Alors que nous sommes encore dans l’intersaison et que certaines équipes s’affûtent aux quatre coins du monde, c’est l’heure de reprendre les bonnes habitudes avec les CBB Preview. Présentation des cadors du championnat, sans oublier de vous faire découvrir des mid-majors méconnues, le tout 100% à la sauce Midnight On Campus. Aujourd’hui, Iona, qui compte bien être de nouveau le représentant de la MAAC à la March Madness.

Iona Gaels

  • 80.4 points de moyenne inscrits, 35.7 rebonds captés, 15.5 passes décisives délivrées et 78.8 points encaissés de moyenne ;
  • 11 apparitions en March Madness, 12 lors des tournois d’après-saison pour un record d’une victoire pour onze défaites ;
  • #3 en saison régulière dans la conférence MAAC, victoire en finale du tournoi de la conférence face à Siena (87-86) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Jordan Washington avec 18 points de moyenne.

Retour sur la saison

22 victoires pour 13 défaites – 12 victoires pour 8 défaites en conférence.

Qu’on se le dise dès le départ : oui, la saison d’Iona fut une grosse déception… Fort heureusement, l’équipe a eu un sursaut d’orgueil lors du tournoi de conférence afin de glaner la seule place à la March Madness. Mais que ce fut périlleux.

Le bilan sur la conférence, de 12 victoires pour 8 défaites, est juste aberrant pour les standards d’Iona. Les mots sont certes forts, mais c’est la première fois sous l’ère de Tim Cluess (qui a pris en main le programme en 2010) que les Gaels terminent avec autant de défaites au compteur. On était bien loin de cette équipe aussi étincelante offensivement, qui nous proposait un spectacle toujours aussi gratifiant match après match.

Le début de saison commence mal avec deux revers sur les deux premières rencontres, face à Florida State (99-78) et Nevada (91-76). Une fois n’est pas coutume, Iona se distingue avec une défense toujours aussi perméable… Ces derniers prendront leur revanche face à Nevada lors d’un tournoi à Anchorage (Alaska) avec une victoire de deux points. Après ce début délicat, c’est 8 victoires en 9 matchs grâce à une attaque qui passe régulièrement la barre des 75 points inscrits et une défense qui limite les dégâts le plus possible. Une recette qui marche depuis des années.

Comme vous pouvez le prédire, lors de la deuxième partie de saison, les résultats sont assez imprévisibles, avec des défaites largement évitables (face à Fairfield ou encore Canisius). Au même moment, le principal rival des Gaels, Manhattan, ne trouve pas la solution face à la superbe attaque de Iona, qui se réveille toujours au meilleur des moments.

Cependant, les deux rencontres contre Monmouth, leader de la conférence à la fin de la saison régulière, se soldent sur deux larges défaites.

C’est avec un seed 3 que se présente Iona au tournoi de conférence. Un premier tour aisé face à Rider (88-70) puis un autre face à la surprise de l’année et dauphin de Monmouth, Saint Peter’s (73-65) et voilà les Gaels à un match de la March Madness, comme si de rien n’était.

La finale est l’un des matchs les plus passionnants que j’ai pu voir cette saison face à l’étonnante équipe de Siena : jamais une équipe ne se détacha au score, jamais un gros écart n’était réalisé. Une prolongation sur un layup chanceux arraché par Iona et un Jordan Washington qui sort la cape de super leader sur la ligne des lancers francs pour tuer la rencontre. Littéralement un must-watch !

Malgré sa pire saison avec Iowa, Tim Cluess retrouve la March Madness et se frotte  à Oregon avec un seed 14. Malheureusement, il n’y a jamais eu match (55-37 à la pause) tant la qualité offensive des Ducks dominait la pauvre défense d’Iona (ce qui était prévisible). Au final, l’essentiel est assuré malgré la défaite (93-77) et cela conclut une saison avec des hauts et beaucoup de bas.


Les nouveaux visages

Il y aura du nouveau visage du côté d’Iona cette saison, que ce soit via transfert ou bien grâce au recrutement de la promotion 2017.

Les deux têtes d’affiche de ce recrutement XXL sont T.K. Edogi et Roland Griffin. Le premier arrive en provenance de Tulsa avec une dernière année d’éligibilité universitaire. Intérieur athlétique, T.K. Edogi affichait une moyenne de 4.2 points et 3.7 rebonds la saison dernière dans une équipe où il n’avait que des miettes en attaque. Il a un peu déçu sur son année junior, ne dominant pas l’AAC comme prévu, mais nul doute que dans une conférence où son profil est rare, il risque de s’amuser.

Roland Griffin arrive quant à lui des rangs du Junior College après une année intéressante de freshman à Illinois State. Mais voilà, des petits soucis médicaux (source officielle, mais en interne tout n’était pas rose…) l’ont forcé à partir du campus et de rejoindre le JUCO de Midland College (New York). Il reste ainsi relativement proche de son Junior College avec son arrivée du côté d’Iona, en apportant des minutes précieuses en sortie de banc au poste d’ailier.

En parlant d’arrière, le globe-trotter Zach Lewis aura aussi son mot à dire au niveau de la rotation, si ce n’est pour un poste de titulaire. Passé par Canisius, où il a connu une saison de freshman excellente avec une sélection dans le cinq majeur de la conférence, il a tenté sa chance à UMass. Ce fut un petit échec avec 8.8 points de moyenne, 4 de moins que sa deuxième année. Un nouveau coaching staff chez les Minutemen et c’est donc naturellement qu’il revient dans la conférence qui l’a fait connaître pour un dernier challenge.

Enfin, dernière recrue en provenance d’un autre programme avec le meneur de jeu Aakim Saintil. Après deux saison en JUCO, il a obtenu une bourse pour rejoindre LIU Brooklyn où il a brillé avec 12.6 points et 4.7 passes de moyenne. Meneur un peu old school, avec une grande réussite à trois points et une connaissance parfaite du pick-and-roll, il risque d’être une option non-négligeable dans le système offensif des Gaels.

Au niveau des freshmen, Iona attend beaucoup d’Andrija Ristanovic. Le natif de Belgrade, qui a fait son cursus lycéen du côté de l’Arizona, est une excellente addition dans le secteur intérieur des Gaels. Grand, mobile, il n’est pas encore prêt physiquement pour le niveau universitaire mais il apportera tout son QI basketball à son nouveau programme. C’est un pari pour le futur et nul doute que l’on reparlera de lui dans 2 ou 3 ans.

N’oublions pas C.J. Seaforth, fort scoreur, qui joue plutôt meneur mais qui peut dépanner en tant qu’arrière, qui n’aura pas un rôle conséquent pour ses premiers pas au niveau universitaire. Mais là aussi, c’est un pari sur l’avenir.


Le joueur à suivre de très près

Deyshonee Much (senior) : 9.5 points, 3.6 rebonds et 1.9 passes de moyenne.

Difficile de sortir vraiment un joueur du lot à suivre du côté d’Iona cette saison. Ceci dit, Deyshonee Much doit une revanche après un dernier exercice dans l’ombre de Jordan Washington.

Il a connu une saison junior bien moins productive que son année de sophomore (plus de 13 points de moyenne) ; il sera attendu au tournant pour sa dernière année parmi les rangs universitaires. Pur scoreur, il peut marquer des paniers dans n’importe quelle position sur le parquet. Il possède toutes les qualités pour être ce leader offensif cette saison : bon shooteur à trois points, en sortie d’écran, après une prise d’écran, à mi-distanc, le tout avec un physique que peut lui permettre d’aller se frotter aux intérieurs adverses.

Dans une équipe où les menaces seront multiples, Deyshonee Much risque d’être un peu plus libre dans son jeu et c’est tant mieux. L’année dernière, il n’était pas le joueur aussi brillant à voir qu’à l’accoutumé. La balle risque de circuler beaucoup plus cette saison et il devrait obtenir plus de responsabilités dans le système d’Iona. On veut retrouver ce prospect insouciant en sophomore, prenant des gros tirs clutch comme il n’est pas permis, avec la joie de vivre et le sourire.


Le cinq majeur possible

Rickey McGill (junior) : 10.5 points, 5.1 passes et 3.1 rebonds de moyenne ;

Schadrac Casimir (junior) : 7 points, 1.5 rebonds et 1.4 passes de moyenne ;

Deyshonee Much (senior) : 9.5 points, 3.6 rebonds et 1.9 passes de moyenne ;

E.J. Crawford (sophomore) : 9.4 points et 3.1 rebonds de moyenne ;

T.K. Edogi (senior) : 4.2 points et 3.7 rebonds la saison dernière à Tulsa.


Présentation de la saison

Vous en connaissez beaucoup des équipes issues des mid-majors qui peuvent se vanter d’avoir une rotation solide de 11 joueurs ? Difficile à trouver, même dans le paysage universitaire dans son ensemble Pourtant, c’est avec cette impressionnante profondeur de banc qu’Iona se présente pour reprendre le pouvoir au sein de la conférence MAAC.

Après une saison délicate, ponctuée toutefois d’une qualification à la March Madness, Tim Cluess possède l’effectif pour passer une saison relativement tranquille. C’est simple : pas moins de 9 joueurs peuvent marquer une dizaine de points en moyenne à chaque match. Il y a tellement d’options, que ce soit sur le cinq majeur et surtout sur le banc, que cela risque d’être un feu d’artifice offensif rencontre après rencontre ; déjà que c’était le cas avec un effectif plus réduit.

Mais c’est défensivement que Iona doit s’améliorer. C’est bien beau de marquer 90 points, mais si on en prend 91, cela ne sert strictement à rien. Le secteur intérieur est aussi encore un peu léger, surtout avec un E.J. Craword, ailier de formation, qui va devoir prendre le poste 4. Un jeu small ball, avec un seul intérieur de métier et quatre scoreurs qui l’entourent, cela peut devenir très fun !

Iona veut marcher sur la concurrence cette saison, tout simplement. Reprendre le titre de cador de la MAAC est primordial pour un tel programme. Sur le papier, on ne voit pas qui peut s’accrocher à une telle équipe. Toutefois, l’an dernier, Saint Peter’s avait créé la surprise dans la conférence.

Rien n’est acquis en basketball universitaire et c’est ce qui fait la beauté de notre championnat.