Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

L’administration de Georgia a tenté un véritable coup de poker lors de la dernière intersaison. Rares sont les entraineurs demeurant en place plus d’une décennie sur le campus d’Athens et pourtant, Mark Richt a tenu bon près de 15 saisons et a amassé 145 victoires, deuxième meilleur total de l’histoire de l’université. Il venait de conclure une dixième saison à plus de 10 victoires en 2015 mais la porte de la sortie lui a été ouverte malgré cela. On attend logiquement de son remplaçant une plus-value ; pour l’instant, elle se fait toujours attendre.

Les risques pris en engageant Kirby Smart, qui n’avait jamais connu de poste de head coach auparavant, ne paient pas et pourraient rapidement se retourner contre lui. L’ancien coordinateur défensif à succès d’Alabama a lancé une reconstruction forcée de l’équipe de Georgia. Le recrutement connait un boost notable mais les résultats, et surtout l’exécution sur le terrain, laissent à désirer. Une première saison terminée avec un bilan de 8-5 ne remplit pas le contrat. Il faut absolument trouver une manière d’exploiter l’effectif au maximum dès maintenant, ou alors le siège risque de chauffer.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Bulldogs de Georgia en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


L’attaque n’a plus de (vraies) excuses pour continuer à décevoir

L’animation offensive des Bulldogs pour les débuts de Kirby Smart est bien la dimension qui a cristallisé la déception des fans et des observateurs. Elle a largement reculé par rapport à ce qu’elle produisait par le passé et le fait qu’un quarterback true freshman dirige le show est une partie des réponses. Ceci dit, l’ensemble de l’attaque jouait avec inconstance de semaine en semaine dans les différents compartiments du jeu et malgré le manque d’expérience, ce n’est pas ce à quoi on s’attend avec d’anciennes recrues 4 et 5-étoiles.

Une nouvelle saison débute aujourd’hui avec une attaque quasiment inchangée et plutôt expérimentée, sous la houlette du vétéran Jim Chaney au poste de coordinateur offensif. Ce dernier produit de très bons jeux au sol à chaque passage dans une nouvelle université. Malheureusement, la dimension de la course ne développait ni constance, ni efficacité, ni explosivité avec régularité bien qu’un des meilleurs duos de running backs du pays composent le backfield de Georgia.

Il faut remettre de l’ordre au sein de l’attaque des Bulldogs et cela commence chez les running backs en premier lieu. Le fantastique duo composé de Nick Chubb (1130 yards à la course, 8 TDs) et Sony Michel (840 yards à la course, 4 TDs) revient pour une ultime saison sur le campus d’Athens. Les statistiques affichées sont loin d’être honteuses, mais sont moins élevées que ce que l’on pouvait espérer pour une des meilleures paires de coureurs du pays à cause des blessures. Leur retour, en plus de la présence des prometteurs sophomores Brian Herrien et Elijah Holyfield ainsi que de l’arrivée du freshman 5-étoiles D’Andre Swift, laisse espérer le retour d’une des meilleures animations au sol de la conférence SEC si ce n’est du pays. Cependant, l’état de la ligne offensive n’augure rien de tel. Déjà plutôt mauvaise l’an dernier, elle doit désormais composer avec la perte de trois titulaires et ne conserve que ses deux guards (qui ne devraient pas jouer à ces positions, en plus). La continuité est un aspect essentiel d’une ligne offensive et celle-ci n’en aura aucune. En revanche, les nouvelles têtes ne manquent pas de talent puisqu’elles sont toutes d’anciennes recrues 4-étoiles, au moins. Ce n’est pas une bonne nouvelle non plus pour Jacob Eason. Le quarterback 5-étoiles a produit une saison freshman quelque peu en-deçà des attentes (2430 yards à la passe, 16 TDs, 8 INTs) et bien qu’il possède désormais de l’expérience, il ne pourra pas faire grand chose de mieux sans une meilleure protection et un jeu de course dominant face aux adversaires de la conférence SEC.

(Crédit photo : Cal Powell-Georgia Athletics)

Que ce soit Jacob Eason ou Jake Fromm, nouveau quarterback 5-étoiles issu de la dernière excellente classe de recrutement, de nombreuses responsabilités seront mises sur les épaules du leader de l’attaque de Georgia si les running backs ne peuvent pas l’aider correctement. Il serait alors de bon ton que les receveurs puissent apporter davantage de solidité et de constance que la saison passée. La meilleure arme aérienne Isaiah McKenzie (633 yards à la réception, 7 TDs) a quitté les lieux, mais les Bulldogs retrouvent tout de même une belle expérience du terrain. De grandes attentes se forment autour du junior Terry Godwin et du tight end sophomore Isaac Nauta, tous deux d’anciennes recrues 5-étoiles. Le junior Michael Chigbu devrait prendre une importance supplémentaire, le sophomore Riley Ridley devrait demeurer la caution explosive de cette attaque et ce n’est sans compter sur l’ajout de l’ultra-athlétique et talentueux sophomore Mecole Hardman à l’équation.

On a déjà vu par le passé des attaques dotées d’excellentes armes sombrer à cause d’une ligne offensive défaillante. Ce pourrait être le cas de Georgia si cette dernière ne peut trouver un compromis adéquat. Mis à part ce bémol important, deux quarterbacks 5-étoiles se battent en duel pour s’adjuger le poste de titulaire et les coureurs aussi bien que les receveurs pourraient faire le bonheur de n’importe quelle autre équipe du pays. Jim Chaney sait sur ce quoi travailler pour que toute la dimension offensive des Bulldogs atteigne son vrai potentiel.


De l’expérience à tous les niveaux défensifs

Georgia a également connu une régression l’année dernière avec l’arrivée de Kirby Smart. Ce n’était pas forcément attendu du fait d’une philosophie défensive marquée par les années sous la direction de Nick Saban à Alabama. Le coordinateur défensif Mel Tucker, en plus d’une forte expérience au niveau professionnel, est également issu de l’école du Crimson Tide ; malgré ces deux belles additions, cela n’a pas empêché les performances défensives de se heurter à l’écueil de la jeunesse.

En effet, les Bulldogs proposaient l’an passé une escouade composée principalement de sophomores. Ce n’est pas la recette du succès. La défense n’arrivait pas à mettre de la pression sur ses adversaires, ce qui se répercutait sur l’efficacité plutôt moyenne de la couverture face à la passe et de la réussite à stopper les tentatives une fois à proximité de la end-zone. Ces problèmes peuvent être régler avec une expérience en hausse ainsi qu’avec une meilleure compréhension du système mis en place ; ce sera effectivement le cas.

Le plus grand atout de la défense de Georgia cette année est le retour de tous les titulaires de l’an passé, qui seront désormais juniors ou seniors. Il s’agit d’un sacré avantage dont les Bulldogs pourront se servir afin d’afficher une des meilleures défenses de la conférence SEC. Les Bulldogs conservent une ligne défensive intacte à la suite d’une très belle saison pour arrêter les jeux de course adverses. Le senior John Atkins et le junior Trenton Thompson (56 plaquages, 5 sacks, 4.5 TFLs) sont de véritables enclumes dans les tranchées et seront suppléés en priorité par le très prometteur sophomore Julian Rochester. Le linebacker senior Reggie Carter et les juniors Roquan Smith (95 plaquages, 5 TFLs) et Natrez Patrick (59 plaquages, 3.5 TFLs), d’anciennes recrues 4 et 5-étoiles, balayaient les miettes derrière eux avec succès et mieux est à prévoir. Concernant les extérieurs du front-seven, le pass-rush devrait vraisemblablement progresser de son côté. Les seniors Davin Bellamy (5 sacks, 4 TFLs) et Lorenzo Carter (5 sacks) devront mettre leur manque de réalisme de côté et passer la vitesse supérieure pour infliger une pression digne de leur talent dans les backfields opposés. Les defensive ends Johnathan Ledbetter et David Marshall ainsi que les linebackers D’Andre Walker et Keyon Brown apporteront également leur présence avec une année d’expérience dans leur musette.

(Credit photo : Sean Taylor-Georgia Athletics)

La défense face à la course devrait atteindre d’excellentes performances alors que le pass-rush retrouvera un niveau décent parmi la hiérarchie de la conférence SEC. Relativement bonnes la saison dernière, les lignes arrières retrouvent pour la troisième saison consécutive une majorité des titulaires. Trois seniors en place depuis 2014 terminent leur cursus universitaire cette année en la personne des safeties Malkom Parrish (9 pass défendues, 2 INTs) et Dominick Sanders (7 passes défendues, 3 INTs) ainsi que du cornerback Aaron Davis (2.5 TFLs, 2 INTs), walk-on devenu pièce indéboulonnable du secondary des Bulldogs. Le junior DeAndre Baker (5 passes défendues, 2 INTs) revient lui-aussi pour compléter le groupe, bien que ce dernier perde tous ses contributeurs en second rideau. Le droit à l’erreur n’est plus permis (en terme de performance ou de blessure), les remplaçants sont freshmen ou sophomores et un manque d’expérience ne fait jamais bon ménage à cette position.

Si l’on prend en compte l’ensemble des données proposées par la défense, il ne fait guère de doute à une progression de celle-ci en cette nouvelle saison. Georgia devrait retrouver une place parmi les meilleures défenses du pays en grande parte grâce à un excellent front-seven. Un tel niveau de continuité et d’expérience est assez rare pour n’importe quelle équipe, d’autant plus pour une équipe de la conférence SEC qui subit une période de reconstruction avec un nouvel head coach. Qui plus est, une présence dominante pourrait aider l’attaque à se sortir de quelques situations périlleuses.


Pronostics de performance

Kirby Smart a été rappelé du côté d’Athens afin de ramener les Bulldogs sur le devant de la scène nationale, chose que l’administration ne pensait pas Mark Richt en être capable. Georgia n’a pas remporté de titre de conférence SEC depuis 2005 (une éternité !) et de titre de division East depuis 2012, malgré un niveau loin d’être affolant entre ses membres. Le coaching staff ne peut se permettre de manquer au moins un de ces deux trophées, sous peine de se mettre à dos des supporters qui n’hésiteront pas à renverser le roi s’il le faut.

Cette équipe possède des qualités indéniables sur le terrain à chacune des positions… hors au niveau de la ligne offensive, véritable point d’interrogation et possible bombe à retardement. Les quarterbacks possèdent tout le talent du monde, les running backs peuvent rouler sur n’importe quel adversaire s’ils y sont autorisés et la défense devrait se rapprocher du Top-15 national, a minima. Le potentiel maximal des Bulldogs est très élevé, plus élevé que la grande majorité de la ligue, mais cela fait bien longtemps que le programme ne l’a pas atteint.

Et au moment où il faut prendre en compte le calendrier, les espoirs de Georgia s’amenuisent d’autant plus. Le programme se révèle très compliqué pour les Bulldogs, qui devront se déplacer hors de leurs terres pour l’ensemble des rencontres majeures de la saison. A Notre Dame en deuxième semaine, à Tennessee à la fin septembre, sur le terrain neutre de Jacksonville dans le cadre de la rivalité face à Florida, à Auburn à la mi-novembre et enfin, sur le campus ennemi de Georgia Tech pour conclure la saison régulière. Ces cinq voyages ne sont vraiment pas des cadeaux et peuvent tous se terminer en défaites.

Le pire scénario (mais plausible) accoucherait ainsi d’un bilan final de 7-5 ; ce serait littéralement une catastrophe pour Georgia. Avec autant de talents à des positons majeures, difficile d’envisager un tel scénario. Cependant, il faudra tout de même jouer avec une équipe du Top-15 pour se retrouver avec un record de 10-2 ou 9-3, et rien n’indique qu’un tel niveau ne soit développé pour atteindre le minimum syndical fixé par l’administration. Et si les Bulldogs perdent, disons, deux matchs contre Tennessee et Florida, le titre de division SEC East ne serait pas forcément au bout de la saison et le siège de Kirby Smart commencerait à chauffer tout doucement.