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Nathan Knight William & Mary vs High Point 2020
(Crédit photo : William & Mary Tribe Athletics)

“Steal of the NBA Draft” : Nathan Knight (William & Mary)

La période actuelle est assez difficile à l’échelle mondiale à cause de la pandémie du COVID-19, notamment aux Etats-Unis. La NBA Draft a été décalée et l’incertitude plane sur la plupart des championnats universitaires, basketball inclus.

Du coup, les scouts ont plus de temps pour observer les futurs talents qui se présentent à cette nouvelle cuvée. Et même si la NBA Draft n’est pas une part importante dans notre ligne éditoriale, on aime offrir des chroniques sur nos poulains qui passent à l’échelon supérieur.

Aujourd’hui, peut-être l’un des plus beaux steals au second tour de cette NBA Draft, Nathan Knight en provenance de William & Mary (Colonial).

Mais, qui est Nathan Knight ?

Nathan Knight est né le 20 septembre 1997, il a grandi près de Syracuse (New York) et a étudié au lycée de Nottingham High School.

Comme pour beaucoup de personnes à cet âge-là, il ne se focalise pas que sur un sport, mais plutôt deux. Il jongle entre le basketball et le baseball, où il été lanceur. Sauf que Nathan Knight connait une petite poussée de croissance et c’est donc vers le ballon orange qu’il décide de se tourner.

Il a réellement explosé aux yeux des scouts lors de son année de snior en Prep School (à Kimball Union Academy), où il a tourné à 14.1 points et 7.4 rebonds de moyenne avec une multitude de récompenses à la clé. Il a cassé entre temps quelques cercles en AAU et il se montre dominant sur ses adversaires grâce à ses qualités physiques.

Cependant, ce n’est pas assez pour décrocher des bourses d’universités du Power Six.

Nombre d’écoles des Mid-Majors se positionnent sur son dossier, dont George Mason, Duquesne ou Temple.

Mais, contre toute attente, Nathan Knight ne rejoint pas un campus près de chez lui. Il prend la direction de l’Etat de Virginie et s’engage avec William & Mary. C’était un peu surprenant ; cependant, avec la réussite qu’il a connu avec la Tribe, ce fut peut-être la meilleure décision.

Retour sur sa carrière à William & Mary :

Le projet de Nathan Knight est assez clair pour Tony Shaver, le head coach de William & Mary : une saison d’apprentissage avant de prendre plus de responsabilités.

Malheureusement, un petit hic dans le plan de développement dès ses premiers pas sur un parquet universitaire. Il gratte du temps de jeu au fil de sa saison de freshman, affichant presque 18 minutes de moyenne pour un rendement plus qu’honorable : 8.2 points, 4.4 rebonds et 1.3 contres de moyenne.

Soyons clairs : l’apport de Nathan ne se transcrit pas forcément sur la ligne de statistiques. La preuve, dès sa première saison, il remporte une nomination dans le cinq majeur des rookies en Colonial (le 21ème joueur de William & Mary élu et le 9ème sous l’ère de Tony Shaver).

Et, surtout, il est élu par ses coéquipiers en tant que « meilleur défenseur de l’année » à William & Mary. Le « petit » Nathan Knight fait déjà l’unanimité au sein du vestiaire.

Dès sa saison de sophomore, sa carrière universitaire prend un virage à 180 degrés.

Une place de titulaire en poche ainsi qu’une moyenne de 18.5 points, 7.3 rebonds, 2.2 passes et 2 contres. A cela faut-il ajouter une flopée de distinctions, la plus prestigieuse étant celle décernée par CollegeInsider.com, qui l’a nommé en tant que « Lou Henson Mid-Major All-American » en 2017-18.

En gros, parmi les meilleurs joueurs en Mid-Majors.

Nathan Knight est entré dans les livres des records de la Colonial au cours de cette saison de sophomore : il a égalé un record de 2012 avec 8 contres sur une rencontre, soit le 4ème meilleur total dans cette catégorie.

Nathan Knight a-t-il déjà montré son plein potentiel ? Non. Et il fait taire tout le monde lors de son année de junior, très importante pour lui sur le plan national.

Il attire l’oeil des non-initiés des Mid-Majors avec des performances XXL, ce qui lui permet, entre autres, d’atteindre le Top-5 du « Kareem Abdul-Jabbar Center of the Year ». Oui, vous avez bien lu, Nathan Knight est entré dans le gratin des pivots de basketball universitaire.

C’est une belle récompense pour un joueur qui n’avait pas eu de hype via des Power Six à la sortie de son cursus lycéen. Une bien belle revanche. Sans oublier les autres nominations ainsi que les titres individuels dans la conférence.

Il continue de proposer un travail monstrueux des deux cotés du parquet. Et il s’illustre aussi au niveau de sa vision du jeu, ce qui reste assez rare pour un joueur de son profil. Le pivot a passé à cinq reprises la barre symbolique des 5 passes décisives par match (ce qui peut faire rougir quelques meneurs), avec un record en carrière de 7 passes lors du quart de finale du tournoi de conférence Colonial.

Malgré cela, un petit séisme se déroule à William & Mary.

L’emblématique head coach de la Tribe, Tony Shaver, est viré pour des mauvais résultats (pas de March Madness et une difficulté de réussir au tournoi de conférence). L’inquiétude était réelle en Virginie. Un des meilleurs prospects de Mid-Majors allait-il terminer son cursus en Power Six ? Ou succomberait-il à la tentation de la NBA après une saison junior très solide et une cote qui ne cesse de grimper ?

Que nenni : Nathan Knight reste fidèle à William & Mary et rempile pour une saison de senior.

Beaucoup ont questionné un tel choix. Fut-il payant ? Je vous laisse juger.

  • Joueur de l’Année en Mid-Majors (Lou Henson Award).
  • Joueur de l’Année en Mid-Majors pour Basketball Times.
  • Joueur et Défenseur de l’Année en Colonial.
  • Joueur de l’Année (Virginia SID State)
  • Finaliste au Kareem Abdul-Jabbar Award, qui récompense le meilleur pivot de l’année.
  • Nomination au “USBWA Oscar Robertson Trophy”, qui récompense le meilleur joueur de la saison en Division I.
  • Second-Team All-American au “Lefty Driessel Award”, qui récompense le meilleur défenseur de l’année.
  • Récipient du “Lou Henson Award”, qui récompense le meilleur joueur de la saison au sein des conférences de Mid-Majors.

Bon choix de revenir une saison supplémentaire à William & Mary, n’est-ce pas ? Encore du rab ? Pas de soucis.

(Crédit photo : William & Mary Athletics)

Et en étant nommé meilleur joueur et meilleur défenseur en Colonial en 2020, Nathan Knight devient seulement le deuxième joueur de l’histoire de la conférence à obtenir ces deux distinctions dans la même saison. Il est aussi devenu le quatrième joueur de l’histoire en CAA et le premier depuis 1989 à afficher plus de 20 points et 10 rebonds de moyenne.

Parce que, oui, Nathan Knight est aussi une machine à double-double.

Il a terminé le dernier exercice avec 23 doubles-doubles en 32 matchs, soit le deuxième meilleur total de la saison derrière l’intérieur de Notre Dame, John Mooney.

Une dernière statistique pour la route à propos de la saison historique de Nathan Knight ? Une moyenne supérieure à 20 points, 8 rebonds, 3 passes et 2 contres. Plutôt complet, n’est-ce pas ? Le dernier prospect à avoir une telle ligne statistique ? Tim Duncan, à Wake Forest, lors de l’exercice 1996-1997.

Seule ombre au tableau, il n’a jamais connu la March Madness.

C’est vraiment dommage et forcément, celui ne joue pas en sa faveur pour la NBA Draft (car oui, certains scouts ne jugent que par les performances en March Madness, ce qui nous donne des situations comiques au moment des. sélections).

Mais, hormis cet accident, le cursus de Nathan Knight a été tout simplement extraordinaire.

Que vaut réellement Nathan Knight ?

On dit souvent que les statistiques ne reflètent pas l’apport réel d’un joueur sur un parquet. Et que cela masque forcément des défaillances. C’est un peu vrai pour Nathan Knight… tant son apport dans l’ombre est conséquent !

Il respire un joueur fort physiquement, difficile à bouger et qui épuise vite son adversaire direct plus le match arrive à son terme.

Ses points forts ?

Sans aucun doute, son principal atout reste son physique. C’est un profil un peu old school au niveau des pivots ; bien loin du stéréotype actuel avec des grands qui sont allergiques à mettre un pied dans la raquette.

Sa finition n’est pas la plus belle mais il est terriblement efficace près du cercle. Il possède une mécanique de tir assez bonne. Et même s’il n’aime pas trop s’écarter, il peut toutefois le faire au besoin : 28% à longue distance (3 tentatives de moyenne), c’est assez faible sans être alarmant. Là où sa bonne mécanique de tir parle le mieux, c’est sur la ligne des lancers francs. Un joli 77% en tant que senior à plus de 7 tentatives de moyenne. Pour un joueur de son profil, qui aime le contact et se frotter avec les intérieurs adverses, le fait qu’il soit une « valeur sûre » sur la ligne de réparation est une excellente chose pour le futur.

Mais il ne faut pas cataloguer Nathan Knight comme un simple intérieur physique qui n’est bon que sur les pick-and rolls.

Au contraire, il est arrivé à développer une autre facette de son jeu : le « un contre un ». Que ce soit sur un spin move, face au cercle ou bien encore sur un post-up, il est efficace.

Une autre chose à prendre en compte : il peut finir main droite (main faible) et main gauche près du cercle. C’est assez rare pour être souligné. Son handle reste certes perfectible, mais, on en demande moins pour un pivot que pour un meneur.

Il est parfaitement capable de dribbler sous pression, face au jeu, pour se créer une situation favorable près du cercle. Chose qu’il ne faisait pas il y a deux ans.

Il ne faut pas oublier que sa vision de jeu et sa qualité de passe pour un pivot. Nathan Knight n’a cessé de progresser et s’est adapté parfaitement avec un nouveau statut de leader et capitaine sur le parquet.

Lors du jeu en transition, il prend souvent la position poste bas, demande le ballon et provoque une prise à deux. Combien de fois on a pu voir cette situation. Vouloir chercher ses coéquipiers quand la défense se focalise sur lui, rien que cette mentalité à ne pas forcer les choses et à rendre la pareille à ses coéquipiers, c’est quelque chose que l’on voit que très peu pour un joueur de cette importance. Preuve une nouvelle fois de l’intelligence et de la haute compréhension du jeu que possède le prospect.

Comment ne pas finir sur les points forts du prospect sans parler de sa défense.

Oui, déjà, les titres parlent d’eux-mêmes.

Près du cercle, il est difficile de le contourner, d’avoir une position préférentielle ou de le jouer dos au panier. Il anticipe. Il sent le jeu avant tout le monde. Il saute dans le timing pour contrer. Et, surtout, il n’est pas avare en ce qui concerne l’aide défensive. Ce sont des choses que l’on n’apprend pas forcément, mais, que l’on a en soi naturellement.

En somme : un vrai protecteur de cercle comme on aime dans une équipe.

Il est toujours actif en défense, son placement ainsi que son activité aux rebonds sont juste incroyables. Et, pour une équipe qui joue plutôt up-tempo comme William & Mary, il est obligatoire de capter les rebonds défensifs et de posséder un intérieur capable de relancer vite vers l’avant avec une passe.

Cela tombe bien, Nathan Knight joue dans cette équipe.

Et quid du facteur des blessures ? Le pivot n’a pas loupé un seul match dans sa carrière universitaire. Pas un seul.

Pourquoi n’apparaît-il pas au premier tour des mock drafts ?

La première raison : il joue dans une équipe des Mid-Majors qui ne joue pas la March Madness.

Donc, il n’est pas sous les spotlights comme certains. Et puis, il possède quand même quelques points faibles qui l’empêche d’être adapté au basketball actuel en NBA.

Nathan Knight est fort physiquement… mais cela ne veut pas forcément dire athlétique. Dans une ligue professionnelle qui privilégie les potentiels athlétiques sur les postes intérieurs, Nathan Knight est un peu un extra-terrestre.

En effet, il est lent.

C’est *vraiment* un intérieur old school. De bonnes bases près du cercle, un roc défensif mais pas très efficace dans le jeu rapide et encore moins au large. On est loin des intérieurs flashy du moment. Et malheureusement, cela peut devenir un gros frein dans son optique de NBA.

J’ai loué ses qualités défensives mais il lui reste tout de même une grande marge de progression. Il est réticent à sortir au large pour défendre sur son vis-à-vis qui s’écarte. Sa lecture sur les écrans reste également perfectible. Et son manque d’explosivité se fait ressentir quand il doit switch. Heureusement que son sens de l’anticipation est bon, cela le sauve dans la plupart des cas.

Un avenir en NBA… ou en Europe ?

Pour être honnête, je n’espère qu’une chose : qu’il n’aille pas en NBA dès la saison prochaine.

Je pense personnellement que son potentiel ne sera pas exploité à 100%. Il préfère évoluer dans un schéma plus posé avec du jeu sur demi-terrain. C’est pour cela que l’Europe est un point de chute plus qu’intéressant dans son développement. Ou alors dans un système comme celui des Spurs, qui ressemble à celui en Europe.

Il sort de 4 ans en basketball universitaire dans une équipe qui a connu le succès (sauf une qualification pour la March Madness). Il a montré des signes de progression tout au long de son cursus. Il s’est adapté à un nouveau statut assez rapidement et il a eu la reconnaissance qu’il méritait sur le plan national.

Nathan Knight aurait pu claquer la porte de William & Mary quand son head coach a été viré. Mais, non, il a été loyal et reconnaissant de l’opportunité qu’il a eu avec la Tribe, qui lui a bien rendu.

Vous cherchez une machine à double-double, qui n’est pas avare dans les efforts, qui a encore une belle marge de progression (il travaille sur un tir à longue distance depuis un an pour être encore plus dangereux en attaque) tout en étant capable de rendre des services de tous les côtés du terrain ? 

Vous connaissez désormais Nathan Knight.

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