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Cameron Krutwig Loyola-Chicago vs UC Davis Week 1 2019
(Crédit photo : Steve Woltmann - Loyola-Chicago Athletics)

“MoC Film Room” : Cameron Krutwig (Loyola-Chicago) contre UC Davis

Nouvelle saison de basketball universitaire, nouvelle chronique sur Midnight on Campus avec le déballage de la “MoC Film Room“. Le but de cette chronique ? Analyser le jeu d’un prospect (pour la NBA ou d’autres horizons) et faire découvrir des joueurs de l’ombre qui jouent en priorité au sein de programmes des Mid-Majors.

Pour cette première présentation, on parle d’un intérieur old school de Loyola-Chicago, Cameron Krutwig.

Le nom de Cameron Krutwig doit forcément vous parler si vous êtes assidus de nos articles. Membre de l’équipe de Loyola-Chicago qui a accédé au Final Four en 2017, il possédait déjà un apport non-négligeable en tant que freshman (10 points et 6 rebonds de moyenne). La saison dernière, il a, comme ses coéquipiers, eu du mal à se remettre en route, avant de dérouler au fil de la saison et en obtenant le titre de meilleur joueur de la Missouri Valley Conference.

En 2019-20, Cameron Krutwig aura plus de responsabilités avec les départs de cadres. Une équipe new look des Ramblers, avec le junior en leader ; et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a sorti une masterclass dont lui-seul tient le secret dès son premier match, contre UC Davis.

La ligne de statistiques contre les Aggies parle d’elle-même (au terme d’une victoire sur le score de 82 à 48) : 15 points, 11 passes et 8 rebonds. Oui, c’est bien un intérieur.

Le point fort de Cameron Krutwig : l’altruisme à la passe

La première force du joueur est son jeu de passe.

Cela peut étonner, surtout à la vue des nouveaux intérieurs, qui privilégient surtout l’aspect physique et athlétique. Cameron Krutwig est l’opposé. Il possède une qualité de passe digne d’un meneur de jeu gestionnaire.

Il sent le jeu et le voit avant les autres, c’est tout simplement un régal pour ses coéquipiers. Pourtant, Cameron Krutwig est assez prévisible. La plupart du temps, peu importe la défense adverse, dès qu’il est poste haut, il devient productif.

L’action est plutôt simple : Cameron Krutwig réceptionne le ballon sur la ligne des 3-points et sert à merveille son coéquipier après un très bon démarquage. La passe est maîtrisée, dans le bon timing et la bonne zone, pour 2 points.

Cette première passe va dicter le reste du match.

Sur sa deuxième passe décisive de la rencontre, on retrouve une action typique de Loyola-Chicago. Après un écran assez haut sur le parquet, Cameron Krutwig s’ouvre vers le panier mais n’a pas le ballon. L’action arrive à l’opposé et le joueur se rend disponible toujours poste haut.

Il reçoit le cuir, puis, il sort un caviar de passe sur un passe-et-va avec son coéquipier. Une passe à terre, avec un rebond (ce qui est assez difficile à faire), qui est conclue avec une telle aisance.

Troisième passe marquante : Cameron Krutwig demande constamment le ballon, surtout quand il possède la position préférentielle sur son adversaire direct. Mais comme souvent, il n’est pas récompensé par ses efforts.

Ainsi, il se déplace pour réclamer la balle poste haut, se met face au jeu et ressort une bonne passe. Sa spéciale, clairement.

On voit, que ce soit face à une défense de zone ou une défense individuelle, Cameron Krutwig reste efficace (davantage contre la zone). Je ne vais pas mettre toutes les passes du junior, qui se ressemblent un peu face à une défense d’UC Davis un peu suspecte, je l’accorde.

Je vais quand même en exposer une dernière, qui commence avec le joueur au poste bas, en possession du ballon. Il est un peu chahuté (faute) sur sa prise de balle et, en plus, l’aide défensive arrive très vite. Cela sent la perte de balle. Mais, au contraire, l’action se transforme en un nouveau caviar pour son coéquipier qui coupe au panier.

Quelle facilité de l’intérieur. L’altruisme à son paroxysme.

Cameron Krutwig termine avec 11 passes décisives sur cette rencontre face à UC Davis. Il a prouvé qu’il savait créer le jeu à partir du poste haut et c’est un véritable facilitateur de jeu pour ses coéquipiers. Rien qu’avec un tel aspect, il prend ses responsabilités pour mettre en confiance les autres joueurs avec le rôle d’un leader par l’exemple.

Mais l’intérieur junior n’est pas qu’un simple passeur d’exception.

Un pivot grassouillet au jeu poste bas sophistiqué

Depuis ses débuts universitaires, Cameron Krutwig reste une menace à prendre au sérieux sur le plan offensif.

Dès son premier panier du match, on a remarqué une capacité à éliminer son adversaire direct lorsqu’il est dos au panier… avec un simple pick-and-roll. Il reçoit le ballon et lui, le gaucher, élimine son défenseur sur un appui (sans même contrôler le ballon et il n’était pas loin de le perdre) avant de terminer avec un panier.

Certes, le défenseur ne fait pas la meilleure action de son match, en ouvrant délibérément l’accès ligne de fond et en espérant une possible aide défensive… qui n’est jamais arrivée.

Vous le savez (peut-être), le physique de Cameron Krutwig est digne d’un prospect lambda : un peu grassouillet et pas de qualités athlétiques. Mais, à chaque fois, il prend l’ascendant dos au panier avec son physique et un premier appui déroutant.

Et c’est aussi un “faux lent”.

Le joueur de Loyola-Chicago aime bien se situer tête de raquette, poste haut, pour ensuite distribuer (comme on l’a décrit ci-dessus) ou alors finir le boulot par lui-même. Oui, le prospect possède un petit tir agréable dans cette situation, même s’il ne force jamais ce tir alors qu’il est capable de s’y montrer très adroit.

Enfin, sur le (quasi) panier au buzzer de la première période, on s’aperçoit que Cameron Krutwig arrive à se faire oublier poste bas, dans la zone morte, pour ensuite proposer une option au porteur de balle.

C’est un système vraiment bien maîtrisé par Loyola-Chicago, qui aime bien l’utiliser depuis 2 ans dans les dernières secondes d’une rencontre.

Le reste de ses paniers (15 points au total) se déroulent surtout poste bas. Cependant, le joueur décide enfin de prendre ses tirs en tête de raquette et c’est une victoire pour tout le monde. Trop souvent, il hésite et préfère réaliser une passe.

Cette saison, il assume et prend ses responsabilités. AMEN.

Cameron Krutwig doit encore bosser la défense

Je vous entends déjà dire “Quel crack : 1er tour à la prochaine Draft NBA” et j’en passe.

Non.

Déjà, il joue à Loyola-Chicago, une équipe issue des Mid-Majors. Et puis, il reste très friable en défense. Il n’est pas grand, encore moins physique et athlétique, et du coup, il est logiquement ciblé par ses adversaires.

Lors d’une remise en jeu en première période, il joue l’interception (pourquoi ?), est déstabilisé au niveau de ses appuis et malgré un bon réflexe de lever les bras, son envergure ne lui permet pas de gêner son adversaire, qui inscrit le panier sans trop de difficultés.

Autant, il domine dos au panier en attaque, mais défensivement, il éprouve énormément de mal. Il a pris 6 paniers sur le museau face à UC Davis, toujours lors d’une configuration en un-contre-un au poste bas. Sans pour autant mal défendre, il lui manque quelques centimètres pour la dissuasion.

J’ai quand même relevé 2 actions positives en défense.

La première est une (demi) bonne action. Il réduit la distance avec son adversaire quand il attaque le panier, sans se donner en faisant faute, et il arrive à constater le double-pas. Alors, il existe mieux en défense, mais, le fait qu’il ne fasse pas faute (ce qui est la tendance quand un intérieur essaye de défendre une pénétration) est très bien.

Il faut dire que l’attaquant ne peut pas trop chercher le contact avec Cameron Krutwig, qui ne se jette pas comme un mort de faim sur lui. C’est intelligent pour le coup.

Situation identique quelques instants plus tard : cette fois-ci, un contre en altitude (ou pas) sur l’attaquant adverse.

On peut voir la détente “exceptionnelle” du junior de Loyola-Chicago.

Cameron Krutwig, sur cette rencontre inaugurale de la saison, a montré toute l’étendue de son talent. Certes, UC Davis connait une période de reconstruction ; mais une telle qualité de passe ne s’enseigne pas. C’est toujours un plaisir de voir un tel prospect, un peu old school, qui ne compte pas sur son profil physique et athlétique pour dominer.

Dans un championnat (et un basketball moderne) qui privilégie le deuxième cas, c’est rafraîchissant de constater qu’un joueur peut dominer sur le plan du basketball pur.

J’ai vraiment hâte de suivre la saison des Ramblers. Les nouveaux arrivants ont montré des belles choses et, surtout, le jeu collectif est plus présent dorénavant. Tout est réuni pour retrouver l’université à la March Madness.

L’avenir de Cameron Krutwig ne se dessine pas en NBA mais plutôt en Europe.

Si jamais des équipes professionnelles voient le junior à l’action, vous pouvez sortir un all-in. Il s’intégrera comme un poisson dans l’eau dans le jeu européen et, en plus, il est un leader dans l’âme qui ne dira jamais rien sur son temps de jeu.

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