Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La conférence Big 12 n’est peut-être composée que de 10 équipes, mais à chaque saison, elle peut se targuer d’être la conférence la plus divertissante. Les scénarios fous et les retournements de situation se présentent (quasiment) semaine après semaine, couplés à une multitude d’animations offensives construites à la dynamite. Iowa State a tenté de renverser la hiérarchie en 2017… grâce à une excellente défense.

Pour la seconde saison de Matt Campbell à la tête du programme, les Cyclones sont enfin sortis de leur médiocrité presque légendaire pour conclure l’année avec le premier record de 8 victoires depuis 2000… et le sixième en l’espace de 100 ans ! Le jeune head coach a réalisé des prouesses inattendues et confirme que n’importe quelle équipe qu’il dirige possède le potentiel de titiller les sommets, de quelque manière que ce soit. 

A Toledo, il a dirigé une des attaques les plus productives et dangereuses du pays pour trois records à 9 victoires en 4 ans. A Iowa State, il a construit une des défenses les plus solides de la ligue avec des joueurs marginaux dont le leader était un linebacker qui revenait d’une pige en tant que quarterback titulaire. Cette équipe est arrivé à faire déjouer Oklahoma et TCU en l’espace d’un mois et a perdu trois de ses quatre derniers matchs pour un total de 12 points. 

Des progrès doivent encore être produits mais autant dire que tout le monde est prévenu : les bons résultats de Iowa State ne seront plus des surprises et il faudra se méfier des Cyclones à chaque semaine.

 

Iowa State à seulement 15 points d’un total de 11 victoires ?!

 

On ne donnait pas cher des chances des Cyclones, qui n’avaient pas dépassé la barre des 3 victoires depuis 2012. Bien mal nous en a pris. Les hommes de Matt Campbell ont émergé au mois d’octobre avec un upset retentissant sur le terrain d’Oklahoma. Ce résultat, outre le fait de surprendre, était en fin de compte la représentation d’un déclic mental. Iowa State avait précédemment perdu en prolongations contre Iowa et était apparu à côté de la plaque face à Texas.

 

 

Et puis la défense est sorti de son bois pour mettre en déroute l’attaque des Sooners, agressant son backfield sans relâche. Et puis le walk-on Kyle Kempt s’est révélé au poste de quarterback avec Joel Lanning à ses côtés, qui alternait entre son poste de linebacker et celui de quarterback en formation wildcat. Ce mélange incongru s’est pourtant montré incroyablement efficace. Les Cyclones ont poursuivi leurs efforts après Oklahoma en terrassant Kansas et Texas Tech, avant de surprendre un second programme classé dans le Top-5, TCU, cette fois-ci sur le campus de Ames.

A ce moment-là de la saison, Iowa State était grimpé jusqu’en 14ème position à l’AP Top 25, ce qui ne leur était pas arrivé depuis 2002. Mais les Cyclones ne sont pas arrivés à grimper une nouvelle marche. Ils étaient considérés comme underdog de 3 points contre West Virginia, de 6 points face à Oklahoma State puis de 2 points contre Kansas State, et ils ont respectivement perdu ces matchs de 4, 7 et 1 unités. 

Se rend-on compte que Iowa State n’était, en fin de compte, qu’à 15 petits points d’un record de 11-1 ?!

 

Kyle Kempt doit maintenant confirmer les révélations

 

La première titularisation en carrière de Kyle Kempt s’est produite sur le terrain de Oklahoma, lors du cinquième match d’une saison de junior. Il n’avait lancé que deux passes lors de ses deux premières saisons universitaires. Les résultats ? 18 passes complétées sur 24 pour 343 yards, 3 TDs et aucune interception. Il a attaqué le secondary des Sooners avec désinvolture et cela a payé de fort bell manière. 

La seconde partie de saison s’est déroulé autrement. Voyant que la défense était le coeur de l’équipe, Matt Campbell a installé une animation offensive plus conservatrice qui devait tenir le ballon sans causer de turnovers. Le bras de Kyle Kempt était moins mis à contribution mais il n’a lancé que 3 interceptions sur le reste de la saison pour 15 TDs. Le jeu au sol a perdu en efficacité petit à petit tout en demeurant le centre de l’attaque. Mais Kyle Kempt s’est réveillé lors du Liberty Bowl contre Memphis, en retrouvant les clés du camion : 312 yards, 2 TDs et aucune interception.

Avec une saison de titulaire dans la besace, le quarterback senior est certainement attendu au tournant pour confirmer la révélation. Malheureusement, il devra se débrouiller sans un des meilleurs receveurs de la conférence Big 12, Allen Lazard (71 réceptions, 941 yards, 10 TDs), ainsi que deux autres contributeurs majeurs en Marchie Murdock et Trever Ryen. Seulement le junior Akeem Butler (41 réceptions, 697 yards, 7 TDs) demeure dans l’escouade de receveurs, et avec Deshaunte Jones, il composait les options les plus explosives de l’équipe. Ils pourraient bien instiguer un changement de philosophie offensive avec Kyle Kempt, pour davantage d’agressivité en profondeur.

Mais n’oublions pas non plus la présence du tight end sophomore Chase Allen, qui s’est déjà imposé comme un des meilleurs joueurs à sa position de la conférence Big 12 en proposant de l’aide pour bloquer et attraper des passes. 

 

David Montgomery est toujours présent pour donner le rythme offensif

 

L’animation offensive des Cyclones n’avait pas grand chose de spectaculaire, hormis la performance incroyable face à Oklahoma. Elle se basait principalement sur un apport massif des running backs pour donner du temps de récupération à la défense et éviter les turnovers coûteux. David Montgomery participait à cet effort de fort belle manière pendant une large partie de la saison. 

Il a conclu la saison avec 258 portées pour 1.146 yards et 11 TDs, mais a surtout pesé lors des situations cruciales avec une propension à casser des plaquages et à continuer d’avancer dès lors qu’un défenseur tentait de le plaquer. Mais l’actuel junior possédait de moins en moins d’espace à mesure que la saison avançait, puisque les adversaires se préparaient davantage à le stopper. Ce à quoi il faut ajouter l’amoncellement de blessures. La ligne offensive n’était pas vraiment capable de contenir la pression et les trois défaites de fin de saison peuvent être imputés à un manque d’efficacité à la course.

(Crédit photo : Reese Strickland-USA TODAY Sports)

Si Matt Campbell peut donner plus de responsabilités à Kyle Kempt dans les airs, des lignes de course peuvent se libérer d’autant plus que Mike Warren (1.339 yards au sol en 2015) est attendu en second rideau pour sa dernière année d’éligibilité universitaire. Un tel duo de running backs lourds et puissants peuvent s’allier pour fatiguer les défenses et offrir, en retour, des zones d’attaque pour l’animation aérienne.

Ils peuvent également compter sur une vraie ligne offensive depuis une éternité. Trois juniors expérimentés restent en charge de la ligne tandis que les deux ajouts ont passé la saison dernière en redshirt. Certes, les deux pertes sont importantes et elles comprennent le meilleur élément, le left tackle Jeff Campos. On est en droit d’attendre une continuité, a minima, si ce n’est une progression du groupe afin que cela profite à l’ensemble de l’attaque.

 

Est-ce que le front-seven peut poursuivre sur ses belles performances ?

 

Pourquoi la défense de Iowa State était-elle si bonne en 2017 ? Il suffit seulement de regarder les performances exceptionnelles de la défense contre la course. Face aux attaques ultra-agressives de la conférence Big 12, les Cyclones ont accordé une moyenne supérieure à 4 yards par course contre Oklahoma, TCU et West Virginia. Ceci est d’autant plus remarquable que le déficit de taille et de joueurs était colossal, avec un système en 3-3-5 employé par le coordinateur défensif Jim Heacock.

La recette magique : une agression constante sur les backfields adverses, pris d’assaut par un front-seven mort de faim. Le defensive end J.D. Waggoner et le linebacker Joel Lanning menaient la charge (10.5 sacks, 14 TFLs combinés) et malheureusement, les deux compères sont arrivés au bout de leur éligibilité. Ce sont deux pertes importantes mais ce sont les seules.

(Crédit photo : Reese Strickland-USA TODAY Sports)

Le groupe de linebackers demeure comme l’un des plus dangereux de la conférence avec le junior Marcel Spears (107 plaquages, 8.5 TFLs, 5 passes défendues), leader de la défense, et le senior Willie Harvey (76 plaquages, 4 sacks, 7.5 TFLs, 6 passes défendues), possiblement le joueur le plus agressif de la défense.

Pour attaquer la ligne de scrimmage, Iowa State peut également compter sur le pass-rusher junior JaQuan Bailey (7 sacks) ainsi que sur les defensive tackles Ray Lima et Eyi Uwazurilke, déjà contributeurs notables en 2017. Les performances du front-seven ne devraient pas réellement reculer et il faut clairement s’attendre à une muraille contre la course, surtout s’il ne faut trouver qu’un nouveau middle linebacker.

 

Si un point peut desservir les Cyclones, ce serait bien son secondary

 

Les lignes arrières sont également un point crucial de la réussite de la défense contre la course avec deux cornerbacks agressifs à tout moment. Les cornerbacks seniors Brian Peavy et D’Andre Payne (12 TFLs combinés) ont participé à l’effort collectif et reviennent pour apporter une présence toujours aussi perturbatrice.

A l’inverse, les quatre (!) contributeurs majeurs aux postes de safety ont quitté les Cyclones et laissent un trou béant en plein centre d’un secondary qui ne prenait aucun risque lors des phases de passe. Agressifs face à la course et passifs face à la passe. Dans la conférence Big 12, on peut comprendre mais avec les nombreux départs, le faible impact du secondary pourrait encore s’accroitre et causer des soucis au front-seven.

Deux sophomores semblent tenir les premiers rôles chez les safeties. Lawrence White n’a pas énormément foulé le terrain l’an passé et Greg Eisworth est arrivé à l’intersaison du JUCO. Le senior De’Monte Ruth vient renforcer l’escouade après une saison correcte en tant que cornerback. Bien que des doutes sérieux émergent à cause de l’inexpérience des safeties, la paire de cornerbacks seniors a les capacités de maintenir un niveau décent face à la passe pour ne pas couler et reproduire les performances de la saison passée. 

Ce serait la moindre des choses pour que la défense ne recule pas, puisqu’elle possède le potentiel pour être d’autant plus effrayante pour le reste de la conférence Big 12.

 

Il faut trouver un nouveau kicker… et un nouveau punter

 

A l’instar de l’attaque, les équipes spéciales ne prenaient aucun risque pour ne pas mettre la défense en porte à faux. Iowa State n’a tenté que 22 FGs mais a énormément botté avec son punter (66 fois) ; en 2018, aucun des deux contributeurs ne sont pas de retour et la médiocrité pourrait s’évanouir… comme s’enfoncer.

La perte du punter Colin Downing est assez dommageable puisqu’il envoyait le ballon à une moyenne de 38 yards par punt, ce qui est plutôt bon. Son remplaçant s’appelle Corey Dunn, un sophomore australien dont on ne sait pas grand chose mais qui a passé une saison en JUCO avant de prendre un redshirt avec les Cyclones l’an passé. Le nouveau kicker est lui totalement inconnu à ce jour, avec le freshman Brayden Narveson semble-t-il en pole position. 

Il faudrait éventuellement trouver une solution pour dynamiser les retours de coup de pied, sans que cela n’apparaisse comme une priorité absolue.

 

Répéter des upsets pour se maintenir à 8 victoires

 

Avec les grands progrès démontrés en 2017 et le retour d’un effectif expérimenté au sein d’un système défini qui fonctionne plutôt bien, les attentes nourries autour de Iowa State sont élevés. Seulement lors de son deuxième année, Matt Campbell a mené un programme de football végétant dans les profondeurs de la conférence Big 12 au deuxième meilleur total de victoires de son histoire.

Cela reste Iowa State et poursuivre la progression demande des efforts plus importants qu’au sein d’autres programmes. Mais les motifs de confiance ne manquent pas en 2018 : les deux leaders offensifs, Kyle Kempt et David Montgomery, sont toujours présents, ils joueront derrière une ligne offensive plus expérimentée et le front-seven peut maintenir son excellent niveau voire même le pousser encore plus haut. Ainsi, est-il justifié d’attendre une seconde saison consécutive à plus de 8 victoires (ce qui n’est arrivé qu’une seule fois de leur histoire, de 1976 à 1978) ?

Oui et non.

Le bémol se présente surtout lorsque l’on jette un coup d’oeil au calendrier. Iowa State a réalisé deux upsets retentissants contre Oklahoma et TCU pour conclure une telle saison historique et il faudra en réaliser au moins autant pour répéter cet exploit. A l’exception de la réception d’Oklahoma, qui devrait s’avérer compliqué (à juste titre), les Cyclones peuvent remporter les six autres matchs à domicile… mais seul un voyage, à Kansas, apparait comme facile à digérer.

Iowa State doit se déplacer sur les campus de Iowa, TCU et Oklahoma State en première partie de saison, avant de voyager sur le campus de Texas à la mi-novembre. Il faudra absolument renverser les Sooners à la maison et au moins un des trois leaders de la conférence à l’extérieur si les Cyclones veulent atteindre à nouveau le cap des 8 victoires. Ce sera loin d’être une tâche aisée, d’autant plus que la chance des fumbles (seulement un fumble perdu sur l’ensemble de la saison) ne devrait certainement pas se reproduire.

Le plus difficile se présente aujourd’hui pour Matt Campbell à Iowa State : confirmer les superbes progressions de la saison passée.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Recevoir Oklahoma sur le campus de Ames, où les rêves de nombreuses équipes se sont effondrés, dès la troisième semaine est une aubaine, mais je ne pense pas que les Sooners se fassent surprendre une seconde saison de suite. 

Cependant, le mois d’octobre apparait crucial pour la réussite de la saison. A vous de choisir, mais Iowa State réalise un upset sur le terrain de TCU ou de Oklahoma State pour lancer un nouveau run de succès majeurs. West Virginia et Texas Tech se casseront les dents sur le campus de Ames, pour leur part, avec un « bye week » entre temps en faveur des Cyclones. Il ne restera alors qu’un déplacement difficile à Austin pour y affronter les Longhorns : dernier coup d’éclat ou retour sur terre pour Matt Campbell ?