Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Une nouvelle saison signifie un nouveau départ pour Florida State. Les Seminoles ont progressivement reculé dans la hiérarchie en 2016 puis en 2017 avec un turnover important de joueurs et surtout une vague de blessures malencontreuse. La blessure au genou de Deondre Francois en septembre dernier a été extrêmement préjudiciable puisque l’équipe se reposait alors sur un quarterback true freshman, James Blackman.

Il s’est plutôt bien débrouillé malgré la situation, mais la maitrise d’un système offensif aussi compliqué et cloisonné que celui de Jimbo Fisher n’est pas une mince affaire. Florida State n’a jamais décollé de la saison et on sentait que les Seminoles avaient besoin d’un vent de fraicheur pour retrouver leur niveau habituel. Jimbo Fisher a suivi l’odeur des billets verts de Texas A&M pour, lui-aussi, prendre un nouveau départ dans sa carrière.

Enfant de Floride et supporter de l’équipe de Tallahassee depuis son plus jeune âge, Willie Taggart récupère le job de ses rêves après une seule petite saison à Oregon. Et le vent de fraicheur dont a besoin Florida State se matérialise par l’intermédiaire du nouvel head coach. Il hérite d’une situation presque parfaite puisque l’effectif est incroyablement talentueux et jeune. Celle-ci devrait aider à l’installation de son propre schéma de jeu rapide et productif que l’on pouvait admirer à South Florida puis Oregon.

Les Seminoles débutent une nouvelle ère avec Willie Taggart et bien que ce soit le premier head coach qui ne s’appelle pas Bobby Bowden ou Jimbo Fisher depuis 1975, Florida State se trouve en bonne position. Il faudra juste être patient.

 

Une blessure et Florida State perd 6 de ses 9 premiers matchs

 

Jimbo Fisher avait pris la décision de former le quarterback redshirt freshman Deondre Francois sur le tas en 2016 pour que cela paie l’année suivante. Et avec 10 victoires en poche pour ses débuts, les plus grandes attentes étaient formées en 2017 pour Florida State. Elles se seront envolées en moins d’une rencontre. Deondre Francois s’est gravement blessé au genou face à Alabama en ouverture de saison et le true freshman James Blackman a été lancé dans l’arène aux lions.

Les Seminoles ne se sont jamais vraiment remis de cette infortune. Dans les deux mois qui ont suivi cette rencontre, ils ont subi trois courtes défaites à la maison contre NC State, Miami (FL) et Louisville, ont totalement sombré sur le terrain de Boston College, et se sont difficilement imposés sur les terrains de Wake Forest et Duke ainsi qu’à domicile face à Syracuse. Telle est la vie d’une équipe qui doit compter sur un quarterback sans aucune expérience universitaire.

 

 

Une sixième défaite, plutôt encourageante, s’est produite le 11 novembre sur le terrain de Clemson. Florida State a joué un match très compétitif et pouvait l’emporter, mais les Tigers étaient simplement plus forts (14-31). Maintenant, une seule défaite supplémentaire empêchait les Seminoles de participer à un 35ème Bowl consécutif. Ce fut le fil rouge de la fil de saison et finalement, grâce à un calendrier beaucoup plus abordable, Jimbo Fisher a empoché trois succès pour terminer la saison régulière avec un record de 6-6.

Florida State a obtenu une invitation pour le très modeste Independence Bowl et, bien que l’assistant de la ligne défensive Odell Haggins ait été promu head coach intérimaire à la suite du départ de Jimbo Fisher, a vaincu Southern Miss sans coup férir (42-13). Les Seminoles concluent cette saison poussive avec un record de 7-6. Clin d’oeil du destin : avant de laisser sa place à Jimbo Fisher, Bobby Bowden avait également terminé sa carrière à Florida State avec un record de 7-6. 

 

Quel quarterback : Deondre Francois ou James Blackman ?

 

La révolution la plus importante aura lieu au poste de quarterback, sans aucun doute possible. Willie Taggart est connu pour être un gourou de quarterbacks et il aime jouer avec un système diamétralement opposé à celui de Jimbo Fisher : une animation offensive originale et surtout dynamique, qui tente de mettre à profit les qualités athlétiques des quarterbacks en les laissant courir verticalement de manière assez régulière.

Jimbo Fischer a posté d’excellentes attaques mais elles étaient terriblement scriptées et traditionnelles, ne laissant aucune marge et créativité aux playmakers. A l’inverse, Oregon affichait une moyenne de 52 points inscrits lorsque Justin Herbert n’était pas blessé. Willie Taggart devrait mettre tout en place pour favoriser l’explosion d’un backfield dominant et effacer les nombreuses erreurs de jeunesse qui a gangrené les Seminoles l’an passé. Dans le meilleur des mondes, l’attaque de Florida State peut devenir une des plus productives de la conférence ACC.

(Crédit photo : Tallahassee Democrat-USA TODAY NETWORK)

Deux quarterbacks avec l’expérience d’une saison (presque) complète se tirent la bourre à l’intersaison pour le poste de titulaire : Deondre Francois et James Blackman. Mais quel homme obtiendra la nomination à la barre de l’attaque ?

Le flou demeure entier à l’heure actuelle. Deondre Francois (3.350 yards, 20 TDs, 7 INTS en 2016) entre dans son année junior et est mieux développé à la passe que son compère, James Blackman (2.230 yards, 19 TDs, 11 INTs), qui lui a prouvé être un leader au cours d’une saison compliquée tout en possédant de meilleures qualités athlétiques pour devenir une double-menace. 

L’heureux élu au poste de quarterback pourra compter sur quelques cibles aériennes intéressantes, bien que la profondeur n’est pas folle, non plus. Le senior Nyqwan Murray (40 réceptions, 640 yards, 4 TDs) peut devenir un receveur dominant et le junior Keith Gavin est capable de combler le départ de Auden Tate à l’intersaison. Mais au-delà de ces deux protagonistes, aucun joueur ne se détache réellement. Cela laisse ainsi de la place au sophomore D.J. Matthews ainsi qu’aux freshmen Tamorrion Terry et Warren Thompson pour saisir une opportunité en or de se révéler.

 

Un tandem de running backs de feu avec Cam Akers et Jacques Patrick

 

Le jeu aérien ne possède pas réellement de certitudes avant le début de la saison ; au contraire, le jeu de course peut compter sur le même tandem dévastateur de l’année dernière et la ligne offensive ne subit que des ajustements minimes. Willie Taggart met un point d’honneur à développer une animation dynamique à la course pour ouvrir des lignes au jeu aérien, comme il a été le cas régulièrement à South Florida puis à Oregon.

(Crédit photo : Melina Vastola-USA TODAY Sports)

Et les talents ne manquent pas chez les running backs. Le freshman Cam Akers avait la lourde tâche de remplacer Dalvin Cook et malgré les circostances, l’ancienne recrue 5-étoiles a passé ce test avec réussite et le record de l’école en terme de yards courus par un freshman (194 portées, 1.024 yards, 7 TDs). Pour sa seconde saison, il peut littéralement prendre la ligue d’assaut et devenir un des meilleurs running backs du pays. Il peut d’ailleurs compter sur un autre running back 5-étoiles pour souffler : le senior Jacques Patrick s’est révélé aussi explosif en second rideau (134 portées, 748 yards, 7 TDs) et composera un des backfields les plus talentueux et dangereux de la ligue. 

La ligne offensive a rencontré de gros soucis à cause des blessures et les quarterbacks ont vécu un véritable enfer. Mais avec un nouveau système offensif plus dynamique et porté sur la course, une part non-négligeable de pression disparait de leurs épaules. Qui plus est, quatre titulaires sont de nouveau titulaires tandis que le guard sophomore Landon Dickerson revient dans l’effectif après une grande partie de la saison sur la touche, pour cause de blessure. A minima, cette ligne offensive développera un niveau (très) solide.

 

Faire confiance au talent d’exception sur le ligne défensive

 

On attendait mieux de la défense des Seminoles la saison dernière, surtout en considérant la masse conséquente de talents (avec de l’expérience) à disposition du coaching staff. Elle s’est seulement révélée solide et a joué d’inconstance, une répercussion inévitable des soucis offensifs. Il faut désormais faire table rase du passé avec le départ de 6 des 7 meilleurs plaqueurs et le retour de seulement 4 titulaires. 

On pourrait penser que l’impact défensif de Florida State diminue gravement, mais ce serait oublier le nombre incalculable d’anciennes recrues 4- et 5-étoiles présentes dans l’effectif. La ligne défensive en est l’exemple parfait. Cette dernière perd le nose guard Derrick Nnadi (3.5 sacks, 6.5 TFLs) ainsi que les defensive ends Josh Sweat (5.5 sacks, 7 TFLs) et Jalen Wilkerson. Le defensive tackle senior Demarcus Christmas et surtout le defensive end junior Brian Burns (4.5 sacks, 9 TFLs) composent toujours une partie de l’effectif, mais les vétérans sur la ligne peuvent se compter sur les doigts de la main.

(Crédit photo : Greg Oyster-247Sports)

Bonne nouvelle : les jeunes joueurs prêts à saisir leur chance sont pétris de talent. Le tackle sophomore Marvin Wilson est une ancienne recrue 5-étoiles, alors que les freshmen Ja’len Parks et Malcolm Lamar sont de très bonnes recrues 4-étoiles. Toutefois, le joueur qu’il faudra surveiller de très près s’appelle Joshua Kaindoh (17 plaquages, 4 sacks, 2.5 TFLs). Le sophomore 5-étoiles est le prototype parfait du playmaker prêt à exploser sur le côté d’une ligne, d’autant plus si l’excellent Brian Burns joue de l’autre côté. 

Si la ligne défensive veut retrouver un niveau élite, il faudra faire confiance au talent d’exception et espérer qu’il se mélange bien avec les pièces déjà présentes. La situation aux postes de linebacker s’avère un peu plus inquiétante puisque les trois titulaires doivent être remplacés. Hormis Matthew Thomas (85 plaquages, 2 sacks, 8 TFLs), les départs sont aisément remplaçables et le true freshman 5-étoiles Jaiden Woodbey peut d’ores et déjà s’écrire un nom dans la défense des Seminoles. Néanmoins, cette position reste une grande inconnue. 

 

Cela passe ou cela casse pour le secondary

 

Le départ de l’exceptionnel safety Derwin James (84 plaquages, 5.5 TFLs, 11 passes défendues, 2 INTs) est une perte incommensurable pour les Seminoles, mais il faut désormais penser à autre chose. Un cornerback titulaire en Tarvarus McFadden (10 passes défendues) quitte lui-aussi cette défense et laisse le junior Levonta Taylor seul pour mener les lignes arrières. 

(Crédit photo : Butch Dill-Getty Images)

Le safety senior A.J. Westbrook demeure également dans l’effectif, mais tout porte à croire qu’il se fasse dépasser par deux sophomores 4-étoiles, Cyrus Fagan et Hamsah Nasirildeen. Même s’il possède tout le talent du monde, il est impossible qu’un des trois joueurs offre le même impact que Derwin James et l’ensemble de la défense devrait ressentir cette perte, que ce soit en défense contre la course et surtout en défense de la passe. Et rien n’est assuré chez les cornerbacks, bien que l’émergence du sophomore 5-étoiles Stanford Samuels est très probable et fera un bien fou au secondary (3 TFLs, 5 passes défendues, 2 INTs).

A l’instar de la ligne défensive, les Seminoles aligneront des defensive backs (très) jeunes et (très) talentueux à la fois. Malheureusement, chaque année, on remarque que la présence d’underclassmen dans le secondary apporte souvent son lot de désagrément, que ce soit un manque de constance ou de performance pure. Beaucoup de sophomores joueront en défense : cela peut payer autant que cela peut se retourner contre Florida State.

 

Une des meilleures équipes spéciales du pays avec Ricky Aguayo 

 

Les équipes spéciales sont, au moins, une phase de jeu au sein de laquelle les doutes sont minimes. Les postes de punt et kick returners n’enflammaient pas le terrain, et ceci en prenant en compte que les titulaires étaient, là encore, des freshmen. Ils reviennent tous ensemble en 2018 et devraient justifier avec brio pourquoi les Seminoles possèdent une des meilleures équipes spéciales du pays.

Pour ce qui est de la solidité à toute épreuve, le punter junior Logan Tyler ne fait que très rarement défaut (37 yards par punt en moyenne, 22 punts dans les 20 yards adverses) et le kicker Ricky Aguayo s’inscrit dans les tous meilleurs à son poste de la ligue (18/21 FGs, 13/16 au-delà de 30 yards de distance).

 

La saison des Seminoles s’annonce volatile, normal pour une première année

 

Lorsque Jimbo Fisher avait pris la charge de Florida State en 2010, il est tout de suite arrivé à construire une équipe compétitivité et s’est adjugé 10 victoires. Mais il ne faut pas oublier qu’il faisait partie du staff de Bobby Bowden et qu’il s’est développé en tant qu’entraîneur aux côtés de ce dernier. Ce n’est pas du tout le cas de Willie Taggart, qui arrive sur le campus de Tallahassee avec une philosophie complètement différente.

Bien que l’effectif complet des Seminoles est un cadeau tombé du ciel pour n’importe quel head coach arrivant au sein d’une nouvelle équipe, on n’attend pas nécessairement des résultats immédiats pour Willie Taggart ; les attentes démesurées de l’université entreront en ligne de compte dès 2019. Florida State détient tout de même un des effectifs les plus talentueux du pays, intrinsèquement, et il ne manque que de l’expérience à cette équipe pour rivaliser avec l’élite de la ligue. Trop de sophomores sans temps de jeu occupent encore des postes de titulaires, une saison de transition est quoi qu’il en soit nécessaire.

Première étape : Willie Taggart doit trouver un quarterback titulaire entre Deondre Francois et James Blackman tout en sachant comme l’utiliser. Deuxième étape : il faudra se battre avec un des calendriers les plus relevés d’entre toutes les équipes.

Le mois de septembre est déjà rempli d’embuches avec la réception de Virginia Tech dès la semaine d’ouverture, avant de connaitre des déplacements périlleux à Syracuse et Louisville. Ceci dit, le premier véritable test de Willie Taggart se tiendra au Hard Rock Stadium pour la rivalité historique contre Miami (FL). Une victoire devrait être difficile à empocher, mais cette rencontre est serrée à chaque saison et ne se joue qu’à de petits détails. La défaite est plus certaine à l’heure actuelle, au même titre que la réception de Clemson et le voyage sur le campus de Notre Dame.

Perdre les grands matchs n’aura rien de scandaleux en cette première saison de transition. En revanche, Willie Taggart ne peut s’incliner face à des équipes de seconde zone et la seconde partie de saison en est remplie. Le déplacement à NC State ainsi que les réceptions de Wake Forest, Boston College et notamment Florida en clôture de saison peuvent se jouer à moins d’une possession d’écart. En fonction de l’évolution de l’équipe au fil de l’année, les Seminoles peuvent terminer avec 8 ou 9 victoires… ou bien s’arrêter à nouveau au bord de l’éligibilité pour un Bowl.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

L’animation offensive de Willie Taggart prendra ses aises dès le mois de septembre. Elle enfilera des points beaucoup plus facilement que par le passé, avec des actions explosives aussi bien au sol que dans les airs. Deondre Francois devrait par ailleurs obtenir le poste de quarterback titulaire en début de saison, mais ne soyez pas surpris James Blackman taper à la porte de manière insistante au fil des semaines. 

Malheureusement, la défense ne peut suivre la cadence et devrait accorder davantage de points qu’elles avaient l’habitude, avec des résultats au-dessus des 30 points concédés avec une plus grande fréquence. Ces défauts récurrents empêcheront les Seminoles d’atteindre les 8 ou 9 succès.