On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire  Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Aujourd’hui, Rhode Island, l’un de mes (nombreux) programmes chouchous, évoluant dans la meilleure conférence des Mid-Majors, la célèbre Atlantic-10.

 

Rhode Island Rams

 

  • 76.5 points de moyenne inscrits, 34.4 rebonds captés, 15.4 passes décisives délivrées et 69.1 points encaissés de moyenne ;
  • 9 apparitions en March Madness, 16 lors des tournois d’après-saison pour un record de sept victoires pour neuf défaites ;
  • #1 en saison régulière dans la conférence Atlantic 10, défaite en finale du tournoi de la conférence face à Davidson (58-57) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Jared Terrell avec 16.8 points de moyenne.

 

Retour sur la saison :

26 victoires pour 8 défaites – 15 victoires pour 3 défaites en conférence.

 

La saison 2017-18 devait marquer un tournant dans l’histoire du programme de basketball de Rhode Island. En effet, c’était la dernière saison pour le noyau dur, de la génération dorée, qui a propulsé le programme dans le paysage universitaire en étant reconnu par ses pairs.

Pour cette ultime saison, l’objectif était simple : se qualifier pour la March Madness. On savait pertinemment que l’équipe était constituée pour aller loin dans le tournoi, mais dans une conférence Atlantic-10 si dense (au même niveau de la Big East) et malgré l’expérience, cela promettait d’être une véritable guerre des tranchées puisque les places valent chères.

Et comme depuis deux ans maintenant, le début de saison de Rhode Island est compliqué.

Le calendrier hors-conférence est dantesque et Dan Hurley le sait bien, c’est en programmant des rencontres face à des équipes du Power Six que la visibilité (et l’argent) est présente. Alabama, Virginia, Providence, Seton Hall, ainsi que UNC Asheville, Nevada, Iona et Florida Gulf Coast au sein des Mid-Majors. Ce ne fut pas de tout repos et certains gros programmes peuvent en prendre de la graine.

Rhode Island connait la défaite par trois fois sur cette première partie de saison : de 7 points à Nevada, de 15 face à Virginia et de 4 sur le parquet d’Alabama. Avant d’entrer dans les matchs de l’Atlantic-10, les Rams affichent un bilan honorable de 8 victoires pour 3 défaites, qui peut aider à plaider au besoin pour le comité de sélection de la March Madness (et on verra que ce sera le cas).

D’ailleurs, histoire de tuer le suspense immédiatement, Rhode Island enchaînera 16 succès consécutifs, affichant un bilan de 13 victoires pour aucune défaite au sein de la conférence. Pas énormément de blowouts, seulement des matchs menés avec une telle maîtrise et une telle aisance dans le jeu. Même les freshmen haussent le niveau, notamment notre poulain Fatts Russell, qui explose aux yeux du grand public.

Rhode Island est en mission et c’est un régal à voir.

Mais voilà la belle histoire s’arrêtera le 16 février sur le parquet de St. Bonaventure avec une défaite rageante sur le score de 77 à 74. La fin de saison régulière est plus difficile, exceptée le blowout face à Dayton. Sur les cinq derniers matchs, les Rams concèdent trois défaites mais cela n’empêche pas Rhode Island de glaner le titre de champion de la saison régulière et le seed #1 pour le tournoi de conférence.

Le premier tour face à VCU, connu pour être un tombeur de grosses têtes, s’avère être délicat. De manière générale, le tournoi sera délicat pour Rhode Island.

On sent une équipe fatiguée avec des cadres un peu dilettantes (+9 face à VCU, +3 face à Saint Joseph). Mais l’équipe arrive bien en finale face à une petite surprise, Davidson. Un match haletant, avec deux équipes un peu cramées physiquement mais qui essayent de proposer du jeu. Les deux formations se tiennent pendant l’intégralité de la rencontre et c’est Kellan Grady, le leader de Davidson, qui permettra à son équipe de l’emporter avec un jumper à 1 minute 12 de la fin (le money time de Rhode Island est catastrophique…).

On se dit alors que Rhode Island peut se faire snober par le comité de sélection, un malheur récurrent pour les équipes des Mid-Majors qui ne gagnent pas leur tournoi malgré une saison exceptionnelle. Mais le calendrier du début de saison donne raison aux Rams et ils se qualifient pour la March Madness.

Oklahoma se propose sur le chemin de Rhode Island (oui, les Sooners ont justement été repêchés malgré un bilan désastreux). Avec une mission : écraser les Sooners pour venger toutes les équipes des Mid-Majors qui auraient pu être à leur place. Et le pari est logiquement réussi avec une victoire après prolongation. Les Rams ont affiché une démonstration de jeu collectif, un apport du banc conséquent, et la défense de Fatts Russell sur Trae Young a été déterminante dans le succès.

Au deuxième tour, Duke est au programme. Bon, aucune surprise, ce fut une démonstration des Blue Devils avec une victoire sans trembler (87-62). Eliminer Oklahoma a donc été le dernier coup de génie de la génération dorée de Rhode Island, qui aura marqué de son empreinte l’histoire du programme.

 

Les nouveaux visages

 

Six départs en cette intersaison à Rhode Island et seulement quatre nouveaux visages, tous des premières années.

L’attraction phare de cette classe de freshmen est assurément l’intérieur 4-étoiles Jermaine Harris. Classé #90 de sa promotion et #12 au niveau des postes 4, c’est une addition incroyable pour Rhode Island. Ailier-fort, il peut aussi, grâce à son physique, évoluer au poste de pivot.

Athlétique, fort défenseur et bon rebondeur, nul doute qu’il aura un rôle intéressant pour ses débuts en basketball universitaire avec à la clé un poste de titulaire (en tout cas, si j’étais l’entraineur de Rhode Island, ce serait mon option).

 

 

Trois autres recrues de la promotion arrivent, avec moins de hype, mais qui seront tout autant essentiels dans la reconstruction du programme.

Dana Tate est le profil de joueurs qui ne possèdent pas énormément de lumière au lycée mais qui peuvent percer à l’université. C’est le prospect type qui s’éclate dans le système des Rams : l’ailier athlétique court et monte au cercle très, très rapidement.

 

 

Tyrese Martin est un arrière extrêmement talentueux en attaque. Pour preuve, cette saison en High School, il a connu des gros coups de chaud à plus de 35 points et a inscrit 31 points sur la tête de Cam Reddish, futur joueur de Duke en cette année. En voilà un qui aura des ballons et des responsabilités en sortie de banc.

 

 

Enfin, Omar Silverio, combo guard, apportera son scoring mais surtout sa capacité à créer le jeu pour ses coéquipiers. Un joueur à suivre à l’image de Fatts Russell la saison dernière.

 

Le joueur à suivre de très près :

Fatts Russell (sophomore) : 7 points, 1.6 passes et 1.6 rebonds de moyenne.

 

Si vous suivez Midnight On Campus sur les réseaux sociaux, vous savez que « Fatts » Russell est notre pépite de la saison dernière (d’ailleurs, pour relire notre dossier sur le sophomore, c’est ici).

Un joueur petit par la taille mais qui compense avec une telle énergie, en se sacrifiant littéralement pour son équipe. Le guard est un poison défensivement, qui écoeure son adversaire direct, peu importe le statut de ce dernier. C’est le joueur idéal dans un groupe.

Certes, ses statistiques sont moyennes, mais il faut dire que le prospect a pris les choses en mains lorsque les cadres ne répondaient plus présents. Face à Providence notamment, où il prend feu avec 20 points et 4 passes en 24 minutes, ou mieux encore, lors de la finale du tournoi de conférence où il inscrit 15 points, avec des paniers importants en prolongation.

Alors oui, ce n’est pas un fort scoreur, je vous l’accorde. Mais la saison dernière, en tant que freshman, il a montré des signes encourageants surtout au niveau de leadership. Il faut dire qu’il a joué à la bonne école lorsque des joueurs comme E.C. Matthews ou Jarred Terrell qui l’ont pris sous leur aile.

L’électrisant meneur de jeu devra prendre encore plus de poids au niveau du jeu de son équipe. Il hérite du poste de titulaire à la mène et doit se muer en vrai leader de ce jeune groupe.

Son plus gros défaut reste son adresse à trois points. Il peut agresser le cercle, inscrire un panier à mi-distance mais au-delà, cela devient délicat. De plus, Rhode Island perd gros au niveau des shooteurs longues distances et il faut compenser ce manque de points criants. Mais de manière générale, je ne me fais pas trop de souci pour Fatts Russell et les suiveurs de l’Atlantic-10 sont d’accord avec mon avis.

Le joueur sera l’une des stars de la conférence et son avenir semble radieux. On vous aura (encore) prévenu.

 

 

Le cinq majeur possible :

 

Fatts Russell (sophomore) : 7 points, 1.6 passes et 1.6 rebonds de moyenne la saison dernière ;

Jeff Dowtin (junior) : 9.6 points, 5.6 passes et 3.1 rebonds de moyenne la saison dernière ;

Tyrese Martin (freshman) : D.N.P, High School ;

Jermaine Harris (freshman) :D.N.P, High School

Cyril Langevine (junior) : 6.1 points et 5.8 rebonds de moyenne la saison dernière.

 

Présentation de la saison

 

Une page se tourne à Rhode Island, l’une des plus belles de l’histoire du programme.

Les dégâts en cette intersaison sont colossaux : Dan Hurley n’est plus là, les cadres sur le parquet non plus, il faut tout reconstruire. Bonne nouvelle, la promotion de freshmen est très intéressante et surtout, pour le remplacement de Dan Hurley, Rhode Island a opté pour la solution interne avec l’assistant David Cox qui prend la relève. Pas de changement de système, ni de mentalité, ce qui est excellent dans un processus de reconstruction.

Mais voilà, au niveau de l’effectif, cela reste léger. Des walk-on ou ancien walk-on, des redshirts, pas vraiment d’options viables en sortie de banc, c’est assez flou. On sait que chaque saison, au moins un si ce n’est deux joueurs émergent au sein d’un effectif avec des belles surprises, mais difficile de prédire qui sera le nouveau Fatts Russell ou Jeff Dowtin. Sachant que ces deux derniers, avec Cyril Langevine, seront les fer de lance de l’attaque des Rams en 2018.

Le mot de la fin concernant Rhode Island

Malgré tout, le cinq majeur est solide. Il existe une bonne dose de talents à chaque poste et les quatre freshmen auront du temps de jeu dès les premiers matchs de la saison.

Rhode Island à la March Madness ? Cela semble difficile, en sachant que l’Atlantic-10 est terriblement dense cette saison encore. Les places vont valoir chères et les Rams n’ont peut-être pas les liquidités pour sortir en bonne position de la conférence.