Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Virginia Tech a débuté une nouvelle ère en 2016. La légende vivante qu’est Frank Beamer a laissé sa place à la tête des Hokies, une position qu’a repris Justin Fuente après une superbe reconstruction du programme de football à Memphis. Le nouveau boss sur le campus de Blacksburg n’a d’ailleurs pas attendu pour faire parler de lui (en bien). On n’attendait pas nécessairement qu’il réussisse dès sa première année mais c’est bien ce qu’il a réussi à produire : une saison avec un record final de 10-4.

Sauter dans l’inconnu et prendre la relève d’un programme aussi prestigieux n’est pas une chose facile. S’accommoder de 10 victoires, d’un titre de division Coastal ainsi que d’une place en finale de conférence ACC indique que Justin Fuente est un futur grand entraineur. Mais il a profité d’une situation plutôt favorable à son arrivée et il doit maintenant faire face à la réelle tâche qui l’attend à Virginia Tech. L’attaque doit vivre un ravalement de façade presque complet ; la réussite de ce projet déterminera si les Hokies joueront les premières places de la conférence l’an prochain ou un peu plus tard.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Hokies de Virginia Tech en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Oh boy, Justin Fuente a du pain sur la planche en attaque

Il est peut-être un head coach relativement jeune, Justin Fuente ne manque pas d’expertise surtout lorsqu’on parle du côté offensif du terrain. Il a monté d’excellentes attaques lors de son temps à TCU en tant que coordinateur offensif puis à Memphis pour son premier rôle de head coach. La première saison à la charge de Virginia Tech peut être considéré comme un succès à ce niveau-là, travaillant avec les pièces à disposition pour composer la meilleure attaque depuis quelques temps.

Brad Cornelsen, assistant de longue date, a pris les clés de coordinateur offensif et il ne sera certainement pas de trop en cette nouvelle année. Effectivement, l’attaque subit un turnover très important ; Justin Fuente et son coaching staff doivent maintenant insuffler leur propre air à une partie de l’équipe qui rentre dans un tunnel sans véritable lumière. Trois des quatre meilleurs coureurs sont partis, au même titre que trois des quatre meilleurs receveurs et surtout les deux meilleurs quarterbacks de l’équipe. Est-ce que les Hokies sont à la hauteur d’un tel défi ?

Le backfield est le vrai perdant de cette intersaison. Le running back junior Travon McMillian (671 yards à la course, 7 TDs) se retrouve bien esseulé aujourd’hui, sans commodité connue que ce soit chez les quarterbacks ou le reste des running backs. Il est assez talentueux pour devenir le leader à cette position, mais Justin Fuente aime la possession d’un comité de coureurs. Des hommes comme les juniors Steven Peoples ou D.J. Reid ainsi que le sophomore Deshawn McClease peuvent émerger en second rideau, bien que cela demeure une question à laquelle il faut répondre. Cependant, l’éléphant au milieu de la pièce est assurément la relève au poste de quarterback. A la suite d’une  saison fantastique, Jerod Evans (3546 yards à la passe, 29 TDs, 8 INTs ; 846 yards à la course, 12 TDs) a pris la décision surprenante de débuter sa carrière professionnelle un an en avance, alors que sa doublure Brenden Motley a épuisé son éligibilité. Une bataille à trois a désormais lieu entre le redshirt freshman Joshua Jackson, l’ancienne recrue de Nebraska sortant du JUCO, A.J. Bush, et le true freshman Hendon Hooker. L’identité de nouveau titulaire n’est pas encore connue mais il semble certain qu’aucun des trois ne sera capable d’imiter les performances de Jerod Evans.

(Crédit photo : Jeremy Brevard-USA TODAY Sports)

Le nouveau quarterback au sommet de la hiérarchie ne pourra même se reposer sur une escouade de receveurs stable. Les deux stars aériennes des dernières saisons, Isaiah Ford (1094 yards à la réception, 7 TDs) et l’excellent tight end Bucky Hodges (691 yards à la réception, 7 TDs), ont quitté le campus de Virginia Tech et laissent désormais Cam Phillips (983 yards à la réception, 5 TDs) seul face à son destin. Le receveur senior peut quitter l’université sur une excellente saison s’il arrive à travailler avec un bon lanceur. Autour de lui, le senior James Clark arrive d’Ohio State sur transfert tandis que le junior C.J. Carroll possède une belle opportunité de se montrer. A moins que le redshirt freshman Phil Patterson ou le tight end sophomore Chris Cunningham leur volent la vedette.

Travon McMillian, Cam Phillips et une bonne dose d’inconnus. Voici à quoi ressemble l’animation offensive des Hokies à ce jour. Mais tout pourrait prendre une tournure beaucoup plus heureuse si un quarterback émerge de l’ombre. Justin Fuente justifie année après année son statut d’homme qui murmurait à l’oreille des quarterbacks (Andy Dalton à TCU, Paxton Lynch à Memphis et Jerod Evans la saison dernière) ; et si Joshua Jackson pouvait émerger comme la future star de Virginia Tech ? Rien n’indique le contraire, en tout cas.


L’empreinte de Bud Foster n’a pas disparu

La plupart des observateurs annonçait que le plus gros coup réalisé par Justin Fuente à son arrivée était de conserver le mythique coordinateur défensif des Hokies, Bud Foster. Cela a payé instantanément puisque Virginia Tech possède de nouveau une des meilleures défenses de la conférence ACC, après une courte période de relâchement. Un petit regain d’énergie a permis de retrouver le groupe que l’on connaissait lors des dernières décennies et la progression pourrait bien ne pas s’arrêter en si bon chemin.

Tout d’abord, la défense a retrouvé une agressivité caractéristique pour son front-seven alors que les lignes arrières sont arrivées à effacer en grande partie les explosions adverses dans les airs, tout en revenant au plus proche de leur opportunisme. Tout n’était pas parfait, certes, mais cette dernière marche peut désormais être franchie avec un regain d’expérience.

Les trois titulaires aux postes de linebackers reviennent que ce soit pour leur saison junior ou senior. L’outsider linebacker et pass rusher attitré des Hokies Tremaine Edmunds (106 plaquages, 4.5 sacks, 14 TFLs) est capable de renverser n’importe quel backfield adverse cette saison et il peut compter sur la machine Andrew Motuapuaka et le prometteur Mook Reynolds (178 plaquages, 4 sacks, 11 TFLs, 10 passes défendues, 5 INTs en cumulé) à ses côtés. Il s’agit d’une excellente base, surtout lorsqu’on complète la combinaison du milieu de terrain avec les safeties. Le junior Terrrell Edmunds (2.5 TFLs, 3 passes défendues, 4 INTs) et le brillant freshman Devon Hunter s’associeront avec les linebackers afin de remettre au goût du jour une défense à l’agressivité folle et assez à l’aide pour mettre n’importe quel adversaire sous pression. Virginia Tech pourra également allier un tel aspect avec une présence très forte sur les flancs grâce à un trio de cornerbacks digne de cette équipe. Les seniors Brandon Facyson, Greg Stroman ainsi que le junior Adonis Alexander (28 passes défendues, 5 INTs en cumulé) devraient poursuivre avec succès la diminution des explosions aériennes adverses du fait d’une continuité remarquable.

(Crédit photo : The ACC)

Une ligne capable de stopper la course à l’image de l’an dernier, si ce n’est mieux, permettrait d’ancrer la défense de Virginia Tech à la première place de la conférence ACC. Malheureusement, il n’est pas certain que cela soit le cas. Elle perd trois titulaires par l’intermédiaire des tackles Woody Baron (5.5 sacks, 13 TFLs) et Nigel Williams ainsi que l’end Ken Ekanem (7.5 sacks). Une forte dose de production s’en est allé mais les promesses ne sont pas vides non plus. Le defensive end junior Vinny Mihota devient le leader de la ligne défensive et est accompagné par trois jeunes pousses pétries de talent en Trevon Hill et les defensive tackles Tim Settle et Ricky Walker. Ces derniers étaient tous des remplaçants actifs l’année passée, ce qui leur donne aujourd’hui une expérience intéressante.

Les performances de la ligne défensive devraient régresser quelque peu (et encore), mais le vrai soucis avec elle relève de son manque de profondeur. Une blessure et de gros soucis pourraient de propager à une bonne partie de la défense. Si le bateau ne tangue pas à l’avant au cours de la saison, les Hokies peuvent réellement retrouver le niveau typique d’une défense de Bud Foster. C’est-à-dire, formidable et spectaculaire.


Pronostics de performance

Il ne faut surtout pas attendre à ce que Virginia Tech produise à nouveau un record à plus de 10 victoires. Ce record montre bien que Justin Fuente est capable d’extirper le meilleur que ce que les Hokies peuvent offrir, que ce soit au niveau des talents des joueurs ou des infrastructures du programme de football. Cette nouvelle année doit davantage être placée sous le signe de la reconstruction, afin d’imposer la véritable image du nouveau coaching staff plutôt que le travail des pièces laissées par Frank Beamer.

L’animation offensive sera toute neuve, en partie due au fait qu’il n’existe à cette heure-ci que très peu d’informations stables à son égard. Une poignée de titulaires est connue et en plus de ce premier problème, il faut ajouter que les remplaçants le sont encore moins. Si peu d’expérience et de profondeur s’avère souvent être une recette à désastre, surtout avec un quarterback totalement mystérieux. Mais Justin Fuente a obtenu le bénéfice du doute au fil des années pour construire une attaque à partir de rien, à commencer par l’émergence brutale de Jerod Evans en 2016.

Tout cela ne veut pas dire que Virginia Tech ne peut pas viser le titre de l’ACC Coastal. La quasi-totalité des équipes de la division traverse elles-aussi une période de transition offensive et les Hokies détiennent une des meilleures défenses de la conférence, si ce n’est la meilleure après Clemson et Florida State. De plus, le calendrier est plutôt favorable. Ils évitent Florida State et Louisville de la division opposée et jouent Clemson au sein du mystique et terrifiant Lane Stadium.

La moitié des adversaires directs de Virginia Tech (North Carolina et Pittsburgh) se déplacent également sur le campus de Blacksburg, alors qu’entre temps, il faudra visiter Miami (FL) et Georgia Tech coup sur coup en plein novembre. Tablez sur 2 succès et 2 revers et rien n’empêche les Hokies de titiller les 8 ou 9 victoires au terme de la saison. Un tel bilan pourrait encore s’élargir si un quarterback se révèle et si la défense évite les blessures à tout prix au niveau du front-seven ; quoi qu’il en soit, Virginia Tech est clairement en lice pour le titre de division Coastal.