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Bryce Aiken Seth Towns Harvard Crimson 2020
(Crédit photo : Timothy R. O'Meara - The Harvard Crimson)

“Zooming On” : une (triste) page se tourne à Harvard

L’intersaison en basketball universitaire bat son plein et le quotidien est rythmé entre les annonces, parfois surprenantes, de transferts et de départs pour la NBA Draft. Forcément, il existe des gagnants et des perdants. Et, comme souvent, les équipes issues des Mid-Majors sont dépouillées ; à l’image de Harvard.

Récit d’une fin de cycle pour le Crimson, qui promettait énormément sur le papier mais qui n’a jamais connu la finalité escomptée.

2016 : les débuts de la génération dorée avec Seth Towns

Alors que Harvard dominait l’Ivy League (avec une adversité moindre qu’à l’heure actuelle), 2016-17 sonnait le début de quelque chose de très grand sur le plan national.

Le staff de Tommy Amaker a réussi 2 belles prises sur la promotion de freshmen : Bryce Aiken (3-étoiles) et Seth Towns (4-étoiles). Les deux pépites sont devenues les fers de lances de la campagne du Crimson, qui voulait conquérir, outre l’Ivy League, le championnat dans son intégralité.

Se faire un vrai nom sur la scène universitaire. Et la première tâche des freshmen était de faire oublier la génération qui a connu le succès, emmenée par Wesley Saunders.

Sur le papier, le roster de Harvard était incroyable.

Le recrutement de Seth Towns avait fait grand bruit. Le talentueux intérieur 4-étoiles possédait pourtant Ohio State et Michigan dans sa liste finale de recrutement. Harvard rafle la mise et provoque un raz-de-marée. A ce moment-là, les grands noms ne venaient pas remplir les Mid-Majors et encore moins dans l’Ivy League. Heureusement, ce n’est plus le cas maintenant.

Lors d’une interview à la suite de sa décision, Seth Towns avait insisté sur le fait qu’il voulait devenir professionnel, en NBA, avec un diplôme de Harvard. Le basketball est éphémère. On peut se blesser et stopper sa carrière du jour au lendemain.

Fort sur et en dehors du parquet, il était le joueur idéal pour représenter le renouveau de Harvard. Et avec un joueur d’un tel calibre (il peut évoluer dans une équipe du Power Six sans forcer), le Crimson attirait les yeux des suiveurs.

Bryce Aiken, la relève de Jeremy Lin

Vous le savez certainement, Jeremy Lin est l’un des rares joueurs passés par Harvard qui a joué en NBA.

Un meneur de jeu soyeux à l’époque, scoreur, un QI basket très développé et un leader dans l’âme. Alors, quand Bryce Aiken a décidé de rejoindre le programme, les rumeurs de Jeremy Lin 2.0 allaient bon train.

Cependant, Bryce Aiken est différent.

Un combo guard par excellence et très vif sur ses premiers appuis. Un joueur qui adore attaquer le cercle et qui n’a pas peur du contact (cela lui sera fatal plusieurs fois). Un coéquipier qui sait se sacrifier pour le collectif et qui peut diriger les phases offensives en créant à merveille pour ses collègues.

Qui plus est, Bryce Aiken est arrivé à Harvard alors que Siyani Chambers, le meneur gestionnaire de l’époque, était senior. Il s’est révélé comme un mentor exemplaire pour Bryce Aiken, sur et en dehors des parquets. Et n’oublions pas quel joueur était Siyani Chambers, si élégant sur les parquets.

Le duo composé de Bryce Aiken et Seth Towns était si prometteur.

Harvard était devenu “hype” rien qu’avec ces 2 prospects. On espérait même une possible surprise à la March Madness tellement les attentes étaient grandes.

Et puis, Harvard est déraillé par les blessures…

J’aime beaucoup Harvard. J’aime beaucoup l’Ivy League et j’ai énormément de respect pour Tommy Amaker, qui est un head coach sous-estimé.

Forcément, avec toute cette hype et après une période assez solide avec Wesley Saunders, je suis aux anges. Mais, rien n’envisageait une suite avec 3 saisons moyennes. Rien ? Sauf les blessures.

Depuis 2 ans, on attend toujours de voir au moins 4 matchs consécutifs où Bryce Aiken et Seth Towns jouent en même temps sur le parquet.

DEUX SAISONS.

Bryce Aiken a connu une saison de freshman exceptionnelle, conclue avec le titre (logique) de Freshman de l’Année en Ivy League, et une mention dans la First-Team All-Ivy. Le 2ème freshman de Harvard à obtenir une telle distinction après Siyani Chambers.

Cependant, son style de jeu très agressif lui use les genoux. Et ils finissent par craquer lors de sa deuxième année. S’en suit des blessures récurrentes, sans jamais que le mal s’en aille véritablement.

Bryce Aiken est revenu fort en deuxième partie de saison en tant que junior, avec une pointe à 36 points contre Columbia. Il a ensuite porté Harvard à bout de bras lors du NIT, montrant son talent sur le plan national.

Mais, les vieux démons reviennent et il n’a participé qu’à 7 rencontres en 2019-20.

Si le cas de Bryce Aiken est frustrant (avec un nombre incalculable de blessures), l’histoire est beaucoup plus brutale pour Seth Towns.

Comme son coéquipier, tout se déroule bien en tant que freshman. Une moyenne de 12.3 points et 4.4 rebonds, un rôle de 2ème option offensive de l’équipe et 4 matchs à plus de 20 points durant cette saison. Après cette période d’adaptation et alors que Bryce Aiken est souvent blessé, Seth Towns prend le Crimson en main.

Il devient le 4ème joueur de l’histoire de Harvard à obtenir une mention dans une équipe-type AP All-American avec le titre de Joueur de l’Année en Ivy League. Il marche sur l’eau et, déjà, il attire l’œil des scouts de grandes écoles fascinées par le joueur.

Et, puis, c’est le drame.

Deux saisons blanche en deux ans.

Deux saisons sans que Seth Towns ne voit un parquet.

2020 : une (triste) fin et un gout d’amertume

Alors qu’on s’attendait à revoir un jour le duo avec le maillot de Harvard sur le dos, les deux joueurs ont décidés de partir pour une dernière chance en basketball universitaire.

Bryce Aiken a récemment annoncé son choix de finir son cursus à Seton Hall ; et soyons honnête, c’est une équipe qui lui correspond à merveille. Bien avant, Seth Towns avait révélé son envie de rejoindre Ohio State.

C’est donc terminé.

Le constat est simple et glaçant : Harvard n’a jamais été en mesure de rivaliser, excepté lors de la première saison des deux joueurs. Le pari de Tommy Amaker a connu un énorme flop et une longue période de transition se profile pour le Crimson. Il est évidemment difficile d’en vouloir aux joueurs, et, c’est même logique qu’ils demandent leur transfert.

D’un point de vue personnel, je suis vraiment déçu de ne pas les voir à nouveau sous le même maillot. Je pense honnêtement, qu’à 100%, Harvard aurait pu accomplir de (très) grandes choses. On ne le saura jamais et c’est bien triste.

La suite pour la maison de Tommy Amaker ? Reconstruire.

Un joueur tel que Spencer Freedman, un ancien prospect de Mater Dei qui n’a pas eu sa chance la saison dernière, peut enfin montrer l’étendue de son talent (mon papier date de 2017 mais il est toujours en vigueur). Et il faut surveiller la jeunesse du vivier de Canadiens avec Danilo Djuricic, Noah Kirkwood et Luka Sakota.

Certes, il existe moins de hype mais ce sont des joueurs fiables ; et c’est ce qu’il faut lors d’une période de reconstruction. Et puis, Tommy Amaker a déjà opéré quelques paris avec le recrutement de l’intérieur 3-étoiles Justice Ajogbor ou du meneur Evan Nelson.

De quoi espérer les premiers rôles dans l’Ivy League lors des prochaine saisons et d’insuffler un peu de joie chez les fans.

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