On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire  Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Nouvelle saison, nouvelle fournée de présentations en basketball universitaire.

Commençons avec la conférence la plus folle du pays, la célèbre #FunBelt (plus connue sous le nom de Sun Belt). Il faut disséquer le cas de South Alabama, qui vient de connaitre un été grandiose, avec du recrutement à tout va mais surtout, un changement d’entraîneur, qui apportera une touche de jeunesse dans une équipe qui en a terriblement besoin.


South Alabama Jaguars

 

  • 69.6 points de moyenne inscrits, 36.5 rebonds captés, 12.4 passes décisives délivrées et 69.3 points encaissés de moyenne ;
  • 8 apparitions en March Madness, 9 lors des tournois d’après-saison pour un record d’une victoire pour huit défaites ;
  • #10 en saison régulière dans la conférence Sun Belt, défaite lors du 1er tour du tournoi de la conférence face à Troy (69-62) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Rodrick Sikes avec 18.7 points de moyenne.

 

Retour sur la saison :

14 victoires pour 18 défaites – 7 victoires pour 11 défaites en conférence.

 

Les années passent mais les saisons restent les mêmes concernant le programme de basketball de South Alabama. Une nouvelle saison décevante, terminant bien loin du podium de la conférence malgré, sur le papier, un effectif bien talentueux.

La première partie de saison se conclut avec un bilan de 6 victoires pour 6 défaites alors qu’il y avait de la place pour mieux faire. La défaite après prolongation, à domicile, face à Stetson (81-77) est assez frustrante, tout comme les revers face à La Salle (81-73) et SIU Edwardsville (76-75). On ne parlera pas du match d’ouverture, avec une petite fessée sur le parquet de Texas Tech (75-50) qui est assez logique. Une tendance se dégage lors de ces défaites : le banc n’apporte pas grand chose et l’équipe est beaucoup trop dépendante de Rodrick Siles.

Le reste, des victoires face à des programmes largement prenables mais sans pour autant assister à des blowouts. Pas vraiment un début de saison funky.

Au niveau des belles victoires, celle face à Georgia State (86-64) en ouverture des matchs de la Sun Belt fut la plus cohérente du début de saison. Quand on voit cette équipe de South Alabama avec une telle maîtrise et quand on voit que deux matchs plus tard, les Jaguars jouent complètement à l’envers, la frustration est grande (j’imagine les pauvres fans…). En plus de ce premier succès, South Alabama enchaînera une deuxième victoire, face à Georgia Southern (69-67).

On se dit alors que la machine est lancée, puis…

Trois défaites sur les quatre prochaines rencontres, une équipe en perdition qui n’arrive pas à enchaîner les victoires.

Pourtant, on entrevoit une petite lueur d’espoir en février, avec trois succès lors de la première moitié du mois. South Alabama repasse avec un bilan positif (7 victoires pour 6 défaites), inespéré lorsque l’on voit le niveau de jeu proposé, qui est bien faible. La petite hype de victoire ne durera pas plus et le programme ne connaîtra plus la victoire de la saison régulière.

Arrive alors le début du tournoi de conférence, avec son lot incessant de surprises.

South Alabama a failli face à Troy en saison régulière, avec deux défaites nettes (de plus de 15 points). Mais la magie du tournoi change la physionomie de cette rencontre et ce sont bien les Jaguars qui dominent sur le premier acte. Le duo Rodrick Sikes et Josh Ajayi fait le travail et la défense est compacte. Un avantage de six points après 20 minutes… qui sera rapidement balayé par Troy en l’espace de 8 minutes, avec notamment un cinglant 10-2 (en même pas trois minutes), qui se traduit au tableau d’affichage par un écart de 9 points à l’avantage de Troy.

Mais South Alabama, enfin Rodrick Sikes, tente le run de l’impossible dans le money time. Mais c’est beaucoup trop tard et Troy sécurise la victoire sur la ligne des lancers-francs.

 

 

Un match frustrant ; voici le mot majeur qui résume à merveille cet exercice de l’équipe et qui colle bien avec la saison de South Alabama. Il fallait du changement et vite. Les fans ont été entendus.

 

Les nouveaux visages

 

Ils seront quatre nouveaux visages (éligibles) à arriver sur le campus de South Alabama.

De’Monte Nelson sera le seul freshman de la dernière cuvée de recrutement. Il arrive dans un programme qui possède déjà du talent sur ce poste (arrière) mais c’est un pari pour le futur. C’est un prospect qui peut tout faire sur un parquet mais qui n’excelle pas forcément dans quelque chose en particulier. Il est attiré par le cercle mais peut aussi sanctionner sur un tir en suspension. Attention, toutefois, sa mécanique est assez « longue » et cela risque de coincer en NCAA.

De’Monte Nelson est le profil type du joueur qui n’a pas le soutien médiatique au lycée mais qui n’en reste pas moins un vrai joueur de basketball. Une possible belle surprise pour le #CBBPreview de la saison prochaine.

 

 

South Alabama a fait très fort sur cette intersaison, en recrutant des talents de prospects en provenance des conférences du Power Six.

On pense notamment à Don Coleman, le meilleur joueur de la conférence Pac-12 la saison dernière mais qui n’est pas éligible pour cette saison. L’autre grosse recrue se nomme Kory Holden, qui nous vient de South Carolina. Après deux saisons exceptionnelles à Delaware, avec plus de 17 points de moyenne, le joueur a tenté sa chance dans la SEC. Résultat : un rôle mineur, 10 minutes de moyenne en temps de jeu, un échec cuisant. Il tentera de se relancer à South Alabama et de former un backcourt terrifiant de talent avec Rodrick Sikes.

 

 

Au niveau des ailiers-forts, le programme avait un besoin urgent de joueur. TaShombe Riley arrive de South Carolina State et apportera son expérience. Joueur de l’ombre, il peut aussi se montrer très productif au niveau du scoring, notamment via des situations de pick-and-roll. Ce n’est pas le recrutement le plus flashy mais celui qui était vraiment nécessaire pour South Alabama.

 

 

Enfin, le dernier visage est une première dans l’histoire du programme. L’international Qatarien Abdulrhman Saad arrive sur le campus. Ce poste 2-3 affichait plus de 15 points, 5 rebonds et 3 passes à Doha. C’est un énorme coup de poker sur le plan sportif mais c’est un coup calculé au niveau du marketing pour le programme. A voir mais le potentiel est intriguant.

 

Le joueur à suivre de très près :

Rodrick Sikes (senior) : 18.7 points et 3.1 passes de moyenne.

 

Rodrick Sikes est l’une des nombreuses preuves que même si vous n’avez pas la médiatisation au lycée, le Junior College est une option bien viable plutôt que de s’acharner à vouloir rejoindre un programme de Division I.

Pourtant, le cursus lycéen de Rodrick Sikes a été très solide, en ayant remporté 3 titres de MVP à South Mississippi, le tout en amenant son équipe en 1/4 de finale des Playoffs de l’Etat. Mais cela n’a pas suffit pour avoir de l’intérêt des programmes de Division I. C’est alors que le joueur opte pour le cursus de deux ans en JUCO, la meilleure décision de sa jeune carrière.

C’est vraiment lors de sa saison de sophomore qu’il explose, affichant 22 points et 5.6 rebonds de moyenne avec le Southwest Mississippi Community College. Il est rentré dans l’histoire du programme, avec 8 tirs à trois points inscrits dans un match ou encore pour le titre de champion, une première depuis 1962-1963.

Mais ce n’est pas suffisant pour attirer les gros programmes. Une petite flopée de Mid-Majors sont dans la course et c’est bien South Alabama qui remporte ce dossier. Après un premier match délicat, il a rapidement explosé en devenant indispensable dès le premier mois de compétition. Il faut dire que le prospect est extrêmement talentueux offensivement.

C’est simple, vous lui donnez le ballon et vous regardez le talent à l’état pur.

Il sait tout faire : driver, shooter à mi-distance, à trois points, sur un catch-and-shoot, sur un floater, après une prise d’écran… Il est indécent. Il possède les qualités pour jouer dans une équipe du Power Six sans l’ombre d’un doute. Mais c’est bien South Alabama qui en profite allègrement.

Pour sa dernière saison, il voit arriver un head coach avec une philosophie qui lui convient (ENFIN) à merveille. Moment opportun en vue de la Draft NBA. Attention, sleeper en puissance.

 

Le cinq majeur possible :

 

« Herb » McGee (junior) : 8.3 points, 3 passes et 2.7 rebonds de moyenne la saison passée ;

Rodrick Sikes (senior) : 18.7 points et 3.1 rebonds de moyenne la saison passée ;

Trhae Mitchell (junior) : 7 points, 6.1 rebonds et 2.6 passes de moyenne la saison passée ;

TaShombe Riley (senior) : 11.4 points et 5.2 rebonds de moyenne la saison passée (SC State) ;

Josh Ajayı (junior) : 12.9 points et 6.7 rebonds de moyenne la saison passée.

 

Présentation de la saison

 

Place à la jeunesse du côté de South Alabama cette saison.

En effet, Richie Riley, qui a connu la gloire avec Nicholls State la saison dernière en remportant le titre de la Southland Conférence (une première depuis 1998), est le nouvel homme fort sur le campus. Le jeune entraineur de 35 ans arrive chez les Jaguars avec sa philosophie très « basket moderne ».

L’ancien assistant à Clemson et UAB aura une belle pression sur les épaules dès cette saison, même si c’est évident que le programme pourra se qualifier pour la grande danse de mars plutôt dans deux ans (avec les joueurs via transferts éligibles).

Mais cela peut être déjà une saison pleine de surprises pour South Alabama.

Le noyau dur de la saison passée est toujours présent avec les petits ajustements via le marché des transferts. L’effectif est doublé au minimum sur chaque poste, avec du talent en sortie de banc. Forcément, l’attraction reste Rodrick Sikes et son duo avec Herb McGee. Les deux joueurs se complètent bien : McGee étant plus un meneur créateur un peu old school et Sikes étant l’option numéro une en attaque.

N’oublions pas Kory Holden, qui sera sans aucun doute le sixième homme de cette équipe, en meneur de jeu électron libre, lui qui est capable de prendre des grands coups de chaud. Il pourra apporter une dizaine de points en sortie de banc sans forcer et cela libèrera davantage Rodrick Sikes, qui n’aura pas toute l’attention de la défense adverse (comme la saison dernière).

TaShombe Riley est le chaînon manquant de South Alabama. Un poste 4 qui peut peser sur les défenses adverses, le tout en se mettant au service du collectif au besoin. Cela libère le poste d’ailier pour Trae Mitchell, qui pourra jouer pleinement à son poste (il faisait des piges en poste 4) et ce sera bénéfique pour l’équipe. R.J. Kelly, le sophomore qui vient de faire une saison blanche à cause de son transfert de Savannah State, prendra le relais de TaShombe Riley, apportant de la dureté dans la raquette. Il se peut même qu’il devienne titulaire au fil de la saison, mais il aura du temps de jeu.

Enfin, parlons un tout petit peu de Josh Ajayi, qui se révèle comme une machine à double-double en devenir. Le joueur progresse au fil des saisons et il commence (enfin) à devenir un joueur dominant. Il est le point d’ancrage de cette équipe, toujours présent pour aider un coéquipier, faire des écrans, et il se fait souvent récompenser. Nul doute qu’il aura des responsabilités encore plus grande cette saison et c’est un joueur qu’il faudra surveiller de très près.

Le mot de la fin à propos de South Alabama ?

L’effectif est prometteur. Le nouvel head coach apporte une petite touche rafraichissante dans un programme qui en avait terriblement besoin. Suffisant pour accrocher une place à la March Madness ? Cela semble trop tôt, mais une place sur le podium à la fin de la saison régulière est envisageable. Et sur un tournoi à élimination directe, tout peut arriver.