Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les bonnes habitudes avec les CBB Preview. Présentation des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des mid-majors méconnues, le tout 100% à la sauce Midnight On Campus. Aujourd’hui, une des possibles surprises et attractions de la SEC, en la personne de Mississippi State, emmener par les frères Weatherspoon.

Mississippi State Bulldogs

  • 72.5 points de moyenne inscrits, 35.4 rebonds captés, 12.1 passes décisives délivrées et 71.3 points encaissés de moyenne ;
  • 11 apparitions en March Madness pour un record de 11 victoires pour 10 défaites ;
  • #12 en saison régulière dans la conférence SEC, défaite en quart de finale du tournoi de la conférence face à Alabama (75-55) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Quinndary Weatherspoon avec 16.5 points de moyenne.

Retour sur la saison

16 victoires pour 16 défaites – 6 victoires pour 12 défaites en conférence.

A l’abord de cette nouvelle saison, Mississippi State et le head coach des Bulldogs Ben Howland étaient une belle énigme pour pas mal de monde au sein des spécialistes de la conférence SEC. Une équipe très jeune, essentiellement composée de freshmen et sophomores, qui allait être une équipe à suivre absolument pour ce nouvel exercice. Il n’y avait pas de réelles attentes envers le programme mais force est de constater que malgré une saison qui s’annonçait (et qui fut) délicate, la hype était bien présente.

La première partie de saison se termine avec un bilan très honorable de 9 victoires pour 3 défaites. Certes, le calendrier n’était pas non plus si dantesque que cela, mais il y eu de l’adversité quand même. Pour un programme qui ne joue pas les premiers rôles dans une conférence du Power Five, il est déterminant d’engranger le maximum de confiance rapidement, et donc de gagner des matchs.

C’est ce qu’à fait Mississppi State, avec des victoires convaincantes face à Boise State (80-68), Oregon State (74-57) ou encore Georgia State (82-60). Les trois matchs un peu plus délicats face à des programmes renommés dans leur conférence respective se sont soldés par une défaite. Tout d’abord face à UCF, où la taille des intérieurs a clairement fait la différence dans cette rencontre comptant pour le Charleston Classic. Un revers assez large, 86 à 61, avec un Tacko Fall à 26 points, 12 rebonds et 3 contres.

Le deuxième intervient à domicile face à une équipe de Lehigh qui est connu pour être une équipe très offensive. Ce fut le cas, avec une victoire de ces derniers sur le score de 87 à 73, avec 11 réussites à trois points (plus de 45% de réussite dans ce domaine). Enfin, l’ultime défaite est encore une fois à domicile, face à East Tennessee State, dans un match à oublier pour les deux équipes, très peu inspirées (67-65).

Avec ce bilan et surtout un niveau de jeu proposé assez cohérent, la première partie de championnat est une réussite, mais le plus dur ne faisait que commencer.

Le match d’ouverture face à Alabama douche rapidement les envies des Bulldogs. Une défaite sur le score de 68 à 58 qui sonne comme une remise en question prévisible. Mais au contraire, après cette défaite, l’équipe remporta les trois rencontres suivantes, face à LSU (+17), Arkansas (+6) et face à Texas A&M (+8). Une attaque qui est en rythme, cela court de tous les côtés, cela défend dur (malgré les oublis récurrents, que l’on met sur le compte de la jeunesse) et franchement, c’est un plaisir à voir jouer.

Et puis, le trou noir. Plus rien. Une défaite rageante face à l’ogre Kentucky (88-81) et seulement une victoire sur les cinq matchs suivants. Pire encore, Mississippi State enchaînera sept défaites de rang, avec à chaque fois un écart en dessous des 10 points (à part la déroute face à Vanderbilt, 77-48). C’est encore une fois ce sentiment rageant qui hante le groupe, qui n’est pas loin de sortir des upsets à gogos. Mais à chaque fois, l’inexpérience joue en leur défaveur lorsque le match doit être plié.

C’est avec un bilan équilibré final de 15 victoires pour 15 défaites que Mississippi State se qualifie pour le match de « barrage » du tournoi de conférence SEC, face à LSU… Qui était le dernier match de la saison régulière (victoire 88-76). Là, le match sera serré pendant seulement 10 minutes avant que l’armada offensive des Bulldogs ne tue rapidement le match, avec une victoire 79 à 52. La suite, on la connaît, avec -20 face à Alabama, l’un des chats noirs du programme sur cette saison.


Les nouveaux visages

Comme chaque année, Ben Howland pourra compter sur une promotion de freshmen de qualité. Deux recrues majeures et un joueur redshirt l’an passé seront éligibles cette saison et le moins que l’on puisse dire, c’est que sur le papier, cela promet énormément.

La recrue phare de cette promotion reste incontestablement le frère de Quinndary, Nick Weatherspoon. Meilleur joueur de l’Etat du Mississippi, il est actuellement classé 4-étoiles et fait partie du top 35 de sa classe de freshmen (il est #31 à l’heure actuelle).

Arrière de formation, il a beaucoup porté le ballon durant les deux dernières années en High School, étant le meneur de jeu de son lycée. Mais c’est bien au poste d’arrière qu’il sera utilisé avec Mississippi State, du moins en début de saison. C’est la copie conforme de son frère, gros scoreur, redoutable en un contre un, que ce soit avec une finition au cercle ou alors sur un stop-tir. C’est un joueur qui peut devenir indispensable assez rapidement et qui sera productif dès ses premiers pas au niveau universitaire. C’est une valeur sûre et son duo avec Quinndary devrait faire saliver les nombreux observateurs dont nous faisons forcément partie.

La deuxième recrue de la promotion 2017 se nomme KeyShawn Feazell, ailier fort classé 3-étoiles et… deuxième meilleur joueur de l’Etat du Mississippi. Cela ne s’invente pas.

Intérieur athlétique, ce qui intrigue le plus chez lui, c’est qu’il n’est pas maladroit sur la ligne des lancers francs, ce qui est un plus lorsque vous êtes aussi agressifs que le prospect mais surtout, il est un excellent shooteur à trois points. Oui oui, en High School du moins. Pour avoir vu certains de ses matchs, il adore planter en transition, en étant le dernier joueur à arriver sur phase offensive.

D’ailleurs, lorsqu’il est dans l’axe panier-panier, c’est là où il est le plus dangereux, soit en shootant, soit en drivant sn adversaire direct. Reste à voir son impact physique, surtout face aux intérieurs de la SEC. Cela en m’étonnerait qu’à moitié qu’il fasse des piges sur le poste d’ailier, si jamais Ben Howland veut mettre un backcourt 100% Weatherspoon.

Enfin, la dernière addition pour cette nouvelle saison du côté de Mississippi State est Abdul Ado. Inéligible la saison dernière, redshirt dans la foulée, le pivot 4-étoiles sera une bonne rotation chez les pivots. Très fort défensivement, joueur de l’ombre, qui possède quelques atouts dans sa panoplie offensive, il risque de grappiller rapidement des minutes en sortie de banc, avec pourquoi pas une place de titulaire en perspective au fil de la saison. En tout cas, il a eu une saison pour s’entraîner avec ses coéquipiers et prendre du muscle à la salle de sport. Tout bénéfique pour lui et son équipe.


Le joueur à suivre de très près

Lamar Peters (sophomore) : 10.7 points, 3.4 passes et 2.3 rebonds de moyenne la saison dernière.

J’aurais pu aisément mettre Quinndary Weatherspoon dans cette catégorie mais j’ai préféré mettre en lumière un autre joueur qui sera indispensable à Mississippi State cette saison : Lamar Peters.

Auteur d’une saison de freshman excellente, il revient avec un nouveau statut pour ce nouvel exercice, auréolé d’une nomination dans le cinq majeur des premières années au sein de la conférence SEC, en étant le deuxième meilleur marqueur de son équipe. Meneur de jeu un peu hybride, porté sur le scoring surtout à trois points (quasiment 37% de réussite avec 59 tentatives), il est une menace permanente pour l’adversaire. Comme si les frères Weatherspoon ne suffisaient pas.

Lamar Peters s’est fait connaître du grand public un 25 janvier, lors de la rencontre face à Kentucky. Il termina le match avec 25 points au compteur avec à la clé une petite hype grandissante, qui fut rapidement entérinée avec sa mauvaise fin de saison, à l’image de Mississippi State.

Le pur gaucher (et donc agréable à voir sur un parquet, ceci est un fait) est en train de se muer en meneur de jeu, poste dans lequel il évoluera encore plus cette saison. Il est terriblement efficace sur les situations de picks and rolls, que ce soit pour jouer sa carte personnelle (un ou deux dribbles après la prise d’écran puis stop-tir, driver vers le panier voir même stepback à trois points) ou alors pour servir son intérieur mais aussi les gâchettes qui l’entourent. Vu comment est construit l’effectif des Bulldogs, nul doute qu’il progressera statistiquement au niveau des passes décisives.

Mais ce que l’on ignore le plus sur Lamar Peters, c’est qu’il ne rechigne pas à faire les efforts défensifs. Cela tombe bien vu ses coéquipiers à l’extérieur qui ne sont pas forcément les meilleurs du monde dans ce compartiment de jeu. Là voilà la possible explosion au sein de la SEC et s’il effectue la saison qu’on lui prédit, les sirènes de la NBA ne se feront pas attendre.


Le cinq majeur possible

Lamar Peters (sophomore) : 10.7 points, 3.4 passes et 2.3 rebonds de moyenne la saison dernière.

Nick Weatherspoon (freshman) : DNP, High School la saison dernière.

Quinndary Weatherspoon (junior) : 16.5 points, 5.1 points et 1.7 interceptions de moyenne la saison dernière.

Aric Holman (junior) : 8.4 points, 6 rebonds et 2 contres de moyenne la saison dernière.

Schinder Herard (sophomore) : 5.1 points et 5 rebonds de moyenne la saison dernière.


Présentation de la saison

La saison dernière, l’équipe de Mississippi State était l’une des plus jeunes du championnat. Pour être plus précis, c’était la deuxième plus jeune sur 351 programmes. Cela s’est fait ressentir au fil de la saison, surtout lors des matchs couperets de la SEC. Malgré cela, l’équipe termina avec un bilan de 16 victoires pour 16 défaites, ce qui est encourageant surtout que c’est la première fois depuis l’exercice 2011-2012 que le programme n’affiche pas un bilan négatif.

Pour la saison qui se profile, quatre des cinq meilleurs marqueurs sont de retour, dont un Quinndary Weatherspoon au sommet de son art. Pour ceux qui ne connaissent pas l’énergumène, c’est un joueur extrêmement doué offensivement, partout sur le parquet. Il peut rapidement prendre feu et passer régulièrement la barre des 20 points inscrits (en marchant).

A cette jeunesse se rajoute une promotion 2017 intéressante sur le papier, avec notamment le recrutement de Nick Weatherspoon. Mississippi State aura un trio sur les postes extérieurs assez indécent de facilité offensive. Cela risque d’être un feu d’artifice match après match et rien que pour cela, l’équipe sera à suivre cette année.

Le banc sera composé, en majorité, par des joueurs qui entrent dans leur deuxième année. On pense notamment à Tyson Carter, qui a pris du muscle cet été et qui peut être considéré comme le meilleur défenseur de l’équipe. Il a progressé au niveau de sa panoplie offensive et aura du temps de jeu en conséquence.

Le secteur intérieur fait un peu peur, mais Aric Holman pourrait être une belle surprise. Lui qui a passé deux saisons à jouer pivot, qui est loin d’être son poste de prédilection, va retrouver son poste d’ailier fort. On attend énormément du prospect qui devrait enfin pouvoir montrer l’étendu de son talent (enfin, encore plus). C’est donc le talentueux sophomore Schinder Herard qui va prendre la place de pivot titulaire, l’ancienne recrue 4-étoiles, couvée la saison dernière.

Derrière cette doublette, on retrouve des joueurs comme KeyShawn Feazell, le freshman, ou encore EJ Datcher et Xavian Stapleton. Lui qui était le poste 4 titulaire la saison dernière, retrouvera une place sur le banc, en qualité de 6ème homme. Il pourra dépanner à l’intérieur et surtout sur son poste de formation, celui d’ailier. C’est toujours intéressant d’avoir un prospect à presque 8 points de moyenne qui apporte autant en sortie de banc.

Mississippi State sera vraiment fun à voir jouer cette saison. Pour les néophytes qui lisent cette présentation, si vous devez suivre une équipe un peu under the radar, c’est celle-là (hors Mid-Majors). Qui sait, on retrouvera peut-être ce programme à la March Madness.