Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Souvent décriée ces dernières années, la conférence Pac-12 se renouvelle énormément cette saison dans l’optique d’obtenir de meilleurs résultats. Au total, cinq programmes auront un nouvel head coach tandis que trois quaterbacks stars (Sam Darnold, Josh Rosen et Luke Falk) ont quitté la conférence pour la NFL.

Ce ne sera pas le cas d’Arizona State, qui détient en son sein, un des quarterbacks les plus expérimentés de la conférence. Toutefois, les défis seront ailleurs pour les Sun Devils. Ils ont vécu un changement de head coach surprenant à l’intersaison, se séparant de Todd Graham à la suite d’un record positif (7-5) pour le remplacer par Herm Edwards, qui n’a pas entrainé une équipe de football depuis près d’une décennie. 

A l’image de Mack Brown à la grande époque de Texas dans les années 2000, Ray Anderson veut installer Herm Edwards à un poste de superviseur (ou PDG) plus que d’entraineur. Il faudra suivre de près cette évolution, puisque les résultats positifs sont à ce jour très hypothétiques, tant par le fait que Herm Edwards est le nouvel head coach que par un groupe de joueurs remanié.

Arizona State devrait animer, dans le bon ou le mauvais sens, cette conférence Pac-12 en 2018. 

 


 

Une victoire contre Washington dans une saison en dents de scie

Les Sun Devils ont eu beaucoup de mal à lancer une saison où l’objectif était de sauver la peau de Todd Graham. Une victoire compliquée face à New Mexico et une défaite à la maison contre San Diego State, suivi d’une courte défaite sur le terrain de Texas Tech. Les signaux n’étaient pas au mieux, mis à part une victoire sur le fil face à #24 Oregon.

Et puis le déclic arriva. Du jour au lendemain, sans que personne ne s’y attende, Arizona State réalise deux upsets consécutifs face à Utah (30-10) et surtout face à #4 Washington (13-7) grâce à une défense d’acier, inepte depuis plusieurs saisons.

 

 

On pense alors que l’équipe connait une renaissance, mais cette embellie ne dure pas. La défense de Todd Graham rentre dans le rang, malgré cinq victoires sur les sept derniers matchs, et termine avec un record de 7-5.

Les Sun Devils ont été sélectionné pour jouer le Sun Bowl contre NC State… sans Todd Graham, justement, viré à la fin de la saison régulière. Arizona State s’est largement incliné face au Wolfpack mais l’attention était ailleurs : le programme entre dans une période de transition avec Herm Edwards.

 

Un des meilleurs quarterbacks de la conférence en Manny Wilkins ?

 

Le duo de running backs composé de Demario Richard et Kalen Ballage était le véritable moteur de l’animation offensive d’Arizona State, s’alliant pour courir près de 1696 yards et 18 TDs. Aujourd’hui, les deux pitbulls se sont envolés pour la ligue professionnelle et le flambeau de l’attaque incombe désormais au quarterback senior Manny Wilkins. 

Le leader des Sun Devils est seulement moins expérimenté dans la conférence Pac-12 que Jake Browning et moins talentueux que Justin Herbert et Khalil Tate. Avec la montée de Rob Likens au poste de coordinateur offensif, adepte du jeu aérien et du système « Air Raid », Manny Wilkins devrait lancer un bon nombre de fois cette saison, tout en faisant mal à ses adversaires avec ses jambes. 

(Crédit photo : Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports)

Le quarterback dual-threat est opposé à un sérieux challenge avec plus de passes, mais il peut se reposer sur une très bonne escouade de receveurs, possiblement la meilleure de la conférence Pac-12. Le junior N’Keal Harry possède un futur tout tracé en NFL (82 réceptions, 1.142 yards, 8 TDs), suppléé par le vétéran Kyle Williams (763 yards, 7 TDs) et des jeunes solutions explosives en Jalen Harvey et Frank Darby. 

Arizona State possède le coordinateur offensif et le personnel pour développer une attaque aérienne puissante et explosive. Les Sun Devils ont conclu huit matchs à plus de 30 points, attendez-vous à une telle productivité en 2018. 

 

Poursuite compliquée avec deux running backs en moins

 

Demario Richard et Kalen Ballage formaient un duo extrêmement dangereux pour n’importe quelle équipe, et les deux larrons laissent désormais leur place. C’est une lourde perte pour Arizona State et remplacer les contributeurs majeurs de l’équipe depuis deux et trois ans, respectivement, ne sera certainement pas tâche facile. 

Le sophomore Eno Benjamin a montré de belles choses en second rideau en 2017 (23 portées, 142 yards, TD) et Manny Wilkins peut toujours apporter une présence au sol sur certaines phases. Quoi qu’il en soit, le jeune running back obtient une chance en or de briller, avec un autre sophomore, Trelon Smith, en tant que remplaçant totalement dénué d’expérience.

Une bonne nouvelle, malgré tout : la ligne offensive peut être un ancre solide sur laquelle s’appuyer. Le côté droit de la ligne, avec le senior Quinn Bailey, demeure sur le campus de Tempe et les pièces sur le départ sont remplacés par des transfers d’expérience, le senior Casey Tucker en provenance de Stanford et le junior Roy Hemsley en provenance de USC. 

 

Le front-seven dévasté par les départs

 

Le nouveau coaching staff d’Arizona State a du pain sur la planche pour redresser une équipe en perte de vitesse et le plus gros du boulot est sans aucun doute au niveau du front-seven. La patte de Todd Graham était une défense ultra-agressive à l’avant ; l’arrivée de l’ancien coordinateur défensif de San Diego State, Danny Gonzales, devrait assurer une philosophie quasi-identique.

(Crédit photo : Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports)

Les Sun Devils ont eu des difficultés à stopper les incursions au sol de ses ennemis et malheureusement, le départ de l’ensemble des linemen ne devrait pas arranger la situation. JoJo Wicker, Tashon Smallwood et Alani Latu composaient un très bon groupe (17 sacks, 14 TFLs en cumulé) et ils sont accompagnés dans leur quête de futur professionnel par les pass-rushers Christian Sam et D.J. Calhoun, les deux meilleurs plaqueurs de la défense (226 plaquages, 9.5 sacks, 12 TFLs en cumulé).

Seul le linebacker senior Koron Crump demeure au sein de ce front-seven avec 4 sacks obtenus au cours de la rotation des pass-rushers et malgré les blessures. Les linemen vétérans Darrius Slade et Cassius Peat rejoignent Arizona State sur transfert (Ohio State et Michigan State, respectivement) tenteront de limiter les dégâts avec d’autres vétérans peu expérimentés, le tackle Renell Wren et le defensive end Jalen Bates.

Jay-Jay Wilson, ancien tight end, valide sa transition en tant que linebacker lors de cette intersaison et obtiendra une place majeure dans la rotation du front-seven. Mais comme vous pouvez le voir, la situation des lignes avants des Sun Devils est extrêmement précaire et pourrait couter cher si les jeunes ne se révèlent pas et si les transferts ne se concrétisent pas comme il le faut.

 

Du talent dans le secondary, mais est-ce que cela suffit ?

 

Les lignes arrières ont souvent été la cause des déboires d’Arizona State dernièrement, du fait d’un agressivité générale mal dosée. Mais aujourd’hui, avec un nouveau coordinateur défensif qui maîtrise le secondary et un personnel adapté, les Sun Devils peuvent retrouver une défense aérienne digne du standing de l’université.

Les safeties Chad Adams et J’Marcus Rhodes sont arrivés en fin d’éligibilité, cependant, les cornerbacks Kobe Williams et Chase Lucas sont les véritables leaders de cette escouade et jouent toujours avec Arizona State. Chase Lucas n’est peut-être que sophomore mais il fait déjà parler de lui (2 INTs, 8 passes défendues) et devrait continuer à progresser en 2018. 

Afin de boucher les trous chez les safeties, les seniors Demonte King et Dasmond Tautalatasi devraient être associés sans que cela ne compose un duo terrifiant. Le freshman 4-étoiles Aashari Crosswell peut se creuser une place en cours de saison. Toutefois, il est compliqué d’attendre de grandes choses du secondary du fait de la grande faiblesse annoncée du front-seven. 

 

Un kicker très solide en 2017… et il n’était que freshman !

 

L’avenir semble radieux pour les équipes spéciales d’Arizona State. Le kicker Brandon Ruiz, ancienne recrue 4-étoiles un temps engagé auprès d’Alabama, n’a pas déçu pour sa première saison universitaire en enfilant 19 de ses 27 FGs, dont une mine de 52 yards. Avec une année supplémentaire d’expérience et d’entrainements, il est fort possible qu’il se révèle encore plus performant et décisif en 2018.

A l’inverse, le punter Michael Sleep-Dalton a quelque peu déçu pour une première saison en tant que titulaire. Le botteur d’origine australienne a connu quelques déconvenues et une moyenne de 36.2 yards par punt est loin d’être exceptionnel. En revanche, avec deux années d’expérience du niveau universitaire américain, nul doute que le junior progresse et puisse se rendre aussi inébranlable que son prédécesseur. 

 

Six victoires avec un tel calendrier, ce serait un miracle

 

Peu d’observateurs ne croient et n’attendent de grands résultats de l’équipe dirigée par Herm Edwards pour cette première saison. Cette expérience demeure encore à ce jour une immense énigme et les résultats peuvent surprendre, aussi bien dans le bon que dans le mauvais sens. Mais au final, la vérité appartient au terrain. 

Arizona State pourrait bien jouer de façon assez unidimensionnelle, avec une animation aérienne puissante et un jeu au sol timide, ainsi qu’un front-seven très inefficace par rapport aux performances passées. Ce n’est pas la recette du succès dans une conférence Pac-12 où les défenses jouent un rôle majeur pour tenter de stopper les incursions adverses. Les efforts de Danny Gonzales seront la clé de la saison des Sun Devils.

Et comme si la situation ne suffisait pas, Arizona State doit composer avec l’un des calendriers les plus compliqués du pays. L’université obtient les trois meilleures équipes de la division North sur le plateau (dont Washington et Oregon à l’extérieur) et elle doit se déplacer sur les terrains de Colorado, USC et Arizona. Et cela ne s’arrange pas avec Michigan State et San Diego State avant le calendrier de conférence.

Le mois d’octobre puis la sortie de « bye week » seront des moments cruciaux de la saison si les Sun Devils veulent obtenir six victoires et la qualification pour un Bowl d’après-saison. Le faux-pas sur les terres de Colorado est interdit et il faudra chercher des upsets après la semaine de repos. Les visites de Stanford, de Utah et de UCLA sur le campus de Tempe sont des occasions parfaites. 

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Arizona State se révélera comme un véritable poison dans la conférence Pac-12 et titillera Stanford avant de faire tomber Utah et UCLA, dans le quatrième quart-temps, à chaque fois. Mais les Sun Devils échoueront à une victoire d’une qualification pour un Bowl en s’inclinant à Tucson… et à cause de la défaite en début de saison sur le terrain de San Diego State.