On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire  Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Aujourd’hui, Penn, le nouveau patron de l’Ivy League qui, après des saisons galères, est en train de renaitre au sein du paysage universitaire avec un titre de conférence remporté en 2017.

 

Penn Quakers

 

  • 76.2 points de moyenne inscrits, 37.8 rebonds captés, 15.6 passes décisives délivrées et 69 points encaissés de moyenne ;
  • 23 apparitions en March Madness, 38 lors des tournois d’après-saison pour un record de 13 victoires pour 25 défaites ;
  • #1 en saison régulière dans la conférence Ivy League, victoire en finale du tournoi de la conférence face à Harvard (68-65) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Ryan Betley avec 14.3 points de moyenne.

 

Retour sur la saison :

24 victoires pour 9 défaites – 12 victoires pour 2 défaites en conférence.

 

Après des années de galère, à ne pas passer la barre des 10 victoires sur l’intégralité de la saison, l’exercice 2017-18 a été tout bonnement exceptionnel pour le programme de Penn. Une saison à 24 victoires, dont 12 sur les matchs de conférences et une qualification pour la March Madness, une première depuis 1999.

La première partie de saison n’a pas été très délicate, avec des matchs abordables au programme. Deux défaites pour débuter la saison sur le parquet de Fairfield (80-72) et face à La Salle (75-71). Le programme connaîtra deux autres défaites face à des programmes de Mid-Majors (Towson et Toledo) mais à chaque fois, c’est serré et cela se joue dans le money time.

On ne parlera pas du match face à Villanova, l’unique but était d’avoir un peu plus de visibilité et un peu d’argent (match comptant pour le Philadelphia Big 5, tournoi entre les cinq programmes de Pennsylvanie).

Concernant la deuxième partie de saison, c’est seulement trois défaites au compteur, face à Yale (80-79) et Harvard (76-67). La défaite face à Temple pour le Big 5 en fin janvier ne compte pas pour le classement de l’Ivy League.

C’est avec une grande stupéfaction que Penn termine premier de la conférence, à égalité avec Harvard. Les Quakers arrivent au tournoi de conférence (oui, il existe désormais un tournoi, le vainqueur de la saison régulière allait à la March Madness auparavant) avec le plein de confiance et se prépare à un gros choc face à Yale dès la demi-finale.

Mais voilà, Yale n’est plus la même superpuissance.

Il faut dire que la jeune pépite Makai Mason a loupé une grande partie de la saison. Et sur ce match, il n’y a pas photo : ce fut une véritable démonstration des Quakers, qui s’imposent sur le score de 80 à 57. La finale tant attendue face à Harvard aura bien lieu et cela promettait d’être explosif.

La finale fut une belle vitrine pour l’Ivy League. Du suspense, deux équipes qui développent un jeu plaisant, un grand match en somme. C’est bien Harvard qui prend le meilleur départ, comptant jusqu’à 13 points d’avances en fin de premier acte. Mais un dernier coup de collier de Penn permet de rentrer aux vestiaires en tête de deux petits points.

Le 28-2 sur les premières minutes du deuxième acte permettent à Penn de prendre un avantage conséquent mais pour l’une des seules fois de la saison, la défense connait un trou d’air. Harvard revient petit à petit mais échoue à trois longueurs, pour s’incliner sur le score de 68 à 65. Penn se qualifie à la March Madness et c’est un énorme coup de tonnerre dans le paysage de l’Ivy League.

Kansas croise la route de nos petits Quakers, qui n’ont pas démérite mais qui doivent s’incliner logiquement (76-60). Penn aura tenu 25 minutes grâce une nouvelle fois à sa défense mais la marche était bien trop haute.

 

Les nouveaux visages

 

Quatre nouveaux visages à Penn pour cette nouvelle saison : quatre freshmen, dont deux prospects 3-étoiles, ce qui prouve la bonne santé du programme en attirant de nouveau les joueurs talentueux.

On commence par le recrutement le plus intéressant, en la personne du combo guard Bryce Washington (3-étoiles). Convoité par quelques programmes du Power Six, son ultime visite sur le campus de Penn a été décisive dans sa décision (et le fait d’avoir du temps de jeu dès ses débuts universitaires). C’était l’un des meilleurs prospects de l’Etat du Michigan, lui qui faisait aussi de l’athlétisme (et il a remporté des trophées dans cette discipline).

C’est une vraie pile électrique sur le parquet : il court et dunk partout mais il sait aussi faire dans la délicatesse, avec notamment un floater qu’il maîtrise à la perfection. Une bien belle addition.

 

 

L’autre recrue 3-étoiles n’est autre que l’intérieur de Mater Dei, Michael Wang. Stretch-4 par excellence, il développe un jeu au poste qui commence à devenir quelque chose de concret. C’est une réelle menace en attaque car il peut tout faire.

Voici sûrement le freshman de l’année dans la conférence, tout simplement, en concurrence avec son coéquipier Bryce Washington.

 

 

Les deux autres recrues sont deux arrières, Alex Imegwu et Griffin Ryan. On ne sait pas si le temps de jeu sera présent dès cette saison mais ce sont deux additions primordiales pour le futur.

 

Le joueur à suivre de très près :

Ryan Betley (junior) : 14.3 points et 5 rebonds de moyenne la saison dernière.

 

Ryan Betley est le joueur typique fort scoreur au lycée, adroit à trois points, mais qui évolue dans une petite école où la médiatisation n’est pas en adéquation avec son talent.

Et ce genre de prospect explose souvent dès la saison de freshman, aux yeux de tous, après un anonymat total quelques mois auparavant. Après une saison freshman assez bonne, Ryan Betley a pris une autre dimension la saison dernière : il est devenu le meilleur marqueur de l’équipe en tant que sophomore grâce à une panoplie offensive très développée.

Tout d’abord, Ryan Betley est un excellent shooteur à trois points : 215 tentatives sur la saison pour 39.1% de réussite, c’est très solide. Mais ce n’est pas tout, il s’est adapté aux défenses adverses. Il faut dire que sur sa première saison, il était surtout un shooteur, mais il se sert de ça maintenant pour trouver d’autres positions de tir, notamment à mi-distance après un dribble. Il est devenu impossible à lire pour l’adversaire et c’est un véritable poison.

Le départ du duo Caleb Wood et Darnell Foreman devrait lui offrir encore plus de responsabilités cette saison et on a hâte de le voir avec ce nouveau statut. Ryan Betley est possiblement le futur joueur de la conférence la saison prochaine, vous l’aurez lu en premier ici.

 

Le cinq majeur possible :

 

Devon Goodman (junior) : 3.8 points, 1.5 passes et 1.4 rebonds de moyenne la saison dernière ;

Bryce Washington (freshman) : DNP, High School ;

Ryan Betley (junior) : 14.3 points et 5 rebonds de moyenne la saison dernière ;

Michael Wang (freshman) : DNP, High School ;

A.J. Brodeur (junior) : 13.1 points, 7.2 rebonds, 2.5 passes et 1.2 contres de moyenne la saison dernière.

 

Présentation de la saison

 

Le programme de Penn est en pleine rédemption depuis la saison dernière. La jeunesse a pris le pouvoir et cette génération a faim de March Madness. Les départs de deux cadres aux postes 1-2 sont compensés, notamment avec la classe de freshmen qui sur le papier s’annonce très bonne.

Les postes sont doublés a minima et il y a du talent sur chacune des positions. Mais Penn est désormais attendu au tournant et on verra comment le programme peut répondre à ce nouveau statut. Harvard semble mieux armé et Yale vient de purger son année de transition. Une lutte à trois se dessine et s’annonce palpitante.

Le mot de la fin pour Penn ?

Penn peut s’appuyer sur des fondamentaux solides, notamment en défense, l’une des meilleures du pays. Offensivement, le jeu sera plus au large avec quatre joueurs capable de marquer à longue distance et un point d’ancrage avec A.J. Brodeur. C’est équilibré et cela donne envie de voir l’équipe à l’oeuvre.

L’Ivy League sera encore incroyable cette saison et je vous invite à suivre vraiment cette conférence, bien trop souvent décriée.