Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les bonnes habitudes avec les CBB Preview. Présentation des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des mid-majors méconnues, le tout 100% à la sauce Midnight On Campus. Aujourd’hui, nous débarquons dans la Big 12 avec Baylor. Après une fin de saison mitigée, les Bears espèrent rebondir cette saison.

Baylor Bears

  • 72.9 points de moyenne inscrits (118e), 38 rebonds captés (38e), 15.5 passes décisives délivrées (38e) et 63.7 points encaissés de moyenne (21e) ;
  • 10 apparitions en March Madness dont deux Final Four pour un record total de 11-12 en tournois d’après-saison ;
  • #3 en saison régulière dans la conférence Big 12, élimination au Sweet 16 face à South Carolina (50-70) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Johnathan Motley avec 17.3 points de moyenne.

Retour sur la saison 

27 victoires pour 8 défaites – 12 victoires pour 6 défaites en conférence.

Baylor a vécu une saison 2016-2017 très hétérogène, entre un début d’année de folie et une fin décevante pour les fans du programme, à cause d’une élimination au troisième tour de la March Madness face à la surprise de celle-ci, South Carolina, qui a atteint le Final Four.

Les Bears n’ont jamais cru qu’ils commenceraient la saison de cette manière. Un bilan parfait de 12 victoires pour aucune défaite dans les matchs hors-conférence, puis 3 victoires pour commencer le calendrier en conférence Big 12. Un total de 15 victoires de suite donc, ce qui avait permis à l’université d’être une belle surprise au niveau national.

Ainsi, Baylor a même été classée #1 à l’AP Top 25 lors de la Week 9, une première dans l’histoire du programme, grâce à une défense de fer et des succès acquis sur des adversaires également classés : #4 Oregon (66-49), #24 Michigan State (73-58), #10 Louisville (66-63) et #7 Xavier (76-61). Bref, un début de saison rêvé.

Puis, l’équipe a connu des pépins physiques. Le groupe a perdu de la fraîcheur et Johnathan Motley (17.3 points, 9.9 rebonds et 2.3 passes) s’est retrouvé peu à peu bien seul, bien que Manu Lecomte et Jo Lual-Acuil Jr. se trouvaient tout de même à ses côtés. Les Bears ont connu une première défaite cuisante face à l’énorme défense de West Virginia (68-89), ce qui a tout de suite révélé les gros défauts de Baylor : l’attaque et les pertes de balle.

Les défaites se sont par la suite accumulées logiquement au fur et à mesure de l’année et la fin de saison s’est donc terminée par un upset concédé en March Madness. Ce fut finalement une année en deux parties clairement différentes qui aura fait monter la hype sur le campus de Waco, puis amener la déception.


Les nouveaux visages

Scott Drew a vu la pierre angulaire de son système, Johnathan Motley, s’envoler pour la NBA, ce qui l’oblige à trouver de nouvelles armes pour remplacer la grosse production de l’intérieur nommé  dans la Second Team All-American 2017. D’autant plus que Ish Wainwright, qui a terminé son cursus universitaire, et Al Freeman, qui a demandé son transfert, ne feront pas partie de l’effectif. Des pertes non négligeables.

Pour les remplacer, le head coach peut compter sur un junior transfer et trois freshmen. Ces derniers seront tout de suite attendus au tournant, car ils devraient avoir un rôle important dès le début de saison.

Tout d’abord, Leonard Allen arrive dans le Texas pour renforcer le secteur intérieur. Ancienne recrue 3-étoiles de San Diego City College, le pivot n’a pas joué l’année dernière pour des raisons académiques et tournait à 14.6 points (60.7 FG%) et 8.7 rebonds en 2015-2016. Doté d’une belle envergure et d’un grand gabarit (7-footer soit 2 mètres 13), il devrait suppléer Jo Lual-Acuil Jr. dans la rotation des Bears.

Dans le même temps, des freshmen débarquent à Baylor pour gonfler un peu plus un banc qui a souffert la saison passée en le personne de Mark Vital et Tyson Jolly, deux redshirt freshmen restés en dehors des parquets. Le premier est une ancienne recrue classée dans le Top-100 et en tant que grand dunker, il devrait participer aux higlhlights tandis que le second est un guard 3-étoiles de 1m93. Ces deux joueurs ont donc gagné de l’expérience et se sont intégrés dans l’effectif durant leur saison vierge, ce qui devrait leur permettre d’aider immédiatement les Bears.

Enfin, Tristan Clark sera l’unique true freshman dans le roster. Ailier fort 4-étoiles de formation, il fut la seule véritable recrue de la classe de 2017 pour les Bears. Classé aux portes du Top-100 et numéro 23 parmi les power forward du pays, il viendra apporter du sang neuf dans la raquette.


Le joueur à suivre de très près

Manu Lecomte (senior) : 12.2 points, 3.8 passes et 1.8 rebond de moyenne la saison dernière.

Avec le départ de Johnathan Motley pour le monde professionnel, le véritable leader du programme devient Manu Lecomte. Après deux premières années à Miami, le Belge a répondu présent en 2016-2017 pour ses débuts avec Baylor malgré des pertes de balle quelques peu excessives. Sans être un gros scoreur, il était tout de même l’homme fort de l’attaque et avec sa très bonne vision du jeu, il a en effet distribué le ballon à merveille pour ses coéquipiers.

On a d’ailleurs pu observer son importance au sein des systèmes offensifs lors des matchs qu’il a manqués, car les Bears manquaient de régularité sur les phases d’attaque. De plus, il profite d’une belle adresse, que ce soit sur la ligne des lancers-francs (83%) ou derrière la ligne des trois points (40.8%). En constante progression depuis le début de son cursus universitaire, il devrait donc être un meneur d’homme sur le terrain comme dans les vestiaires.

Son attitude est effectivement exemplaire, comme le souligne son incroyable agressivité dans la défense de zone des Bears. Scott Drew peut être heureux de l’avoir une deuxième année.


Le cinq majeur possible

  • Manu Lecomte (senior) : 12.2 points, 3.8 passes et 1.8 rebond de moyenne ;
  • King McClure (junior) : 5 points et 1.3 rebond de moyenne ;
  • Jake Lindsey (junior) : 4.7 points, 3.1 passes et 2.2 rebonds de moyenne ;
  • Terry Matson (senior) : 7.1 points et 3.8 rebonds de moyenne ;
  • Jo Lual-Acuil Jr. (senior) : 9.1 points, 6.7 rebonds et 2.5 blocks de moyenne.

Présentation de la saison

Il est clair que l’intersaison a causé du mal aux Bears rien qu’avec la perte de Johnathan Motley. L’équipe est évidemment moins forte sur le papier à l’aube de la nouvelle saison, car trois des cinq joueurs du cinq majeur devront se confronter à un vrai rôle de numéro un dans le depth chart. Ces derniers sont effectivement dans l’obligation de devenir beaucoup plus productif très rapidement.

Si cela peut leur mettre de la pression sur les épaules, Scott Drew n’a cependant jamais utilisé qu’un seul petit comité de son effectif, ce qui a permis à tous les joueurs d’avoir déjà eu un temps de jeu raisonnable. Ainsi, King McClure, Jake Lindsey et Terry Matson n’arrivent pas dans l’inconnu avec ce rôle de numéro 1. Qui plus est, les deux seniors Manu Lecomte et Jo Lual-Acuil Jr., qui forment un excellent tandem meneur-pivot, seront présents pour encadrer l’effectif de par leur expérience.

Justement, l’expérience sera le maître mot en cette saison 2017-2018. Le programme ne repose peut-être pas sur de fortes et talentueuses individualités, mais avec uniquement un true freshman et quatre seniors, le coaching staff comptera sur des joueurs dotés d’un certain vécu au niveau universitaire. Cela pourrait être un bel avantage pour Baylor lorsque l’on sait qu’un programme structuré autour d’une ossature durable est parfois plus efficace qu’un programme blindé de recrues 5 et 4-étoiles.

De son côté, la défense de zone sera toujours présente pour provoquer les nombreux shoots forcés et les pertes de balle adverses. Celle-ci fait partie des meilleurs de conférence Big 12 avec celle des Mountaineers, notamment. Quant à lui, le banc pourra apporter sa pierre à l’édifice puisqu’il semble prêt à jouer son rôle avec des joueurs comme Nuni Omot ou encore grâce aux nouveaux arrivants (voir ci-dessus).

Finalement, Baylor peut tenter de créer la surprise dans la conférence. En ne présentant pas une grande armada sur le papier, c’est la carte du “rien à perdre, tout à gagner” qui va être abattue cette saison. Ainsi, malgré le développement de bons programmes au sein de la Big 12 (TCU et Oklahoma, par exemple), les Bears joueront avec leur points forts, la défense et l’expérience, pour tenter de réaliser une bonne saison.

L’attaque, qui était limitée la saison passée, ne semble pas être en mesure d’augmenter sa production, ce qui pourrait coûter cher au programme.

Une chose est en revanche certaine : sans au minimum une qualification à la March Madness, la saison sera ratée.