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Matt Simpson Guard Florida College Falcons vs South Florida Week 1 2020
(Crédit photo : Florida College Falcons Athletics)

“Zooming On” : Florida College Falcons (NAIA)

Premier épisode de “Zooming On” : lumière sur Florida College, petit programme de Floride, qui évolue en NAIA (association en marge de la NCAA avec un niveau équivalent à la Division II) et qui n’était pas loin de sortir une grande sensation face à South Florida.

Cette nouvelle saison de basketball universitaire a été lancée par une journée d’ouverture assez dense en terme des matchs. Il y en avait pour tous les goûts. Que vous soyez un fan absolu, un spectateur néophyte qui souhaite se mettre à la page ou un curieux en quête de prospects pour la prochaine NBA Draft.

Et les Falcons de Florida College m’ont particulièrement plu face aux Bulls de South Florida.

Florida College, si près de l’upset

Sur le papier, cela devait être un match plutôt tranquille pour South Florida, pensionnaire de l’AAC à domicile, plus fort physiquement avec une plus grande profondeur de banc et de talent. Mais, la vérité du parquet en basketball universitaire est bien souvent différente du scénario tout écrit (et tant mieux).

Florida College n’a pas été qu’un simple punching ball, bien au contraire. Ils ont donné du fil à retordre aux Bulls.

Les visiteurs commencent sans préjugés, bien aidé, il faut le dire, par le calendrier de NAIA, qui est déjà bien avancé (8 matchs au compteur pour l’équipe et un bilan de 5 victoires pour 3 défaites). Les automatismes sont là. Contrairement à USF, qui se cherche encore ; mais c’est normal avec le contexte actuel (peu d’entraînements et de matchs de pré-saison). D’ailleurs, Florida College fait une bonne partie de la première période en tête et mène à la pause (46-42).

Cependant, le retour des vestiaires est fatal pour les Falcons.

South Florida place un petit coup d’accélérateur, hausse son niveau de jeu défensif et donne par la même occasion des points faciles en transition.

Peu à peu, les Bulls prennent l’ascendant jusqu’à compter 14 points d’avance ; sans pour autant se trouver en capacité de se mettre définitivement à l’abri. Ce qui est surprenant quand on voit les intérieurs de l’équipe, physiques et plus grands que leur adversaire. On se demande pourquoi tant la différence de profil était criante.

USF s’en sort bien avec une victoire sur le score de 94 à 84 et trouve un petit rythme en fin de match, seul point positif de la rencontre.

Mention particulière pour le français Alexis Yetna. Il est revenu sur le parquet après une lourde blessure au genou subie juste avant le début de saison dernière. Un temps de jeu limité, comme prévu (12 minutes), mais un apport non-négligeable (9 points et 4 rebonds) avec une très bonne activité défensive.

Cela fait plaisir de le revoir sur le parquet.

David Collins (senior) termine avec 17 points, 5 rebonds, 3 passes et 3 interceptions pour les Bulls, alors que le talentueux sophomore Jamir Chaplin ajoute 14 points et 7 rebonds. Premier succès loin d’être convaincant face à une équipe très accrocheuse de Florida College.

Une petite douceur offensive dans ce monde de brutes

Ce serait faire injure au championnat de NAIA ainsi qu’à tous les acteurs des équipes de dire que le niveau de jeu est faible. Les Falcons ont démontré qu’il faut prendre au sérieux les équipes qui y évoluent. Elles sont capables d’être plus qu’un simple adversaire d’entraînement pour les programmes de Division I.

En fait, c’est un peu comme les Mid-Majors.

Sur le papier, il n’y avait aucun matchup favorable à Florida College en attaque. USF était plus grand, plus physique, plus athlétique. Et, dans ce genre de situation, l’approche d’un tel match en tant que head coach peut se caractériser en 2 aspects :

  • défendre dur, en mettant une pression constante et des prises à deux, pour provoquer des pertes de balles et donc du jeu en transition.
  • ou alors, jouer up-tempo et prendre beaucoup de tirs, souvent lointains.

Cela tombe bien. Le head coach des Falcons Chase Teichmann prône cette mentalité de défendre dur (et pas de zone) avec une forte proportionnalité de tirs à 3-points. Pourquoi proposer quelque chose qui n’est pas naturel, en même temps.

Florida College a abordé ce match (sur les antennes nationales, qui rajoute une pression supplémentaire) comme un match lambda, en jouant son jeu, peu importe l’issue du match. On aime cette prise de risque Le plan de jeu des Falcons est simple en amont : du 4 out avec un intérieur qui est là pour poser des écrans et faciliter le jeu de ses coéquipiers. Les joueurs sont en perpétuel mouvement et c’est difficile de défendre pour des joueurs physiques (comme à USF) loin de la raquette.

Florida College alignait 4 joueurs à l’extérieur de la ligne à trois points, tous pouvant tirer à longue distance. Cependant, la menace numéro une venait de Matt Simpson. Le junior, scoreur incroyable, figurait dans le Top-10 national (en NAIA) la saison dernière.

Dès les premiers instants du match, on essaye de le trouver sur le jeu placé. C’est un peu normal en étant le leader ; d’autant plus qu’il sortait d’une performance à 36 points (11/15 aux tirs). Son premier panier intervient après un joli système, exécuté à la perfection.

Une simple coupe vers le panier pour lui, sans résultant probant. Il se replace à l’opposé, demande le ballon, mais ne l’a pas. Il coupe une nouvelle fois vers le panier (sans grande prétention d’avoir le cuir), en se mettant entre l’angle zéro et à 45. Son coéquipier reçoit le ballon en mouvement, il peut continuer son drive mais il préfère servir Matt Simpson (bonne lecture de sa part), qui est seul, son défenseur étant absorbé par le porteur de balle. Une erreur que va convertir le scoreur sans trop de difficulté.

Sur cette action, on peut admirer le jeu en mouvement avec et sans ballon des joueurs de Florida College, avec des écrans poste haut pour les backdoors. Finalement, cela se termine par un tir ouvert du meilleur shooteur de l’équipe. Il y a pire comme situation.

Nouvelle situation sur demi-terrain, avec cette fois, l’intérieur en position du créateur.

Il attaque la ligne de fond depuis la ligne à 3-points, provoque la prise à deux (bonne défense) et arrive à trouver Matt Simpson à l’opposé sur une passe qui, soyons honnête, ne doit jamais voir le jour avec une vraie attitude défensive. Le shooteur reçoit le ballon et déclenche immédiatement, en déséquilibre.

“Filoche”.

Matt Simpson est un pur scoreur.

Il possède cet instinct de tueur quand il est ballon en main (ou quand il le reçoit). Pourtant, malgré un bon début de match, il a été un peu maladroit contre South Florida. Il termine avec 16 points à 6/15 aux tirs. Toutefois, il s’est montré dans les autres domaines du jeu, que ce soit aux rebonds (5) et à la création (3).

C’est un joueur intelligent dans son jeu et ne se contente pas que de prendre des tirs. D’ailleurs, souvenez-vous de ses coupes au panier en première période, en mode “je coupe car il faut couper”.

Et bien il a inscrit un panier dans la même situation en début de second acte. Le défenseur le suit, pensant qu’il fera une nouvelle coupe vers le panier pour rien… Comme quoi, être toujours en mouvement sur le terrain (sans pour autant toucher le ballon) paye tôt ou tard.

Avec un leader en délicatesse avec son tir, Florida College devait trouver des options pour prendre la relève.

Et, quoi de mieux qu’un senior pour occuper un tel rôle.

Jalon Perry a réalisé un match dantesque et a tourné en ridicule ses défenseurs, qui ont été incapables de le stopper par moments. Toujours en rythme sur ses tirs. Agression du cercle. Et, sa spéciale, le tir à 2-points lointains en catch-and-shoot.

Une panoplie complète.

Jalon Perry a gratifié le public de quelques paniers difficiles, sur la tête des joueurs de USF. Il s’est montré sous son meilleur visage au meilleur des moments et nul doute qu’une équipe en Europe doit le suivre avec attention. Il peut devenir un joueur de banc d’une équipe honnête, en électron libre. Lui aussi fut une belle découverte.

Enfin, comment ne pas attribuer une petite mention au freshman Ladarron Cleveland.

En difficulté sur la première période, mais qui a maintenu son équipe pendant un petit laps de temps au retour des vestiaires, il termine avec 12 points et 7 passes. Nul doute qu’il sera la tête d’affiche des Falcons lors des prochaines saisons.

De manière générale, l’attaque de Florida College est simpliste de par sa forme, mais on le sait bien avec ce genre de fond de jeu : quand vos joueurs adhèrent et que vous avez des profils pouvant jouer dans ce système, c’est un casse-tête pour l’adversaire (surtout quand vous êtes adroits).

Plutôt solide en défense malgré les gabarits de South Florida

Pour espérer un upset, il faut que l’attaque et la défense soient productives.

Preuve une nouvelle fois avec Florida College.

L’équipe a plutôt bien défendu, en homme-à-homme, pendant une grande partie du match. Le plan de jeu était parfait : on essaye de couper les lignes de passe pour les intérieurs… tout en essayant de chasser les joueurs loin du cercle. Si par malheur, le ballon arrive poste bas, on attend un dribble ou deux avant de sortir une prise à deux.

À plusieurs reprises, les intérieurs d’USF (et notamment Michael Durr) n’étaient pas loin de faire une tête de plus (7-footer) que les joueurs des Falcons, mais, ils étaient plus souvent loin de la raquette plutôt que près du cercle.

Et, South Florida a mis 12 minutes avant de mettre un panier à l’intérieur.

Oui, 12 minutes, c’est long.

Avant cela, des répétitions de tirs forcés à 2 ou 3-points et un manque de rythme criant. Cependant, il faut donner du crédit à la défense des visiteurs. La stratégie de jouer petit permet une certaine pression sur le porteur de balle et loin du ballon.

Mais, cette débauche d’énergie des deux côtés du parquet s’est payée au retour des vestiaires.

Entre un manque d’adresse et un repli défensif en demi-teinte, South Florida a inscrit des points faciles en transition et a comblé son déficit au tableau d’affichage (avant de passer devant) lors du mini-run.

Un manque de lucidité en deuxième période peut se comprendre. Les deux programmes ne boxent pas dans la même catégorie. Et c’est la première cause de cette défaite de Florida College. Ils perdent des ballons anodins et, défensivement, n’ont plus le même impact.

Ce passage à vide ne reflète pas la belle opposition proposée par les visiteurs.

La suite pour Florida College ?

Après ce bel interlude face à une équipe du plus haut niveau de la NCAA, le championnat de NAIA reprend ses droits pour Florida College.

Cette défaite va permettre de faire progresser le groupe qui a montré un visage séduisant. Cela va faire du bien et le titre en SSAC (Southern States Athletic Conference) est en ligne de mire. Les Falcons possèdent de bons prospects qui mériteraient une chance en Division I ainsi qu’un coaching staff de talent, qui est en harmonie avec ses joueurs.

Florida College prouve qu’il y a des joueurs avec du potentiel qui évoluent loin du championnat que l’on suit.

C’est aussi un joli coup de pouce pour la NAIA, qui, dans ce contexte actuel, en a bien besoin. C’est toujours plaisant de découvrir des équipes telles que Florida College et c’est rafraichissant. On souhaite bon courage à l’équipe et au staff pour la fin de saison.

Et, tout simplement, merci messieurs pour ce magnifique match.

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