Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La stratégie médiatique actuelle de la conférence AAC repose essentiellement sur le branding du “Power Six”. D’une manière peu conventionnelle et assez osée, elle essaye de se tailler une part du gâteau des conférences majeures au niveau FBS et ce ne sont pas les arguments qui manquent. L’AAC est en effet composée d’excellentes équipes à l’échelle nationale, capables de mettre à genoux n’importe quel adversaire sur une journée.

Houston a cristallisé l’attention de la conférence en début de saison dernière. Une majorité d’observateurs pensait que les Cougars pouvaient rééditer leur qualification à un Bowl du Nouvel An. Cependant, l’année ne s’est pas déroulée comme prévu et Houston a été doublé par des équipes telles que USF, Temple, Memphis ou encore la Navy. Tous ces protagonistes seront bien entendu de nouveau au rendez-vous pour hisser l’AAC dans le Top 25 (si ce n’est plus).

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants de la conférence AAC en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


1. Memphis

Justin Fuente a permis au programme de football de Memphis d’émerger au plus haut niveau, avant que les sirènes de Virginia Tech soufflent l’entraineur aux Tigers. Ces derniers semblaient se diriger vers une période de transition mais ce n’était sans compter sur un excellent remplaçant. Le précédent coordinateur offensif d’Arizona State, Mike Norvell, a posé ses valises sur le campus et l’équipe a conservé un rythme identique, passant d’un bilan de 9-4 à 8-5 seulement pour une défaite décevante lors du Bowl.

Memphis a connu une transition quasiment imperceptible et la seconde saison du coaching staff apparait déjà comme celle de la confirmation. Mike Norvell fait partie d’une génération prometteuse de head coaches, à lui de tirer les marrons du feu avec un très bel effectif.

La conférence AAC peut être considérée comme la plus relevée du Group of Five. Il est plus difficile qu’ailleurs de conserver une place au sommet de la hiérarchie du fait d’une grande densité d’équipes talentueuses. Les Tigers ont déjà prouvé qu’ils pouvaient concurrencer n’importe quelle université de la conférence. La saison passée n’était tout de même pas un exemple de régularité, ce qui est logique pour un nouvel head coach ; il est probable que ce souci soit réglé dans les plus brefs délais.

L’attaque dessinée par le coordinateur offensif Chip Long n’a pas mis longtemps avant de dominer. Une animation dynamique, portée par une prépondérance du jeu aérien et d’un jeu au sol explosif, a tellement fait de ravages que Long a été débauché immédiatement par Brian Kelly afin de prendre en charge l’attaque de Notre Dame. Darrell Dickey reprend la main et connait parfaitement la maison des Tigers ; attendez-vous à une belle continuité des prouesses offensives. Les excellents playmakers n’ont qui plus est pas quitté le campus, à commencer par l’incroyable quarterback senior Riley Ferguson (3698 yards à la passe, 32 TDs, 10 INTs). Il a pris la place de Paxton Lynch sans qu’une baisse de régime ne se fasse ressentir, devenant un des meilleurs quarterbacks du Group of Five. Il ne s’arrêtera pas en si bon chemin puisqu’il retrouve sa cible préférée en la personne du fabuleux Anthony Miller (1434 yards à la réception, 14 TDs). Les deux joueurs composent une des paires offensives les plus dynamiques du pays et sont accompagnés par d’autres bons receveurs. Le senior Phil Mayhue remplira son rôle de second receveur de manière efficace alors que Tony Pollard sort d’une saison freshman très prometteuse dans le slot (298 yards à la réception, 2 TDs ; 159 yards à la course, 1 TD).

Très consistante l’an dernier, la ligne offensive ne perd qu’un seul titulaire et devrait continuer à protéger solidement Riley Ferguson. Cette escouade devrait également continuer à ouvrir des lignes de course à un groupe de running backs qui prospère des opportunités créées par le jeu aérien. Le senior Doroland Darceus conserve sa place de titulaire (810 yards à la course, 9 TDs) et est toujours accompagné par deux très bons sophomores en Darrell Henderson (482 yards à la course, 5 TDs) et Patrick Taylor. En somme, tous les acteurs reviennent pour une nouvelle saison avec un mélange d’expérience et de talent. Il faudra faire fort pour déboulonner Memphis du statut de meilleure attaque de l’AAC.

La statut de la défense est cependant bien moins élogieux. Elle a quelque peu régressé en 2016 avec une incorporation de préceptes basés sur l’agression. Les lignes arrières n’ont pas démontré une grande constance alors que le front-seven n’a pas réellement assuré face à la course. Ce dernier retrouve tout de même quelques bons playmakers avec le defensive end senior Ernest Suttles (3 sacks, 2.5 TFLs) et le tackle sophomore Jonathan Wilson (3 sacks, 3 TFLs). Les linebackers devraient jouer un rôle de tampon solide grâce à la présence du senior Genard Avery (81 plaquages 5 sacks, 6 TFLs, 2 INTs) ainsi que du spohomore Austin Hall (7.5 TFLs). La défense contre la course devrait retrouver un niveau décent du fait de l’expérience.

En revanche, un secondary relativement moyen perd la majorité de ses titulaires. Le safety senior Jonathan Cook (88 plaquages, 5.5 TFLs, 8 passes défendues, 1 INT) est le seul élément restant et il apportera une aide non négligeable face aux running backs adverses. Il se trouve très isolé pour contrer les receveurs, à l’inverse. L’excellent cornerback Arthur Maulet (4.5 sacks, 13 passes défendues, 2 INTs) n’est plus là pour amasser un travail considérable au même titre que le reste ds contributeurs majeurs de la dernière saison. Ce pourrait être un inconvénient sérieux si le recrutement n’avait pas comblé les trous. Effectivement, deux cornerbacks anciennement à Oklahoma puis en JUCO, Marcus Greene et Tito Windham, rejoignent les rangs des Tigers avec le safety Shaun Rupert, arrivé à Memphis à la suite d’un transfert de Missouri. De nombreux jeunes joueurs auront également leur chance ; le coordinateur défensif Chris Ball peut construire une rotation capable de tenir la baraque, mais les blessures sont interdites.

Les performances de Memphis iront de paire avec le succès ou les erreurs de la défense. Celle-ci fera la différence en bien ou en mal lors des grandes échéances au calendrier. L’attaque sera de nouveau au rendez-vous pour enflammer les terrains et la véritable question est de savoir si les adversaires seront capables de marquer plus de points que les Tigers. Traduction : la saison de Memphis devrait être passionnante à suivre, shootout après shootout.

L’équipe dirigée par Mike Norvell devra malheureusement se rendre sur les campus de Houston et de Tulsa, concurrents directs au sein de la division West, ainsi que sur les campus de UCF et de Connecticut, hérités de la division opposée. Ces rencontres ralentissent l’optimisme à propos de Memphis, bien qu’elles soient totalement gagnables. En réalité, le programme des Tigers ne comportent de défaites certaines ; même pas la réception de UCLA, c’est dire.

Remporter des victoires cruciales à l’extérieur, ne pas trébucher à la maison. Memphis tient devant soi un boulot loin d’être insurmontable pour une équipe si prometteuse et talentueuse. Le plateau des 10 victoires se trouve à portée de bras au même titre qu’une qualification pour la finale de conférence. Cette année pourrait bien être la bonne (et peut-être la dernière de Mike Norvell sur le campus).


2. South Florida

Le programme de football de South Florida est plutôt jeune. Il n’a cependant pas attendu très longtemps pour titiller les cieux de la conférence AAC. Aucun titre de division ou de conférence n’est encore à l’actif des Bulls, certes, mais la saison dernière est devenue la meilleure saison en 20 ans d’existence de l’équipe floridienne avec un bilan final de 11-2. Cela a logiquement mené l’excellent Willie Taggart vers Oregon. Toutefois, son remplaçant n’est pas le premier venu et rien ne dit que USF recule dans la hiérarchie, bien au contraire.

L’ancien head coach de Texas, Charlie Strong, revient dans son Etat de prédilection où il a passé la moitié de sa carrière d’entraîneur, la Floride. Certaines embauches apparaissent comme un mélange parfait entre employé et employeur ; celle de Charlie Strong et South Florida en est une.

Le succès historique des Bulls revient majoritairement à la superbe attaque spread et up-tempo mise en place par la précédent coaching staff, une des plus dynamiques du pays. Bien que Charlie Strong arrive avec une grande expérience défensive, il apporte surtout dans ses valises un certain Sterlin Gilbert, son ancien coordinateur offensif avec les Longhorns et disciple d’Art Briles. Il maitrise d’une main de maitre un système offensif identique à celui des Bulls. Tous les signaux sont au vert en attaque et maintenant, la tâche principale est de remettre à flot une défense plutôt fragile.

Il manquait principalement un quarterback à la paire d’entraineurs sur le campus d’Austin. Cette position sera, de loin, la plus forte de l’effectif de South Florida. Quinton Flowers a décidé de passer une saison de plus à Tampa et jouera une saison senior avec le statut d’outsider pour le Heisman Trophy. Le quarterback sort d’une saison époustouflante (2812 yards à la passe, 24 TDs, 7 INTs ; 1530 yards à la course, 18 TDs) et a composé l’an passé avec Marlon Mack (1187 yards à la course, 15 TDs) un des backfields les plus explosifs du pays. Le running back a pris le chemin de la ligue professionnelle avec le meilleur receveur des Bulls, Rodney Adams (822 yards à la réception, 5 TDs). Le quarterback se retrouve face à son destin, sans toutefois être dépourvu d’armes autour de lui. Les cibles aériennes d’expérience existent avec les receveurs Marquez Valdes-Scantling, Tyre McCants ainsi que le tight end Mitchell Wilcox. Les performances aériennes ne devraient pas sombrer grâce à eux et le talent de Quinton Flowers, mais la perte de Rodney Adams sera très difficile à remplacer.

L’ombre de Marlon Mack devrait elle-aussi reposer sur le jeu de course. Cependant, le running back senior D’Ernest Johnson (543 yards à la course, 8 TDs) apporte une présence solide après avoir occupé la place de remplaçant en 2016. Il n’est pas aussi explosif que son ancien collègue mais il s’est révélé plus constant sur la durée de la saison dernière. La présence de Quinton Flowers à la passe et à la course lui enlèvera de la pression et de l’attention, ce qui ne peut être que bénéfique. De plus, avec deux excellents playmakers sur le départ, l’attaque sera moins spectaculaire. Cette situation est possiblement une bonne nouvelle pour la défense, qui pourrait avoir plus de temps pour se reposer.

Les propriétés de l’attaque ultra-rapide et très explosive forcent la défense à revenir souvent sur le terrain. Ce n’est pas optimal pour les performances. Elle s’en est plutôt bien sortie malgré la position compliquée et retrouve désormais la quasi-totalité des contributeurs de la saison passée, neuf titulaires pour être précis. Le front-seven retrouve Deadrin Senat, une pièce très importante contre la course, ainsi que ses meilleurs pass-rushers avec le tackle Bruce Hector (6 sacks), les ends Mike Love, Kirk Livingstone et le linebacker Auggie Sanchez (102 plaquages, 6 sacks, 2.5 TFLs, 3 passes défendues). Ce dernier est accessoirement le meilleur défenseur de l’équipe, toujours capable de trouver le chemin du ballon quelque soit l’endroit du terrain.

Tous les contribues majeurs sont aujourd’hui juniors ou seniors ; l’expérience ne manque pas en défense surtout que cela concerne les meilleurs joueurs à disposition. Nombre d’équipes de la conférence AAC proposent des animations aériennes dominantes et cela requiert bien entendu des lignes arrières solides. Le cornerback Deatrick Nichols (7 passes défendues, 4 INTs) domine cette escouade, suppléé par les safeties Khalid McGee, Tajee Fullwood et Jaymon Thomas (6 TFLs, 3 INTs). Il n’est vraiment pas certain que le secondary arrive à stopper ses adversaires, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. South Florida a juste besoin que celui-ci offre suffisamment de chances à l’attaque de marquer des points afin de pouvoir empiler les victoires. Quelques mains de plus sur les ballons suffiront.

Charlie Strong arrive à peine chez les Bulls que l’on attend de lui de grandes choses. La pression n’est pas aussi forte qu’à Texas, bien entendu, mais le temps presse. L’effectif atteint un niveau d’expérience difficilement égalable et il faut profiter du quarterback Quinton Flowers avant qu’il quitte le campus pour de bon. South Florida ne doit pas régresser outre mesure en attaque tout en compensant avec une défense plus efficace et opportuniste afin de pouvoir réaliser une seconde saison à 10 victoires de suite.

USF n’a perdu qu’un seul match de conférence l’an passé (face à Temple) et celui-ci a finalement couté le titre de division East. Il n’y a rien d’insurmontable pour atteindre la finale d’autant plus que le calendrier est incroyablement favorable pour une telle équipe. La rencontre hors-conférence la plus relevée s’avère être une réception d’Illinois, suivi une semaine plus tard, de la réception de Temple. Deux victoires et les Bulls pourront atteindre le mois de novembre avec un record immaculé. Et là, ils devront à nouveau réceptionner les équipes de Houston et Tulsa. Un véritable cadeau du ciel.

La situation actuelle de South Florida est presque parfaite, surtout lorsqu’on compare à celle de Texas lorsque Charlie Strong a pris ses quartiers à Austin. Le système offensif, coeur de l’activité des Bulls, tourne à plein régime et ne subira aucun changement en profondeur. Sans aucune mauvaise surprise en cours de saison, USF se retrouvera en position de jouer une qualification pour le Nouvel An.


3. Houston

Le jeu des chaises musicales de head coaches fait partie intégrante du cercle de la vie de la conférence AAC. Ce n’était d’ailleurs qu’une question de temps avant que Tom Herman quitte Houston. Deux saisons couronnées d’une réussite folle avec les Cougars et il s’envole (sans surprise) pour les pâturages voisins de Texas. Le coordinateur offensif de cette époque, Major Applewhite, reprend le flambeau avec des attentes aussi élevées que son prédécesseur.

A moins que ce passage de témoin devienne un cadeau empoisonné ? L’avenir nous le dira. Major Applewhite doit gérer des remplacements clés des deux côtés du ballon avec un talent supérieur à ses adversaires de la conférence. Ca passe ou ça casse.

Quoi qu’il en soit, le niveau fabuleux de l’escouade défensive de Houston ne pouvait être ignoré au même titre que le front-seven était en mesure de terroriser n’importe quel opposant. Une défense élite au niveau national se retrouve désormais sans son instigateur, l’excellent Todd Orlando, qui a suivi Tom Herman chez les Longhorns. La véritable force des Cougars perd son tuteur, considéré comme un des tous meilleurs à cette position. Perdre deux entraineurs de ce calibre provoque toujours des vagues ; Major Applewhite intervient alors telle une caution de stabilité au sein de cette équipe.

Tout n’est en revanche pas rose au sein de l’attaque. Certes, le précédent coordinateur offensif prend les rennes du programme mais la figure de proue de l’animation offensive a épuisé son éligibilité. Le quarterback Greg Ward Jr. (3557 yards à la passe, 22 TDs, 13 INTs ; 518 yards à la course, 10 TDs) était l’homme à tout faire, que ce soit avec ses jambes ou grâce à son bras. Il a sauvé les Cougars à de maintes reprises et sera très difficile à remplacer. Cependant, Houston débute une nouvelle page avec un visage connu : celui de l’ancien quarterback de Texas A&M, Kyle Allen, arrivé sur transfert l’an passé. La vraie question est de savoir si la sauce peut prendre au sein d’un nouveau système, sans qu’il puisse se reposer sur ses qualités de coureur. Il sera tout de même entouré d’un groupe de receveurs talentueux, à commencer par les seniors Linell Bonner (1118 yards à la réception, 3 TDs) et Steven Dunbar (692 yards à la course, 5 TDs). Les deux joueurs se sont révélés au plus haut niveau et devront cette fois-ci composer avec des jeunes pousses prometteuses telles que Keith Corbin ou encore Courtney Lark. La perte de Chance Allen et du tight end Tyler McCloskey ne sont pas anodines, loin de là ; les qualités de passeur de Kyle Allen ainsi que le mélange d’expérience et de talent viendront à la rescousse d’une éventuelle régression.

A l’inverse, il est presque impossible que le jeu de course régresse. Celui-ci a terriblement déçu la saison dernière (hors Greg Ward Jr.) pour de multiples raisons, la principale étant l’acharnement des blessures. Aucun running back n’a réussi à maintenir une bonne santé au cours de la saison. L’ancien transfert en provenance de Texas, Duke Catalon (528 yards, 4 TDs), était censé prendre les devants mais il n’a pu être titularisé que lors de 7 rencontres. Il sera certainement concurrencé par le nouveau venu, Patrick Carr, lui-aussi arrivé à Houston sur transfert depuis Colorado. Le jeune sophomore a déjà impressionné lors de l’intersaison et pourrait venir titiller le sommet de la hiérarchie très rapidement. La compétition est souvent bonne pour les performances, qui ne seront difficilement plus mauvaises que l’an dernier.

Une attaque plus en jambes serait un cadeau que la défense prendrait avec joie. Absolument féroce contre la course, doté d’une base de talent inégalée au sein de la conférence AAC, elle ne devrait faire aucun cadeau une nouvelle fois cette saison. Le front-seven, aussi intraitable que terrifiant, devrait descendre d’une marche en 2017 avec les départs significatifs du defensive end Cameron Malveaux et des linebackers Steven Taylor et Tyus Bowser (18 sacks, 13.5 TFLs, 7 passes défendues en cumulé). Cela nous ferait presque oublier la présence de la machine de destruction massive, Ed Oliver (66 plaquages, 5 sacks, 18 TFLs, 9 passes défendues). Le defensive tackle a réalisé une saison freshman sensationnelle et devrait sans aucun doute continuer à progresser en devant le centre de gravité de la défense en tant que sophomore. C’est un peu effrayant d’autant plus que deux autres talentueux freshmen le rejoignent, le defensive end Bryan Jones et le linebacker Amaud Willis-Dalton. Ils seront entourés par de nombreux seniors, notamment le linebacker Matthew Adams, ce qui devrait empêcher une trop lourde chute en terme de performance.

Le secondary se trouve dans une position relativement similaire. Seulement deux defensive backs n’ont quitté l’équipe mais ce sont deux pertes importantes : les cornerbacks Brandon Wilson et Howard Wilson (10 passes défendues, 5 INTs), emmenant avec eux 6 des 7 interceptions des Cougars l’an passé. Les safeties demeurent très bons grâce aux vétérans Garrett Davis et Khalil Williams (5 sacks, 8.5 TFLs, 8 passes défendues en cumulé) tandis que les remplaçants des Wilson, le junior Jeremy Winchester en tête, possèdent de grandes promesses. Les lignes arrières ne devraient pas dévier de leur trace outre mesure mais les belles performances de la saison écoulée ne pourront être égalées que si le front-seven ne s’effondre pas.

Major Applewhite se trouve face à une tâche relevée dès sa première année à la charge de Houston. Il doit trouver une solution pour que l’animation offensive s’emboite correctement malgré un changement de quarterback majeur. Au même moment, l’excellence défensive est ébranlée avec la perte des meilleurs playmakers qui ne sont pas nommés Ed Oliver. Les Cougars resteront une très bonne équipe grâce à la proportion de talent à disposition, mais cela ne suffit plus aujourd’hui au sein d’une conférence AAC extrêmement relevée.

Le calendrier n’est même pas coopératif et n’arrange pas les affaires de Houston. Après les rencontres face à Arizona et Texas Tech, l’enchainement du mois d’octobre est terrible : des déplacements périlleux à Temple, Tulsa et South Florida, entrecoupés des réceptions non moins compliqués face à SMU et Memphis. Et il faudra encore se coltiner la Navy en conclusion d’année. Finir avec moins de 3 ou 4 défaites au compteur sera déjà un bel exploit.

On attend énormément de Houston depuis la fabuleuse saison 2015 à 13 victoires (dont le Peach Bowl face à Florida State). Cependant, Tom Herman n’est plus en ville, les meilleurs joueurs de cette époque et Major Applewhite se retrouve avec une grande pression sur les épaules. Il ne faudra pas crier à la surprise quand les Cougars termineront cette année sans titre et avec un bilan de 7-5.


Le ventre “dur” de la conférence

4. Temple

5. Tulsa

6. Navy

Ce qu’a réalisé Matt Rhule à Temple est véritablement un travail d’exception. Avant qu’il ne parte au secours de Baylor, les Owls ont enregistré les deux meilleures saisons de l’histoire du programme avec deux records consécutifs de 10-4 et un titre de conférence AAC l’an dernier. Le précédent coordinateur défensif de Florida, Geoff Collins, a été embauché pour reprendre la suite à Philadelphie. Son expérience remarquable chez les Gators devrait aider à maintenir à flot la défense intrépide et très agressive de Temple. Malheureusement, il faudra composer un front-seven tout neuf qui subit les départs des excellents pass-rushers qu’étaient Haasan Reddick (10.5 sacks, 12 TFLs) Praise Martin-Oguike et Averee Robinson. De jeunes joueurs talentueux comblent désormais les trous et leur intégration sera la clé du succès défensif. Si le pass-rush se révèle un tant soit peu compétent et si la défense contre la course ne s’écroule pas, un très bon secondary pourra continuer sur sa lancée en ne perdant aucune pièce.

La reconstruction totale d’un front-seven est forcément synonyme de baisse de régime. La même chose en attaque avec le départ d’un quarterback titulaire depuis quatre ans, Phillip Walker (3295 yards à la pass, 22 TDs, 13 INTs). Il n’avait pas une influence incroyable mais les quelques jeux explosifs dont il était à l’origine faisaient souvent la différence. Une compétition à quatre pour le poste de quarterback s’est ouverte. L’heureux élu pourra compter sur les quatre meilleurs receveurs de l’an dernier ainsi que sur un running back très efficace en Ryquell Armstead (919 yards, 14 TDs), prenant la place de l’explosif Jahad Thomas.

Temple rencontre une période de transition et ne pourra pas rivaliser avec South Florida, mais contrairement au passé, les bases sont solides. Les Owls peuvent légitimement viser 7 ou 8 victoires si l’équipe de Geoff Collins ne manque pas le coche.

A l’instar de ce que le Golden Hurricane nous a montré l’an passé, les performances de Tulsa seront extrêmement volatiles. Comprenez que l’équipe peut rencontrer d’énormes soucis pour se qualifier à un Bowl autant qu’elle peut jouer un vrai rôle dans la course au titre de division AAC West. Elle doit en effet trouver des remplaçants pour les pièces majeures du succès de la saison dernière, terminée sur un record de 10-3. Ce pourrait être un souci de taille dans la plupart des programmes, mais Tulsa développe un système offensif particulier appelé “veer-and-shoot” qui permet à des inconnus d’émerger immédiatement comme des armes dangereuses. Il faut trouver un quarterback pour remplacer l’excellent Dane Evans (3348 yards à la passe, 32 TDs, 12 INTs), deux receveurs pour prendre la place de Keevan Lucas et Josh Atkinson (159 réceptions, 2238 yards à la réception, 23 TDs en cumulé) ainsi que déterminer si un running back remplaçant peut se détacher et combler la perte de James Flanders (1629 yards à la course, 18 TDs).

Phillip Montgomery, disciple de longue date d’Art Briles, a construit une des attaques les plus productives du pays à Tulsa. Reproduire les exploits de l’an passé nécessite l’arrivée de nouveaux joueurs capables de prendre place aux places vacantes et de performer au même niveau. Ce n’est pas impossible avec un tel système offensif, et si l’impossible se produit, le Golden Hurricane peut compter sur une défense qui n’a jamais été aussi bonne depuis très longtemps. Houston et Memphis sont prévenus.

La situation de la Navy est toujours compliquée à situer. A l’instar des autres académies militaires, les turnovers massifs de joueurs sont fréquents et sont régulièrement bien gérés par une nouvelle vague d’upperclassmen lancée dans l’arène. L’an dernier, Will Worth a pris place du légendaire Keenan Reynolds au poste de quarterback et l’attaque n’a quasiment pas bougé d’un iota. Aujourd’hui, Will Worth a épuisé son éligibilité et laisse son poste au junior Zach Abey. Il devrait mener les Midshipmen d’une façon identique et perdre cinq des sept meilleurs running backs fait partie du plan. Les bonnes nouvelles, Chris High (547 yards à la course, 7 TDs) revient au poste de fullback avec un potentiel monstre et il faut trouver seulement un nouveau slotback explosif au côté de Darryl Bonner. De son côté, la défense n’a pas fonctionné comme prévu ; le revers de la médaille est le retour de la totalité des acteurs, ce qui laisse entendre un retour à la normale d’une très bonne escouade afin de contenir les quelques assauts adverses.

Tant de changements importants en attaque indiquent une forte régression du niveau affiché. Soyez certains que cela n’arrivera pas avec Ken Niumatololo à la barre. La Navy devrait surpasser les attentes une nouvelle fois. Cependant, le titre de division AAC West sera difficile à atteindre avec des déplacements sur les campus de Tulsa, Memphis et Houston.


Attention, poils à gratter

7. SMU

8. UCF

9. Cincinnati

L’ancien coordinateur offensif de Clemson, Chad Morris, commence à se révéler comme une très bonne embauche pour SMU. Les Mustangs grimpent les échelons petit à petit et la troisième saison de leur head coach pourrait prendre la direction d’une véritable découverte. L’ataque pourrait d’ailleurs entrer dans une nouvelle dimension cette année puisque l’ensemble des armes offensives sont toujours à disposition, menées par le running back Braeden West (1036 yards à la course, 6 TDs) et le receveur Courtland Sutton (1246 yards à la réceptions, 10 TDs). Le chef de partie, le quarterback sophomore Ben Hicks, a montré un grand potentiel mais il pourrait être remplacé le junior Rafe Peavy, ancienne recrue 4-étoiles et transfert en provenance d’Arkansas. Le statut de SMU au sein de la conférence, que ce soit une équipe en quête de Bowl ou capable de jouer les trouble-fêtes pour le titre de division AAC West, dépendra du succès du quarterback. Quoi qu’il en soit, les Mustangs seront meilleurs et il n’y aura que la défense pour leur mettre des bâtons dans les roues.

En une saison sur le campus de UCF, Scott Frost a rétabli un équipe complètement à la dérive lorsqu’il est arrivé de son poste de coordinateur offensif d’Oregon. Et aussi surprenant soit-il, c’est bien la défense qui a porté les Knights jusqu’à un Bowl. La transformation a été drastique et le front-seven en a été le principal artisan grâce à un pass-rush féroce. L’incroyable Shaquem Griffin (11.5 sacks, 8.5 TFLs avec une main amputée) reste mais le reste des linebackers sont partis. Le secondary subit qui plus est un ravalement de façade complet en étant forcé de remplacer quatre très bons titulaires d’un coup. UCF sera sans doute une équipe fun à observer. Elle devrait encaisser des camions de yards aériens alors que l’attaque, aussi inefficace que jeune l’an passé, retrouve une continuité avec des pièces encourageantes et devrait combler une partie des lacunes défensives. Les Knights seront durs à battre, surtout s’ils jouent une qualification pour un Bowl en deuxième partie de saison.

Habitué au devant de la scène depuis près d’une décennie, Cincinnati a déçu lors de ces deux dernières années sous Tommy Tuberville. L’ancien coordinateur défensif de Ohio State, Luke Fickell, a pris la relève des Bearcats et doit faire face à de nombreux enjeux. L’animation offensive s’est écroulée récemment, incapable de courir de quelque manière que ce soit ni de lancer avec constance. Le nouveau coaching staff veut installer une attaque spread davantage portée sur un rythme up-tempo (et cela requiert de pouvoir courir efficacement et de lancer sans déchets). A voir si ces ambitions peuvent cliquer mais il existe tout de même des armes offensives relativement solides. La défense se trouve dans une meilleure position. Point faible l’an dernier, les lignes arrières gagnent grandement en expérience et devraient craquer moins souvent, bien que le front-seven doit subir des changements non-négligeables. Le nouveau plan de Luke Fickell est ambitieux. Cela pourrait se retourner contre lui lors de cette première année, mais le fait que Cincinnati évite Memphis, Houston et Tulsa offre une belle marge de manoeuvre.


Il y a encore du boulot

10. Connecticut

11. Tulane

12. East Carolina

Après un passage (très) moyen du côté de Maryland, Randy Edsall revient sur le campus de Connecticut où il a construit la majorité de sa carrière d’entraîneur. Il doit remettre les Huskies sur le droit chemin en reconstruisant totalement une attaque à l’agonie et une défense qui a, de manière assez surprenante, connu une régression assez sévère l’an passé après une période d’excellence. La tâche est grande mais c’est un bon début de savoir que l’effectif s’avère être plutôt expérimenté.

Willie Fritz s’est installé aux commandes de l’équipe de Tulane l’an dernier et la Green Wave a légèrement progressé d’entrée de jeu. Le head coach implémente aujourd’hui un nouveau système spread axé sur l’option avec un effectif adéquat. Si celui-ci est correctement monté, l’attaque devait en profiter au même titre que la défense, qui retourne la quasi-totalité des pièces d’une saison passée réussie. Attention, quelques upsets et cette équipe pourrait surprendre.

Le coup de poker tenté lors de la dernière intersaison par East Carolina est tombé à l’eau. Ruffin McNeill a été viré à la surprise générale et son remplaçant, Scottie Montgomery, n’a pas réussi à trouver le succès. Loin de là. La défense demeure un point d’interrogation tandis que l’attaque, satisfaction récurrente, doit composer avec la perte de son quarterback titulaire, de son meilleur running back et de son meilleur receveur. Les inconnues sont aussi grandes que la pression sur les épaules du coaching staff.


Pronostics de performance :

[table id=14 /]