisé depuis plus de 10 ans.

Il est incontestable de dire que le natif de l’Ohio a redressé le programme depuis son arrivée. Mais il aurait pu ou du faire mieux. L’année 2016 est encore dans toutes les mémoires. Les Wolverines débutent par 9 victoires de suite, portés par un effectif taillé pour le College Football Playoff, puis s’effondrent totalement en fin de saison avec 3 défaites.

Jim Harbaugh est passé à côté d’une saison qui aurait pu permettre à Michigan de remporter enfin la conférence. Mais ses difficultés face à ses deux principaux rivaux que sont Ohio State et Michigan State, contre lesquels il détient un piètre bilan de 1-5, l’empêchent de voir plus haut dans la division la plus dure du pays.

Est-ce enfin la bonne année ? Il est en tout cas temps de convertir sur le terrain les grandes expectatives. Les fans veulent des titres, les saisons à 10 victoires ne suffisent plus.

 

Un dernier faux-pas compréhensible pour Michigan

 

Bien avant la saison 2017, il était légitime de prévoir une baisse de régime de la part des Wolverines. Après une saison qui aurait pu être grandiose, le programme devait faire face à un renouvellement. De nombreuses forces en présence ont quitté le campus et de gros changements ont eu lieu du côté de l’escouade de receveurs et en défense. Et c’est ainsi que Michigan a passé l’année dernière dans l’ombre des cadors de la conférence, dans l’optique de se reconstruire.

La saison a pourtant bien débuté avec quatre succès consécutifs. Le match d’ouverture face à des Gators de #17 Florida qui, par la suite, se sont écroulés, a lancé cette belle série. Porté par une défense qui n’encaissait jamais plus de 17 points, Michigan assure face à des programmes inférieurs. Mais une fois le calendrier de conférence commencé, les Wolverines ne faisait pas le poids.

 

 

Michigan a été surclassé face à Michigan State (10-14), #2 Penn State (13-42), #5 Wisconsin (10-24) et #9 Ohio State (20-31). L’attaque, qui avait perdu son quarterback titulaire en Wilton Speight, a bafoué son jeu tandis que la défense a tenté de limiter les dégâts, en vain. On sentait l’équipe en sursis après un bilan de 8-2 et les trois derniers matchs ont confirmé nos craintes.

Michigan termine la saison par trois défaites, face à Wisconsin et Ohio State, mais également lors de l’Outback Bowl contre South Carolina. Les blessures et le manque d’expérience ont pesé et Jim Harbaugh s’est tourné rapidement vers 2018. Avec sa première classe de recrutement qui arrive à maturité, il a entre les mains uniquement ce qu’il a construit auparavant. Il ne reste aucune trace de ses prédécesseurs à son poste qui pourrait l’empêcher de développer l’équipe qu’il souhaite.

 

Shea Patterson sera-t-il la clé sur le poste de quarterback ? 

 

De nos jours, il est presque impossible d’exister dans l’élite universitaire sans un quarterback de qualité et régulier. La saison 2017 en a d’ailleurs été l’exemple parfait. Certains diront que si Wilton Speight (parti à UCLA durant l’intersaison) ne s’était pas blessé, les Wolverines auraient connu une toute autre saison. Je n’en pense pas tant. Sa blessure a certes été un coup dur pour l’attaque des Wolverines, mais il s’était montré déjà trop juste sur ses quatre premiers matchs malgré les quatre succès.

Derrière, le senior John O’Korn a pris le relais sans être flamboyant, pour rester gentil. Brandon Peters, le troisième quarterback dans la hiérarchie a eu l’occasion de se montrer et lancé dans le grand bain, c’est lui qui s’en est sorti le mieux avec 672 yards, 4 TDs et 2 INTs. Pressenti comme le futur titulaire des Wolverines cette saison, il ne devrait finalement être que backup.

Effectivement, Shea Patterson est éligible dès cette saison. Conscient du manque de quarterback plus talentueux dans son effectif, au terme d’une saison où ses trois quarterbacks ont cumulé 9 touchdowns pour 10 interceptions, Jim Harbaugh a mis la main sur l’ancien d’Ole Miss en décembre dernier. Si en temps normal, Shea Patterson devait rester sur la touche une saison en raison des règles de transfert de la NCAA, il sera bel et bien éligible et devrait mener l’attaque des Wolverines.

On en parlait il y maintenant six mois, Shea Patterson pourrait être la solution que recherche Jim Harbaugh. Auteur de 3.139 yards, 23 TDs et 12 INTs en deux ans chez les Rebels, c’est un quarterback très intelligent capable de s’adapter très vite à un nouvel environnement de jeu. Avec le soutien de Jim Harbaugh, ancien grand quarterback à Michigan de 1983 à 1986, il pourrait progresser rapidement et combler ses lacunes.

En grande reconstruction la saison passée, l’escouade de receveurs retrouve 92% de sa production et aborde cette saison avec plus de sérénité et de stabilité. Sans un grand jeu aérien, les receveurs n’ont pas pu montrer le plein potentiel et risquent d’exploser cette saison avec l’arrivée de Shea Patterson.

Donovan Peoples-Jones (277 yards) et Tarik Black (149 yards) incarnent le nouveau visage des Wolverines. Désormais sophomores, ce sont deux diamants bruts qui ne demandent que à recevoir de bons ballons. Au fur et à mesure de la saison, ils pourraient devenir de sacrés playmakers tous les deux. Il leur manque juste d’être ciblés davantage. Grant Perry (307 yards et 1 TD) sera de son côté le troisième titulaire et jouera un rôle de vétéran auprès des jeunes pousses.

La jeunesse promet énormément derrière ces trois là avec notamment Nico Collins et Oliver Martin, deux sophomores sur la pente ascendante. Zach Gentry (303 yards et 2 TDs) et Sean McKeon (301 yards et 3 TDs) seront quant à eux des cibles de grande qualité sur le poste de tight end. Esseulés la saison dernière, ils se sont montrés très efficace.

Si Shea Patterson parvient à s’intégrer rapidement au système des Wolverines, ces derniers pourraient voir leur jeu de passe progresser d’une vitesse folle avec des receveurs à fort potentiel.

 

Cela ne devrait avoir aucun effet sur le jeu de course 

 

Dans l’incapacité de s’appuyer sur un jeu de passe décent, le jeu au sol a porté l’attaque des Wolverines il y a un an. C’est donc sans surprise qu’il aborde cette saison où il devrait être d’une grand aide pour Shea Patterson.

Sortant d’une saison à 994 yards, 11 TDs et deux matchs à plus de 200 yards, Karan Higdon devrait une nouvelle fois être l’homme fort chez les coureurs. Pas de changements non plus concernant Chris Evans, qui devrait de nouveau être son suppléant avec ses 685 yards et 6 TDs de l’année passée. A eux deux, ils forment une paire de gros calibre sans oublier que O’Maury Samuels et Kareem Walker apportent une profondeur de banc non négligeable.

Mais au final, malgré le retour et l’arrivée de joueurs prometteurs, l’amélioration du secteur offensif devrait dépendre des deux postes de tackles.

Michigan n’a jamais réussi à contenir les pass rush adverses en encaissant près de 3 sacks par match, dont 4 et 5 respectivement contre Michigan State et Ohio State. Si l’intérieur de la ligne ne pose pas de problème grâce à trois très bons titulaires que sont le centre Cesar Ruiz et les guards Michael Onwenu et Ben Bredeson, les deux extrémités de la ligne offensive seront un facteur clé de l’attaque.

Sur le papier, aucun joueur n’apporte de garantie à ce poste. Juwann Bushell-Beatty et Jon Runyan sont ainsi dans l’obligation d’élever leur niveau de jeu si Michigan ne veut pas se faire marcher dessus par les excellents defensive ends qui prospèrent dans la conférence.

 

Des hommes talentueux à tous les postes du front-seven

 

Entre Michigan State, Ohio State et Wisconsin, la conférence Big Ten regorge d’excellentes défenses. Si les éloges n’en finissent plus pour ces trois défenses, il est possible de manquer de superlatifs pour décrire celle des Wolverines. Aucun poste ne possède de petit point faible. Vous pouvez être certains que chacun des 11 postes sera toujours occupé par un joueur talentueux.

La ligne défensive est monstrueuse. Dans le système 3-4 des Wolverines, elle fait des ravages de par sa rapidité d’exécution et son intelligence de jeu derrière un Don Brown qui excelle en tant que coordinateur défensif. Si le départ de Maurice Hurst pourrait coûter très cher à un tas de programmes, Michigan a largement les ressources pour le remplacer.

Les defensive ends Chase Winovich (All-Big Ten) et Rashan Gary (All-Big Ten) formeront une des plus belles paires de pass rushers du pays et leurs incroyables statistiques de 2017 ne sont pas leur plafond (30.5 TFLs, 14 sacks et 3 fumbles forcés). Michael Dwumfour sera quant à lui en charge de l’intérieur de la ligne. La seconde unité n’a rien à envier aux autres programmes, car avec Carlo Kemp, Kwity Paye et Bryan Mone, les Wolverines auront toujours les armes pour martyriser les lignes offensives adverses.

Derrière ce premier rideau d’exception, la seconde ligne aura de sacrés ouvertures pour punir l’adversaire. En effet, le groupe de linebackers aura l’occasion d’exploiter au maximum le travail de la ligne défensive que ce soit en blitzant ou contre le jeu de course.

Avec la machine à plaquer All-American, Devin Bush (100 plaquages, 9.5 TFLs et 9 passes défendues), et le pass-rusher All-Big Ten, Khaleke Hudson (17.5 TFLs), Michigan compte ici deux monstres physiques d’un talent rare. Ce dernier obtient une vraie liberté au poste hybride de Viper qu’il exploite au maximum. Que ce soit sur les blitz, en couverture ou en lecture de course, Khaleke Hudson est tout simplement partout. Jusqu’à le qualifier de Jabrill Peppers 2.0 ?

A leurs côtés, ils seront pas moins de cinq joueurs de talent à se partager les deux derniers postes restants. Même si la perte de Mike McCray est notable, les excellentes dernières classes de recrutements sur ce poste permettent aux Wolverines de renouveler en permanence leur front-seven. Josh Ross, Drew Singleton et Jordan Anthony, pour ne citer que eux, seront ainsi d’un soutien impressionnant.

 

L’un des meilleurs secondaries du pays de retour à 100%

 

Malgré la déroute, le secondary des Wolverines s’est classé parmi les meilleurs du pays en 2017. Les quatre titulaires étant de retour, le groupe devrait faire des étincelles et dégoûter plus d’un receveur cette saison.

Sur les postes de cornerbacks, David Long et Lavert Hill sont de retour avec Brandon Watson en remplaçant de luxe. A eux trois, ils ont combiné 8.5 TFLs et 22 passes défendues. Tyree Kinnel et Josh Metellus (5 TFLs et 14 pases défendues à eux deux) sont quant à eux de retour en tant que safety. Ajoutés à cela la présence de Ambry Thomas et l’arrivée sur transfert de Casey Hughes, le secondary de Michigan ne devrait pas décevoir.

Néanmoins, même si les Wolverines se sont classés premiers en yards à la passe concédés et quatrièmes en rating en défense contre la passe, ce secondary a une marge de progression concernant la défense en dehors du slot. Sur certains jeux, les safeties n’ont pas été de tout reproche.

 

Une meilleure régularité attendue pour les équipes spéciales

 

Dans un climat loin d’être positif où les larges défaites face aux cadors ont pesé sur le mental de l’équipe, les équipes spéciales n’ont pas été régulières la saison passée, à commencer par Quinn Nordin. Le kicker, pourtant très bon en début de saison (19/24 au final) a enchaîné quatre matchs lors desquels il manqua trois field goals et deux extra-points. Avec davantage de régularité il peut s’imposer comme un kicker solide à l’image du punter Brad Robbins (40 yards de moyenne).

Sur les retours de punts, Donovan Peoples-Jones a eu également des hauts et des bas lors de sa saison freshman, mais avec plus d’expérience il pourrait devenir plus contsant. Ambry Thomas a quant à lui une belle marge de progression sur les retours de kickoffs.

 

Un triptyque monstrueux peut-il venir saper les espoirs des Wolverines ?

 

Les Wolverines ne vont pas avoir beaucoup de moments de répit avec un calendrier qui n’offre que très peu de matchs faciles.

Pour débuter la saison, Michigan ne va pas avoir le temps de tergiverser avec un déplacement à Notre Dame. Jim Harbaugh espère qu’il pourra compter sur une défense déjà à 100% car son secteur offensif manquera sûrement de repères. Si les Wolverines repartent avec une victoire, Michigan pourra lancer parfaitement sa saison.

Effectivement, les cinq rencontres qui suivent sont largement à leur porté. Un upset n’est jamais à écarter, mais Michigan est bien plus talentueux sur ces matchs. Cela permettra en tout cas au jeu aérien et à Shea Patterson d’accumuler du temps et de se régler avant le début des gros tests.

Car en effet, cette deuxième partie de saison est tout simplement brutale. Michigan doit se déplacer sur les terrains de deux de ses trois grands concurrents dans la division Big Ten East : Michigan State et Ohio State pour conclure la saison. Le déplacement chez les Spartans sera précédé d’une réception de Wisconsin et succédé d’un affrontement face à Penn State. Ouch, ce triptyque monstrueux pourrait faire des dégâts.

Malheureusement pour Jim Harbaugh, même si son équipe progresse énormément, rien ne garantira une excellente saison et un titre de conférence avec un tel calendrier.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Il faudra encore attendre pour un titre de conférence.

Et oui, les Wolverines ne remporteront encore pas la division Big Ten Est cette saison. Certes, la défense est l’une des plus performantes du pays avec celle de Clemson, mais les lacunes offensives aperçues en 2017 ne s’effaceront pas d’un coup de baguette magique. Sans lui manquer de respect, Shea Patterson ne s’est pas imposé comme l’un des meilleurs quarterbacks dans la SEC, pourquoi le ferait-il dans la Big Ten ?

C’est bien sûr évident que Michigan progressera offensivement, mais cela suffira-t-il dans une Big Ten toujours plus dense ? Cela reste à voir, d’autant plus que le calendrier offre trois déplacements (Notre Dame, Michigan State et Ohio State) qui pourraient facilement se solder par trois défaites. Une saison à 10 succès serait déjà une belle saison.