Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Et si Duke devenait le “Iowa State” de la Big-12. Ce type d’équipe difficile à manier, piégeuse et doté de ressources inconnues ? Dans une conférence ACC très dense derrière les trois cadors que sont Clemson, Miami et Florida State, les Blue Devils pourraient bel et bien devenir la surprise de la saison.

Sur leur lancée d’une saison faite de haut et de bas, David Cutcliffe et ses hommes reviennent armés pour 2018 avec un groupe expérimenté et profond. Les joueurs ont appris de leurs erreurs et se connaissent sur le bout des doigts dorénavant.

Evidemment, le programme reste encore instable et doit devenir davantage régulier tout au long d’une saison, mais sur le papier, Duke a les moyens de se muer dans le rôle du poil à gratter de la conférence.

 

Une saison 2017 sous le signe des montagnes russes

 

A la fois inquiétante et prometteuse, la saison 2017 des Blue Devils fut particulièrement tumultueuse. Après un début de saison en fanfare, Duke a en effet connu une période noire, très noire, avant de se relever pour finir sa saison en trombe. Au final, le bilan final de 7-6 reste positif et laisse surtout place à des objectifs bien plus hauts pour 2018.

Le programme a donc débuté sa saison sur quatre succès de rang. Le calendrier hors-conférence a été géré à merveille à domicile grâce à une attaque prolifique avec 45 points de moyenne sur les trois premiers matchs (NC Central, Northwestern et Baylor). La victoire pleine d’autorité sur le terrain de North Carolina a rempli le capital confiance de l’équipe et présagé de beaux résultats pour la suite de la saison.

 

 

C’était sans compter sur une panne sèche qui frappa le programme. La défaite logique face à #14 Miami a effectivement été le point de départ d’une série noir. Les Blue Devils ont enchaîné six défaites de rang durant laquelle l’attaque fut complètement à côté de la plaque. C’est simple, Duke n’a scoré que 12 points en moyenne lors de cette série.

On pensait alors Duke hors d’atteinte d’un bowl avec un bilan de 4-6. Mais les Blue Devils, surement piqués à vif dans leur orgueil, ont réagi de la plus belle des manières. L’attaque reprit des couleurs tandis que la défense, qui n’était pas remis en cause après les six défaites de suite, répondu une nouvelle fois présent. Le programme se débarrassa ainsi de Georgia Tech et Wake Forest pour filer vers le Lane Bowl.

Duke s’y imposa de forte belle manière (36-14) face à une équipe de Northern Illinois loin d’être simple à affronter. Cette fin de saison a donc permis aux Blue Devils de terminer leur saison sur une bonne note et de renflouer au max le capital confiance de l’équipe. De bon augure avant la saison 2018.

 

Le quarterback Daniel Jones sera le facteur clé

 

Symbole de l’inconstance de l’équipe en 2017, le quarterback redshirt junior Daniel Jones sera le métronome de Duke cette saison. C’est en grande partie en fonction de ces performances que les Blue Devils engrangeront des victoires ou non. Après, trois ans sous la tutelle David Cutcliffe, il pourrait progresser rapidement cette saison avec l’expérience accumulée.

Pour ce faire, il devra donc être beaucoup plus régulier de septembre à décembre. Si d’un côté, il a brillé avec 2691 yards à la passe et 518 à la course, il a manqué cruellement de constance dans ses rendements. Ses 56.7% de passes complétées laissent à désirer et son rating de 112 fut le plus bas pour un quarterback sous l’ère David Cutcliffe.

Cependant, ce dernier affirme que son quarterback a bien progressé durant l’intersaison. Sa mécanique de lancer s’est peaufinée tandis que son footwork est bien plus efficace aujourd’hui. Reste à appliquer cela dès septembre. Quoi qu’il en soit, Daniel Jones pourrait à lui seul permettre à Duke d’élever son niveau de jeu en attaque.

De leur côté, les receveurs pourraient également permettre à Daniel Jones d’être plus précis, car ces derniers reviennent tous pour la plupart. Même s’il manque un gros playmaker dans l’escouade, chacun des receveurs clés a déjà des automatismes avec le QB.

Le senior T.J. Rahming, sera la menace principale en tant que joueur complet (65 réceptions pour 795 yards et 2 TDs) et sera accompagné de deux autres seniors : Johnathan Lloyd (39 réceptions et 367 yards) et Chris Taylor (332 yards). Ces trois là étaient les receveurs les plus productifs du programme et seront des cibles non négligeables.

L’escouade est donc très expérimentée parmi les titulaires, mais également chez les second couteaux. Le junior Aaron Young en est la prafaite illustration. Il sort d’un spring practice intéressant et pourrait partager du temps de jeu avec Chris Taylor.

Quant à lui, le poste de tight end apporte énormément de garanties. Pas moins de quatre joueurs joueront un rôle important et auront du temps de jeu. C’est sans aucun doute le groupe le plus dense de la conférence et probablement du pays. Si Daniel Helm (22 réceptions) et Davis Koppenhaver (17) ont déjà prouvé de quoi ils étaient capable la saison passée, Noah Gray (2 TDs) et Mark Birmingham ne seront pas écartés des systèmes pour autant, au contraire.

 

Un jeu de course à fort potentiel

 

Malgré la perte du leader statistique, Shaun Wilson, le groupe de running backs compte des éléments qui pourraient exploser dans le backfield au côté de Daniel Jones, qui est lui aussi un très bon coureur (7 TDs).

Sorti tout droit d’une saison freshman remarquable qui est passé inaperçue (701 yards et 7 TDs), Brittain Brown pourrait être une des révélations offensives de la saison dans la conférence ACC. Avec davantage de snaps avec le départ de Shaun Wilson, il devrait exploser au niveau statistique. Derrière lui, Deon Jackson, lui aussi sophomore, sera le coureur numéro deux. Très explosif, il pourrait lui aussi s’avérer être surprenant en 2018.

Ce duo est certes jeune mais bourré de talents. De plus, le fait que David Cutcliffe les ait impliqué rapidement dans l’effectif, ils ne seront pas lancer dans l’inconnu cette saison.

L’attaque dans son ensemble a donc les armes pour devenir régulière sur une saison entière au vu des joueurs et de l’expérience de retour sur le campus. Cependant, il faudra également que la ligne offensive élève son niveau de jeu. La perte de trois titulaires pourraient nuire, mais après un petit temps d’adaptation, le groupe devrait répondre tout de même présent. Sans être fantastique, il est gage de qualité et surtout profond.

 

Un front-six qui s’annonce très chargé

 

Même en prenant en compte la série de six défaites de suite, les Blue Devils n’ont encaissé qu’une seule fois plus de 30 points, et face à Miami qui plus est. Une statistique révélatrice des superbes qualités de la défense. Celle-ci est dans l’ombre des meilleures de la conférence telles que Clemson, Florida State, Miami ou encore Virginia, mais elle reste redoutable et devrait en surprendre plus d’un.

Sur le front-six, seul un poste de titulaire est à combler. Autrement, le groupe est très fourni et peut compter sur des qualités individuelles exceptionnelles.

La ligne défensive, malgré la perte de Mike Ramsay, sera sans aucun doute redoutable et s’appuiera sur une dizaine de joueurs dont quatre qui étaient true freshmen en 2017. Les postes de defensive ends seront occupés par Tre Hornbuckle (9.5 TFLs) et Victor Dimukeje (7.5 TFLs). Déjà présents la saison passée, ils devraient passer un palier cette année. Derrière eux, quatre joueurs ont la capacité d’apporter dès septembre.

Sur l’intérieur de la ligne, le senior Edgar Cerenord (34 plaquages) sera un élément clé et permettra à Trevon McSwain (23 plaquages et 3 TFLs) de s’intégrer plus facilement, lui qui remplacera Mike Ramsay. Une nouvelle fois, les deux remplaçants sophomores qui ont engrangé de l’expérience la saison passée s’ajouteront à un effectif déjà bien rempli.

Dans le système 4-2-5 des Blue Devils, le corps de linebackers n’a pas besoin de nécessairement compter sur une grande profondeur de banc, mais ce sont tout de même trois remplaçants talentueux qui seront prêt à rentrer sur le terrain derrière les indéboulonnables Joe Giles-Harris et Ben Humphreys.

Le premier nommé est l’un des meilleurs linebackers du pays et un prospect NFL de grande qualité, qui est d’ailleurs le premier joueur de l’histoire du programme à comptabiliser 125 plaquages et 16 TFLs en une saison. Le second est un peu dans l’ombre du premier, mais il reste une valeur sûre (70 plaquages et 9 TFLs).

Malgré le départ du très bon coordinateur défensif Jim Knowles pour Oklahoma State, le front-six sera le point fort de Duke cette saison. Le tandem de linebackers est l’un des meilleurs au niveau universitaire, la ligne défensive retour trois de ses quatre titulaires et surtout, la profondeur de banc est impressionnante.

 

Un secondary pas moins talentueux

 

Finissant 25e contre la passe, la défense de Duke a réalisé une saison 2017 de haute voltige. Pourtant, cette saison 2018 ne présage pas d’une baisse de régime, au contraire. Le secondary retourne des pièces maîtresses qui n’ont pas encore atteint leur meilleur niveau. Le potentiel est grand, très grand.

Le cornerback junior Mark Gilbert, élu dans l’équipe type de la conférence ACC la saison dernière, sera l’attraction principale de ce secondary. Avec six interceptions et 14 passes déviées, il sera l’homme fort de ce groupe, un leader hors-pair et un athlète incroyable capable d’évoluer à une intensité folle durant tout un match. Son pendant de l’autre côté du terrain devrait être Myles Hudzick, qui a fait ses preuves à l’entraînement, même si Josh Blackwell pourrait avoir du temps de jeu également.

Sur les trois postes de safeties, Jeremy McDuffie (troisième équipe type d’ACC), qui est de retour à 100% après une blessure en fin de saison dernière, sera la clé de voûte de par son expérience et sera accompagné du physique Jordan Hayes (50 plaquages en 9 matchs) et du jeune Marquis Waters (13 matchs joués en tant que true freshman).

Encore une fois, on se répète, mais la profondeur de banc est impressionnante dans ce groupe. Mais si des blessures venaient ternir le moral des troupes, les remplaçants seront parés pour prendre le relais. De plus, cela permet de créer de l’émulation et ainsi de faire progresser tout le monde.

 

Le soulagement pour Austin Parker

 

Suspendu par Duke en mai pour avoir violer le règlement de l’université, Austin Parker va reprendre son poste de titulaire en septembre, car le programme lui laisse une seconde chance. Cela sera un atout non négligeable pour Duke car Austin Parker a fait ses preuves en tant que kicker (17/21) et en tant que punter (42 yards de moyenne) à un poste où les Blue Devils sont en difficulté depuis pas mal d’années.

Sur les retours de coups de pied, les running backs Deon Jackson et Brittain Brown retourneront les kicks tandis que le receveur T.J. Rahming s’occupera des punts.

 

Un calendrier piégeux de bout en bout

 

La saison de Duke pourrait bien être exceptionnelle… ou désastreuse. En effet, au vue du calendrier, les Blue Devils sont capables d’enchaîner les succès comme rééditer une série noir comme la saison passée. Du quitte ou double.

Au niveau du calendrier hors-conférence, Duke affronte les mêmes adversaires que la saison passée. Le match d’ouverture à domicile face à Army sera l’occasion pour les Blue Devils de prendre leur revanche face à des Black Knights redoutables tandis que les déplacements à Baylor et Northwestern, qui étaient programmés à domicile en 2017, seront des matchs couperets, du 50-50.

La réception de Virginia Tech avant le week off sera un bon indicateur quant aux chances des Blue Devils d’aller loin cette saison. Avec une défaite, cela pourrait replonger le programme dans ses travers de 2017. Avec une victoire, cela lancerait Duke sur une série positive qui pourrait se poursuivre face à Georgia Tech, Virginia et Pitt.

Enfin, le mois de novembre est promis à deux défaites certaines sur les terrains de Clemson et Miami, sauf incroyable surprise. Le plus dur sera d’assurer la victoire lors de la rencontre face à North Carolina, qui est en sandwich entre ces deux déplacements.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Sur le papier, Duke pourrait bien être LA surprise de la conférence ACC.

Si Daniel Jones devient régulier à la passe et que le duo de coureurs répond aux attentes placées en lui, l’attaque pourrait être plus performante cette saison. Concernant la défense, celle-ci sera sans aucun doute une des meilleures de la conférence. Le talent intrinsèque est présent tandis que la profondeur de banc est exceptionnelle.

Les Blue Devils peuvent réellement aller chercher les huit, neuf succès en 2018, à moins que l’histoire se répète comme en 2017. Rien n’est certain.