On y est enfin ! Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les #CBBPreviews en basketball universitaire Comme d’habitude, nous allons vous parler des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des équipes méconnues, le tout à la sauce Midnight On Campus.

 

Aujourd’hui, Butler, un des cadors de la conférence Big East avec une équipe attachante de par sa mentalité et sa philosophie de jeu.

 

Butler Bulldogs

 

  • 78.9 points de moyenne inscrits, 34.1 rebonds captés, 14 passes décisives délivrées et 72.6 points encaissés de moyenne ;
  • 15 apparitions en March Madness, 38 lors des tournois d’après-saison pour un record de 23 victoires pour 15 défaites ;
  • #4 en saison régulière dans la conférence Big East, défaite en demie finale du tournoi de la conférence face à Villanova (87-68) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Kelan Martin avec 21.2 points de moyenne la saison dernière ;

 

Retour sur la saison :

21 victoires pour 14 défaites – 9 victoires pour 9 défaites en conférence.

 

Comment ne pas commencer cette présentation de Butler en parlant de la meilleure mascotte du pays, le bulldog Butler Blue (d’ailleurs, le chien possède un compte Twitter parfois hilarant).

D’ailleurs, la sympathie est le mot qui nous vient à l’esprit lorsque l’on évoque le cas de Butler. Un programme de basketball qui a connu sa gloire lors du passage de Brad Stevens, avec notamment un Final Four avec Gordon Hayward & co. (deux finales). Une ambiance atypique à domicile, avec l’une des meilleures student sections du pays, tout est réuni pour un cadre de vie exceptionnel au sein du campus.

Concernant le programme de basketball en lui-même, la reconstruction est en bonne voie. Chris Holtman n’est plus là (désormais head coach à Ohio State) et c’est LaVall Jordan, un ancien joueur de l’université, a pris en main l’équipe. De manière générale, l’exercice 2017-18 s’est révélé efficace, malgré un bilan assez mitigé. 

Seulement trois revers lors de la première partie de saison, face à des programmes un peu plus prestigieux sur le papier : 79-65 sur le parquet de Maryland, 61-48 face à Texas, 82-67 face à Purdue.

Hormis ceci, il y a eu des succès probants face à des formations de même calibre.

Une victoire après prolongation (67-66) face à Ohio State, victoire contre Utah (81-69), Princeton (85-75) ou encore Saint Louis (75-45). C’est avec un bilan de 10 victoires pour 3 défaites que Butler arrive au moment le plus difficile de la saison, les matchs de la conférence Big East.

Les Bulldogs commencent bien avec une victoire après deux prolongations sur le parquet de Georgetown puis Villanova arrive sur le campus. Et comme la saison dernière, ce fut un match DANTESQUE (et le mot est faible) : une véritable vitrine pour la Big East, du basketball de haut niveau et… une victoire de Butler sur le score de 101 à 93.

Cette victoire est la troisième consécutive pour le programme face aux Wildcats. Solide. Bon, il n’y aura pas de quatrième succès consécutif puisque le match retour a été serré mais le futur champion national s’imposera.

Revenons à nos moutons. Butler se retrouve à deux victoires en autant de matchs au début de deuxième partie de saison mais va connaître une panne sèche par la suite. Quatre défaites lors des cinq prochaines rencontres, avec à chaque fois, un match équilibré mais qui ne balance pas du côté des Bulldogs.

Butler produit des séries sur ses matchs de conférences, enchaînant par moment quatre victoires consécutives, suivi de trois défaites. Chose rare, le programme perd des matchs à domicile, qui était une place forte depuis quelques saisons (entre deux et trois matchs perdus maximum sur la saison).

C’est avec une quatrième place que se termine la saison régulière de Butler, ce qui est quand même un classement honorable.

Seton Hall est au rendez-vous pour le premier tour du tournoi de conférence. C’est une affiche exceptionnelle tant les deux équipes ont le potentiel pour aller à la March Madness et le spectacle fut présent. Butler s’impose sur le fil, d’un petit point, sur le score de 75-74.

Avec ce succès, le programme s’assure quasiment une place à la March Madness. Pas de surprise au tour suivant, en demie-finale, face à Villanova, bien trop fort… Direction la March Madness avec un seed 10.

C’est une équipe diminuée d’Arkansas qui se présente sur le chemin de Butler et il n’y a pas eu match tant les Bulldogs étaient au-dessus, tant sur le plan collectif que sur le talent pur. Puis, au second tour, Purdue.

On pensait à un match de même facture tant la réputation des Boilermakers à la grande danse n’est plus à faire (une orgie d’upsets sur les deux premiers tours). Mais c’était la saison de Purdue et grâce à un secteur intérieur dominant et des extérieurs clutch, Butler s’incline et sonne la fin de carrière universitaire de Kelan Martin.

 

Les nouveaux visages

 

Quatre nouveaux visages sur le campus de Butler.

Deux freshmen seront dans l’effectif. Bryce Golden est un ailier-fort classé 3-étoiles par les sites de scouting. Très athlétique, bon rebondeur et un brin showtime, il aura des minutes dès ses débuts universitaires en sortie de banc. Un titulaire en puissance au cours de la saison.

 

 

L’autre freshman se nomme Markeese Hastings est c’est un ailier athlétique qui va faire du bien en sortie de banc. Joueur énergique, capable de se sacrifier pour défendre sur le meilleur joueur adverse, c’est un joueur-type de Butler. Attention, pépite en vue.

 

 

Enfin, deux joueurs arrivent via le marché des transferts. Bryce Nze sort de deux saisons à Milwaukee assez chaotique, dans une équipe où l’individualisme prime sur le collectif. Il arrive à Butler où il sera enfin utile, lui l’intérieur de l’ombre, machine à double-double. Une bien belle addition pour les Bulldogs.

L’autre recrue sera éligible au deuxième semestre, en janvier. Il s’agit d’une ancienne recrue 4-étoiles, Jordan Tucker, qui avait signé à Duke mais n’a jamais eu sa chance. Il rejoint le campus pour lancer sa carrière et nul doute que de rejoindre un tel groupe lui fera du bien. C’est un joueur magnifique à voir sur un parquet et on a hâte de le voir en action.

 

 

Le joueur à suivre de très près :

Paul Jorgensen (senior) : 10.2 points, 3.1 rebonds et 2.5 passes de moyenne.

 

Paul Jorgensen est la définition du coéquipier idéal. Il est le joueur qui représente le mieux la philosophie de Butler : “it’s we before me“.

Pourtant, les scouts ne prévoyaient pas une si grande carrière lors de sa sortie du lycée. Gros shooteur, il a su développer les autres aspects de son jeu pour devenir bien plus qu’une menace extérieure. Le départ de Kelan Martin permettra sans doute à Paul Jorgensen de devenir LE leader officiel de l’équipe.

En plus de ses nouvelles responsabilités, il devra aussi se montrer un peu plus sur le plan offensif, même s’il est capable de marquer 20 points à chaque rencontre, il préfère mettre ses coéquipiers en confiance.

Paul Jorgensen mérite vraiment les spotlights et il ne faudra pas parler chinois quand le joueur portera Butler à la March Madness… Encore une fois.

 

Le cinq majeur possible :

 

Kamar Baldwin (junior) : 15.7 points, 4.9 rebonds et 3.2 passes de moyenne la saison dernière ;

Paul Jorgensen (senior) : 10.2 points, 3.1 rebonds et 2.5 passes de moyenne la saison dernière ;

Sean McDermott (junior) : 7.5 points et 3.9 rebonds de moyenne la saison dernière ;

Bryce Nze (junior) : 10.3 points, 8.5 rebonds et 1.5 contres la saison dernière avec Milwaukee ;

Nate Fowler (senior) : 5.9 points et 3.1 rebonds de moyenne la saison dernière.

 

Présentation de la saison

 

Kelan Martin laisse un grand gouffre derrière lui à Butler, mais une telle perte sera assurément compensée par le collectif, véritable force du programme.

Le talent est présent sur les postes extérieurs, avec notamment le duo Paul Jorgensen et Kamar Baldwin. Le premier devrait sortir du banc (même s’il était titulaire en fin de saison) et forcément la pression sera sur ses épaules. Le seul point négatif est, encore une fois, le secteur intérieur.

Le recrutement de Bryce Nze et de Bryce Golden est primordial et on espère que cette doublette fera le travail sur le poste 4. On risque de voir les deux joueurs associer en même temps sur le parquet par moment. Ce qui pose problème est surtout le poste 5. Nate Fowler est un joueur de devoir, mais Butler ne possède pas de joueurs capables de peser offensivement sur le court d’un match.

Mais un tel problème n’est pas nouveau pour Butler. Le small ball est souvent de rigueur et cela compense ce défaut. Cependant, on a vu que cela pose problème lors de la March Madness et notamment face à Purdue.

Le mot de la fin concernant Butler :

On reste quand même confiant dans les chances de Butler d’aller à la March Madness.

Avec un système et une mentalité de jeu qui n’a pas beaucoup changé depuis l’ère de Brad Stevens, les Bulldogs sont toujours capables de faire des miracles. Une équipe à suivre, assurément, si vous aimez le beau et vrai basketball.