Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Embauché en 2015 lors de son départ de Georgia, Mark Richt avait le tâche monstrueuse de ramener Miami (FL) sur le devant de la scène nationale après plus d’une décennie à errer dans le ventre mou de la conférence ACC. Et seulement deux saisons plus tard, cet objectif est d’ores et déjà atteint. Les Hurricanes ont obtenu 10 victoires, un titre de division Coastal et une qualification en finale de conférence en 2017 pour la première fois de leur existence au sein de l’ACC.

La deuxième saison de Mark Richt à Miami (FL) montre clairement le potentiel de l’équipe sous sa houlette. L’engouement national autour des Hurricanes, pour les bonnes raisons, n’avait pas été aussi élevé depuis le début des années 2000 et la fin de la légendaire époque de « The U ». Le succès du recrutement tourne à plein régime, les performances sportives ainsi que les résultats suivent, et le College Football Playoff semble se dessiner à l’horizon. 

On le répète souvent, la troisième saison d’un head coach au sein d’une nouvelle équipe est souvent celle de la consécration pour une flopée de raisons. Le système de jeu est solidement installé, les recrues du head coach obtiennent une majorité des postes de titulaire et l’expérience générale de l’effectif se rapproche du paroxysme. Mark Richt se retrouve aujourd’hui dans cette position avec le retour de la majorité des titulaires et possède (certainement) la meilleure équipe depuis son arrivée sur le campus de Coral Gables.

Et si, pour la première fois depuis le règne de « The U » au début des années 2000, Miami (FL) entrait de plein pied dans la course au titre national ? En toute honnêteté, le destin des Hurricanes se jouera lors de quatre rencontres… plutôt abordables.

 

Miami a débuté sur un 10-0… avant de subir trois défaites

 

La majorité des observateurs attendait de grands accomplissements de la part de Miami (FL) à la suite d’une première saison surprenante. Ils n’ont pas été déçu. Les Hurricanes ont débuté la saison tambours battants avec une victoire cruciale sur le terrain de Florida State (24-20) ; cette dernière a lancé l’équipe dans une spirale positive de 10 victoires consécutives, évitant des upsets contre Georgia Tech, Syracuse et North Carolina, aussi bien à l’expérience qu’au talent.

Cette spirale positive a été démultipliée par la désormais célèbre « Turnover Chain », qui récompensait un défenseur d’une chaine en or opulente dès que celui-ci récupérait un turnover. Et lorsque Miami (FL) a passé la surmultiplié en milieu de saison, la défense a enchainé quatre rencontres de suite avec 4 turnovers forcés. C’est à ce moment-là que les Hurricanes sont ré-entrés dans l’élite nationale : #14 Virginia Tech et #3 Notre Dame se déplaçaient tous deux au Hard Rock Stadium… et ont été dépouillé respectivement 28-10 et 41-8. 

 

 

« The U » revenait dans la lumière avec 9 victoires et notamment trois face à des adversaires de premier ordre. La défense des Hurricanes concourait dans l’arène des grands et la destruction du Fighting Irish devant ses propres supporters a réanimé un engouement qui avait disparu depuis la grande époque de l’université. Mais on sentait encore qu’une marche empêchait à Miami (FL) de se rapprocher des toutes meilleures équipes de la ligue. 

Les hommes de Mark Richt jouait clairement avec la pression d’un record invaincu et l’empilement des blessures commençait à mettre à mal la qualité globale de l’effectif. Virginia n’est pas passé loin de l’upset, avant que Pittsburgh arrive à réaliser cet exploit lors de la dernière rencontre de la saison régulière (14-24). L’attaque, décimée par les blessures, n’a rien pu faire contre la folie défensive de Clemson en finale de conférence (3-38) et les Hurricanes ont enchainé avec une troisième défaite de suite lors d’un superbe Orange Bowl contre Wisconsin (24-34). 

 

Avec des receveurs en forme, Malik Rosier peut mener cette attaque

 

La seule faille attendue de l’attaque de Miami (FL) en 2017 devait être le poste de quarterback. Il fallait trouver un nouveau quarterback pour remplacer Brad Kaaya, et en regardant la saison dans la rétroviseur, ce fut effectivement un souci. Il a tout de même fallu attendre la fin de saison pour que cette mise en garde prenne forme. 

Le junior Malik Rosier (224/415, 3.120 yards, 26 TDs, 14 INTs) réalise une très belle première partie de saison, taisant la majorité des critiques. Malheureusement, dès que les armes offensives sont tombées comme des mouches sur blessure, le quarterback s’est complètement effondré. Malik Rosier affichait une moyenne de 295 yards lancées, 2,4 TDs et 0,57 INT lors des 7 premiers matchs. Sur les 6 derniers matchs de la saison, malgré les deux excellents résulta contre Virginia Tech et Notre Dame, il affichait une moyenne de 174 yards lancés, 1,5 TDs et 1,6 INTs.

(Crédit photo : Allen Eyestone-The Palm Beach Post)

Le groupe de receveurs n’a pas été épargné par la malchance la saison dernière et la cascade de blessures a mis en lumière que Malik Rosier était un quarterback limité. Il a pu compter sur un excellent Braxton Berrios (55 réceptions, 679 yards, 9 TDs) du début à la fin de la saison, mais aucun autre receveur n’est resté sur le terrain aussi longtemps. Le tight end Christopher Herndon partait sur les mêmes bases avant de manquer les deux derniers matchs, terminant tout de même comme le deuxième meilleur receveur de la saison (40 réceptions, 477 yards, 4 TDs).

Mauvaise nouvelle : les deux cibles sur lesquelles Malik Rosier pouvait compter ont quitté les Hurricanes à l’intersaison pour la NFL. Pour autant, le groupe de receveurs reste blindé d’options aussi talentueuses qu’excitantes. Auteur d’une saison freshman historique en 2016, Ahmmon Richards a connu une saison sopohmore minée par les blessures et n’a pu exprimé son réel potentiel. Le junior peut aujourd’hui confirmer toutes les attentes et devenir un des meilleurs receveurs du pays s’il reste éloigné des pépins physiques.

Accompagné du senior Darrell Langham, du junior Lawrence Cager ainsi que des sophomores Jeff Thomas (374 yards, 2 TDs) et Mike Harley, Ahmmon Richards mène la meilleure escouade aérienne de la conférence ACC. Et avec celle-ci, Malik Rosier peut continuer à créer des miracles.

 

Et si Mark Richt créait un comité de running backs ?

 

Les Hurricanes pouvaient se reposer sur la grande solidité de Mark Walton dans le backfield, réelle ancre de l’animation offensive après une saison sophomore à 1.357 yards et 15 TDs totaux. Mais il a lancé la vague des blessures offensives en premier avec un absence pour la saison après le quatrième match. La réussite du jeu de course ne s’annonçait pas bonne, sauf que ce n’était sans compter sur Travis Homer.

Le running back sophomore s’est révélé en frôlant ou dépassant les 100 yards offensifs à chaque match dès sa prise de position en cours de saison, alternant les courses et les passes avec succès. Il n’était pas pour autant une assurance tous risques, puisque son efficacité ne se révélait pas aussi importante d’une semaine sur l’autre. Aujourd’hui junior, le coureur double-menace peut confirmer avec le départ de Mark Walton pour la NFL. Mais, Mark Richt, ne serait-ce pas plus intéressant de composer un comité de running backs avec toutes les armes à disposition ?

(Crédit photo : Mike Ehrmann-Getty Images)

Travis Homer a déjà montré qu’il pouvait apporter du danger au sol et dans les airs. Son remplaçant, le sophomore DeeJay Dallas, est lui-aussi à l’aise sur les deux phases de jeu. Le true freshman 5-étoiles Lorenzo Lingard a déjà montré au printemps qu’il avait les qualités pour récupérer la place de titulaire et le redshirt freshman Robert Burns pousse également à la porte avec un autre freshman 4-étoiles, Cam’Ron Davis. Autant dire que les options talentueuses ne manquent pas et pourraient tourner dans le backfield pour mettre en avant leurs capacités différentes.

La ligne offensive n’avait rien d’exceptionnel l’an dernier, mais le retour de trois titulaires ainsi que l’arrivée de Venzell Boulware sur transfert de Tennessee permet de composer avec une expérience et une continuité plus que solide. La perte du left tackle K.C. McDermott devrait être importante, sans que ce soit la fin du monde ; Miami (FL) peut effectivement compter sur un groupe d’anciennes recrues talentueuses et n’a aucune raison de reculer en terme de performance.

 

Un front-seven ultra-agressif, la marque de Manny Diaz

 

Outre le fait de posséder l’excellent Manny Diaz au poste de coordinateur défensif (l’un des tous meilleurs de la ligue), la véritable force des Hurricanes était de posséder une ligne défensive démentielle. Elle n’était surement pas aussi cruelle que celle de Clemson, mais elle n’en était pas loin. La ligne agressait sans cesse son adversaire, coupait l’efficacité des running backs et poussait constamment le quarterback adverse à lancer le ballon lors de situations cruciales. Il ne restait plus qu’au reste de la défense de forcer un turnover. 

Mauvaises nouvelles : le meilleur assistant de ligne défensive du pays, Craig Kuligowski, est parti pour Alabama et le groupe perd quatre éléments importants. Les defensive tackles R.J. McIntosh (2.5 sacks, 10 TFLs, 7 passes défendues) et Kendrick Norton (2 sacks, 4.5 TFLs) se sont inscrits à la NFL Draft et les defensive ends Chad Thomas (5.5 sacks, 7 TFLs) et Trent Harris (8.5 sacks, 2 TFLs) ont épuisé leur éligibilité universitaire. La ligne défensive est dépouillée mais le defensive end junior Joe Jackson est toujours présent pour porter la bannière haut et fort (6.5 sacks, 5 TFLs) accompagné du senior Demetrius Jackson, capable d’émerger avec davantage de snaps.

(Crédit photo : Allen Eyestone-The Palm Beach Post)

L’agressivité de la ligne défensive devrait demeurer la même, mais le succès face à la course n’est pas nécessairement assuré avec une situation inconnue auprès des defensive tackles. Le junior Gerald Willis devrait prendre ses quartiers avec une combinaison de joueurs entre le senior Tito Odenigbo (transfert d’Illinois), le junior Pat Bethel et le sophomore Jonathan Ford. Les corps existent, mais rien n’indique qu’ils seront aussi bons que leurs prédécesseurs.

L’inconnue de la ligne défensive sera sans aucun doute couverte par la domination du meilleur groupe de linebackers de la conférence ACC. Le trio composé des juniors Michael Pinckney et Zach McCloud, mais surtout, du sophomore Shaquille Quarterman (199 plaquages, 8 sacks, 14.5 TFLs cumulés). Avec une première année passée à jouer ensemble, 2018 est la saison de la consécration pour les linebackers au sommet d’un front-seven qui se révélera toujours aussi dangereux au moment de faire les comptes.

 

Un secondary composé de seniors capables de retourner un match

 

Le moteur de la défense des Hurricanes est peut-être le front-seven, mais le secondary est clairement le coeur de cette escouade défensive. Les lignes arrières devaient se reconstruire l’an dernier et l’invention de la « Turnover Chain » a poussé les nouveaux joueurs à émerger et à créer des turnovers à la pelle. Ce sont par ailleurs grâce à eux que Miami (FL) est arrivé à éviter certaines défaites au cours de la saison.

(Crédit photo : Hunter Crenian-The Miami Hurricane)

Dee Delaney et Malek Young (8 passes défendues, 2 INTs) quittent l’effectif, mais ces pertes n’ont absolument rien d’irrémédiable. Le safety senior Jaquan Johnson (96 plaquages, 3 TFLs, 4 passes défendues, 4 INTs) est le leader du secondary, sur et en dehors du terrain, et est toujours soutenu par le cornerback senior Michael Jackson (3 TFLs, 5 passes défendues, 4 INTs) ainsi que le safety senior Sheldrick Redwine (2.5 TFLs, 6 passes défendues, 2 INTs). Ajoutez à cela l’émergence du cornerback sopohmore Trajan Bandy et du cornerback senior Jhavonte Dean, après un passage en JUCO, complètent le meilleur groupe de defensive backs de la conférence ACC.

Inutile d’en dire davantage : la défense de Miami (FL) peut aisément rivaliser avec n’importe quelle escouade défensive de la conférence, même celle de Clemson. Et comme l’an passé, elle devrait certainement influer sur la grande majorité des rencontres et donner le ton avec son agressivité désormais caractéristique grâce à Manny Diaz. Et on le remercie aussi pour la « Turnover Chain ». 

 

Attention, un kicker freshman est lancé dans le grand bain 

 

Les Hurricanes ont toujours possédé de bonnes équipes spéciales, notamment grâce à leurs kick et punt returners. Braxton Berrios a créé de nombreuses opportunités sur les retours de punt, mais désormais, il faut le remplacer. Les athlètes exceptionnels ne manquent pas, aucune raison que la puissance de cette unité s’amenuise.

Malheureusement, il n’est possible d’en dire autant pour le poste de kicker. Michael Badgley a été d’une grande importance pour convertir les offensives avec des points (17/23 FGs, 8/12 à 30 yards de distance ou plus) et le kicker est aujourd’hui parti pour la ligue professionnelle. Le freshman Bubba Baxa semble désigner pour le succéder et installer un kicker freshman est plus souvent une mauvaise opération qu’un succès. Le punter sophomore Zach Feagles (36.3 yards de moyenne par punt) est toujours présent pour sauver l’attaque, tout du moins.

 

Le saison des Hurricanes ? Quatre matchs pour une place au College Football Playoff

 

On a démontré que Mark Richt possède certainement son meilleur effectif en trois ans à Miami (FL), et justement, la troisième saison d’un head coach au sein d’une équipe est très souvent celle de la consécration. En 2017, les Hurricanes se sont arrêtées à une finale de conférence ACC (lourdement) perdue face à Clemson, à une victoire d’une qualification pour le dernier carré. Si l’on suit la logique qui appelle à une progression, Miami (FL) peut remporter la conférence et rejoindre le College Football Playoff pour jouer les prétendants au titre national. 

Les Hurricanes possèdent-ils un effectif suffisamment talentueux pour le CFP ? Oui. Mark Richt possède une des meilleures défenses du pays et l’attaque, si tout le monde reste en bonne santé, peut battre n’importe quelle équipe sur un match avec une telle compilation d’armes talentueuses. « Offense wins games, defense wins championships ». La pression se trouve sur les épaules de Malik Rosier pour ne pas commettre d’erreurs préjudiciables.

Les Hurricanes possèdent-ils un calandrier favorable pour accéder au CFP ? Là encore, oui.

L’ouverture de saison à Houston face à LSU pourrait avoir de grandes répercussions pour une qualification ou non au College Football Playoff. Une victoire pourrait déjà propulser Miami (FL) aux premiers rangs nationaux avec un succès de grande qualité contre un adversaire de la conférence SEC. Le second test pointera le bout de son nez au traditionnel premier week-end d’octobre face à Florida State. Les Seminoles connaissent une saison de transition avec un nouvel head coach et le fait que le match soit disputé au Hard Rock Stadium est un avantage supplémentaire.

Si Miami (FL) peut remporter ces deux matchs, ils n’ont aucun raison de perdre une seule rencontre de la saison régulière et remporter la division ACC Coastal pour la seconde saison consécutive, avec un record immaculé de 12-0. Il restera un dernier test crucial sur le terrain de Virginia Tech à la mi-novembre, mais hormis cela, tout le reste est plus qu’abordable. Le calendrier semble destiner à porter les Hurricanes jusqu’à la finale de conférence ACC, où ils joueront leur destinée face à Clemson pour une place au College Football Playoff. 

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Miami (FL) remporte la conférence ACC au nez et à la barbe de Clemson pour se qualifier avec brio au College Football Playoff avec un record de 12-0.

Une victoire solide contre LSU. Un upset évité dans le dernier quart-temps face à Florida State. Une dernière confirmation sur le terrain de Virginia Tech. Un affrontement d’anthologie contre Clemson en finale avec un duel nucléaire entre deux des meilleures défenses du pays. C’est d’ores et déjà écrit que « The U » retrouve les sommets de la ligue en 2018 avec le même swag qu’au début des années 2000.

L’Orange Bowl est d’ailleurs une des demi-finales du College Football Playoff. Le destin, je vous dis.