NC State s’est défait d'un favori au College Playoff. Prometteur pour réaliser une très belle saison ?

Comme nous l’avons espéré, quelques upsets retentissants ont découlé de cette Week 4 et notamment celui de NC State face à Florida State (27-21). Si les Seminoles ont évidemment manqué de rythme après trois semaines sans jouer à cause de l’ouragan Irma, ils devaient également composer avec James Blackman, le true freshamn, qui faisait ses débuts au poste de quarterback en l’absence de Deondre Francois. Le Wolfpack a sauté sur l’occasion et a été très surprenant des deux côtés du terrain.

Depuis maintenant un paquet d’années, NC State arrive toujours à faire de bonnes saisons, terminant en général avec un bilan oscillant autour des 8 victoires. Mais malheureusement, le Wolfpack n’arrive pas à se sublimer pour jouer réellement les premiers rôles dans la conférence ACC. Il faut remonter à 2002 pour les voir avec un bilan final de plus de 10 victoires (11-3) et à 2010 pour voir l’équipe classée à la fin de la saison parmi l’AP Top 25.

Avec ce très bel upset, NC State peut donc enfin lancer une saison qui, pourquoi pas, atteindra le plateau des 10 victoires ? Ou encore une fois, le programme ne restera-t-il finalement qu’un troubleur de fête ?

Un effectif solide et équilibré

Dans un premier temps, intéressons-nous à l’équipe en elle-même avant de jouer les pronostiqueurs. Il est indéniable que l’université présente un très bon collectif s’appuyant sur une attaque et une défense, non pas exceptionnelles, mais assez bonnes. Il vaut mieux une équipe équilibrée des deux côtés du ballon plutôt qu’une attaque de feu avec une défense poreuse (oui, on parle de vous, UCLA).

Défensivement, le Wolfpack présente des titulaires qui savent jouer ensemble de par leur expérience. Sur les 11 titulaires, 8 sont seniors dont la totalité du front seven. Juste impressionnant. Le front seven justement, est la pierre angulaire de cette défense et notamment le pass rush. Comme nous avons pu le voir face aux Seminoles, il est très agressif sur l’homme et est intraitable lorsqu’il s’agit de plaquer le quarterback adverse (4 sacks sur James Blackman).

Au total cette saison, NC State se classe 33e en terme de sacks compilés avec 10 unités. Mais au-delà des statistiques, l’agressivité défensive se remarque aussi sur la capacité de la ligne défensive à mettre une pression monstre sur les adversaires. Cela est très difficile à gérer pour la ligne offensive adverse, notamment lorsqu’il s’agit d’aller chercher un first down. Le Wolfpack en autorise d’ailleurs seulement 15.3 par match en moyenne (18e en FBS).

Pilier fort de cette défense, le defensive end Bradley Chubb représente parfaitement cette mentalité. Il suffit de se pencher sur ses statistiques après quatre rencontres pour comprendre le phénomène : 3.5 sacks (15e), 7.5 TFL (6e) et 21 plaquages (9 en solo). Véritable monstre physique (1m93 pour 125 kilos), il écrase littéralement son vis-à-vis plusieurs fois matchs, ce qui fait de lui un poison pour l’adversaire. Demandez à Derrick Kelly, le left tackle de Florida State, ce qu’il en pense.

Le secondary quant à lui n’est pas une assurance tout risque, il faut l’avouer. Avec seulement trois petites interceptions (59e), les defensive backs ont du mal à créer des big plays qui soulageraient quelques fois la défense. Même avec un front seven très agressif, James Blackman a tout de même lancé pour 278 yards et a réussi à se connecter au moins trois fois avec quatre joueurs différents de l’escouade de receveurs. Une progression est donc attendue de la part des nombreux sophomores qui composent le secondary.

En attaque, avec 314.8 yards à la passe par match (14e), le jeu aérien est clairement l’atout fort du Wolfpack. Porté par le quarterback Ryan Filey et des receveurs assez talentueux, il a fait très mal à Florida State samedi soir. Très bien protégé par sa ligne offensive, l’une des meilleures du pays, Ryan Filey a pu distiller les passes à sa guise face à une pression plutôt légère, alors qu’en règle générale, il s’agit de l’un des meilleurs pass rush de la ligue !

Autre pierre angulaire de cette équipe, et non des moindres : Jaylen Samuels, le “Derwin James offensif du pays”. Si le defensive back des Seminoles est reconnu pour sa polyvalence en défense, Jaylen Samuels l’est aussi de l’autre côté du ballon. Que ce soit à la réception (64 yards sur 12 réceptions pour un touchdown), à la course (5 portées pour 11 yards) ou même à la passe (!) sur trick play (25 yards en un lancer), le senior était juste partout sur le terrain.

Enfin, le jeu de course a été plutôt bien remplacé du côté du Wolfpack malgré le départ de son meilleur playmaker en la personne du running back Matthew Dayes à l’intersaison. Son suppléant en effet, Nyheim Hines, fait le boulot sans être réellement exceptionnel (74 yards par match et 2 TDs), mais cela suffit lorsque l’on peut compter sur un jeu de passe très performant.

Le plateau des 10 victoires enfin atteint ?

NC State surfe donc sur un certaine vague malgré la défaite subie en ouverture face à South Carolina (28-35). Le programme reste sur une série de six victoires sur les huit derniers matchs, à cheval avec la saison dernière. Cependant, ce momentum peut-il durer ? Le Wolfpack peut-il atteindre les 10 victoires ?

A première vue, cela semble difficile rien qu’en se penchant sur les records du head coah Dave Doeren. Celui qui a sauvé son poste en fin de saison dernière n’a, effectivement, jamais dépassé les 3 succès pour 5 défaites lors des rencontres de conférence dans l’ACC depuis qu’il est à la tête de l’équipe (2013). Mais lorsque l’on se penche sur le calendrier, on se dit qu’il y a un coup à faire.

Sur le papier, si l’on regarde d’un point de vue général, NC State devrait perdre encore trois matchs face à Louisville, Notre Dame et Clemson (30% de chance en moyenne de remporter chaque partie selon les S&P+ projections de Bill Connelly). Faites le calcul et vous tombez sur un bilan final de 9-4.

Sur un match en revanche, les probabilités de victoire de NC State sont plus élevées d’autant plus qu’ils recevront les Cardinals et les Tigers dans leur antre. Si Clemson semble presque intouchable après son fabuleux début de saison, Louisville est prenable. Qui dit Louisville, dit Lamar Jackson mais également une ligne offensive plus que poreuse qui autorise de très nombreux sacks (7 contre Clemson).

Ainsi, comme nous l’avons vu, le Wolfpack compte sur un pass rush exceptionnel emmené par Bradley Chubb et pourrait gêner littéralement le vainqueur du dernier Heisman Trophy qui ferait face à une grosse pression. Avec ce possible upset, NC State pourrait donc finir à 10-3 sans compter le Bowl en fin de saison.

Alors oui, des défaites ne sont pas à exclure face à Pittsburgh, Wake Forest et North Carolina, mais au vu du potentiel du programme, il ne serait pas impossible de voir les hommes de Dave Doeren finir avec 10 victoires, ou au moins flirter avec. Seul l’avenir nous le dira.

DATE ADVERSAIRE RESULTAT
Sat, Sept 2 vs South Carolina L 35-28
Sat, Sept 9 vs Marshall W 37-20
Sat, Sept 16 vs Furman W 49-16
Sat, Sept 23 @ #12 Florida State W 27-21
Sat, Sept 30 vs Syracuse
Thu, Oct 5 vs #17 Louisville
Sat, Oct 14 @ Pitt
Sat, Oct 28 @ #22 Notre Dame
Sat, Nov 4 vs #2 Clemson
Sat, Nov 11 @ Boston College
Sat, Nov 18 @ Wake Forest
Sat, Nov 25 vs North Carolina