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La Salle Explorers A-10 2019
(Crédit photo : La Salle Athletics - Facebook)

“Zooming On” : La Salle peut créer la surprise en A-10 avec Ashley Howard

Ce n’est pas un secret de polichinelle : je regarde beaucoup (trop) les membres de l’Atlantic 10 depuis le début de saison. Et, cette fois-ci, je me suis attardé sur les progrès de La Salle, où le head coach Ashley Howard réalise un travail titanesque pour remettre les Explorers sur les bons rails.

Attendez-vous à manger des papiers sur cette merveilleuse conférence (hormis Dayton et Rhode Island, mais, les vrais savent que la #MoCCurse est réelle).

Ashley Howard est revenu en terrain conquis à La Salle

Ashley Howard n’était pas le plus grand basketteur de l’histoire de la NCAA. Il a réalisé un cursus honnête à Drexel avant de se blesser gravement, mettant fin à sa carrière de basketball.

Cette désillusion lui a permis de trouver sa voie : le coaching.

Sans attendre, il intègre le coaching staff de Drexel avant de rejoindre John Giannini à La Salle en 2004. Un passage avec la sélection nationale de Jamaïque et il retourne à Drexel… avant de se faire remarquer par Jay Wright.

Consécration, il intègre l’équipe d’entraîneurs de Villanova et il connaît la gloire chez les Wildcats (avec un excellent mentor) pendant 5 saisons. Il participe à l’éclosion des Wildcats sur le plan national, avec les titres de conférence ainsi que les titres nationaux à la March Madness qui ont propulsé les membres de la Big East sur le toit du basketball universitaire.

Forcément, quand La Salle est à la recherche d’un nouvel entraineur, le nom de Ashley Howard revient avec insistance et il hérite du poste de head coach des Explorers en 2018, au sein d’un programme à la dérive.

Sa première saison est un peu délicate à cause de l’extrême jeunesse au sein de l’effectif. La Salle termine dans les profondeurs de l’A-10 avec un bilan général effrayant (10 victoires pour 21 défaites). Pourtant, au terme du calendrier de conférence, les Explorers terminent avec 8 victoires, ce qui n’est pas anodin, même si l’adversité était moins dense que cette saison.

L’effectif est quasiment identique à l’année dernière pour cette deuxième saison. Un vent de fraîcheur souffle grâce à la promotion de freshmen, avec des prospects intrigants tels que Sherif Kenney ou encore Ayinde Hikim.

Et, avec les retours des cadres et des joueurs de deuxième année, La Salle se présente avec un groupe assez solide et prometteur.

Un début de saison solide et un titre en novembre, “what else” ?

On attend (un peu plus) La Salle au tournant en 2019-20.

En effet, personnellement, j’aime juger les head coaches sur leur deuxième saison. La première sert essentiellement à se faire une idée de l’effectif et à la création du futur roster. A l’heure actuelle, les Explorers affichent un bilan de 7 victoires pour 3 défaites, et surtout, un titre lors du Gulf Coast Showcase, en réalisant 3 excellents matchs contre des programmes supérieurs sur le papier.

  • Victoire contre Murray State sur le score de 75 à 64.
  • Victoire contre Wright State sur le score de 72 à 70.
  • Victoire en finale contre South Alabama (qui était l’une de mes équipes à suivre cette saison suite au recrutement XXL de l’an dernier) sur le score de 81 à 76, après prolongation.

3 jours cohérents pour les Explorers avec de bons enseignements pour la suite de la saison. Le plus important ? La Salle est une équipe extrêmement dangereuse à 3-points.

Et que dire du collectif.

Actuellement, La Salle est classée au 147ème au classement général de KenPom. Cependant, quand on regarde avec attention le calendrier, on peut espérer un meilleur classement.

Oui, la défaite contre Penn fait un peu mal, même si on sait que les Quakers sont redoutables et seront à la lutte avec Harvard en Ivy League pour une place à la March Madness. Mais, hormis les 3 derniers matchs, sur le papier, La Salle était inférieur statistiquement à leur adversaire.

La victoire en ouverture contre Iona est vraiment intéressante et les courts revers face à Temple puis Villanova montrent bien que les Explorers peuvent poser énormément de problèmes sur une rencontre (le deuxième acte contre Villanova, quand l’adresse est revenue, c’était chaud chaud !).

La Salle, une équipe adroite à longue distance

Oui, La Salle est une équipe adroite, c’est indéniable.

Quasiment 38% de réussite à 3-points par match (sachant que 42% des tirs de l’équipe sont à longue distance), soit la 37ème meilleure équipe du championnat dans un tel domaine, avec quelques redoutables pistoleros.

Une statistique intéressante : La Salle défend dur aussi sa ligne à 3-points, limitant l’adversaire à moins de 27% de réussite, soit la 14ème meilleure défense du pays sur cet aspect. Il faut dire que les extérieurs mettent une pression dingue, avec des profils qui peuvent se permettent d’être dans l’agressivité permanente.

Le problème de l’équipe ? Il est simple à analyser et cela saute aux yeux assez rapidement : le secteur intérieur.

Déjà, il n’y a aucun 7-footer dans le roster des Explorers. La plupart des équipes en possède au moins un. Le joueur le plus grand de l’équipe ? Brandon Stone et ses 6’11”. Le deuxième ? Ed Croswell et ses 6’8”. C’est petit, léger et il est difficile d’exister dans une conférence comme l’A-10 avec un secteur intérieur aussi peu dominant en taille.

Du coup, on comprend mieux pourquoi La Salle joue up-tempo, le tout en artillant à 3-points la plupart du temps. Mais, pour le moment, la tactique est payante.

Isiah Deas, le thermomètre des Explorers

Forcément, quand une équipe a tendance à prendre beaucoup de tirs lointains, c’est que vous avez les joueurs en adéquation avec un tel style de jeu.

Le senior Isiah Deas en est le parfait exemple, en tant que meilleur marqueur de La Salle avec 11.2 points de moyenne à 38.2% à 3-points. Et, comme tout bon shooteur qui se respecte, il peut prendre feu sur un match… comme passer complètement au travers.

Il ne déroge pas à la règle.

Il sort d’un match très prolifique avec 31 points à 6/11 de loin contre Morgan State, mais, il passe souvent au travers. Isiah Deas permet tout de même à l’équipe d’élever son niveau global quand il est “dans la zone“, n’offrant plus d’espaces à ceux qui aiment agresser le cercle.

Bonne nouvelle : La Salle a gagné des matchs quand il est passé à côté, et, c’est extrêmement encourageant de ne pas avoir une dépendance à son shooteur attitré.

Il faut dire qu’il est magnifiquement entouré cette saison.

Le junior David Beatty est un joueur très flashy, qui adore défier les intérieurs adverses pour coller quelques posters. Il est le 2ème meilleur scoreur des Explorers (10.6 points en moyenne) ; toutefois, il est aussi là pour défendre sur le meilleur joueur adverse.

En parlant de gâchette, comment ne pas citer le senior Saul Phiri. La 3ème option offensive de La Salle connecte quasiment 45% de ses tentatives, alors qu’il ne prend que 6 à 7 tirs en moyenne, en fonction du match.

Et que dire de la jeunesse, qui se montre à son aise en 2019-20 ?

  • Le sophomore Ed Croswell, l’un des seuls intérieurs de métier, est un joueur intéressant. Il compile 9.1 points et 6.6 rebonds de moyenne, avec une énergie assez folle, et il essaye de compenser les manquements aux postes 4 et 5 de son équipe (et il a du boulot, le pauvre…).
  • Sherif Kenney sort du banc en qualité de 6ème homme mais joue autant de temps que Isiah Deas, titulaire au poste. Meneur de petite taille, métronome, c’est un futur grand, vous l’aurez lu ici en premier.
  • L’autre freshman vedette, Ayinde Hikim, joue un peu moins mais à chaque fois qu’il est sur le parquet, il apporte sa défense et sa qualité d’agresseur de cercle. Lui-aussi, il faudra le surveiller de près lors des matchs de conférence.

La Salle, un simple écran de fumée… ou une équipe “chiante” à jouer ?

Dans un bon jour, La Salle peut battre n’importe quel adversaire. Sur la deuxième période contre Villanova, les Explorers sont revenus comme par magie dans le match.

Mais, dans une conférence A-10 qui possède de très bons joueurs qui défendent (notamment en individuelle) cela suffira-t-il ? J’émets un léger doute. Le salut passera par le collectif. Mais, une chose est sure, cela fait vraiment plaisir de revoir La Salle à un niveau aussi compétitif.

Et puis, honnêtement, une majorité de l’effectif n’est que junior ou sophomore (si ce n’est freshman). Le talent est présent et l’avenir est prometteur. Ashley Howard flaire les bons coups au niveau des promotions de freshmen et il installe une véritable identité à cette équipe.

Le titre lors du tournoi de novembre a prouvé que La Salle serait redoutable lors du tournoi de conférence et que l’enchaînement de matchs n’était pas un problème.

L’Atlantic 10 est prévenue et La Salle ne fait qu’ouvrir la porte.

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