Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les bonnes habitudes avec les CBB Preview. Présentation des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des mid-majors méconnues, le tout 100% à la sauce Midnight On Campus. Aujourd’hui, Vermont, une équipe coup de cœur depuis maintenant deux saisons et qui sort d’une saison sans aucune défaite dans sa conférence.

Vermont Catamounts

  • 73.5 points de moyenne inscrits, 34.1 rebonds captés, 13.6 passes décisives délivrées et 62.1 points encaissés de moyenne ;
  • 5 apparitions en March Madness, 7 lors des tournois d’après-saison pour un record de deux victoires pour cinq défaites ;
  • #1 en saison régulière dans la conférence America East, victoire en finale du tournoi de la conférence face à Albany (56-53).
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Anthony Lamb avec 12.8 points de moyenne.

Retour sur la saison

29 victoires pour 6 défaites – 16 victoires pour aucune défaite en conférence.

Comment qualifier la saison dernière de Vermont ? Je crois que le bilan parle de lui-même.

L’équipe a connu six défaites lors de la première partie de saison, puis a perdu son dernier match de saison régulière le 21 décembre sur le parquet de #13 Butler (81-69). Ces revers sont tous face à des programmes plus prestigieux que Vermont. On parle ici de Butler, #20 South Carolina (68-50), Providence (80-58) ou encore Houston (72-71). On notera quand même la défaite surprise, à domicile, face à Northeastern, de deux points (59-57), après un énorme trou d’air dans les dix dernières minutes, avec seulement cinq points inscrits. Attention, ceci est bien loin des standards habituels du programme.

Mis à part cela, le reste des matchs hors-conférence, qui étaient plus abordables, se sont passés sans trop de pression. Des programmes confirmés en mid-majors comme Yale (67-65), Wofford (60-59), Harvard (82-71) ou encore Hofstra (87-73) trébuchent sur le parquet des Catamounts. Des succès confirmant la bonne forme de Vermont, qui attaque la deuxième partie de saison avec le plein de confiance.

On ne va pas faire durer le suspense bien longtemps (puisque vous connaissez le bilan des Catamounts lors des rencontres de l’America East Conference). Certes, il n’y a quasiment pas eu de blowouts (seulement deux victoires à plus de 20 points) mais Vermont dégage tellement de maîtrise sur le parquet que cela en devient une démonstration de force match après match. Personne ne semble en mesure de pouvoir lutter contre cette force de frappe offensive.

Le tournoi de conférence se déroule plutôt tranquillement, sauf lors de la finale face à Albany, remportée sur le petit score de 56 à 53. Fort heureusement, Payton Henson se réveille dans le money time, en inscrivant un tir à trois points crucial à 39 secondes de la fin, puis en provoquant un passage en force sur l’action suivante. 21 victoires consécutives pour Vermont, qui décroche un 6ème titre de conférence et le droit d’aller se frotter à ce qui se fait de mieux à la March Madness.

Purdue est au programme de Vermont d’entrée de jeu et forcément, ce n’était pas l’adversaire idéal. Le secteur intérieur des Catamounts est le point faible et en face, il a fallu affronter un Caleb Swanigan de gala (16 points, 14 rebonds) et le 7-footer Isaac Haas qui inscrit 8 points et 6 rebonds en sortie de banc. Difficile de l’emporter, surtout quand votre intérieur senior, Kurt Steidl, se blesse en première période. Bref, c’était quasiment mission impossible.

Au final, grâce au duo Anthony Lamb (20 points, 9 rebonds) et Trae Bell-Haynes (15 points, 7 rebonds et 6 passes), Vermont était toujours dans la course pour la victoire en fin de match mais à l’expérience, Purdue s’impose de dix unités, sur le score de 70 à 60. L’exploit n’était pas loin.


Les nouveaux visages

Sept nouveaux visages du côté de Vermont en cette saison : 4 true freshmen, 2 redshirt freshmen et un transfuge.

On commence par le transfuge, en la personne de Samuel Dingba. Vermont se devait de trouver rapidement des intérieurs et c’est chose faite avec l’ancien joueur de Quinnipiac. Il n’a pas eu sa chance sur ses deux premières années universitaires, avec moins de 10 minutes sur le parquet de moyenne, pour un rendement léger de 1.7 points et 2.5 rebonds. Son utilisation lors de son année de sophomore fut très étrange. Parfois titulaire, avec plus de 20 minutes sur le parquet, il pouvait cirer le banc lors de la rencontre suivante, n’entrant que pour le garbage time. C’était trop pour le camerounais, qui a décidé de rejoindre Vermont, où il aura un vrai rôle défensif et de travail de l’ombre.

Il faut dire que le départ de Kurt Steidl laisse un trou béant à l’intérieur. En plus de Samuel Dingba, Vermont ajoute deux autres joueurs, dont un true freshman qui promet énormément, Ra Kpedi. Prospect classé 3-étoiles en provenance de l’Indiana, convoité par les Hoosiers (et qui forcément, n’a pas rejoint le campus), il se révèle comme un intérieur athlétique, très doué au rebond de par son placement et son anticipation. Il possède aussi un physique qui lui permettait de dominer au lycée et qui va lui permettre d’être aussi productif à l’université. Ra Kpedi peut devenir la belle surprise de Vermont cette saison !

Josh Speidel, redshirt la saison passée, revient de très loin. Au cours de sa saison senior au lycée, il était considéré comme l’un des meilleurs prospects de l’Indiana mais il a connu un grave accident de la route. Dans un état critique (lésion cérébrale) pendant plusieurs semaines, il s’est battu et a gagné son combat contre la mort. Son processus a donc été un peu chamboulé et d’un commun accord, il a été redshirt la saison passée. Cependant, son potentiel était tellement impressionnant au lycée qu’on espère le voir avec un maillot cette saison. Ce serait une belle histoire comme on les aime.

Enfin, les quatre autres recrues s’ajoutent aux postes extérieurs. Au poste de meneur de jeu, le redshirt Ben Shungu essaiera de grappiller des minutes au freshman Stefan Smith. Ce dernier sera le visage de la franchise pour les prochaines années, avec un poste de meneur titulaire promis pour sa saison de sophomore. Nul doute qu’on le verra un peu en action cette saison.

Skyler Nash, arrière pur scoreur, est une excellente pioche pour Vermont. Prospect 3-étoiles, il apportera sa panoplie offensif en sortie de banc et un shooteur de plus est toujours appréciable. Bailley Patella est enfin la dernière recrue au poste d’ailier. Fort leader, excellent joueur offensif, il apportera aussi sa pierre à l’édifice en sortie de banc, même si son poste est un peu bouché à l’heure actuelle.


Le joueur à suivre de très près

Payton Henson (senior) : 11.5 points, 5.3 rebonds et 1.2 passes de moyenne.

Si vous doutez encore des transferts en basketball universitaire et de leur impact, prenez le cas de Payton Henson et celui-ci vous fera changer d’avis. Au placard à Tulane, avec un rôle minime et une moyenne assez… moyenne (8 points) pour un prospect sorti du lycée avec une belle cote, il a décidé de changer d’air pour tenter l’aventure Vermont. Résultat ? Après une année sur le banc (règlement universitaire) où il a pu s’adapter à son nouvel environnement, il a littéralement explosé la saison dernière sur le parquet des Catamounts. Deuxième meilleur marqueur de son équipe, un rôle de leader dans le vestiaire mais surtout en dehors, le joueur idéal dans un groupe.

Il faut dire que ce fut un changement de décor brutal pour le natif de Californie. Mais ce changement fut nécessaire pour lui en tant que joueur et surtout en tant que personne. Il s’est rapidement intégré, notamment lors de la traditionnelle semaine découverte, où les joueurs de Vermont louent un grand chalet pour faire connaissance et nouer des liens.

« C’est un gars en or, » raconte le cadre Trae Bell-Haynes. « C’est lui qui met l’ambiance dans ce camp. C’est le gars qui va toujours apporter son énergie positive et en plus, il adore nettoyer, faire la vaisselle, donc c’est parfait, » dit-il en rigolant lors d’une interview en début de saison dernière.

Très vite adopté, il a dû prouver sur le parquet qu’il pouvait être aussi un excellent joueur. Ce fut le cas, avec ses qualités d’intérieur assez fuyant, capable de driver au panier mais aussi de sanctionner à mi-distance. Cela ne fait plus de doutes : Payton Henson aura les clés du camion à l’intérieur cette année avec d’autant plus de responsabilités et de ballons. Cela tombe bien, c’est pour ça qu’il est à Vermont.


Le cinq majeur possible

Trae Bell-Haynes (senior) : 11.2 points, 3.9 passes et 2.7 rebonds de moyenne ;

Ernie Duncan (junior) : 8.7 points, 2.4 rebonds et 2.2 passes de moyenne ;

Anthony Lamb (sophomore) : 12.8 points et 5.5 rebonds de moyenne ;

Payton Henson (senior) : 11.5 points, 5.3 rebonds et 1.2 passes de moyenne ;

Drew Urquhart (senior) : 4.5 points et 3.2 rebonds de moyenne.


Présentation de la saison

Quatre des cinq meilleurs marqueurs sont de retour cette saison, une promotion de freshmen intéressante, un transfuge attendu : apprenez à connaître Vermont dès maintenant !

Il n’y a pas grand-chose à dire sur cette équipe de Vermont. Vont-ils rééditer les performances de la saison dernière et finir sans aucune défaite au compteur lors les matchs de conférence ? C’est fort possible vu le groupe. Si on doit creuser un peu, il reste quand même un point d’interrogation pour cette équipe : le secteur intérieur (ce qui n’est pas nouveau).

Il va falloir trouver ce cinquième joueur au niveau des titulaires et le casse-tête s’annonce grandiose. J’ai préféré Drew Urquhart car lors le dernier scrimmage, c’est lui qui occupait le poste de pivot. Mais Samuel Dingba peut prétendre à ce poste si l’on décide de jouer plus petit. De toute façon, ce sera la meilleure option de jouer small ball, sachant que dans la conférence, il n’y pas de pivot dominant, fort heureusement pour Vermont.

Malgré cela, Vermont est bâti pour défendre son titre et réaliser une pige supplémentaire à la March Madness. Le potentiel offensif est juste extraordinaire, avec des joueurs comme le serial shooter Ernie Duncan ou encore Trae Bell-Haynes en rôle de métronome scoreur. On n’oublie pas Anthony Lamb, grosse surprise l’an dernier pour sa première au niveau universitaire. Il sera attendu par les défenses adverses cette saison et il faudra voir comme il réagira. Mais le potentiel « smooth » est présent.

Vermont sera toujours un régal à voir jouer sur un parquet universitaire. Ce groupe uni, très bien encadré par un coaching staff très sous-côté, devrait refaire parler de lui cette saison. Quoi qu’il en soit, le premier match de la saison face à Kentucky sera intéressant à voir.

Oh et allez, on se jette à l’eau, Vermont peut poser un upset sur Kentucky. Vous l’aurez lu ici en premier.