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Olivier Sarr Musculation Kentucky Wildcats Intersaison 2020
(Crédit photo : Kentucky Wildcats Athletics)

Olivier Sarr : John Calipari était “très confiant” pour le transfert à Kentucky

Après 3 années sur le campus de Wake Forest et une saison de junior terminée en trombe, Olivier Sarr était prêt à sauter le pas vers de nouvelles aventures.

La tentation de la NBA Draft était forte et le Bordelais y a longtemps réfléchi.

Mais, avec une fin d’année secouée par la pandémie du COVID-19, il a finalement décidé de rester afin de connaitre une ultime saison de basketball universitaire. Sauf que celle-ci ne se déroulera pas avec les Demon Deacons.

Le head coach de Wake Forest, Danny Manning (qui a recruté, accueilli et entrainé le joueur français depuis ses premiers pas en NCAA), est renvoyé à la surprise générale au début de l’intersaison. Cette nouvelle force Olivier Sarr à revoir ses plans. Et le futur senior saisit alors l’option d’un transfert.

Kentucky rentre dans la conversation et, avec les Wildcats dans le viseur, Olivier Sarr n’a qu’une seule possibilité.

Accepter l’appel du pied de Kentucky.

Le processus de transfert était rude, surtout avec la pandémie au milieu.

C’était une décision difficile. J’avais le choix entre devenir professionnel et rester à Wake Forest. Et puis [Danny Manning] a été renvoyé assez tard et cela a changé mes plans. L’opportunité de venir à Kentucky s’est ensuite présentée et je ne pouvais pas refuser de venir. Je devais prendre cette décision.

Honnêtement, l’attente du “waiver” était compliquée mais cela a payé.

explique Olivier Sarr lors de sa première conférence de presse à Kentucky.

Olivier Sarr “apporte de l’expérience” à Kentucky

Le pivot français a trouvé une nouvelle vitesse en fin de saison à Wake Forest.

25 points et le poids du leadership sur les épaules pour un upset historique face à Duke. A peine 4 jours plus tard, 30 points et 17 rebonds (records en carrière) au cours de son meilleur match en carrière face à Notre Dame. Olivier Sarr s’est imposé, aux yeux des observateurs, comme un des meilleurs pivots de la ligue au moment de conclure une nouvelle saison universitaire.

Ce n’est pas pour rien que les rumeurs d’un départ pour la NBA Draft prenaient de l’ampleur à l’intersaison.

Mais, plutôt qu’un avenir dans la ligue professionnelle et un feedback des scouts sur ses qualités, il a quitté la famille des Demon Deacons pour les Wildcats à la recherche d’un autre objectif : la gagne.

J’ai décidé de rester une année supplémentaire [en NCAA] et rejoindre Kentucky était une très bonne option pour performer au plus haut niveau.

Mon objectif est de gagner. [Wake Forest] a montré ses limites.

renseigne Olivier Sarr auprès des médias présents à cette conférence de presse.

John Calipari n’a pas frappé à la porte d’Olivier Sarr pour rien.

Le turnover de joueurs partis pour la NBA est une tradition sempiternelle sur le campus de Lexington depuis que le head coach y a posé ses valises. A chaque intersaison, la même situation se répète ; et celle-ci se produit à nouveau en 2020. La prise de pouvoir de nouvelles recrues (4- et 5-étoiles) possède un effet logique : les nouveaux contributeurs sont jeunes et inexpérimentés.

Un seul joueur revient avec l’expérience du terrain de la saison précédente (Keion Brooks Jr.) et il entre dans son année de sophomore. Bien que très talentueux, 7 freshmen arrivent tout de même à Kentucky de la dernière promotion de recrutement, à l’image de B.J. Boston, Devin Askew, Terrence Clarke ou Isaiah Jackson.

Entrez Olivier Sarr dans l’équation.

Avec 3 saisons complètes en NCAA et une moyenne de 13.7 points et 9.0 rebonds, aucun autre homme ne peut prétendre à un pedigree identique au français. Davion Mintz arrive également sur transfert et lui-aussi est senior. Mais, l’ancien guard de Creighton sort d’une saison perdue à cause d’une blessure à la cheville et est surtout connu pour ses qualités défensives.

Autant dire que Olivier Sarr possède une voie royale pour s’imposer en tant que patron de l’équipe. L’expérience qu’il apporte est un véritable atout.

Vraiment, ce que je veux essayer de faire cette année est de gagner.

C’est pour cela que je suis venu à Kentucky et que j’apporte de l’expérience à cette équipe pour gagner des matchs. Quoi que cela me coûte ou quoi que je doive sacrifier, je dois jouer mon rôle à mon meilleur niveau pour aider l’équipe à gagner des matchs et gagner un titre national.

[…]

J’apporte mon expérience à l’équipe et John Calipari avait besoin d’expérience. Il y a beaucoup de compétition. Pas de pression ou de points négatifs. Cela aide les autres gars et moi-même à nous améliorer.

précise le pivot français en conférence de presse.

Le waiver “était un pari”

Il n’y a pas besoin de traduction pour déchiffrer ce que Olivier Sarr est venu conquérir à Kentucky. La culture de la gagne est réelle à Lexington et le français a ressenti cette atmosphère dès ses premiers pas sur le campus.

Mais, tout n’était pas gagné d’avance.

Une étape supplémentaire (et la plus cruciale) devaient encore être traversée.

Sans “graduate transfer” où Olivier Sarr aurait pu être éligible dans l’immédiat, une demande de “waiver” auprès de la NCAA était nécessaire afin d’obtenir l’autorisation de jouer en 2020-21. Et, il fallait attendre une réponse positive de la part de la ligue universitaire. Rien n’était assuré ; bien que la situation exceptionnelle causée par la pandémie du COVID-19 a rendu la ligue plus clémente.

La confiance était tout de même dans le camp de Kentucky.

J’étais plutôt confiant.

C’était un pari. Je ne savais pas si je pourrais jouer la saison prochaine. Mais, John Calipari était vraiment convaincu. Il me disait de ne pas m’inquiéter et que cela prendrait un peu de temps. Beaucoup de questions et de “et si” me trottaient dans la tête.

Et puis, la bonne nouvelle est arrivée.

explique Olivier Sarr auprès des médias présents à la première conférence de presse du français.

La bonne nouvelle en question ?

Olivier Sarr a reçu l’approbation de la NCAA et la demande de “waiver” déposée par les Wildcats a été acceptée. Le français est autorisé à jouer dès la rentrée. Vous pouvez vous doutez qu’il était heureux d’apprendre une telle nouvelle.

Je reçois un appel de John Calipari et je décroche tout de suite.

Il me dit, “viens dans mon bureau”.

Je monte aussi vite que possible. Et, quand je rentre dans son bureau, je le vois avec un grand sourire. J’ai tout de suite compris. J’étais tellement content que je le prends dans mes bras. Et je crois que je l’ai même soulevé. (rires)

Cette décision propulse Kentucky, en l’espace de quelques instants, d’un outsider pour le titre de conférence SEC à un favori pour le titre national à la prochaine March Madness. L’effet d’un pivot senior nommé dans la dernière Third-Team All-ACC.

Le pari a payé.

Et Olivier Sarr, dauphin au trophée du ACC Most Improved Player en 2019-20, possède la structure idéale pour franchir un nouveau palier sur la route de la NBA. Quels sommets pourra-t-il atteindre après une saison de junior terminée sur les chapeaux de roue ?

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