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(Crédit photo : Kelvin Kuo, USA TODAY Sports)

#1 Gonzaga sort indemne de la folle remontée de #8 Northwestern

En l’espace de 40 minutes, Gonzaga a montré le visage d’un futur champion ainsi que celui d’une équipe qui peut se faire sortir à n’importe quel moment de la March Madness. Si ce n’était pour la faute technique obtenue par Chris Collins, les Bulldogs se seraient trouvés en grand danger à moins de 5 minutes du buzzer final.

Northwestern a accompli une seconde mi-temps absolument fantastique, comblant un déficit de 21 points afin de revenir à seulement 5 points de retard, mais les émotions de son propre head coach ont pris le dessus. Cette saute d’humeur (légitime) coute aux Wildcats un succès et provoque la fin de la première “grande danse” dans leur histoire dont se souviendra nombre de supporters. Gonzaga résiste à ce comeback et se qualifie pour le Sweet Sixteen avec une victoire (79-73) arrachée par la peau des fesses.

“J’ai pensé que j’avais bloqué le tir et ils ont pensé que j’avais commis un faute. On n’était pas vraiment inquiet à propos de cela, et honnetement, je ne me souviens même plus,” décrit le pivot de Gonzaga, Zach Collins, avec une petite langue de bois.

Le freshman Zach Collins se trouve en effet au milieu de la tourmente. Tout le banc de Northwestern pense qu’il a contré un tir avec la main à l’intérieur du cercle (ce qui est le cas), mais les arbitres n’ont rien sifflé. Chris Collins prend une faute technique et coupe le retour fou de son équipe. Le pivot de Gonzaga a qui plus est joué le rôle de facteur X de la rencontre en sortie de banc (14 points, 5 rebonds, 4 contres), palliant à la rencontre manquée par le polonais et senior Przemek Karnowski (9 points, 4 rebonds).

Le meneur de jeu des Bulldogs Nigel Williams-Goss (20 points, 8 rebonds, 4 passes) a éclaboussé la rencontre de tout son talent en première période, avant, faut-il le préciser, de disparaitre lors des moments chauds, à l’image de la majorité de son équipe. Jordan Mathews (14 points, 3/8 à 3-points) a également joué un rôle dans la construction de l’avance de plus de 20 points et notre français Killian Tillie, arrivé à la rescousse lors de la remontée des Wildcats, s’est révélé très précieux aux rebonds et sur la ligne des lancers-francs (8 points, 5 rebonds en 14 minutes).

Du côté de Northwestern, les shooters fous que sont Vic Law (18 points à 4/6 à 3-points, 8 rebonds) et Bryant McIntosh (20 points, 7 passes) ont été les instigateurs d’une seconde période où tous les espoirs ont été permis. Toutefois, malgré l’apport de Scottie Lindsey (12 points à 4/13) qui devait se battre avec les fautes, ils se sont retrouvés bien seuls et n’ont pas été aidés non plus par leur entraineur.

Gonzaga ne compte pas se faire surprendre à froid et démarre la rencontre sur les chapeaux de roue. Les Bulldogs entament avec un 12-0 et prennent une belle avance après 10 minutes de jeu (18-6). Northwestern se trouve en effet incapable de suivre le rythme imposé. Les Wildcats forcent énormément en attaque, se contentant de tirer à 3-points sans que cela ne soit efficace du tout, et survivent tout juste en défense grâce aux manqués des adversaires.

Les hommes de Mark Few ne baissent pas en intensité, bien au contraire, en mettant en place par la suite un jeu en transition dévastateur. Les espaces s’ouvrent facilement dans la défense de Northwestern, complètement dépassée par les événements au même titre que les animations offensives insipides. Williams-Goss et Mathews continuent leur représentation, portant l’avance de Gonzaga à 20 points (32-12) à trois minutes de la mi-temps.

Les pensionnaires de la Big Ten, bloqués à 2 points marqués en 10 minutes de jeu, ne trouvent pas la solution. Vic Law débloque le compteur longue distance des siens après un 0/10 assez violent pour les yeux, mais cela ne suffit à ramener Northwestern au contact. Les Wildcats se heurtent inlassablement à la sublime défense des “Zags”, véritable oeuvre d’école, qui repartent aux vestiaires à la pause avec une large avance de 38 à 20.

L’équipe de Chris Collins revient sur le parquet avec de meilleures intentions et surtout une meilleure adresse aux tirs. Ainsi, Northwestern monte un petit comeback grâce à un jeu bien plus fringuant et prend son adversaire par surprise, forçant plusieurs turnovers d’entrée de seconde période. Mais malgré les efforts des Wildcats, Gonzaga ne vacille pas et garde un avantage oscillant entre 15 et 20 points, le tout en ouvrant le banc avec succès. Le freshman Zach Collins réalise une entrée remarquée, suppléant le polonais Przemek Karnowski, qui ne se trouve pas dans son meilleur jour.

Cependant, les efforts de Northwestern commencent à payer. Les Bulldogs continuent à enchainer les turnovers alors que les Wildcats ont retrouvé la mire. Le duo Vic Law et Bryant McIntosh se réveille au meilleur moment et tracte les siens à moins de 10 points du seed #1 de la région West (59-50 à 8 minutes de la fin). Gonzaga perd ses moyens en attaque et la pression de Northwestern est de plus en plus présente. Vic Law ponctue le run de 23-8 en cours pour revenir à 5 points de retard avec une claquette ravageuse, signe des dangers pour les champions de la WCC !

Malheureusement, Northwestern ne reviendra jamais plus proche que cela ; la faute à Chris Collins, le propre head coach de l’équipe. Il prend en effet un faute technique au pire des moments, à 5 minutes du terme, alors qu’il contestait une décision arbitrale houleuse. Oui, il avait raison, Zach Collins a commis une interférence sur une tentative, mais non, il n’avait pas à courir sur le parquet pour souffler dans les bronches de l’arbitre avec la balle en jeu.

“Si je vois un mec d’une autre équipe mettre sa main à travers le cercle et bloquer un tir, je vais réagir si la faute n’est pas sifflée,” avoue Chris Collins en conférence de presse.

“Je pense que tout le monde le ferait. Bien sur. Nous sommes tous émotionnel, et on revenait de 20 points de retard.”

Nigel Williams-Goss inscrit les deux lancers-francs, Jordan Mathews et Zach Collins ajoutent chacun un panier dans les minutes qui suivent et l’avance de Gonzaga est repassée à 10 points. La folle remontée de Northwestern s’arrête là. Le dunk de notre français Killian Tillie en contre-attaque à 1min42 de la fin sonne définitivement la fin des espoirs des Wildcats.

Gonzaga avorte une déconvenue majeure sur la ligne des lancers-francs. Les Bulldogs l’emportent 79 à 73, mais ce maigre avantage de quelques points se trouve à des années lumières de l’impression donnée en première mi-temps et l’écart de 21 points à l’entame de la seconde période. Les “Zags” ont montré quelques faiblesses nerveuses dans les moments chauds, des moments qu’ils n’ont pas réellement vécu au cours de la saison.

La qualification pour la Sweet Sixteen dans la poche, il faudra absolument remédier à cette fébrilité si Gonzaga espère atteindre le Elite Eight si ce n’est le Final Four. Mais ce n’est pas le talent qui manque, bien au contraire.

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