Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

L’optimisme est de retour du côté de Boston College !

Après deux années durant lesquelles les Eagles possédaient la pire attaque du Power Five, la deuxième partie de la saison dernière a servi de déclic pour Steve Addazio et ses hommes. En effet, l’attaque s’est réveillée en un rien de temps. Celle qui avait inscrit 17.2 points de moyenne en 2015 (121e) et 20.4 en 2016 (118e) et qui n’avançait que de 4.2 yards par jeu sur les six premiers matchs de 2017 s’est transformée !

“Nous essayons de maintenir et d’améliorer ce que nous avons fait en fin de saison dernière,” disait le coordinateur offensif Scott Loeffler lors des entrainements printaniers.

Après deux ans et demi de galère, il faut dire que les Eagles ont réussi à fonder des bases solides. Ces derniers ont inscrit 25.5 points par match et passés trois fois la barre des 40 points face aux pensionnaires de la conférence ACC, un exploit pour ce programme qui n’avait marqué autant de points qu’une seule fois sur les douze dernières saisons !

Certes, Boston College reste bien loin des cadors offensifs de la conférence, mais le fait de retrouver enfin une attaque crédible laisse rêver les joueurs étant donné que la défense est plutôt solide de son côté. Les Eagles n’ont aucune marge de manœuvre, mais ils pourraient en surprendre plus d’un.

 

Une saison à double visage pour Boston College

 

Comme souligné plus haut, les Eagles ont connu une saison 2017 complètement hétérogène en termes de résultats.

Le début de saison s’est avéré très difficile puisque le calendrier réservait de gros adversaires. Ainsi, malgré un belle victoire sur le terrain de Northern Illinois (23-20) en ouverture, Boston College n’a rien pu faire face à Wake Forest, Notre Dame,  #2 Clemson et #16 Virginia Tech. A chaque fois, les Eagles sont passés à côté d’un point de vue offensif avec 11.75 points marqués de moyenne.

 

 

On pensait alors le programme bon pour les bas-fonds de la conférence. Mais le face-à-face contre Louisville est venu redonner espoir aux Eagles. Ces derniers ont impressionné offensivement en scorant 44 points (!) et le field goal de la victoire au buzzer. AJ Dillon s’y est révélé avec 272 yards et a permis à l’université de démarrer une belle série.

Effectivement, Boston College a enchaîné sur le terrain de Virginia (41-10) et face à Florida State (35-3). Deux victoires sur blowout. Jamais on aurait imaginé les Eagles aussi tranchant en attaque.

La fin de saison ne fut pas parfaite avec deux courtes défaites face à une solide équipe de #23 NC State (14-17) et contre Iowa lors du Pinstripe Bowl (20-27), mais l’essentiel était là. Boston College a en effet fini avec un bilan positif (7-6) et cette deuxième moitié de saison sensationnelle ne fut qu’un extrait de ce que les Eagles pourraient produire cette saison.

 

Le quarterback Anthony Brown sur la pente ascendante

 

Démarrer sa carrière universitaire au poste de titulaire de quarterback au sein de la conférence ACC n’est jamais simple. Anthony Brown (1367 yards et 10 TDs) en a fait les frais lors de ses débuts à la tête de l’attaque des Eagles. Avec seulement 52% de ses passes complétées, le ratio le plus bas de la conférence, et 9 interceptions concédées, il est dans l’obligation de faire d’énorme progrès au niveau de sa précision dans les lancers et il se doit également d’être plus régulier, notamment sur troisième tentative.

Cependant, il a su nous prouver qu’il en avait encore énormément sous le pied. Comme son match face à Virginia en témoigne (19/24, 275 yards et 3 TDs), son plein potentiel est inconnu. De plus, il a su développé son jeu de course (210 yards) pour devenir un réel QB double-menace au cours de la saison. Il possède incontestablement un talent pur qu’il se doit d’améliorer avec de l’entraînement.

Il sera sans aucun doute sur la pente ascendant cette saison même si une blessure à sa jambe droite l’a éloigné des terrains en fin de saison dernière et lors de l’inter-saison. Boston College espère en tout cas que cela sera le cas, car la profondeur de banc à ce poste est quasi inexistante avec deux très jeunes joueurs inexpérimentés.

Pour aider Anthony Brown à améliorer son taux de passes complétées, le tight end Tommy Sweeney sera un atout indispensable sur la lancée de son incroyable saison (512 yards et 4 TDs sur 36 réceptions) et de son intersaison. En tant que senior, il apportera sur et en dehors du terrain où il est une cible difficile à couvrir de par son gabarit.

Le receveur sophomore Kobay White, très intéressant lors de ses débuts sous l’uniforme des Eagles (423 yards et 2 TD sur 34 réceptions), devrait quant à lui augmenter considérablement sa production si il confirme tous les espoirs placés en lui. Les seniors Jeff Smith et Michael Walker seront des cibles secondaires mais non moins importantes.

Le jeu aérien sera globalement en progrès cette saison. Néanmoins, si Anthony Brown réagit mal à la pression mise sur ses épaules et le manque de profondeur pourraient nuire aux Eagles.

 

A.J. Dillon, le diamant brut

 

Si il a bien un nom à retenir du côté de Boston College, c’est celui de AJ Dillon. Sacré rookie de l’année dans la conférence, il sera la pièce centrale de l’attaque des Eagles en 2018. En effet, après sa fantastique saison en 2017, conclue par 1589 yards (5.3 yards par course) et 14 touchdowns et 5 matchs à plus de 100 yards, il s’apprête à rentrer dans une nouvelle dimension qui l’amènera à devenir le leader de cette attaque.

Il a largement les capacités pour répondre aux hautes attentes et est un énorme travailleur. Après avoir passé son été à décortiquer son jeu et à apprendre les schémas de jeu adverses, il devrait exploser au niveau national cette saison et pourrait même s’inviter dans la discussion au Heisman Trophy.

Derrière lui, Travis Levy a les armes pour devenir une réelle menace en tant que second couteau. Avec le départ de Jonathan Hilliman pour Rutgers et le changement de poste de Davon Jones qui devient linebacker, il aura dans tous les cas davantage de snaps pour se montrer.

Contrairement au poste de running backs qui manquera cruellement de qualité derrière AJ Dillon et Travis Levy, la ligne offensive revient plus forte avec de l’expérience et de la profondeur après une saison 2017 marquée par les blessures. Au total, ils seront 7 linemen de qualité sur la rotation. Ces derniers cumulent 139 titularisations en carrière et chacun d’entre eux a déjà été titulaire 10 fois au minimum. Le guard sophomore Elijah Johnson sera particulièrement à suivre de près.

 

Un front seven solide

 

Dans l’ombre de l’improbable progression de l’attaque, la défense des Eagles a réalisé une saison 2017 en silence, mais de qualité. Elle manque évidemment de joueurs stars au talent exceptionnel, mais le groupe est très solidaire et forme un beau collectif qui évolue sous différent schémas. Si le traditionnel 4-3 est utilisé le plus souvent , le coordinateur défensif Jim Reid a fait de ses joueurs une défense amovible.

La ligne défensive sera sûrement le groupe le plus fort de cette défense, malgré le départ de Harold Landry, avec le defensive end Zach Allen (6 sacks et 15.5 TFLs) en pôle position. Classé deuxième du pays en termes de tackles (100) réalisés pour un lineman en 2017, c’est une valeur sûre qui tire ses coéquipiers vers le haut. L’autre poste de defensive end sera également occupé par un senior avec Wyatt Ray. Remplaçant de Harold Landry lors de sa blessure, il s’est montré redoutable sur le pass rush.

Sur l’intérieur, un troisième senior viendra s’ajouter à une ligne inexpérimentée en la personne de Ray Smith (59 plaquages). Le nose tackle a démarré tous les matchs la saison passée et devrait faire la paire avec différents joueurs au cours de la saison. En effet, Tanner Karafa, Brandon Barlow et Marcus Valdez seront amenés à se partager du temps de jeu.

Le second rideau apporte moins de garanties mais ne sera pas un point faible pour autant. Le duo expérimenté composé de Connor Strachan et Max Richardson manquera sûrement d’automatismes et de conditions physiques puisque les deux reviennent de blessure, mais il seront des pièces maîtresses dans le corps de linebackers. Le premier est un joueur ultra polyvalent capable de joueur à toutes les positions de la ligne tandis que le second a été titulaire en tant que middle linebacker quatre fois en 2017.

John Lamot (63 plaquages et 6 TFLs), Isaiah McDuffie (potentielle révélation), Kevin Bletzer et Davon Jones, tailback de formation, sont quant à eux déjà habitués au haut niveau puisqu’ils ont eu pas mal de temps durant les absences du duo citées plus haut.

 

Un secondary très sous-estimé

 

Il a fait ses preuves la saison dernière avec 18 interceptions (12e national) et en participant grandement au succès défensif global des Eagles qui ont finit 3e en terme d’efficacité contre la passe. Et pourtant, ce secondary n’est pas estimé à sa juste valeur dans l’ombre du backfield défensif de Clemson, Miami et Florida State.

Cette saison encore, il sera sauf surprise au sommet de sa forme. Le senior Taj-Amir Torres et le junior Hamp Cheevers devraient faire la paire au poste de cornerbacks. Chacun de son côté, les deux joueurs sont expérimentés, cependant, ils n’ont que cinq fois ensemble. Taj-Amir Torres est un joueur dur au mal qui aura à cœur de confirmer sa très belle saison 2017 (32 plaquages, 3 passes contrées et 1 INT) tandis que Hamp Cheevers est un playmaker hors-pair comme il l’a montré avec ce fumble victorieux face à Louisville.

Brandon Sebastian et Tate Haynes seront les remplaçants respectifs.

Les postes de safeties voient également deux joueurs seniors bien connus du programme revenir sur le campus. Effectivement, Will Harris le strong et Lukas Denis le free safety seront incontestablement les titulaires. Lukas Denis revient en tant que cador et avec le plein de confiance grâce à son incroyable saison 2017 (7 interceptions (!) et 83 plaquages) qui l’a vu être nommé dans la seconde équipe type de l’ACC.  De son côté, Will Harris a largement fait ses preuves égalements (83 plaquages et 5.5 TFLs).

Derrière ces deux titulaires indéboulonnables, on retrouve davantage de profondeur de banc en comparaison avec le poste de cornerback. Entre les polyvalents Mehdi El Attrach et Mike Palmer et les physiques Ben Stewart et Jahmin Muse, il y a de quoi faire.

 

Des équipes spéciales en demi-teinte

 

Le kicker senior Colton Lichtenberg est certes de retour pour une ultime saison, mais il devrai améliorer son efficacité. Avec 12 field goals réussis sur 20 tentatives, il manque clairement de constance et sera attendu au tournant eu 2018. Concernant le poste de punter, la perte de Mike Knoll, qui était un punter fiable, devrait être l’inexpérimenté redshirt sophomore Grant Carlson. Pas très rassurant.

Sur le plan des retours de coup de pieds en revanche, le senior Michael Walker sera sans aucun doute ultra performant une nouvelle fois, lui qui a cumulé le plus de yards à l’échelle nationale avec 1203 yards lors des retours de kickoff et punt.

 

Les Eagles joueront avec un calendrier hétérogène

 

Tout en faisant attention à ne pas concéder de revers retentissant, les Eagles vont débuter la saison tout doucement face à UMass et Holy Cross (FCS), ce qui va leur permettre de se mettre en jambes et de perfectionner le play-book. Rien de mieux pour cette toute jeune attaque !

Par la suite, le programme devient plus costaud avec deux déplacements coup sur coup. Le premier sur le terrain de Purdue et son head coach redoutable Jeff Brown et le second sur celui de Wake Forest seront des matchs rudes qui n’excuseront aucun raté. Cela sera intéressant de voir comment l’équipe des Eagles réagit face à de tels adversaires.

Enfin, la réception de Temple devrait se solder sur une victoire si tout se passe bien.

Après une première partie de saison où Boston College pourrait s’en sortir avec une seule petite défaite, le programme va enchaîner six rencontres dans la peau d’outsider ! Les face-à-face contre NC State et Louisville seront ultra importants étant donné que les quatre matchs suivants seront d’une adversité incroyable.

En effet, après leur semaine de repos, les Eagles vont affronter coup sur coup Miami, Virginia Tech, Clemson et Florida State ! En créant un unique upset, les Eagles rempliraient amplement leurs objectifs tant les adversaires sont forts en face. Enfin, la réception de Syracuse sera un must-win pour terminer la saison sur une note positive avant un possible Bowl.

 

 Le “hot take” de la rédaction :

 

Cela fait du bien de retrouver Boston College à ce niveau.

L’attaque, qui se cherche depuis le départ de la légende Matt Ryan, a clairement la possibilité de devenir un poison grâce à son trio QB-RB-WR ultra talentueux composé d’Anthony Brown, Kobay White et AJ Dillon. L’effectif est clairement en nette progression, le tout porté par une défense qui n’a que très rarement déçu, même  s’il manque de la profondeur de banc, notamment en attaque.

Il est vraiment difficile d’évaluer le potentiel de cette équipe qui pourrait aller loin. Ce n’est évidemment pas cette saison que l’on verra les Eagles remporter la division ACC Atlantic qui est la propriété de Clemson ou Florida State depuis 9 ans, mais Boston College a les capacités de devenir un réel prétendant dès la saison prochaine.

Concernant cette saison, les Eagles pourraient légitimement atteindre les huit succès si tous les éléments sont présents.