Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

“Nous sommes l’un des programmes les plus stables du pays.”

Gus Malzahn, le head coach d’Auburn, récapitule bien l’état de forme de son programme. Et ce petit avantage sur le papier pourrait devenir le plus bel atout des Tigers à l’approche de cette nouvelle saison.

Entre le retour de son quarterback titulaire en la personne de Jarrett Stidham, futur premier tour de Draft NFL, de l’une des lignes défensives les plus fortes du pays et la présence de 8 des 9 membres du staff de la saison passée, Auburn pourra effectivement s’appuyer sur une très belle stabilité. Dans sa continuité d’une saison 2017 où les Tigers se sont offerts le scalpe des deux finalistes, Georgia et Alabama, Auburn peut voir très haut en 2018 après être passé tout près d’une sélection au College Football Playoff.

Nous sommes expérimentés et nous avons beaucoup de nos gars de retour. C’est un point très positif pour cette saison”. Simple, mais efficace. Globalement, Gus Malzahn décrit très bien son équipe.

 

Auburn à un match du College Football Playoff

 

Comme quoi, battre deux programmes classés #1 à l’AP Top 25 ne suffit pas pour accéder au College Football Playoff. Malgré un tel exploit, une défaite en finale de conférence SEC a empêché le programme de s’immiscer dans le Top-4 national. Monstrueux, le calendrier n’a pas aidé les Tigers.

Dès le début de la saison, Auburn devait se déplacer sur le terrain de #3 Clemson pour une rencontre hors-conférence très difficile. La marche était en effet trop haute pour les Tigers. Muselés offensivement, ils n’ont rien pu faire face à la défense des locaux (6-14). Mais cette défaite a également mis en lumière le bel effort défensif.

Par la suite, forts d’une attaque menée de main de maître par un backfield de feu composé de Kerryon Johnson et Jarrett Stidham, Auburn a ainsi enchaîné les succès de plus de 30 points jusqu’à une défaite face à LSU qui a marqué la saison du programme. Effectivement, Auburn a gâché une avance de 20 points (23-27), ce qui a mis en furie les fans de l’université. Nombre d’entre eux ont souhaité le départ de Gus Malzahn.

 

 

Cette semaine s’est finalement révélé bénéfique pour les Tigers. Ces derniers ont réalisé une magnifique série de cinq succès dans la foulée, dont les incroyables victoires face à #1 Georgia (40-17) et #1 Alabama (26-14). Grâce à cette performance jamais vu dans l’histoire du College Football, Auburn a mis fin au règne du Crimson Tide dans la division SEC West.

Mais alors qu’ils étaient sur une autre planète, les Tigers sont redescendus de leur petit nuage en finale de conférence. Face à des Bulldogs revanchards, ils n’ont rien pu faire (7-28). La chute était brutale avec un Peach Bowl perdu face à #12 UCF (27-34), mais la saison des Tigers aurait pu basculer pour un seul petit match.

Preuve de la belle saison d’Auburn tout de même, Gus Malzahn, pourtant décrié à la mi-saison, a été prolongé pour 7 ans et 49 millions de dollars.

 

Le jeu de passe pourrait être fantastique

 

Avec le retour de Jarrett Stidham et la présence d’une escouade de receveurs qui déborde de talents, Auburn pourrait faire des étincelles à la passe cette saison.

Preuve de la stabilité de l’équipe, Gus Malzahn peut compter sur son quarterback titulaire établi la saison passée pour la première fois depuis 2014. Seulement junior, Jarrett Stidham (3.158 yards, 18 TDs et 6 INTs) arrive en effet à maturité après une première saison en tant que titulaire du côté de Auburn, lui qui était un joueur de Baylor à ses débuts en NCAA.

Durant une saison 2017 marquée par des rencontres face à des adversaires de taille, il a fait preuve de caractère. Après un match très difficile face à Clemson où il a encaissé 11 sacks (!), il a parfaitement réglé la mire le reste de la saison avec 66.5% de passes complétées contre des défenses loin d’être médiocres.

Malik Willis, pressenti titulaire lorsque Jarrett Stidham fera ses bagages, sera prêt pour prendre les rênes de l’attaque en cas de blessure ou de contre-performances (on n’y croit pas trop).

Ryan Davis, Darius Slayton et Nate Craig-Myers. Avec ces trois-là, Auburn possède un trio de cibles aériennes très complet qui offre trois styles différents de receveurs. Ryan Davis, qui a battu le record du programme avec 84 réceptions l’année dernière (815 yards), sera de retour pour sa saison senior sur son poste de prédilection dans le slot. De son côté, Darius Slayton sera utilisé davantage dans la profondeur grâce à sa vitesse exceptionnelle (22.2 yards de moyenne par réception). Enfin, Nate Craig-Myers apportera du physique au groupe de par son gabarit.

Eli Stove et Will Hastings auraient également pu apporter leur pierre à l’édifice, mais ils ont été victimes d’une blessure aux ligaments croisés tous les deux lors de l’intersaison. Résultat, les seconds couteaux devraient être moins expérimentés, mais pas moins talentueux à l’image de Anthony Schwartz. Chandler Cox (H-back) et Jalen Harris (tight end) seront eux des pièces essentielles sur les blocs.

 

Comment remplacer Kerryon Johnson ?

 

Remplacer Kerryon Johnson, parti pour la NFL, ne sera pas une mince affaire. L’ancien running back des Tigers était l’un des meilleurs coureurs du pays. Comme il l’a prouvé en 2017 (9e aux votes du Heisman Trophy), en menant la conférence SEC en portées (285) et en yards parcourus (1.391), il occupait une place plus qu’importante dans les systèmes offensifs d’Auburn. D’ailleurs, le fait qu’il n’était pas à 100% lors de la finale de conférence contre Georgia fut un des facteurs de la défaite.

Nous aimerions voir deux joueurs se livrer une belle bataille pour le poste de titulaire“.

Pour le remplacer, Chip Lindsey, le coordinateur offensif, aurait souhaité voir deux joueurs se tirer la bourre pour élever le niveau de jeu à ce poste. Malheureusement, à une semaine de la reprise, seul le junior Kam Martin semble paré pour mener le jeu de course des Tigers.

Dans un style différent de son prédécesseur qui était un coureur très patient, Kam Martin (453 yards sur 74 courses en 2017), est beaucoup plus explosif et aime se projeter très vite entre les blocs. Ce manque de patience pourrait cependant lui coûter cher lors de ses débuts en tant que titulaire. Derrière lui, JaTarvious Whitlow pourrait cependant se révéler être un running back de qualité après avoir fait parler de lui lors des entrainements printaniers.

Quoi qu’il en soit, Gus Malzahn est conscient du défi qui se dresse devant lui. Sous ses ordres, Auburn n’a jamais apparu en dehors du Top 3 dans la SEC concernant le jeu de course. Avec une ligne offensive qui fait le boulot pour ouvrir des brèches sur le jeu de course, il espère bien continuer sa belle série, même si cela risque d’être compliqué.

 

Un tas d’expérience sur le front seven

 

Sous Kevin Steele, Auburn a toujours été performant sur le plan défensif, finissant dans le Top-10 national ces deux dernières années. Malgré un manque de profondeur dans le secondary, le front-seven revient lui quasiment au complet avec des titulaires très expérimentés.

Considérée par Gus Malzahn comme la meilleure ligne défensive qu’il a coaché, la D-line des Tigers pourrait devenir l’une des plus fortes du pays cette saison. Le leader en termes de sacks, Jeff Holland, est certes parti, mais les trois autres titulaires sont de retour : le defensive end Marlon Davidson ainsi que les tackles Dontavius Russell et Derrick Brown.

Ce dernier sort d’une saison 2017 très prometteuse avec notamment 9 plaquages pour perte qui le positionne très haut dans différentes mock drafts. Malgré un gabarit imposant, il est très mobile et reste un calvaire pour les lignes offensives adverses. De son côté, Nick Coe devrait être le quatrième titulaire après une belle saison freshman durant laquelle il a engrangé déjà pas mal de temps de jeu.

Comme la saison passée, Kevin Steele alternera ses systèmes entre le 4-3-4 et le 4-2-5. Résultat, sur certaines formations, les Tigers pourraient utiliser uniquement que deux linebackers. Cela ne changera pas grand chose pour autant, car trois titulaires seniors sont de retour. Deshaun Davis (82 plaquages) sera le cerveau du second rideau défensif sur son poste de middle linebacker tandis que Darrell Williams occupera l’extérieur et Montavious Atkinson le poste de Will linebacker (positionné sur le côté faible de la ligne offensive adverse).

Le front-seven ne subit en somme qu’un seul départ, qui devrait facilement être remplacé tant les groupes de linemen et de linebackers sont remplis. On ne l’a pas précisé, mais chaque poste sera doublé par des joueurs en quête de temps de jeu, ce qui devrait permettre à Auburn de faire face aux blessures.

 

Aucune marge de manœuvre pour les lignes arrières

 

Comme expliqué plus haut, le secondary pourrait se retrouver à jouer à cinq joueurs sur certains systèmes. Cela pourrait devenir problématique, car le groupe n’aura pas énormément de solutions à chaque poste. Le groupe est en effet en sous-effectif contrairement au front seven. Ce qui pourrait combler ce manque de profondeur est la polyvalence de chacun des joueurs. Kevin Steele aime effectivement faire jouer ses protégés sur plusieurs postes différents.

Jamel Dean et Javaris Davis seront les leaders et devront répondre présent tout au long de la saison. Le cornerback s’appuie sur sa vitesse pour couvrir le terrain (moins de 4”4 sur 40 yards) alors que le nickelback, davantage dans l’anticipation, autorise très peu de yards après réception. C’est un defensive back capable de couvrir énormément d’espaces. Pour combler le troisième poste de cornerback, l’ancien receveur Noah Igbinoghene sera aligné.

Le plus gros défi du coaching staff sera finalement de faire face aux départs de Tray Matthews et Stephen Roberts. Leur remplaçant respectif sont connus avec Jeremiah Dinson et Daniel Thomas, mais cela semble être le vide complet derrière eux. Les true freshmen vont très vite devoir gagner du temps jeu lors des entraînements.

 

Une histoire de famille et une touche australienne

 

Comment remplacer Daniel Carlson, All-American et triple finaliste du Lou Groza Award, récompensant le meilleur kicker en NCAA ? Auburn n’a pas cherché très loin puisque c’est Anders Carlson, son frère, qui lui succédera en tant que kicker. Le redshirt freshman était l’un des meilleurs prospects du pays à son poste en 2016 et possède une aussi bonne jambe que son frère. Reste à engranger de l’expérience.

La situation est également atypique sur le poste de punter, car c’est un joueur de football australien de 25 ans qui se chargera des punts pour Auburn cette saison. Alors que les cinq derniers vainqueurs du Ray Guy Award, récompensant le meilleur punter en NCAA, étaient d’anciens joueurs de football australien, les Tigers espèrent bien connaître le même succès dans un secteur en difficulté.

Les retours de coups de pied seront assurés par Noah Igbinoghene (23.8 yards de moyenne sur les kickoffs) et Ryan Davis (2 retours de punts en 2017).

 

Comme un air de déjà vu pour les Tigers

 

A l’image de la saison passée, le calendrier des Tigers s’annonce très périlleux, parmi les plus plus durs du pays, avec des rencontres face à des adversaires taillés pour le College Football Playoff.

Si en 2016 et 2017, le calendrier hors-conférence offrait un choc face à Clemson, celui de cette saison ne sera pas moins dur avec un face-à-face contre Washington, #6 à l’AP Top 25 de présaison. Dans le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, lieu où Auburn s’est incliné contre UCF la saison passée, les Tigers devront démarrer pied au plancher face à des Huskies sans grande faille.

Par la suite, le calendrier est beaucoup plus gérable jusqu’au mois de novembre. La réception de LSU permettra à Gus Malzahn de prendre sa revanche et les déplacements sur les terrains de Mississippi State et Ole Miss ne seront pas à prendre à la légère étant donné que ce sont deux adversaires très coriaces.

Une fois passés tous ces obstacles, ce sont Georgia et Alabama qui se dresseront sur le chemin d’Auburn. Et comme si cela ne suffisait pas, ces deux rencontres se dérouleront à l’extérieur. Il a fallu deux exploits la saison passée, et cela n’a pas suffit pour remporter la conférence. Cette saison sera la bonne ?

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Classé #9 lors de l’AP Top 25 de présaison, le positionnement d’Auburn me semble juste. Les Tigers méritent à la fois de figurer dans le Top-10, car ils disposent de deux gros points forts, le jeu de passe et le front-seven, mais ils paraissent également à la fois loin d’une quatrième place virtuellement qualificative pour le College Football Playoff, car il y a beaucoup d’incertitudes sur le jeu de course.

Le départ de Kerryon Johnson sera très difficile à faire oublier et prendra du temps. Qui plus est, le calendrier me semble vraiment trop difficile à surmonter. Si les Tigers remportent un match contre Washington, Georgia ou Alabama, cela sera déjà une belle performance selon moi. De plus, les déplacements à Mississippi State et Ole Miss pourraient bel et bien laisser des traces, à la mi-saison, où les upsets sont fréquents.

A moins de Kam Martin s’impose en véritable patron au côté de Jarrett Stidham face aux gros adversaires, Auburn aura beaucoup de mal à remporter la SEC, et ainsi accéder au College Football Playoff.

La saison dernière était peut-être LA bonne année.