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(Crédit photo : Detroit Free Press)

Les blessures ont renforcé, et non diminué, Michigan State sur la route du Final Four

Alors que trois head coaches participent à leur premier Final Four en carrière, Tom Izzo retrouve cette position pour la huitième fois sous la houlette de Michigan State. Et les éléments ne sont pas nécessairement allés dans le sens des Spartans depuis le mois de novembre.

Accéder au Final Four malgré la perte de son meilleur joueur dénote d’un collectif inébranlable, où les contributeurs échangent leur place sur le parquet, pour le bien de l’équipe.

Et lorsque Joshua Langford est officiellement tombé pour le reste de la saison, à cause d’un pied cassé lors de la dernière rencontre hors-conférence face à Northern Illinois, fin décembre, on ne donnait pas cher des espoirs de Michigan State. Pourtant, l’équipe a répondu présent lorsque le brouillard s’épaississaient.

“C’est la chose à propos de cette équipe, on possède un très bon groupe de garçons qui s’aident entre eux,” explique Foster Loyer, lors des “media days” à quelques jours du Final Four. “On veut que chacun réussisse. Il n’y a pas de jalousie ou de ‘je devrais être sur le terrain’. On veut ce qu’il y a de mieux pour l’équipe, et l’on fera tout notre possible pour aider l’équipe à gagner.”

Les Spartans apparaissaient comme l’une des équipes les plus expérimentées de la ligue à l’aube de la saison. Et puis, petit à petit, les jeunes pousses ont été lancées de force sur le parquet.

Le senior Matt McQuaid a été ralenti pour une blessure à la cuisse dès les premiers jours de compétition. Le junior Joshua Langford a subi une blessure plus grave lors de la trêve hivernale. Le senior Nick Ward a jonglé avec les pépins physiques en fin de calendrier de conférence Big Ten, de même pour le junior Kyle Ahrens, qui se trouve toujours sur le bord de touche.

Au total, les joueurs de Michigan State ont manqué un total de 38 matchs depuis le début du mois de janvier ; et, coïncidence ou non, les Spartans jouent à leur meilleur niveau depuis lors.

 

Les blessures, plus de chance que de malchance ?

 

Chaque underclassman était bloqué par un vétéran en début de saison, jusqu’à ce que les barrières tombent les unes après les autres.

Tandis que Nick Ward soignait une blessure à la maison, le sophomore Xavier Tillman a émergé en tant que l’une des pièces maitresses du système des Spartans et a été titularisé à tous les matchs depuis le 20 février. Et, avec les blessures successives de Joshua Langford et Kyle Ahrens, le freshman Aaron Henry a doublé son compte de minutes jusqu’à exploser au Sweet 16, contre LSU.

“Cela a été une aventure incroyable,” révèle le freshman Foster Loyer, qui a alterné entre performances frustrantes et contributions efficaces.

Chaque soir, nous, les gars assis sur le banc, on est prêt pour le moment où notre nom est appelé. Cela a été le thème principal pour nous cette saison avec toutes les blessures : être prêt lorsqu’on est appelé et avoir une mentalité de ‘next-man-up‘.” 

Davantage de freshmen (et sophomores) ont participé activement au succès de Michigan State que Tom Izzo avait certainement prévu. Appelez cela de la malchance si vous voulez, mais, avec une qualification pour le Final Four, les Spartans semblent plus chanceux qu’on puisse penser.

Joshua Langford perdu pour la saison ? C’est certain qu’il s’agit d’un coup dur majeur.

Mais le dépositaire du jeu de Michigan State, Cassius Winston, a émergé en tant qu’un des meilleurs joueurs du pays en son absence. Kenny Goins et Xavier Tillman sont discrètement devenus une des paires d’intérieurs les plus efficaces (en attaque et surtout en défense), avec Nick Ward en soutien de luxe. Matt McQuaid apporte une contribution constante, qui est montée jusqu’à 27 points lors de la finale de conférence, gagnée, face à Michigan.

Et ces forces émergentes en bonne santé ont permis de peaufiner un système de jeu qui fonctionne à plein régime au cours de cette March Madness.

De nombreuses blessures, oui, mais elles ont évité les pièces essentielles des Spartans.

 

 

Joshua Langford, capitaine de route de Michigan State

 

Michigan State aurait certainement pu accéder au Final Four avec la blessure de Joshua Langford, mais, sans Kenny Goins, Xavier Tillman ou Cassius Winston ? Certainement pas.

Le trio a acquis une maitrise du spacing offensif, avec l’influence de Tom Izzo, tout en adoptant une solidité défensive qui a permis de dominer des équipes comme LSU ou Duke sous les panneaux, ce qui n’est pas une mince affaire. D’autant plus avec un déficit de talent et de qualités athlétiques.

Et pour expliquer la réussite des “x-and-o’s“, une réponse se trouve sur le banc de touche. Non pas auprès du head coach Tom Izzo, mais davantage auprès de l’éclopé, Joshua Langford.

Le junior devait amener les Spartans jusqu’au Final Four avec un leadership sur le parquet ; sauf qu’un pied cassé a contrecarré ses plans. L’arrière s’est alors transformé en soutien affectif et psychologique pour ses jeunes coéquipiers. Et nul doute que cette position entre en ligne de compte du succès.

“J’essaie juste de rappeler aux gars de rester calmes et concentrés,” explique Joshua Langford au micro de NBC Sports. “Je ne fais pas grand chose avec les schémas défensifs. C’est le job des entraineurs. Je rappelle juste au gars quel est le plan de jeu. Je leur rappelle de rester prêt.”

Joshua Langford se présente au U.S. Bank Stadium de Minneapolis avec Michigan State, pas forcément à la place qu’il espérait. Mais il y a trouvé une niche, en tant que leader vocal et grand frère d’une équipe qui n’a pas l’habitude de se reposer sur de jeunes joueurs.

“Il est blessé, mais il n’est pas absent,” décrit justement Aaron Henry. “Il était un freshman et il réalise à quel point c’était compliqué quand il est arrivé. Ce qu’il peut nous dire : des mots d’encouragement, de l’aide sur les assignations défensives, nous chercher pour aller en cours ou se rendre aux séances de film.

Tout ce qu’il fait est énorme pour nous.”

On peut facilement pointer du doigt les échecs de Michigan State sur les blessures subies par l’équipe en 2018-19. Mais, en y regardant de plus près, la plus lourde blessure est possiblement celle qui a permis les Spartans d’en arriver au stade du Final Four.

Une équipe universitaire est bien plus qu’une somme d’individualités, c’est avant tout un groupe de garçons qui jouent les uns pour les autres.

Et le résultat de l’Elite 8, entre Michigan State et Duke, montre que le collectif surpasse le talent dans les grands moments.