On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire  Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Aujourd’hui, le représentant de l’Horizon League à la March Madness, Wright State.

 

Wright State Raiders

 

  • 71.4 points de moyenne inscrits, 36.2 rebonds captés, 13.1 passes décisives délivrées et 65.9 points encaissés de moyenne ;
  • 2 apparitions en March Madness, 2 lors des tournois d’après-saison pour un record de zéro victoire et deux défaites ;
  • #2 en saison régulière dans l’Horizon League, victoire en finale du tournoi de la conférence face à Cleveland State (74-57) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Grant Benziger avec 14.3 points de moyenne.

 

Retour sur la saison :

25 victoires pour 10 défaites – 14 victoires pour 4 défaites en conférence.

 

Wright State a été l’une des belles révélations au sein des Mid-Majors la saison dernière. Dans une Horizon League orpheline de son cador, Valparaiso, la lutte pour prendre la relève s’annonçait ouverte et exaltante. Il est vrai que l’on attendait plus Northern Kentucky et ces derniers terminent premier de la conférence à l’issue de la saison régulière, avec une victoire sur… Et oui, Wright State.

Pourtant, le début d’exercice de ces derniers n’envisageait pas une telle saison. Trois défaites pour commencer la saison, sur le parquet de Loyola Chicago (84-80) et Miami (OH) (73-67) puis face à Murray State (80-61). L’adversité était bien au rendez-vous et hormis le non-match total face à Murray State, les deux autres revers auraient pu être largement évité. L’équipe était incapable de tuer le match, comme si les bras tremblaient alors que les joueurs pouvaient s’imposer.

Malgré tout, ce fut un premier déclic dans la saison des Raiders. Une grosse remise en question, quelques ajustements au niveau des rotations et du temps de jeu, qui a fait un bien fou au groupe. Après cette petite période de disette, c’est quatre victoires, dont trois blowouts, face à des programmes inférieurs sur le papier. La rencontre face à Fairfield, avec un quasi-buzzer beater qui donne la victoire d’un point, balaye les lacunes du début de saison, où Wright State était trop tendre, avait peur de tuer le match et j’en passe.

Un vrai match d’hommes, dans une ambiance folle. Du vrai basketball universitaire.

Mais voilà, Wright State a du mal loin de ses terres. Sur l’ensemble de la saison, ce sont seulement deux revers à domicile, pour 7 à l’extérieur. Sur les matchs hors conférences, c’est souvent un blowout. Heureusement, c’est bien plus indécis sur les matchs de conférence. Cela se joue souvent à une si ce n’est deux possessions et les vieux démons reviennent à chaque fois. Comme une histoire de déjà-vu.

Pourtant, à domicile, Wright State est une toute autre équipe avec un collectif hors-norme qui déroule sereinement, comme s’il y avait une sorte de blocage à l’extérieur.

C’est avec la deuxième place à la fin de la saison régulière que Wright State commence le tournoi de l’Horizon League. Une première victoire sans trop forcer face à Green Bay (87-72) et une deuxième un peu moins facile face à Milwaukee (59-53) et voilà le programme à une victoire de renouer avec la March Madness, après son unique participation en 2007.

L’adversaire en finale était Cleveland State, qui a éliminé Northern Kentucky au tour précédent pour ce qui était une grosse surprise puisque le programme se situait dans le ventre mou de la conférence, avec un bilan bien négatif (12 victoires sur la saison).

Mais la marche était trop haute pour cette équipe. La pression était telle que ce fut un match délicat dès les premières secondes. Il faut dire que Wright State maîtrise parfaitement son sujet et ne sera jamais inquiété par son adversaire du soir. Le score parle de lui-même (et il y a eu du coaching dans les cinq dernières minutes…) : victoire des Raiders sur le score de 74 à 57.

La saison est une grande réussite et la March Madness ne reste que du bonus.

Malheureusement, dès le premier tour, ce fut une débâcle avec une équipe de Tennessee bien trop forte. Le score est lourd (73-47) mais l’essentiel est ailleurs pour Wright State. Le programme prouve qu’il faudra compter sur eux pour les prochaines saisons, avec un style de jeu très personnel et un projet viable sur le long terme. C’est le plus important lorsque l’on est une équipe des Mid-Majors.

 

Les nouveaux visages

 

Il y aura quatre nouveaux visages qui arrivent sur le campus de Wright State cette saison ainsi qu’un redshirt freshman.

On commence par la promotion de freshmen 2018, qui est tout simplement extraordinaire pour le programme. En effet, Grant Basile (2*) et Malachi Smith (2*) viennent de remporter le titre d’Etat avec leur lycée respectif, alors que Skyelar Potter (2*) a échoué en finale.

Grant Basile est l’un des meilleurs prospects de l’Etat du Wisconsin au niveau des intérieurs. Joueur qui excelle dos au panier et qui est adroit, il affichait une moyenne de 24.4 points et 13.7 rebonds sur sa saison de senior en High School. Nul doute qu’il aura du temps de jeu dès ses premiers pas en NCAA car le gamin est talentueux.

 

 

Malachi Smith est un pur scoreur, capable de tout faire offensivement. Il sera un soutient de poids dans la rotation des extérieurs, lui qui apportera son talent au niveau du scoring. On n’a jamais assez de scoreur sur le banc, c’est bien connu !

 

 

Enfin, le dernier larron se nomme Skyelar Potter, lui aussi un joueur capable d’évoluer au poste de meneur et arrière. C’est un joueur très athlétique, qui joue de ses qualités pour se rendre rapidement indispensable dans un groupe. La saison dernière, au lycée, il affichait une moyenne de 23 points et 12.1 rebonds.

 

 

James Manns Jr n’est pas étranger au sein du campus. En effet, le joueur a été redshirt la saison passée pour l’aider au mieux dans la transition entre lycée et université. Il devra se battre avec un nouveau venu, Billy Wampler (anciennement à Akron) pour le poste d’ailier titulaire, à moins que Wright State joue avec trois arrières comme la saison passée. Les deux joueurs possèdent quasiment le même profil, de shooteur à longue distance.

Petit avantage à Billy Wampler, qui a effectué une saison intéressante à Drake juste avant son départ (environ 10 points de moyennes en 22 minutes de jeu).

 

Le joueur à suivre de très près :

Loudon Love (sophomore) : 12.9 points,9.7 rebonds et 1.1 passes de moyenne.

 

Si comme moi, vous êtes fans des joueurs un peu old school, Loudon Love risque de devenir rapidement votre poulain. C’est un intérieur très doué techniquement, gros QI basket et un véritable poison pour l’adversaire lorsqu’il se retrouve dos au panier.

Il possède les qualités pour devenir un joueur au poste au sein de la grande ligue, c’est aussi simple que cela (après, il fera carrière en Europe si les franchises sont trop frileuses). Quand il est dos au panier, c’est difficile de le stopper et cela part dès la prise de position. Il sait prendre l’ascendant sur son adversaire direct, usant même de roublardises par moment. Ensuite, soit il vous enfonce pour terminer avec un hook près du cercle, ou alors il se met face au jeu pour attaquer le panier. Et si vous ne défendez pas, il s’écarte pour prendre un tir à 4-5 mètres. Il est impossible de défendre sur lui, surtout au sein de sa conférence.

Vous allez me dire, à juste titre : « mais pourquoi ne joue-t-il pas dans une grosse équipe et pourquoi personne n’en parle ? ».

C’est la vie d’un joueur de Mid-Majors. Il me fait penser à l’ancienne star de Valparaiso, Alec Peters, qui était très sous-côté lorsqu’il il évoluait en NCAA. Il a quand même été drafté et évolue maintenant dans un grand club européen. Comme quoi.

Mais le problème concernant Loudon Love, c’est qu’il n’était pas utilisé comme il fallait la saison dernière. Combien de fois on l’a vu avec la position préférentielle mais en ne recevant jamais le ballon. En tant que spectateur, c’était déjà frustrant. Je n’imagine même pas le joueur. Mais malgré cela, il a terminé sa première saison en basketball universitaire en frôlant le double-double de moyenne, c’est fort.

Bonne nouvelle pour le joueur : les bouffeurs de ballons ne sont plus sur le campus. Va-t-on voir notre pépite à 20/12 de moyenne cette saison ? Ce n’est pas impossible. En tout cas, il faudra suivre de très près ce joueur car le potentiel est là.

 

Le cinq majeur possible :

 

Cole Gentry (junior) : 9.1 points, 2.8 rebonds et 2.6 passes de moyenne la saison dernière ;

Mark Hugues (senior) : 9,7 points, 3.1 rebonds et 3 passes de moyenne la saison dernière ;

Billy Wampler (junior) : DNP, transfert de Drake ;

Loudon Love (sophomore) : 12.9 points, 9.7 rebonds et 1.1 passes de moyenne la saison dernière ;

Parker Ernsthausen (senior) : 5.3 points et 2.6 rebonds de moyenne.

 

Présentation de la saison

 

Sur le papier, Wright State a perdu gros, avec notamment son leader Grant Benzinger, ainsi que Justin Mitchell et Everett Winchester. Mais le recrutement a été à la hauteur des exigences, avec notamment une promotion de freshmen qui est promettante sur le papier.

Mais le gros souci du programme est la densité au niveau des intérieurs. Certes, Loudon Love prendra assurément plus de poids dans le système offensif, mais derrière, c’est assez light. Du coup, Grant Basile n’est pas loin de lutter pour une place de titulaire même s’il ressemble à Loudon Love au niveau du jeu.

L’alternative reste le jeu small ball. Il y a beaucoup de talent sur les postes extérieurs et des joueurs comme James Manns Jr. ou encore Billy Wampler peuvent jouer stretch 4 au besoin. Mais cela semble un poil léger quand même au niveau des possibilités en sortie de banc. Espérons que les freshmen s’adaptent rapidement.

Le mot de la fin à propos de Wright State ?

Wright State veut revenir à la March Madness dès cette saison. L’expérience est présente et ce ne sera pas de trop vu comment l’Horizon League se développe à vitesse grand V. En tout cas, le salut viendra du collectif, encore une fois et l’équipe reste redoutable pour n’importe quelle équipe du championnat.