On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire  Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Aujourd’hui, Charleston ou College of Charleston pour être plus précis, la belle surprise de la Colonial Athletic Association l’an passé, avec notamment un jeu très agréable et une participation à la March Madness.

 

College of Charleston Cougars

 

  • 74.6 points de moyenne inscrits, 33.2 rebonds captés, 11.4 passes décisives délivrées et 68.6 points encaissés de moyenne ;
  • 4 apparitions en March Madness, 5 lors des tournois d’après-saison pour un record d’une victoire pour quatre défaites ;
  • #1 en saison régulière dans la conférence CAA, victoire en finale du tournoi de la conférence face à Northeastern (83-76) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Grant Riller avec 18.6 points de moyenne.

 

Retour sur la saison :

26 victoires pour 8 défaites – 14 victoires pour 4 défaites en conférence.

 

Charleston n’a pas perdu beaucoup de matchs la saison dernière, c’est un fait. Il faut dire que le programme proposait un savoureux mélange entre un système offensif ultra-productif et des fondamentaux défensifs dignes d’une formation du Power Six.

Forcément, quand vous êtes une Mid-Majors qui allie l’attaque et la défense à merveille, la saison se déroule plutôt tranquillement jusqu’aux matchs de conférence.

Le programme ne connaîtra que trois défaites sur la première partie de saison. Bonne nouvelle, aucune à domicile. Un revers à Wichita State (81-63) et Rhode Island (68-62), soit deux programmes de très grands calibres, ainsi qu’une défaite face à Cal Poly (73-68). Le reste se résume à des succès probants, notamment face à High Point (70-58), Charlotte (81-72) ou encore Coastal Carolina (67-65). Ce fut une mise en route idéale pour commencer la deuxième partie de saison avec le plein de confiance.

Pourtant, cela commence plutôt mal avec trois défaites sur les six premiers matchs. Deux matchs serrés (un qui se joue dans la dernière minute, l’autre après prolongation) et un non-match sur le parquet de Towson.

A vrai dire, Charleston n’était pas favori pour le titre, ni même pour le podium en fin de saison. Mais du 18 janvier au 22 février, le programme ne connaît pas la défaite. Une série de 12 victoires consécutives, avec une telle maîtrise dans le jeu que c’était un plaisir de se lever en pleine nuit pour suivre les matchs (et je ne suis pas un grand suiveur de la CAA, c’est dire). La défaite lors du dernier match de saison régulière sur le parquet de William & Mary (114-104), dans un festival offensif comme on n’en voit que trop peu dans la conférence, fut une belle vitrine pour une conférence réputée défensive.

Et c’est avec le seed 1 de champion de saison régulière que Charleston entre dans le tournoi de la CAA.

Les deux premiers tours affichent une physionomie identique. On y voit une équipe de Charleston qui maîtrise parfaitement la rencontre, avec une défense étouffante et un jeu en transition spectaculaire. C’est alors l’heure de la grande final face au dauphin de la saison, à égalité sur les matchs de conférence, Northeastern.

Ces derniers sont connus pour être une superpuissance offensive et ce fut le cas sur ce match, avec 76 points inscrits (belle performance pour une finale d’un tournoi long et usant). Mais c’était la saison de Charleston et grâce à son jeu offensif, ou à son duo fétiche, les Cougars s’imposent sur le score de 83 à 76, après une prolongation rondement menée.

A la clé, une participation à la grande danse de mars, une première depuis 1999.

Direction la March Madness pour Charleston, qui affronteront une équipe diminuée d’Auburn. On pense alors que l’upset est envisageable et on n’était pas loin. A l’expérience, Auburn s’en sort de justesse avec une victoire 83 à 76, mais que ce fut dur pour le représentant de la SEC.

C’est sur ce sentiment un peu frustrant que se termine l’excellent exercice 2017-18 des Cougars. Comme quoi, quand une équipe des Mid-Majors s’attaque à un programme du Power Six, le jeu offensif est souvent récompensé.

 

Les nouveaux visages

 

Il y aura quatre nouveaux visages sur le campus de Charleston pour cette nouvelle saison, ainsi qu’un redshirt freshman l’an passé.

Afin de préparer les futurs départs à la fin de saison (pas moins de la moitié du groupe), surtout au niveau du poste d’ailier, deux recrues capitales arrivent. Quan McCluney, un poste 3 gaucher très attiré par le cercle adverse et Isaih Moore, qui devrait rendre des services dès cette saison. Faux poste 3 longiligne, il peut dépanner en tant que poste 4 dans un système un peu plus small-ball, au contraire de la première recrue citée, qui est un véritable ailier.

 

 

Jaylen Richard est la véritable attraction de cette cuvée pour Charleston. Arrière fantasque, capable de porter son équipe à lui seul sur le plan offensif, c’est aussi un joueur qui aime noircir ses feuilles de matchs. Lors de sa saison de senior au lycée, il a souvent frôlé le triple-double, preuve que le prospect peut tout faire. Le titulaire en puissance au poste 2 pour le programme.

 

 

Sam Miller vient garnir les rangs de l’équipe au poste 4. Il a déjà connu le niveau universitaire, à Dayton, mais le joueur a été viré du campus après une altercation lors d’une garde à vue (incident dans un bar, bagarre avec le barman et un gars de la sécurité, puis bagarre dans la cellule). Et voilà comment mettre un terme de manière prématurée à sa carrière après deux saisons chez les Flyers. Il sera attendu au tournant tant le joueur a du potentiel, encore faut-il qu’il soit cadré hors du terrain. Espérons que son passage en JUCO lui a fait du bien.

Terminons par le redshirt l’an passé, Zep Jasper. Il sera le troisième meneur du groupe, derrière deux seniors.

 

Le joueur à suivre de très près :

Jarrell Brantley (senior) : 17.8 points, 7.1 rebonds et 1.7 passes de moyenne la saison dernière.

 

Jarrell Brantley est le genre d’intérieur que j’affectionne particulièrement. Pas forcément le joueur le plus doué, mais qui compense par son énergie et son envie et qui électrise une salle sur une grosse action.

Bon, quand je dis qu’il n’est pas forcément le plus doué, on a quand même (largement) vu pire. Le prospect possède une belle panoplie dos au panier. Et ce qu’il affectionne le plus est de recevoir le ballon poste bas et de se mettre face au jeu. Là, il peut driver, tirer ou même servir un coéquipier. Il lui arrive même de s’écarter à trois points, en inscrivant quelques paniers de temps à autres, sans pour être une véritable menace extérieure.

Deuxième meilleur scoreur l’an dernier, Jarrell Brantley devrait se trouver seul à l’intérieur cette saison. Il recevra d’autant plus de responsabilités, lui qui n’a cessé de progresser depuis ses débuts en basketball universitaire. Nul doute que les fans n’oublieront pas son passage sur le campus et on lui souhaite une excellente ultime saison.

(Si vous devez regarder le programme, c’est pour lui.)

 

Le cinq majeur possible

 

Marquise Pointer (senior) : 5.7 points, 3 rebonds et 1.8 passes de moyenne la saison dernière ;

Jaylen Richard (freshman) : D.N.P, High school ;

Grant Riller (junior) : 18.6 points, 2.8 rebonds et 2 passes de moyenne la saison dernière ;

Jarrell Brantley (senior) : 17.3 points, 7.1 rebonds et 1.7 passes de moyenne la saison dernière ;

Nicholas Harris (senior) : 5.9 points, 6.5 rebonds et 1.2 contres de moyenne la saison dernière.

 

Présentation de la saison

 

Le départ du leader Joe Chealey sera difficile à combler. Pourtant, le talent est présent du coté de Charleston pour cette nouvelle saison.

La plus grosse interrogation est de savoir qui prendra le relais de Joe Chealey en tant que troisième option offensive. On compte énormément sur la promotion de freshman et surtout sur Jaylen Richards pour apporter rapidement des points. La densité au niveau des intérieurs est également légère, Nicholas Harris n’ayant pas forcément de concurrence au poste 5. Cela reste faible sur le banc et comme la saison dernière, Charleston jouera small-ball, en décalant même Jarrell Brantley en pivot.

Le poste de meneur de jeu reste aussi un point d’interrogation. La saison passée, il n’y a pas eu cette rampe de lancement, de création de la part des postes 1. Marquise Pointer reste un combo guard et non un meneur pur.

Le mot de la fin pour Charleston :

Charleston reste le favori pour sa propre succession dans la Colonial Athletic Association.

On sait que l’équipe reste encore perfectible défensivement mais la puissance offensive du duo Grant Riller et Jarrell Brantley n’a pas réellement d’égal au sein de la conférence. En tout cas, le travail d’Earl Grant et son staff est tout simplement monstrueux. Le head coach a d’ailleurs reçu une prolongation de contrat pour cinq saisons cet été, qui est entièrement méritée.

Le programme de basketball est sur les bons rails à Charleston et parvient enfin à se pérenniser et c’est le plus important.