La saison de transition que nous promettions aux Buckeyes... n'a tout simplement pas lieu, le succès est déjà présent.

En décembre dernier, nous vous contions déjà les belles avancées de Chris Holtmann à la tête de Ohio State, qu’il ne dirige que depuis cet été suite à la retraite surprise de l’emblématique Thad Matta.

Un jeu plus up-tempo, moins old school, dans lequel les joueurs prennent plus de plaisir, et les spectateurs aussi.

Nous émettions tout de même des réserves lors de cette présentation, en anticipant, comme tout le monde, une saison de transition pendant laquelle Chris Holtmann allait intégrer petit à petit ses principes au jeu de sa nouvelle équipe, sans réel objectif d’une place à la March Madness en fin de saison.

Deux mois plus tard, l’ancien head coach de Butler n’en a toujours pas fini de faire progresser son équipe et Ohio State étonne de semaine en semaine.

Classés depuis plusieurs semaines au sein de l’AP Top 25, dont ils occupent la 14e place à l’heure actuelle, les Buckeyes n’ont perdu qu’un seul match dans une conférence Big Ten pourtant relevée cette saison. Et après leur victoire référence contre Michigan State, meilleur équipe du pays au moment des faits, Ohio State a continué sur son petit nuage pour cinq victoires consécutives, portant leur série totale à huit victoires de rang.

Seul petit hic depuis le début de la phase de conférence : la défaite contre Penn State le 26 janvier dernier dans un match étouffant conclu par un tir victorieux au buzzer de Tony Carr sorti de nulle part.

En dehors de cette fin de match surréaliste, les Buckeyes ne font pas que simplement gagner des matchs : ils proposent un jeu alléchant, et surtout, ils prouvent.

Ils prouvent aux observateurs, à leurs concurrents, à leurs supporters et surtout à eux-mêmes de quoi ils sont capables. Tous les matchs n’ont pas été faciles mais Ohio State a su montrer un sang-froid impressionnant dans plusieurs fins de matchs pour finir le travail et l’emporter.

Le symbole de ce succès : l’incroyable Keita Bates-Diop.

Depuis le début de sa saison senior, l’ailier de l’université de Colombus a pris une dimension très impressionnante. Début février seulement, il a marqué plus de points, pris plus de rebonds, distribué plus de passes décisives, contré plus de tirs et intercepté plus de balles que lors de sa meilleure saison sous les couleurs de Ohio State, il y a deux ans. Le tout avec 234 minutes de moins passées sur le parquet.

KBD33” s’est imposé comme un joueur incontournable de la conférence (nommé trois fois Joueur de la Semaine depuis janvier) et même du pays (retenu dans la liste finale de 20 joueurs nommés pour le Wooden Award).

Il a marqué au moins 20 points lors de sept des dix rencontres qu’il a jouées depuis janvier, avec deux pics à 32 points et 7 rebonds, contre Michigan State, ainsi que 35 points et 13 rebonds, contre Illinois.

Derrière lui, Jae’Sean Tate, C.J. Jackson et la révélation freshman Kaleb Wesson marquent tous trois plus de dix points en moyenne par match pour compléter l’escouade offensive des Buckeyes.

Au-delà du domaine offensif au sein duquel les hommes de Chris Holtmann surprennent, c’est le côté défensif qui, pourtant plus discret, leur permet de maintenir cette dynamique positive et de grimper petit à petit la hiérarchie des meilleurs programmes du pays.

Les Buckeyes figurent en effet dans le Top-50 des défenses de la Division I en terme de points encaissés (39e avec 66,2 points encaissés en moyenne par match) et du pourcentage de réussite adverse (41e avec 40,9% de réussite aux tirs seulement pour leurs adversaires).

Qui plus est, depuis janvier, ils ont réussi à contenir leur adversaire sous les 65 points à 6 reprises sur les dix rencontres disputées, et notamment les Spartans (26e meilleure attaque de pays avec 83,2 points marqués en moyenne par match) dans lequel ils n’ont encaissé que 65 points.

Ohio State a maintenant les yeux et les esprits tournés vers la rencontre au sommet de la conférence Big Ten, ce mercredi, contre #3 Purdue.

Les hommes de Chris Holtmann auront ainsi l’occasion rêvée de reprendre la tête de la conférence en cas de victoire, et surtout de frapper un grand coup en battant un sérieux concurrent direct sur son parquet.