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Villanova Wildcats vs Georgetown Hoyas National Championship March Madness 1985
(Crédit photo : Getty Images)

“Midnight Throwback” : le replay (complet) de Villanova-Georgetown au National Championship 1985

La MoC Madness est off aujourd’hui. Un jour de repos pour nos joueurs. Mais, aucune inquiétude, on vous propose de revivre quelques matchs de légende de l’histoire de la March Madness. Troisième arrêt : en 1985, pour un duel de légende entre Villanova et Georgetown.

Un “Retour vers le Futur”, édition Midnight on Campus.

1 avril 1985, Lexington.

A la découpe des filets de la Rupp Arena, Rollie Massimino est entré dans la légende du basketball universitaire. Le passionné et expressif head coach des Wildcats a réalisé ce que tout le monde pensait impossible. Sans que ce soit un Poisson d’Avril.

Villanova s’impose au terme d’un National Championship historique face à Georgetown. Les Wildcats, de parfaits underdogs dans la splendeur de la conférence Big East, accomplissent le match parfait (22/28 aux tirs et 22/27 aux lancers-francs) pour renverser les Hoyas, champions nationaux en titre et détenteurs du statut de dynastie des années 1980 sans l’ombre d’un doute.

Pourquoi cette victoire retentit-elle toujours avec une puissance (presque) inégalée en 2020 ? Au-delà du scénario, cette équipe de Villanova est toujours le champion national avec le seed le moins élevé (#8).

Mais, avant le replay complet d’un classique de la March Madness (en fin d’article pour les impatients), plongeons dans le contexte de la rencontre.

Villanova ou la genèse de “Cendrillon”

Avec un record de 19-10, une place hors du Top-25 et un seed #8 à l’ouverture de la March Madness, Villanova apparaissait comme une ombre lointaine dans la discussion pour le titre national.

Mais, finalement, tout le monde ouvrait le NCAA Tournament dans l’inconnu. Le bracket de 64 équipes était introduit pour la première fois en 1985 (et les Wildcats n’auraient jamais été qualifiés l’année précédente). Les observateurs se demandaient si une ouverture à tant d’équipes diluerait le produit du tournoi ou si les meilleures équipes étaient désormais désavantagées.

Le succès improbable de Villanova, dès la première édition, adoube une March Madness plus moderne, en regardant dans le rétroviseur.

La magie a tout de suite fonctionné.

Les Wildcats lancent leur tournoi avec un succès contre Dayton (51-49), sur le terrain des Flyers, avant d’enchainer avec un upset face à Michigan (59-55), seed #1 et un des grands favoris pour le titre. Ensuite, lors du Sweet 16, ils se sont débarrassés difficilement de Maryland (46-43) pour jouer face à North Carolina, dirigée par le légendaire Dean Smith.

Tar Heels ou non, Elite 8 ou non, Villanova était sur un nuage et le moment ne les effrayait pas. Les Wildcats disposent de UNC (56-44) et se qualifient pour le Final Four à Lexington. L’histoire est en marche.

Rollie Massimino Villanova Wildcats vs UNC Victoire Elite 8 1985
(Crédit photo : AP Photo)

La conférence Big East, jeune superpuissance des années 1980, avait mis la main sur le Final Four avec 3 des 4 participants. Les 2 meilleures équipes de la conférence (si ce n’est de la ligue), Georgetown et St John’s, avaient également obtenu leur ticket pour le dernier carré. Bon ou mauvais présage ? Villanova avait quoi qu’il en soit perdu les 4 matchs de saison régulière contre ses rivaux et le Red Storm avait éliminé les Wildcats au tournoi de Big East.

Memphis State, seul “étranger” du Final Four, a succombé à son tour aux hommes de Rollie Massimino. Et la revanche face à Georgetown pouvait enfin avoir lieu.

La route fantastique de Villanova devait prendre fin face aux terribles Hoyas, champions en titre et détenteurs d’un record de 35-2.

Les petits Wildcats n’avaient aucune chance face au demi-dieu Patrick Ewing et ses coéquipiers. Sauf que tout le monde oublie que Villanova a joué les yeux dans les yeux avec les Hoyas. 2 défaites serrées en saison régulière (50-52 puis 50-57) et des espoirs nourris avant même de jouer le Final Four.

Puis, le match parfait.

Et les Wildcats entrent dans l’histoire du sport avec une victoire finale improbable. David l’emporte contre Goliath. Mais, surtout, il s’agit de la première apparition de “Cendrillon” à la March Madness.

Patrick Ewing face à Ed Pinckney, deux pivots entrés dans l’histoire

La principale raison de l’invincibilité supposée de Georgetown résidait dans la présence de Patrick Ewing au centre de la raquette des Hoyas.

Le senior, auréolé d’un titre national acquis face à Hakeem Olajuwon (Houston) en 1984, dirigeait la meilleure équipe du pays et dominait sous les paniers depuis son arrivée à l’université (15.3 points et 9.2 rebonds de moyenne en carrière universitaire). Le statut de demi-dieu n’était pas galvaudé. Mais, en face, un certain Ed Pinckney n’était pas prêt à se faire marcher sur les pieds.

Le pivot a joué un rôle central dans l’upset mémorable des Wildcats.

Patrick Ewing Georgetown vs Ed Pinckney Villanova 1985
(Crédit photo : Georgetown/Collegiate Images via Getty Images)

Sans peur et sans reproche, il a attaqué Patrick Ewing de plein fer dès les premières minutes. La présence du leader des Hoyas à la pointe d’une défense de zone peut être effrayant. Cependant, Ed Pinckney a attaqué la peinture et le torse de son opposant direct.

Le résultat ? 16 points, 6 rebonds, un titre de MOP du tournoi, une bague de champion et un résultat attaché à une nouvelle page de l’histoire.

Aidé par Gary McLain et Dwayne McClain, les 3 seniors ont renversé l’effrayante défense de Georgetown qui avait étouffé tant d’ennemis au fil des semaines et des saisons. Mais, outre la réussite outrecuidante de Villanova en finale, un élément a créé une différence notable.

Rollie Massimino a surpassé Jon Thompson depuis le banc.

La “famille” de Rollie Massimino à Villanova

Les joueurs sur le parquet ont écrit une histoire indélébile, qui leur collera à la peau jusqu’à la fin de leurs jours. Ceci dit, Villanova doit cette victoire historique à Rollie Massimino.

Le head coach, qui s’est éteint à 82 ans en 2017, a mené les Wildcats au succès final selon sa propre recette. Une attaque placée qui prend tout son temps et qui tourne le ballon à l’extérieur (pendant 1 à 2 minutes parfois) jusqu’à trouver la bonne brèche dans la peinture. La ligne de 3-points n’existait pas encore en NCAA et l’horloge de possession n’est entrée en vigueur qu’en 1986.

Autant dire que ces Wildcats n’auraient jamais été couronné l’année suivante.

Mais, la réelle différence de Rollie Massimino est son rapport avec les joueurs. Il a créé une “famille” à Villanova. Lui, le père, et ses joueurs, les enfants. Il voulait les faire croire à l’impossible. Il y est arrivé. Le jour de la finale contre Georgetown est un exemple parfait de cette philosophie.

Après un tour à la messe dominicale (assez ironique lorsqu’on met en parallèle le résultat miraculeux), il s’est adressé à ses joueurs une dernière fois. Il les a simplement envoyé de leur chambre (d’hôtel) et de penser à deux choses : qu’ils allaient participer au National Championship Game pour la victoire et qu’ils étaient assez bons pour y arriver.

Même s’il perdait souvent son calme pour une furie presque démoniaque, la famille et la croyance étaient les maitres mots de Rollie Massimino.

Et la magnitude de l’upset historique de Villanova doit être mesuré dans le futur. L’influence du head coach est toujours présente chez les Wildcats. Aujourd’hui menés par Jay Wright (assistant de Rollie Massimino de 1987 à 1992), la notion de “famille” est omniprésente comme si l’aura du fils de cordonnier italien était là.

Alors que le head coach vivait une retraite en Floride, où il entrainait une équipe de NAIA (Northwood) près de Palm Beach, Villanova a organisé une célébration des 30 ans du sacre légendaire ; qui coïncidait avec les 80 ans du patriarche.

Une grande réunion de famille où les acteurs de 1985 étaient encore au centre de l’attention. Et, la vraie victoire de Rollie Massimino se trouve peut-être ici.

Gametime !

Le National Championship entre Villanova et Georgetown n’est pas n’importe quelle finale de la March Madness. Outre une influence historique sur la perception du tournoi, on parle d’une finale qui, encore à l’heure actuelle, marque les esprits et représente les espoirs les plus fous de victoire.

Bon match !

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