Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

82 victoires pour 15 défaites. C’est l’incroyable bilan de Clemson depuis 2011 et seul l’intouchable Crimson Tide d’Alabama fait mieux sur cette période.

Cela fait maintenant bien longtemps que nous avons pas vu les Tigers réaliser une saison moyenne et cela ne devrait pas arriver avant plusieurs saisons encore. Effectivement, le programme est en constante progression et se renouvelle chaque année pour devenir toujours plus fort. Tout cela est notamment le fruit de bonnes classes de recrutement.

Située en Caroline du Sud, l’université n’est pas en position favorable par rapport à des programmes tels que Alabama ou Georgia, mais Clemson tire bien son épingle du jeu et sait mettre la main sur des joueurs sûrs. Ainsi, aucun 5-étoiles recruté n’a fait un flop ces dernières saisons. Dabo Swinney et son coaching staff font un travail exceptionnel et sont de sacrés formateurs.

Il suffit de jeter un œil sur l’effectif de cette saison pour s’en rendre compte. Celui-ci déborde de talents à tous les postes. Du jamais vu dans l’histoire du programme depuis 1981 (12-0).

 

Qui a dit que Clemson régresserait ?

 

Les termes “saison de transition” n’existent pas à Clemson, et on en a encore eu la preuve en 2017. Alors qu’on pouvait s’attendre à une baisse de régime de la part de l’équipe avec le départ de Deshaun Watson, les Tigers ont quand même accédé au College Football Playoff en janvier dernier. Incroyable.

Faisons court : avant le CFP, Clemson n’a encaissé qu’un seul revers. Ce fut certes un upset retentissant face à Syracuse (24-27) qui pourrait faire tâche, mais on pardonne les Tigers tant ils ont dominé les débats sur les autres rencontres.

Sur l’ensemble de la saison régulière, Clemson a en effet marchait sur ses concurrents, à commencer par les membres du Top-25. Ils furent 6 à croiser la route des Tigers et autant à s’incliner (victoire de 19 points d’écart en moyenne). La finale de conférence face à #7 Miami restera le point d’orgue de cette saison régulière avec une écrasante victoire 38 à 3 !

 

 

Malheureusement, la réalité a rattrapé les Tigers. Le jeu offensif, qui était pointé du doigt au début de la saison comme point faible de Clemson, a eu raison des chances de titre du programme. Contre Alabama, dans un remake des finales de 2015 et 2016, les Tigers se sont en effet inclinés face à plus fort : les futurs champions nationaux.

La saison 2018 s’est ainsi mal terminée même si elle restera plus que réussie dans son ensemble (12-2).

Cependant, même avec une participation au CFP, les résultats obtenus en 2017 restent l’objectif minimal pour Clemson cette saison. Les standards du programme ont changé, le titre et seulement le titre est visé dorénavant. Les Tigers ont les dents longues et sont prêts à en découdre. Attention, cela risque de faire très mal.

 

Un front-seven historique ?

 

Une fois n’est pas coutume, commençons cette présentation par la défense et tout particulièrement par le front-seven. Déjà exceptionnel la saison passée, le meilleur coordinateur défensif du pays, Brent Venables, peut s’appuyer sur un groupe tout simplement hallucinant. Un groupe qui n’a connu qu’une perte notable et qui devrait atteindre le sommet de son art.

Et si l’on avait la meilleure ligne défensive de tous les temps sous les yeux ? Non, nous n’exagérons pas, la hype est bien présente et surtout justifiée tant cette ligne défensive est monstrueuse.

Oh my goodness” doit être la réaction de l’ensemble des fans de football universitaire lorsqu’ils ont appris que les deux defensive ends, Clelin Ferrell et Austin Bryant (33.5 TFLs et 18 sacks à eux deux), ainsi que le tackle Christian Wilkins (43 tackles et 8.5 TFLs) n’iraient pas en NFL, mais préféraient revenir pour une dernière année d’éligibilité.

Tous les trois All-Americans, autrement dit, considérés comme les meilleurs joueurs du pays à leur poste, ils ont éclaboussé de leur talent en 2017 et accompagneront un des meilleurs tackles du pays en la personne de Dexter Lawrence. A eux quatre, ils combinent 96 titularisations en carrière. Comme s’ils ne manquaient pas de talent, ils disposent donc d’une expérience hors-norme.

En soutien, comme si cela ne suffisait pas, ce sont des joueurs qui seraient titulaires dans la plupart des autres universités qui seront remplaçants. Les tackles Albert Huggins (503 snaps en carrière) et Nyles Pinckney (174), le defensive end Chris Register et les true freshmen 5-étoiles (!) Xavier Thomas et K.J. Henry.

Oui, la liste est longue. On en reste sans voix.

Le corps de linebackers n’est certes pas du même niveau, mais il sera bel et bien l’un des plus forts du pays néanmoins. On dit que l’on reconnaît la force des grandes équipes si elles arrivent à faire oublier son leader et bien Clemson est une grande équipe. Même si Dorian O’Daniel a fait ses bagages, chaque poste sera occupé par deux joueurs au minimum.

Kendall Joseph (Will) et Tre Lamar (Mike), de retour à leur spot de prédilection, seront en charge d’intégrer au mieux le remplaçant de Dorian O’Daniel même si “intégrer” est un bien grand mot tant le senior Jalen Williams a déjà fait ses preuves et Isaiah Simmons est un joueur complet.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Si vous avez l’occasion de regarder un match de Clemson, lors des phases d’attaque, ne regardez pas le quarterback adverse mais plutôt le front-seven.

 

Un secondary proche du même calibre que la ligne

 

“Nous n’avons pas une grosse profondeur ici”.

Brent Venables a sûrement raison lorsqu’il évoque la situation de son secondary. Cependant, ce dernier reste le plus fort de la conférence sur le papier. Les pertes de Van Smith et Ryan Carter, qui étaient de sacrés playmakers, sont certes importantes, mais le talent règne dans cette unité.

Sur les postes de cornerbacks, le virevoltant Trayvon Mullen (35 plaquages et 3 INTs) sera la patron et comptera à ses côtés Mark Fields qui revient de blessure. En son absence, A.J. Terrell (8 passes défendues) a eu l’occasion d’engranger du temps de jeu, ce qui lui permettra d’apporter directement cette saison.

Chez les safeties, la marge de manœuvre est moindre. Le junior Tanner Muse sera sans surprise un élément indispensable tandis que le second poste n’est pas encore bien défini. Pressenti pour évoluer davantage en tant que linebacker, Isaiah Simmons pourrait laisser sa place à K’Von Wallace.

Le coordinateur défensif des Tigers a raison, il manque des seconds couteaux de grande qualité. Néanmoins, lorsque l’on sait que Clemson détient un pass rush exceptionnel, une chose est sûre : le secondary sera bien aidé et sera capable de couvrir le terrain plus facilement.

 

Kelly Bryant ou Trevor Lawrence à la baguette ?

 

C’est incontestablement la question qui intervient en premier quand on parle de l’attaque de Clemson. Après avoir pris le flambeau de DeSahun Watson la saison dernière, Kelly Bryant fait face à une sacré concurrence cette saison pour le poste de quarterback avec Trevor Lawrence.

Meilleur prospect de la promotion 2018, le true freshman 5-étoiles pourrait bien devenir le titulaire, car Kelly Bryant n’a pas été aussi flamboyant que cela en 2017 et il a montré ses limites lors du Sugar Bowl (18/36, 124 yards et 2 INTs). Statistiquement, il a réalisé une bonne saison avec 2.802 yards et 14 touchdowns et son profil de double-menace (665 yards et 11 TDs) est un plus par rapport au pocket passer qu’est Trevor Lawrence.

Cependant, ce dernier a impressionné durant les entraînements printaniers et notamment lors du spring game où il a démontré toutes ses qualités. Il dispose d’une excellente mécanique de tir qui lui permet d’être plus précis que son concurrent et il est capable d’envoyer des bombes dans le fond du terrain.

Kelly Bryant, pour son expérience, devrait débuter la saison, mais Trevor Lawrence pourrait prendre petit à petit les rênes de l’attaque si le premier ne réponde pas aux attentes. Quoi qu’il en soit, Dabo Swinney a le choix.

Concernant la réception, cela ne manquera pas de cibles pour les deux quarterbacks malgré les départs de Deon Cain et Ray-Ray McCloud.

Dans le slot, Hunter Renfrow, le héros du titre en 2016, est de retour pour son ultime année universitaire et sera un atout majeur pour l’attaque des Tigers (602 yards et 3 TDs). De son côté, Tee Higgins, qui sort d’un spring game prometteur, pourrait bien être la surprise parmi les receveurs. Il est en tout cas attendu à progresser rapidement.

Derrière, la profondeur de banc est énorme et la rotation sera large. C’est une bonne chose car cela offrira de la complémentarité à ce groupe qui pouvait manquer de différence de style parmi ses receveurs. Diondre Overton et Amari Rodgers, deux jeunes talents bruts, sont le reflet de cette nouvelle vague de receveurs.

Quant à lui, le poste de tight end devrait retrouver enfin une place importante dans les systèmes après une année 2017 difficile avec le départ de Jordan Leggett. Milan Richard revient en effet avec davantage d’expérience et derrière, pas moins de quatre joueurs offrent du soutien.

 

Plus de responsabilité pour le jeu de course

 

La saison dernière, le jeu de course n’était pas soumis à la même pression que pour le jeu de passe. Deux jeunes coureurs étaient utilisés et il était difficile de leur mettre tout le poids de l’attaque sur le dos. Cette saison, cela ne devrait pas être la même musique puisque leur nombre de portées de balle devrait augmenter considérablement.

En effet, Travis Etienne et Tavien Feaster sont de retour et leurs entraineurs attendent davantage de leur part en 2018. Les deux en ont en tout cas les capacités. Travis Etienne a montré lors de sa saison freshman qu’il possédait un sacré potentiel (766 yards et 13 TDs) même s’il met du temps à se mettre en jambe sur chaque possession. Tavien Feaster est de son côté monté en niveau au fur et à mesure de la saison et revient déterminé.

Sur le papier, ce duo a les armes pour répondre aux hautes attentes, d’autant plus qu’il sera accompagné de l’expérimenté Adam Choice (326 yards et 6 TD) pour lui donner conseil. Néanmoins, ce tandem manque encore de constance et doit impérativement améliorer son jeu de bloc s’il veut devenir le plus dangereux de la conférence.

Pour le soutenir dans sa mission, la ligne offensive aura également un rôle indispensable. En tant que meilleur centre de l’ACC, Justin Falcinelli, sera le ciment de cette ligne aux côtés des deux tackles que Mitch Hyatt et Sean Pollard. Ces trois là apportent des garanties contrairement aux deux postes de guards qui sont laissés vacants.

 

Des équipes spéciales qui doivent rassurer

 

Si Clemson veut aller, il faudra compter sur des équipes spéciales efficaces. Cela n’est pas encore le cas même si l’heure est à la progression.

Greg Huegel, victime d’une blessure aux ligaments croisés, est de retour en tant que kicker. C’est l’un des tous meilleurs à ce poste en Power Five, mais une telle blessure pourrait avoir laisser des traces. De son côtés, le punter Will Spiers devra impérativement élever son niveau de jeu après une saison médiocre par rapport aux autres punters de la conférence.

Sur les retours de coups de pied, il manque un leader capable de répondre présent régulièrement comme l’était Ray-Ray McCloud. Son départ risque de faire mal. Amari Rodgers devrait s’occuper des punts tandis que Travis Etienne et Tavien Feaster se chargeront des kickoff.

 

Les Tigers peuvent réaliser un bilan parfait 

 

Quand on regarde l’effectif de Clemson, on se dit qu l’équipe pourrait tout écraser sur son passage. Avec un calendrier tel que celui de cette année, on se dit que cela pourrait arriver sans problème.

Les matchs hors-conférence offrent qu’une seule réelle adversité avec le déplacement à Texas A&M. Les Tigers connaissent bien le head coach des Aggies, Jimbo Fisher, puisque ce dernier exerçait à Florida State ces dernières saisons. Clemson est favori, mais Texas A&M pourrait surprendre les Tigers avec une nouvelle attaque.

Concernant le calendrier de conférence, celui-ci est plus qu’abordable. C’est simple, Clemson n’affronte ni Miami, ni Virginia Tech, du côté de la division ACC Coastal. En revanche, les Tigers pourraient retrouver un des deux programmes en finale de conférence. Le déplacement à Florida State pourrait s’avérer être un gros choc en temps normal, mais les Seminoles sont en reconstruction cette saison tandis que Clemson est à son meilleur niveau.

Si les Tigers gèrent parfaitement bien leur calendrier, ils pourraient débarquer au College Football Playoff invaincu à 12-0, si ce n’est à 13-0 avec un titre de conférence ACC en poche.

Le “hot take” de la rédaction :

 

“L’attaque fait lever les foules mais la défense fait gagner des titres.”

C’est une citation bateau, je vous l’accorde, mais elle pourrait vraiment s’avérer juste avec Clemson. On l’a dit et répété, les Tigers possèdent une défense incroyable menée par une ligne défensive qui pourrait devenir la plus forte de l’histoire du football universitaire.

C’est pour cette raison que Clemson encaissera moins de 10 points de moyenne cette saison. Portée par leurs coéquipiers défensifs, les attaquants vont ainsi pouvoir développer le jeu plus facilement. Après une rencontre délicate face à Texas A&M, Kelly Bryant perdra son poste de titulaire au profit de Trevor Lawrence. Ce dernier formera un backfield au sang neuf au côté de Travis Etienne.

Après une saison régulière parfaite, Clemson s’offrira une quatrième participation consécutive au College Football Playoff. A partir de là, tout est possible. Ce qui se passe en NBA avec Cleveland et Golden State pourrait bien se réaliser une nouvelle fois en football universitaire avec un énième Clemson vs. Alabama ?

Les saisons 2015 et 2017 furent celle du Crimson Tide. Et si les années paires étaient celles de Clemson après le succès ultime en 2016 ?