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Nick MacDonald Niagara Purple Eagles
(Crédit photo : Niagara Purple Eagles Athletics)

“MoC Film Room” : Nick MacDonald (Niagara) contre Marist

Une ancienne chronique revient en même temps que la nouvelle saison de basketball universitaire sur Midnight On Campus : la “MoC Film Room”. Le principe ? Mettre en lumière une performance d’un prospect ou d’une équipe en Mid-Majors. Troisième opus de la saison : la performance du shooteur sophomore de Niagara, Nick MacDonald, face au cador de la MAAC, Marist.

Les matchs de conférences ont débuté en basketball universitaire et c’est toujours un moment intéressant à suivre. Des matchs couperets chaque semaine, une tension (déjà) à son comble et certaines équipes se révèlent aux yeux du grand public (pendant que d’autres sombrent).

En Mid-Majors, la lutte est encore plus âpre. Et, comme bien souvent, certaines équipes et joueurs produisent des scénarios et des performances XXL.

Pour cette nouvelle “MoC Film Room”, on prend la direction de la conférence MAAC. Plus précisément à Niagara. Non pas pour voir les chutes mais Nick MacDonald, un shooteur sophomore qui a éclaboussé de son talent le match de son équipe face au boss de la conférence, Marist.

Qui es-tu, Nick MacDonald ?

Nick MacDonald vient d’une famille qui respire et vit basketball. Tous ses proches occupent une place dans le sport.

On ne doit pas s’ennuyer lors des repas de famille !

Nick MacDonald sort d’un cursus de 3 saisons dans son lycée de Canisius High School avant de faire une saison en Prep School, à St. Thomas More. Son apport au niveau des statistiques a été quasiment le même pendant son cursus, où il affichait une moyenne de 13 points, 3 rebonds et 2 passes en Prep School. Certes, ce n’est pas extraordinaire.

Mais il existe une particularité au prospect : c’est qu’il est un véritable sniper à longue distance.

Vous savez, ce genre de joueur très adroit à 3-points mais qui connait plus de mal lorsqu’il s’agit de faire autre chose sur un parquet (je caricature un peu). Nick MacDonald tournait à plus de 40% dans ce domaine avant l’université, ce qui est un très bon pourcentage. Cependant, il n’a pas attiré l’oeil des conférences du Power Six et Niagara obtient la signature du prospect.

Sa saison de freshman est, comme prévisible, un peu frustrante d’un point de vue individuel. Il n’a pas un temps de jeu incroyable, et, c’est souvent le cas avec ces joueurs. 2 titularisations au compteur pour une moyenne de 4.5 points en moins de 14 minutes. Il a quand même montré de belles choses sur certaines rencontres : 18 points contre Rider ou encore 11 unités contre Syracuse et Manhattan.

Nick MacDonald reste fidèle à son jeu : il apporte son adresse à 3-points. On le sait, pour ces snipers, c’est souvent les montagnes russes. Quand l’adresse est là, tout va bien. Mais, il peut aussi passer au travers de quelques matchs. C’est d’autant plus difficile d’être régulier en tant que freshman ou sophomore.

Les shooteurs à longue distance arrivent à maturité en junior, en général. Il a encore le temps.

Le match contre Marist est-il le déclic pour Nick MacDonald ?

En 2020-21, Nick MacDonald repart sur les mêmes bases. Il sort du banc, avec un temps de jeu toujours aussi minime, mais il répond présent quand il le peut.

Toutefois, le début de saison est très poussif à l’image de Niagara. Avant la deuxième confrontation contre Marist (autrement dit, le match qui nous intéresse), il affichait un 6/24 dans son domaine de prédilection. On est bien loin des attentes. Et il tourne toujours à 4.5 points de moyenne, soit le même apport que la saison précédente.

Et, puis, arrive le fameux back-to-back contre le cador de la MAAC, Marist.

Le premier match se solde par une défaite rageante sur le fil (63-61), avec une équipe de Marist intenable à 3-points. Le contraire de Niagara et de Nick MacDonald (0 point en 9 minutes).

Sauf que la magie de ces matchs (enfin un bon point causé par la crise sanitaire) opère et la vérité du jour au lendemain est bien différente.

Et, le 2 janvier, Niagara a offert une démonstration.

Notamment en première période avec un 20-0 en près de 9 minutes (51-37 à la pause), qui a permis aux Purple Eagles de gérer leur avance en seconde période et de prendre sa revanche. Oui, Niagara a battu Marist, sur le score de 86 à 72. Un succès de prestige qui peut donner des espoirs de podium à l’issue de la saison régulière.

Le facteur X du match ?

Evidemment, sans grande surprise, c’est Nick MacDonald.

Le guard sophomore termine avec 15 points avec un joli 5/7 à 3-points. Le tout en 16 minutes et en première période. Exactement le type de match d’un sniper à longue distance et forcément, c’est un énorme plus pour Niagara. Il a été l’un des artisans du fameux run (le 20-0) avec des paniers cruciaux. Il était en forme et, surtout, la confiance était au maximum.

Rien que sur son premier tir, on remarque la confiance le prospect, qui est sûr de sa force.

Sur une simple passe en mouvement de son meneur de jeu, il reçoit le cuir et enclenche directement son tir, sans se poser une seule question, comme tout bon shooteur qui se respecte.

Forcément, quand votre premier panier rentre, c’est immédiatement plus facile.

Le catch-and-shoot est la principale force de Nick MacDonald. Il dégaine rapidement et peu importe la distance. Comme souvent avec ces spécialistes, la mécanique de tir est propre. Sur son deuxième panier, il récupère le ballon sur un rebond long suite à un contre.

Là encore, aucune once d’hésitation… et cela rentre !

Il n’hésite pas lorsqu’il reçoit le ballon à 45 degrés. Mais, la caractéristique de Nick MacDonald, c’est qu’il est adroit dans n’importe quel spot sur le parquet. Il peut sanctionner dans le corner et dans les zones intermédiaires. C’est un vrai plus.

Cependant, qu’en est-il sur le jeu placé ?

Le coaching staff a eu l’intelligence de voir que son shooteur était en forme et a donc adapté les systèmes pour lui. Sur un système basique, que l’on apprend aux plus jeunes, il fait mine de faire un écran dans la raquette pour ensuite ressortir à 3-points. Normalement, les 2 intérieurs postes bas font un écran lorsque le joueur ressort, pour créer un avantage. Ici, un seul écran suffit pour libérer le shooteur.

Nick MacDonald se retrouve seul et reçoit le ballon. Ses appuis sont bons (en direction du cercle) et cela tombe dedans.

Un tel fond de jeu est la base de beaucoup de variantes pour le démarquage des shooteurs. Cela fait bizarre de voir (encore) des défenseurs aussi passifs et un tel manque de communication sur les écrans…

Sur un autre système, je pense que la finalité première n’était pas forcément de trouver Nick MacDonald. Il effectue le déplacement-type d’un joueur de son poste, il fait une passe puis va au corner à l’opposé du ballon. Pour se faire oublier (spoiler : cela fonctionne).

Niagara trouve l’intérieur qui possède la position préférentielle et il hérite du ballon. Là, chose intéressante, l’autre intérieur coupe au panier, ce qui offre une solution au porteur de balle (la passe était possible). Marist décide de trapper le porteur de balle, mais celui-ci, intelligemment, ne dribble pas et lève la tête. Il aperçoit son shooteur en forme à l’opposé, qui est remonté dans la zone intermédiaire pour ouvrir une fenêtre de passe.

La connexion est faite et un panier “facile” pour Niagara.

Une équipe en mouvement. Des joueurs intelligents, car le fait que l’intérieur ne dribble pas est assez rare (les joueurs ont tendance, machinalement, à poser au moins un dribble et c’est ce que souhaite la défense). C’est simple en fait le basketball !

Est-ce la saison de Niagara (et de l’éclosion de Nick MacDonald) ?

On savait que Nick MacDonald était capable de prendre feu à 3-points. Toutefois, sa partition face à Marist, le favori dans la conférence MAAC, soulève beaucoup de questions pour la suite du championnat de la ligue.

Peut-il réitérer une telle performance par la suite ?

Si oui, il est clairement le facteur X des Purple Eagles. Avoir un joueur capable de mettre 8 à 10 points en sortie de banc, avec un temps de jeu limité, c’est bon à prendre. Par contre, ces shooteurs connaissent des baisses de régimes. On peut se dire que son début de saison poussif est derrière lui et que le second match contre Marist (sa 2ème meilleure performance offensive en carrière universitaire) lui permettra de jouer plus sereinement et avec la confiance du coaching staff.

On a décelé les ajustements au cours de la partie pour le mettre en lumière. Reste à voir si cela perdurera. Il reste une belle découverte et rappelons qu’il n’est que sophomore, avec une marge de progression substantielle.

Autant dire qu’il est loin d’être à 100% de son potentiel.

Cette victoire est peut-être le match référence de Niagara. Un premier tournant dans la saison du programme.

L’équipe possède des joueurs de talent comme le junior (et leader) Marcus Hammond ou encore le senior Kobi Nwandu. Il est vrai que la MAAC peut se résumer à 4 programmes : Siena, Iona, Marist et Monmouth. Mais, il faut toujours faire attention aux prétendants comme Canisius ou Saint Peter’s, sans oublier les Purple Eagles, qui ont montré être capables de battre un cador.

Cela promet une belle lutte dans la conférence MAAC.

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