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Matt Bracket HC Hardin-Simmons Cowboys Division III 2020
(Crédit photo : Sul Ross State Athletics)

“Zooming On” : Hardin-Simmons Cowboys (Division III)

Troisième épisode de “Zooming On” : lumière sur Hardin-Simmons, qui évolue en Division III, et qui se révèle être une de mes belles découvertes/surprises du début de saison.

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus va plus loin que la couverture habituelle des Mid-Majors et propose des “Zooming On” sur des équipes de NAIA, de Junior College ou de Divisions inférieures. Après mon coup de coeur de Florida College (NAIA), on prend la direction de la Division III pour mettre en lumière le programme de basketball de Hardin-Simmons.

Qui est Hardin-Simmons ?

L’Université de Hardin-Simmons est une école privée, qui se situe à Abilene, dans l’Etat du Texas.

Le programme de basketball est apparu 2 fois de son histoire à la March Madness (il y a très longtemps en 1953 et 1957), pour 0 victoire et 2 défaites au compteur. Lors du dernier exercice en 2019-20, les Cowboys affichaient un bilan de 11 victoires pour 15 défaites, dont un record de 7-9 en conférence American Southwest.

Cette saison, Hardin-Simmons a été nommée dans le Top-2 de la conférence en présaison. Une meilleure saison est en vue pour les Cowboys. En effet, l’effectif est prometteur sur le papier, entre expérience et jeunesse. Le head coach Matt Brackett va avoir un peu de pression sur les épaules, après avoir redressé le programme depuis son intronisation. Il a mis en place une philosophie de jeu qui se caractérise par l’effort constant et une défense agressive. Il veut replacer son “alma mater” sur le devant de la scène nationale (en Division III) et c’est envisageable.

Hardin-Simmons a prévu d’affronter 2 programmes locaux qui évoluent en Division I : UT-Arlington et Abilene Christian.

La première affiche, face aux Mavericks, s’est jouée la semaine dernière et c’était le moment idéal pour parler de Hardin-Simmons et d’illustrer leur performance. Bon, UT-Arlington n’a pas forcé son talent pour s’imposer (91-66) ; mais, l’essentiel est ailleurs pour Hardin-Simmons.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Cowboys m’ont agréablement surpris.

Steve Quinn se montre dès le début de match

Comme on pouvait le prédire, le match allait être difficile pour le représentant de Division III. UT-Arlington possède l’avantage de taille et de physique. Et le début de rencontre illustre bien cette différence.

Surtout que les Mavericks jouent avec une belle adresse, qui sont connus pour être une équipe qui peut prendre feu à 3-points, avec quelques pistoleros dans l’effectif.

Mais, un joueur se met en valeur rapidement pour les Cowboys : Steve Quinn.

Le junior sort d’une saison de sophomore plus que prometteuse (12.1 points et 3.7 rebonds de moyenne) et il prend ses responsabilités rapidement avec 2 tirs à longue distance. C’est un ailier-fort qui aime s’écarter à 3-points, pour sanctionner de loin en sortie de pick-and-pop ou pour jouer son duel et driver vers le cercle.

Il peut même aligner à distance NBA et cela rentre facilement. D’ailleurs, il en a inscrit un autre un peu plus tard dans le match, sur une situation de pick-and-pop. Il peut devenir un profil de 3&D pour Hardin-Simmons.

Des fulgurances malgré la pression défensive de UT-Arlington

Souvent, l’équipe supérieure (sur le papier) essaye de plier rapidement le match ; sous peine de faire face au même scénario que South Florida-Florida College, où l’underdog qui s’accroche pendant tout le match.

Pour cela, les options sont nombreuses.

La plus commune est de faire une presse tout-terrain, en voulant forcer les pertes de balles rapides et inscrire des paniers faciles en transition. UT-Arlington a parfaitement respecté un tel plan de jeu avec une zone-presse pendant une grande partie de la rencontre. Cependant, cela n’a pas eu l’effet escompté : Hardin-Simmons a commis peu de pertes de balles.

Malgré une pression haute qui vise à trapper le porteur de balle, où on le force à porter le ballon vers le corner (et où les lignes de touche et de fond font office de défenseurs).

Toutefois, sans être très académique, le ballon arrive à l’opposé et une erreur de communication, notamment du numéro 5 de UT-Arlington, qui doit descendre d’un cran pour éviter la passe axiale ; ce qui va se produire. Au final, cela donne une situation de 2 contre 1 en faveur de Hardin-Simmons et les Cowboys préfèrent mettre le ballon à l’intérieur pour un panier “facile”.

UT-Arlington a gommé un peu cette erreur de placement au fil de la rencontre. Mais, on est loin de la multitude de ballons récupérés avec cette presse.

Les Mavericks défendaient essentiellement en zone, ce qui est (pour moi), un peu facile. Heureusement que la zone presse était là pour sauver les apparences. Le plan de jeu pour les Cowboys était de faire en sorte de prendre des tirs hors-raquette, où le différentiel de taille et de physique était largement en faveur des locaux. Ou alors, de faire vivre le ballon pour créer un décalage qui permet d’agresser le cercle adverse.

Même si ce fut difficile à la finition, Hardin-Simmons a offert quelques systèmes efficaces sur demi-terrain.

Les Cowboys proposent des attaques placées où les joueurs sont en mouvement sur quart de terrain, avec des écrans et un ballon qui arrive dans les mains du joueur en forme, dos au panier. L’adversaire doit venir à l’aide face au mismatch potentiel.

Et quand le joueur censé venir hésite, Steve Quinn n’hésite pas une seule seconde de plus et fait une passe à l’opposé, pour un coéquipier (étrangement) seul, qui ne se fait pas prier pour marquer l’offrande.

Ah, la fameuse zone où les regards sont sur le ballon et pas sur le joueur.

Des actions comme celle-ci furent nombreuses pour Hardin-Simmons.

Malheureusement, la finition leur a fait défaut.

Et les Cowboys ont perdu beaucoup de ballons face à la pression de UT-Arlington. Nous avons vu des joueurs qui se dribblent sur le pied, des air-balls ou des passes directement à l’adversaire. Je ne vous cache rien. Mais, c’est (presque) normal : la différence est immense entre les deux programmes, entre la Division I et la Division III.

Cependant, Hardin-Simmons a montré un visage séduisant… malgré des passages à vide qui ont fait mal au tableau d’affichage. Dommage.

En défense, on ne renie pas sa philosophie !

Au contraire de leur adversaire du soir, Hardin-Simmons n’a pas joué contre-nature et a défendu… en homme à homme… malgré les différences de gabarits et de talents.

Les Cowboys n’ont pas renié leur philosophie malgré l’adversité.

UT-Arlington affichait 50% aux tirs et 50% à 3-points (9/18). Le programme a été adroit malgré des bonnes séquences défensives des visiteurs. Sur l’action suivante, les joueurs sont toujours devant leur adversaire, malgré la bonne circulation du ballon. On entrevoit même une trappe bien sentie, pour le coup, mais sur un petit coup du sort, le porteur de balle garde le contrôle du cuir. S’en suit un pick-and-roll où le défenseur loin du ballon anticipe la relation avec le poseur d’écran et le porteur de balle.

Sauf que ce dernier voit qu’il a un coéquipier seul à 3-points et fait le bon choix en lui offrant un caviar, qui termine forcément dans le cercle.

UT-Arlington a réalisé un bon match en attaque, avec de l’alternance entre tirs primés et paniers près du cercle. Le match s’est joué aux rebonds : les Mavericks affichent 18 rebonds offensifs, en sachant que les Cowboys totalisent 23 rebonds au total. Le différentiel est énorme ; mais, plutôt logique.

De manière générale, les Mavericks n’ont pas eu à forcer leur talent.

Et dans un bon jour en attaque, cela devient une mission impossible pour Hardin-Simmons.

Des choses prometteuses pour le futur de Hardin-Simmons

Le coaching staff a eu l’intelligence de faire tourner son effectif pendant le match, chose que l’on ne voit pas forcément à chaque fois. Certains entraineurs préfèrent faire jouer les cadres le plus longtemps possible pour éviter une déculottée (vous savez, la petite crise d’égo des familles).

Matt Brackett s’est servi de la rencontre pour ouvrir son banc. Cela donne de l’expérience aux jeunes du banc, mais aussi, aux joueurs secondaires. C’est toujours bon à prendre et cela servira tôt ou tard dans la saison. 7 joueurs ont joué plus de 10 minutes (et le dernier joueur a joué 8 minutes) en sortie de banc !

Le sophomore Trey Brown s’est notamment montré durant son temps sur le parquet (4 points, 3 rebonds) et il a sorti une excellente séquence. Au four et au moulin.

Un trio de freshmen s’est aussi détaché au niveau des joueurs du banc.

Jackson Robinson affiche 6 points, Jordyn Vincente termine avec 10 points et surtout, Miles Goodman s’est fait plaisir avec une action où on le voit défendre dur et est récompensé par son coéquipier. Il file au dunk, seul, et on le voit heureux (avec un petit sourire en coin).

Voilà pourquoi j’aime ce genre de match.

C’est une opportunité en or pour ces joueurs de Division III, en l’occurrence.

https://twitter.com/Julien_Korver26/status/1337709094325669888

La jeunesse de Hardin-Simmons est vraiment prometteuse avec ces 3 prospects. Le programme s’appuie sur le vivier texan pour construire son équipe. Et le coaching staff inculque des vraies valeurs au niveau du basketball.

Vivement le match contre Abilene Christian, prévu le 16 décembre, si tout va bien.

Hardin-Simmons en résumé ? C’est une équipe qui a le futur devant elle grâce à sa jeunesse. Actuellement, les Cowboys affichent un bilan de 3 victoires pour 2 défaites ; et cette dernière défaite est encourageante pour la suite de la saison. Les fondamentaux sont là tandis que la philosophie de jeu est en adéquation avec les talents au sein de l’effectif. Ils peuvent entrevoir une fin de saison avec une qualification pour le tournoi national de Division III.

En tout cas, bravo messieurs.

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